L'HONORABLE HECTOR FABRE
ses connaissances et ses relations au service de son pays.
Ses eft'orls n'ont point été vains, mais an contraire couronnés de succès. Grâce à son talent d'écrivain, à la sympathie qu'inspire sa personne, des journaux tels que le Journal des Débats, le Moniteur Universel, des revues comme la Revue française de r Étranger et des Colonies, lui ont ouvert leurs colonnes et prêté à d'intéressantes études sur l'émigration européenne et la colonisation en Amérique, et particulièrement au Canada, l'appui de leur nom et le secours de leur publicité.
Non content de cela, l'honorable Fabre a donné des conférences fort goûtées devant la Société de Géographie commerciale, l'Institut Polyglotte, la Société des Études commerciales et maritimes, présidée par l'amiral Thomasset.
Ce fut à une des conférences de l'Honorable Fabre que ce brave marin, transporté et ravi par une description du conférencier, adressa à l'auditoire, au sujet du Canada, une allocution dans laquelle il rappelait en termes émus sa navigation dans le golfe Saint-Laurent, et la cordialité des réceptions qui lui avaient été faites, ainsi qu'aux officiers et aux équipages de son escadre, à Québec et à Montréal.
C'est à la suite du retentissement qu'obtinrent ces diverses conférences, que le gouvernement français, désireux de témoigner de son estime pourToeuvre patriotique du Résident canadien-français lui décerna le ruban de chevalier de la Légion d'honneur le 24 juillet 1884, puis la rosette d'officier, le 17 mai 1887.
Ces distinctions nous dispensent de tous autres éloges.
Au lieu de s'endormir sur ses lauriers, M. Fabre répond à cette récompense par une nouvelle œuvre : la création du Paris-Canada, organe des intérêts franco-canadiens.
Irait d'union entre deux pays ayant ignoré jusqu'ici les avantages de l'échange réciproque des produits de leur sol et de leur industrie.
C'est aussi dans le bureau de notre commissaire général que se signait récemment le contrat pourvoyant à l'établissement d'un service de steamers entre le Havre et le Canada, ligne qui aura pour effet d'augmenter les communications entre les deux contrées et de les rendre plus faciles, partant moins coûteuses.
Par cet aperçu sommaire, on peut juger de l'importance du rôle du commissaire général du Canada en France.
Aux nombreuses raisons d'honorer ce haut fonctionnaire canadien, nous ajouterons la plus respectable entre toutes : son amour sincère pour la patrie de ses ancêtres.
Il se révèle dans ces quelques lignes jaillies du cœur de M. Hector Fabreau lendemain du désastre de Sedan:
« La vieille France a été vaincue par la Prusse nouvelle, c'est-à-dire par la science, par le progrès appliqués à la guerre. Elle qui a si souvent devancé les autres nations, qui tant de fois leur a montré la voie, elle s'estlaissé surprendre. Se reposant sur son génie qui lui rend tout facile, sur sa valeur qui met tous les prodiges à sa portée, elle a méprisé les forces qui ont changé la face du monde, sans lesquelles les peuples ne peuvent plus rien, et qui ont rendu les héros inutiles.
« Eclairée par cette brusque catastrophe, la Franco nouvelle va mesurer la profondeur de l'abîme à laquelle elle échappe. Avec cette sorte d'intuition merveilleuse qu'on lui connaît, elle va apprendre en un jour ce qu'il lui coûta si cher d'ignorer ; et, s'élançant avec cette impétuosité qu'aucune nation n'a possédée au môme degré qu'elle, dans les voies où la Prusse ne s'est avancée qu'à force de temps et de patience, elle la rejoindra bientôt, la dépassera et prendra plus tard, dans toutes