‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 105 sur 190 · RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT FRANCO-INDIGÈNE · texte numérisé non relu

RÉFORME DE L'ENSEIGNEMENT FRANCO-INDIGÈNE

C'est l'année 1903 qui marque le point de départ de la nouvelle organisation scolaire. La réforme fut mise à l'étude au Tonkin par la Commission instituée à l'effet de rechercher sur quelles bases devait être constitué l'enseignement francoannamite. Des travaux de cette Commission sortirent les arrêtés organiques du 27 avril 1904 ; leurs dispositions ont été successivement appliquées au Cambodge, par l'arrêté du 20 juillet 1905 et en Annam, par l'arrêté du 30 octobre 1906. La Cochinchine a continué à être régie par l'arrêté du 17 mars 1879, modifié par celui du 16 février 1903. L'enseignement franco-indigène, tel qu'il ressort de ces divers textes, comprend trois degrés : des écoles préparatoires, des écoles primaires, des écoles complémentaires.

1° Ecoles préparatoires franco-indigènes

Cochinchine. Les écoles préparatoires portent en Cochinchine le nom d'écoles cantonales ; elles

sont intermédiaires entre les écoles de village, écoles indigènes libres, et les écoles entretenues par les budgets provinciaux et elles sont administrées par les chefs de province qui en recrutent et nomment les instituteurs. Une circulaire du Lieutenant-gouverneur, en date du 27 avril 1905, en a déterminé les programmes. On

compte actuellement près de 300 écoles préparatoires, en y comprenant les écoles communales, recevant 17.000 élèves. Le Conseil de perfectionnement de l'Enseignement indigène a préconisé un certain nombre de mesures destinées à relever le niveau de ces écoles Jusqu'ici très bas. Elles dépendraient désormais, au point de vue technique, de la direction locale de l'Enseignement, qui interviendrait dans le choix des maîtres et l'inspection des études. Les instituteurs seraient groupés en un cadre local, leur situation serait améliorée et on assurerait d'une façon normale leur recrutement et leur préparation professionnelle.

Au Tonkin, les écoles préparatoires sont dites écoles de pbu et de huyén. Organisées jusqu'ici sur quelques points du territoire par les autorités provinciales, elles seront à l'avenir créées par le service de l'Enseignement, aux frais du budget local. Une première série de 25 écoles est en ce moment en voie d'organisation.

En Annam, elles existent en très petit nombre, ainsi qu'au Cambodge (écoles des provinces); au Laos, une école préparatoire fonctionne au siège de chaque Commissariat et l'enseignement y est donné par les interprètes annamites et les lettrés laotiens de l'Administration. Ces écoles se développeront à mesure que l'extension des écoles primaires permettra de les pourvoir de maîtres.

Le programme des études comprend,dans les écoles cantonales,la lecture,l'écriture et lecalcul en langue indigène, des notions de sciences usuelles, tes éléments de la langue française parlée. Leurs meilleurs élèves sont dirigés ensuite sur les écoles primaires.

2° Ecoles primaires franco-indigènes

Toutes les provinces de Ho do- Chine doivent, aux termes des arrêtés précités, être pourvues d'une école primaire franco-annamite, dirigée autant que possible par un professeur français.

Cette organisation n'est complète,à l'heure actuelle,qu'en Cochinchine,où toutes les écoles primaires,dites « écoles provinciales », ont un directeur français ; de plus, une école cantonale et une école communale modèles sont annexées à chaque école primaire et bénéficient ainsi de la surveillance et des directions pédagogiques d'un maitre européen ; celui-ci étend même, dans certaines provinces, sa surveillance sur toutes les écoles cantonales qu'il inspecte le plus souvent possible. A mesure que le corps des instituteurs indigènes se perfectionnera, les professeurs français pourront confier à leurs collaborateurs annamites la plus grande partie de l'enseignement qu'ils sont encore tenus de donner et se consacrer presque entièrement à la direction des études et à l'inspection des écoles. Les écoles provinciales sont actuellement au nombre de 24 , ayec 2*450 élèves ; les effectifs scolaires n'ont pas sensiblement progressé depuis 1 902 : cela tient à ce que les[ locaux scolaires ont été entièrement occupés, dès leur installation. Le nombre des élèves ne croîtra que dans la mesure où on procédera à des constructions nouvelles et à des agrandis-

Tonkin.

Annam

Cambodge

Laos.

Programmes

Coehinchlne.

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Tonkin.

Annam.

Cambodge.

Laos.

Programmes.

sements, et que Ton transformera en écoles primaires de plein exercice les écoles cantonales les plus importantes.

Au Tonkin, les écoles primaires recevaient, en 4902, 1 .916 élèves. Elles comptent aujourd'hui 3.079 écoliers. Cinq provinces seulement sont encore dépourvues d'écoles primaires. Ces écoles sont dirigées par des instituteurs annamites, mais on leur substitue progressivement des directeurs européens. Ce progrès a été déjà réalisé à Hanoi, qui compte 8 écoles primaires, ainsi qu'àHaiphong, Nam-dinh, Bac-ninh et Son-tay.

En Annam, chaque province est pourvue d'une école primaire. La population scolaire atteint 1 .386 élèves.

Au Cambodge, 4 écoles primaires sont installées, avec 647 élèves, mais la transformation des écoles provinciales en écoles primaires de plein exercice se poursuit très activement ; des professeurs ont été demandés à la Métropole.

Deux grandes écoles primaires fonctionnent à Phnom-penh : l'école franco-cambodgienne, de création déjà ancienne, et l'école annexe, école préparatoire au collège, ouverte en 1907: elles réunissent plus de 600 élèves. L'école préparatoire de Kompong-cham sera transformée, en 1908, en école primaire, avec deux professeurs français.

Au Laos, 2 écoles primaires, dirigées par des européens, reçoivent, à Viên-tiane et à Luang-prabang, 158 élèves ; une troisième école est en construction à Paksé.

Le programme des écoles primaires,réparti sur 4 années d'études,comprend : les langues indigènes (quôc-ngu, cambodgien ou laotien) et, dansles écoles de l'Anna m- Tonkin, les caractères chinois, la langue française, la morale, la géographie locale et générale, l'arithmétique et la géométrie usuelles,les éléments des sciences physi- > ques et naturelles, considérées surtout dans leurs applications à l'agriculture et à l'industrie, l'hygiène et des notions d'histoire et d'administration locale *

coûta*.

8° Ecoles complémentaires franco-Indigènes

Au troisième degré de renseignement franco-indigène se trouvent les écoles complémentaires. Elles ont presque toutes leur origine dans les écoles d'interprètes fondées par l'Administration. Ces écoles ont toutes quatre années de scolarité et le niveau de leur enseignement est à peu près le même dans toute l'Indo-Chine.

Les écoles complémentaires sont de deux sortes : les collèges, qui préparent des employés pour les différentes Administrations, pour le commerce et pour l'industrie, et les Ecoles Normales, destinées aux futurs instituteurs*

La Cochinchine a deux collèges,à Mytho et à Saigon (collège Chasseloup-Laubat), dont les études se complètent, et qui reçoivent 328 élèves, tous internes. Le Tonkin a deux collèges, à Hanoi et à Nam-dinh ; le collège des Interprètes forme des secrétaires et dès employés de commerce, le collège Jules Ferry, des agents pour les

services techniques (Travaux publics, Chemins de fer, Postes et Télégraphes). En Annam ,existe le collège National, dit Quôc-hoc,avec trois sections: section générale, section des gradués, section du cadastre et des travaux publics. Au Cambodge,fonctionne le collège du Protectorat, à Phnom-penh. Au Laos, enfin, des classes complémentaires viennent d'être installées à l'école de Viên-tiane.Le nombre des élèves des collèges 'est de 356 au Tonkin, 94 en Annam, 61 au Cambodge.

L'École Normale de Cochinchine a été fondée en 4 896, à Gia-dinh; elle reçoit 1 23 Ecole* normales. élèves ; celle du Tonkin, à Hanoi, ouverte en 4904, en compte 409. La création de ces deux établissements est destinée à renouveler complètement le personnel indigène de l'Enseignement. En Cochinchine, les promotions ont déjà été assez nombreuses pour permettre de placer dans les écoles préparatoires mêmes une trentaine d'instituteurs de l'Ecole Normale.

Le Cambodge et l'Annam ne sont pas pourvus encore d'Ecoles Normales. Pour assurer la préparation des maîtres, une section spéciale va être provisoirement organisée au collège de Phnom-penh; quant aux futurs instituteurs annamites, ils sont envoyés à l'Ecole Normale de Hanoi où le budget local de l'Annam crée dix bourses d'études chaque année au profit des meilleurs élèves du Quôc-hoc.

A Saigon et à Hanoi, ces écoles complémentaires, qui ont un caractère pratique et même professionnel, ne suffisent pas. Les Annamites riches, les fonctionnaires, les mandarins se décident, faute d'établissement sur place, à envoyer leurs fils en France pour y suivre des cours d'un niveau plus élevé. La nécessité d'une transformation de nos collèges s'impose. Déjà, à Hanoi, la création d'un petit collège, qui est surtout peuplé d'enfants de la haute-région et de Chinois, est chose faite. Cet établissement, le collège et l'Ecole Normale, réunis, pourvus d'un vaste internat, complété par des classes supérieures, constitueront bientôt un véritable lycée franco-asiatique. Une organisation semblable est à l'étude à Saigon.

4o Écoles professionnelles

A côté des écoles primaires et complémentaires, se placent les écoles professionnelles. En 4902, trois écoles professionnelles fonctionnaient déjà, à Hanoi, à Saigon et à Hué. Elles ont conservé leur avance et elles constituent aujourd'hui le degré supérieur de l'enseignement technique en Indo-Chine; elles sont installées dans des bâtiments spécialement construits pour elles, pourvues d'un outillage excellent, de moteurs et de machines-outils en nombre suffisant. Elles préparent des menuisiers, des ajusteurs, des mécaniciens. L'école de Hanoi, qui est placée sous la direction de la Chambre de commerce de cette ville, a, de plus, une section de modelage et de fonte d'art et une section de laquage.

Depuis 4902, renseignement professionnel n'a cessé de se développer.

En Cochinchine, quatre écoles professionnelles ont été créées. En 4905, l'école de Biênhoa a été organisée par l'Administration provinciale; elle a surtout pour

Ecoles ouvertes depuis 1902.

Cochinchine.

but le perfectionnement et l'extension des industries locales, et ses élèves se divisent en sculpteurs sur bois, forgerons, rotiniers, fondeurs de cuivre, céramistes, Une section professionnelle de filles a été ouverte en 1 907 ; elle offre des cours de couture, de coupe, de blanchissage et d'enseignement ménager.En 1905 également, a été créée l'école professionnelle de Thudâumôt qui s'est spécialisée dans les arts indigènes: sculpture, broderie, niellure, incrustation, et dont les produits ont obtenu à l'Exposition coloniale de Marseille un succès considérable. L'année suivante s'ouvrait à Saigon l'école des mécaniciens asiatiques, destinée à préparer des mécaniciens et des chauffeurs pour la Marine et dont les premiers élèves ont été très recherchés par la Marine de l'Etat et la navigation fluviale. Enfin, en 1907, s'est ouverte l'école de Hatien,qui se propose de renouveler l'industrie et l'art de l'écaillé, complétant ainsi le réseau des écoles d'art indigène, auxquelles il faut joindre encore les cours d'apprentissage de la bijouterie de Sadec.

Tonkin. Au Tonkin, deux écoles ont été ouvertes en 1907 : une école d'apprentissage à

Cao-bang, pour les industries du bâtiment : bois, fer et pierre ; un collège agricole, à Hung-hoa, qui recrute ses élèves surtout parmi les enfants métis abandonnés. Une école. de mécaniciens est en voie d'organisation à Haiphong, dans les locaux de l'Arsenal de la Marine . Enfin, une école professionnelle privée (école Àutigeon) enseigne aux fillettes annamites l'art de la dentelle et de la broderie européennes. L'enseignement professionnel bénéficiera, en outre,des directions pratiques données à l'enseignement primaire, qui orientent de plus en plus les programmes vers les applications commerciales, industrielles et agricoles. La plupart des écoles provinciales seront dotées, au fur et à mesure des disponibilités budgétaires, de petits ateliers de travail manuel et de jardins scolaires, au moyen desquels seront enseignés les éléments des métiers les plus répandus et l'usage des outils les plus usuels. On préparera ainsi, dans une certaine limite, une réaction salutaire contre la répugnance que manifestent à l'égard des travaux manuels les écoliers et les étudiants indigènes.

6o Université indo-chinoise

Au sommet de l'organisation scolaire que nous venons de décrire se trouvent deux écoles supérieures : l'Ecole de médecine de l'Indo-Ghine, dont le fonctionnement a été décrit par ailleurs (1) et l'Université indo-chinoise.

L'Université est constituée par un ensemble de cours destinés à ceux des indigènes qui, ayant déjà passé par les collèges, désirent compléter leur instruction et se préparer aux examens qui assurent l'admission aux emplois supérieurs créés en faveur des indigènes par les diverses administrations. Bien qu'elle n'exclue pas les auditeurs qui viennent demander à ses cours leur initiation à la culture occi-

(1) V. annexe n* 13 pp. 303-328.

dentale, l'Université est bien plus une école pratique qu'un établissement d'easen gnernent supérieur, et ses sections ressemblent bien moins aux Facultés de France qu'aux nombreuses Universités qui' se sont constituées en Extrême-Orient, particulièrement en Chine. Les cours sont déjà ouverts à Hanoi; ceux de Saigon seront organisés dans le courant de 1908.

La section de Hanoi a ouvert ses portes le A novembre 1907; elle compte 94 étudiants et 74- auditeurs libres, auxquels il faut ajouter 37 élèves de première année de l'Ecole de médecine, qui suivent un certain nombre de cours de sciences. Les arrêtés du 24 septembre 1907 ont créé 22 cours ; ce sont : 1° Dans la section scientifique : mathématiques, mécanique et cosmographie, physique, chimie générale; chimie industrielle et technologie, zoologie, botanique, géologie, physiologie et hygiène ;

2° Dans la section littéraire : langue française, littérature française , histoire générale, histoire de l'Indo-Ghine et de l'Extrême-Orient, histoire comparée de la philosophie, pédagogie générale, pédagogie pratique et organisation scolaire, géographie générale, géographie de rindo-Chine et de l'Extrême-Orient ;

3° Dans la section juridique : droit français, droit annamite, législation et admi» mistration annamites, économie politique et droit commercial.

Les cours sont assurés par 15 chargés de cours, qui ont été choisis parmi les chefs de service, les magistrats, les ingénieurs des Travaux publics, les médecins militaires, les administrateurs des Services Civils, etc... L'arrêté du 24 septembre 1907 a fixé à 200 piastres par an l'indemnité qui leur est allouée pour chaque cours professé.

Les cours ont lieu lé soir, à 5 heures, à 6 heures et à 9 heures, de manière à permettre aux fonctionnaires indigènes de les suivre. C'est, en effet, parmi les secrétaires des principales Administrations et les membres de l'Enseignement que se recrutent la plupart des étudiants immatriculés .

lisse préparent, pour le plus grand nombre, à des carrières déterminées : commis indigène des Administrations locales, agent technique des Travaux publics, professeur ou inspecteur de l'Enseignement indigène, agent indigène du Service judiciaire. Quelques-uns d'entre eux se destinent au commerce. Les auditeurs libres, parmi lesquels figurent des européens, des Annamites notables, viennent seulement demander aux cours de l'Université un complément d'instruction générale.

Une assez grande publicité a été faite en Extrême-Orient, particulièrement en Chine, autour de l'Université indo-chinoise. Nul doute qu'elle n'amène à ses cours un contingent élevé d'étudiants étrangers, pour le grand profit de l'influence française.

Le Conseil de perfectionnement de l'Université a arrêté/dans sa séance du 8 octobre 1907, le règlement intérieur ; l'Université reçoit des étudiants réguliers, qui versent un droit d'inscription et sont seuls admis aux travaux pratiques et à la bibliothèque ; ils doivent être pourvus du diplôme de fin d'études d'un collège

franco-annamite ou d'une Ecole normale, ou d'un titre reconnu équivalent ; ils peuvent seuls se présenter aux examens de fin d'année et aux examens définitifs de la section à laquelle ils appartiennent. Les auditeurs libres doivent être agréés par les professeurs; ils ne peuvent être inscrits à plus de trois cours.

L'Université est installée à Hanoi, dans l'ancien hôtel du Gouverneur général. Trois laboratoires, de chimie, de physique et d'histoire naturelle, ont été institués ; ils sont actuellement en construction.

Ecole Parle.

Ecoles

franco-chinoise*

en Chine.

0o Enseignement franco-chinois

Les écoles indigènes et franco-indigènes dont nous venons de parler s'adressent surtout aux sujets français, mais elles sont largement ouvertes aux asiatiques étrangers et particulièrement aux Chinois, qui constituent la plus nombreuse et la plus importante colonie étrangère en Indo-Chine. Cependant, les jeunes Chinois sont en petit nombre dans nos écoles; cela tient à ce qu'ils renoncent difficilement à renseignement classique chinois que nos écoles ne dispensent pas; aussi ont-ils de très nombreuses écoles particulières dans toutes les villes.

L'intérêt d'un rapprochement intellectuel entre les Chinois et les Français ou sujets français de l'indo-Chine n'a pas échappé à l'Administration et elle s'est préoccupée de les attirer dans ses écoles. A Mon-cay, à Lao-kay, fonctionnent des écoles primaires franco-chinoises ; à Hanoi, la municipalité patronne l'école franco-chinoise des Cantonnais; à Cholon, l'école primaire municipale a une section chinoise très fréquentée.

A un degré supérieur, le collège préparatoire de Hanoi, embryon du futur lycée franco-asiatique, reçoit un grand nombre de jeunes Chinois et des bourses d'études ont été fondées par le Gouvernement général au profit d'élèves du Fo-kien .

L'école Pavie a été instituée à Hanoi en 1904, pour recevoir les étudiants du Yunnan. Ceux-ci y étudient, sous la direction de professeurs français, les sciences et l'hygiène, l'histoire et la géographie, les éléments du droit et de l'administration ; des officiers et des instituteurs leur donnent des notions d'art militaire. Après deux années d'études dans cette institution, ils peuvent passer à l'Université.

Enfin, une société franco-chinoise vient de se constituer à Cholon, pour créer, avec l'appui et sous le contrôle du Gouvernement général, un lycée franco-chinois qui est appelé au plus grand avenir. Les travaux de construction sont poursuivis actuellement, et ce nouvel établissement ouvrira ses portes à la fin de 1908.

Notre enseignement franco-chinois a franchi les limites de l'Indo-Ghine et des écoles laïques, entretenues par le budget généraient été créées au Yunnan , à Mongtseu et à Yunnan-fou, dans 111e d'Hainan, dans le territoire de Kouang-tchéou-wan, à Pac-khoi. Ces établissements, qui sont dirigés par des professeurs européens, n'ont cessé de se développer*

Au Yunnan, la population de nos deux écoles françaises a atteint, en 1907, le Ecoles

chiffre de 103 garçons et 80 filles. Les élèves de l'école des garçons sont pourvus de Mong-teeu et de pour la plupart de titres universitaires chinois (baccalauréat ou licence) et plu- «nnan- ou.

sieurs se préparent à l'Université de Yuùnan-fou. L'expérience a prouvé, celte année même, la valeur de renseignement donné à l'école française • Au concours d'admission à l'Université, sur 105 candidats reçus, 25 provenaient de l'école française dont tous les candidats présentés ont étéadmis dans les 27 premiers rangs.

Un diplôme de fin d'études franco-chinoises a été institué cette année à Yunnanfou . A la première session , 6 candidats ont été reçus par un jury composé de fonctionnaires français et chinois; ils ont immédiatement été placés comme instituteurs dans les écoles françaises ou dans les écoles créées par le Gouvernement chinois.

L'Ecole des filles recrute ses élèves dans la bourgeoisie commerçante ou dans les familles de mandarins de second rang.

Deux nouveaux emplois de professeurs vont être créés dans ces deux écoles pour répondre à l'accroissement de la population scolaire.

L'école franco-chinoise de Ma-tché a compté, dans le cours de l'année, 40 ins- Ecole de Ma-tché. crits; sa population scolaire se compose de Chinois et d'Annamites. Les Chinois sont pour la plupart des habitants du territoire; une quinzaine cependant viennent des provinces chinoises voisines. Les Annamites sont les fils des interprètes et des secrétaires de l'Administration du territoire. L'école est dirigée par un professeur français détaché des cadres du Tonkin. Des cours d'adultes gratuits viennent d'être ouverts dans l'école.

L'Ecole de Hoi-hao (Hai-nan) compte une moyenne de 30 inscrits. Les jeunes Ecole de Hoi-hao. gens qui la fréquentent ont pour la plupart des parents en Indo-Chine et se préparent presque tous, en suivant les cours de l'Ecole française, à aller utiliser leurs connaissances au Tonkin, en Çochinchine ou au Cambodge. La population réclame la création d'une école franco-chinoise de filles.

L'école de Pac-khoi, dirigée par un européen, ainsi que la précédente, compte Ecole de Pac-khol. 48 élèves. A Pac-khoi, comme à] Hoi-hao, le recrutement des élèves rencontre de sérieuses difficultés du fait que la langue anglaise est d'un usage courant. Par suite, ne fréquentent l'école française que les élèves dont les parents sont en relation avec l'Indo- Chine. L'école cependant a fait de remarquables progrès au cours de cette année ; une session pour l'obtention du certificat de fin d'études primaires s'y tiendra prochainement. Des cours d'adultes ont été ouverts avec succès. Une école de filles est en voie d'organisation. Enfin, on projette d'établir à Lien-tchéou, avec l'appui des autorités locales, une école franco-chinoise destinée aux enfants des familles mandarinales.

Une mission d'inspection dans ces écoles a été confiée cette année au directeur de l'école Pavie ; les résultats en ont été satisfaisants.

Désormais, nos écoles de Chine, l'école Pavie et l'Université de Hanoi forment les trois degrés d'un enseignement franco-chinois complet, ayant des sanctions sérieuses, à la portée immédiate des élèves, et qui ne peut manquer d'attirer à nous un grand nombre d'étudiants chinois désireux de s'instruire dans les sciences occidentales.

Lycée L'utilité de la création d'un collège pour les enfants des Chinois riches de Saigon

franco-chinois de et de Cholon était reconnue depuis longtemps. Mais l'importance de la somme à

Cholon. dépenser pour créer et entretenir un grand établissement d'instruction avait fait

ajourner le projet.

Aussi les négociants chinois de Saigon et de Cholon avaient-ils continué d'envoyer leurs enfants dans leur pays d'origine pour y apprendre, avec les caractères, les préceptes de leurs philosophes. Quelques-uns, partageant les idées nouvelles, commençaient à les diriger vers les Universités du Japon .

Ce système avait, entre autres inconvénients, celui de supprimer, pendant nombre d'années, la tutelle des parents. De plus, en revenant dans la Colonie, les enfants ignoraient notre langue et nos idées.

Désireux de hâter la création d'un établissement dont ils reconnaissaient comme nous la nécessité, un groupe de négociants chinois prit l'initiative de former une Société franco-chinoise ayant pour but la création d'un « lycée franco-chinois * à Cholon.

Les statuts de la Société portent qu'elle a pour objet :

4° La fondation et l'entretien en ludo-Chine d'un lycée franco-chinois, dont le but est de donner aux enfants Chinois un enseignement moderne comprenant : l'étude pratique des langues chinoise et française , ainsi que des langues commerciales usitées en Extrême-Orient, l'étude des sciences physiques et naturelles et la pratique des exercices corporels;

2° L'acquisition et la conservation de tous immeubles où seront édifiés le lycée et ses dépendances.

Cet établissement est ouvert à tous les enfants Chinois habitant les possessions françaises d'Indo-Chine. Pour ceux des pays voisins (Chine, Siam, Détroits, Péninsule malaise), ils pourront également être admis, en vertu d'une décision spéciale du Conseil d'administration.

Son siège est fixé à Saigon.

Placé sous la présidence d'honneur du Gouverneur général de l'Indo-Chine, il est administré par un Conseil d'administration mixte comprenant dix-huit membres, dont 6 Français et 1 2 Chinois, lequel nomme le directeur et les professeurs du lycée sur la présentation du directeur général de l'Instruction publique de l'Indo- Chine. C'est également d'accord avec ce haut fonctionnaire que le programme des études est fixé.

L'Association comprend des membres fondateurs et des membres souscripteurs. Elle a déjà réuni 1 50.000 piastres, somme suffisante pour la construction des bâti-

aretats principaux et les dépenses nécessitées par les installations intérieures et le mobilier scolaire. Un complément de 100.000 piastres est prévu pour l'exécution complète du plan adopté.

Parmi les principaux donateurs figurent les propriétaires des rizeries deCholon, ainsi que les représentants du haut commerce chinois en Gochinchine.

Le Gouvernement général de l'Indo-Chine, le Conseil colonial de laCochincuine, les municipalités de Cholon et de Saigon, les banques et les maisons de commerce de la place ont tenu à s'associer à cette fondation par des subventions et des dons.

La pose de la première pierre du lycée franco-chinois a eu lieu le 26 février 4908 par le Gouverneur général, assisté du Lieutenant-gouverneur de la Gochinchine, des représentants des corps élus, de l'Armée et de la Marine, des chefs des Services locaux et d'ua grand nombre de fonctionnaires français et indigènes.

7° Œuvres auxiliaires de l'école

L'Administration trouvé un précieux concours pour l'œuvre d'éducation qu'elle poursuit dans tés sociétés françaises ou indigènes qui existent à peu près dans toute l'tbdo-Chine et aux premiers rang desquelles sont : l'Alliance française et les Sociétés d'enseignement mutuel.

L'Alliance française compte trois comités principaux, à Saigon, Hanoi et Ton- Alliance française. rane. Le Comité de Saigon a organisé des cours d'adultes dans les principales villes de Gochinchine. Ceux de Saigon ont environ 200 élèves; à Cholon, Gia-dinh, Thudaumot et surtout à Baria, l'affluence des élèves va sans cesse croissant ; à Bienhoa et à Thudaumot, l'Alliance a institué des cours pour les élèves des écoles professionnelles; ailleurs, pour les tirailleurs et les miliciens ; de fréquentes conférences avec projections ont lieu à Saigon.

En Annam, l'Alliance française n'a plus, à proprement parler, d'établissement scolaire relevant de sa direction. Ses cours d'adultes continuent toutefois à fonctionner. En présence de l'organisation récente des écoles franco-annamites publiques en Annam, l'Alliance française, certaine que le Protectorat saura obtenir par ces écoles tous les résultats désirables, consacre le meilleur de sa collaboration à la Société d'enseignement mutuel.

Au Tonkin, le Comité de Hanoi a ouvert, dans le courant de l'année, des cours du soir dans les trois écoles publiques de la ville. Les cours sont dirigés par des instituteurs indigènes mis à la disposition de la Société par le service de l'Enseignement. Ils sont fréquentés par plus de 400 élèves.

L'action de la Société d'enseignement mutuel est parallèle à celle de l'Alliance Société d'enselfrançaise, sous le patronage de laquelle elle est placée ; mais son caractère indigène gnement mutuel. favorise davantage son développement.

Il existe des Sociétés d'enseignement mutuel au Tonkin, en Annam, au Cambodge et en Cochinchine. Les Sociétés ont leur siège à Saigon, Hanoi, Tourane,

Phnora-penh, mais une multitude de sociétés filiales se sont constituées dans les provinces.

Elles exercent leur action par des conférences, des cours d'adultes, des écoles élémentaires.

Les conférences, faites souvent par des fonctionnaires européens, sont réservées aux adhérents des groupes locaux ; les cours sont, au contraire, très largement ouverts. Quant aux écoles, bien que leur importance disparaisse devant le développement des écoles officielles, elles continuent à rendre de très grands services. Dans certaines provinces, comme celle de Haiduong, c'est l'Enseignement mutuel qui a fondé et qui dirige les écoles préparatoires subventionnées à cet effet par le budget provincial ; à Hanoi, la Société a créé la première école indigène de filles. Il existe même des sections de l'Enseignement mutuel hors de Ïïndo-Chine, à Mong-tseu, par exemple. La plupart des sections occupent des immeubles qu'elles ont édifiés, avec salles de cours et bibliothèques.

Société tonkinoise Une autre société indigène, la Société tonkinoise d'encouragement à l'enseid'encouragement gnement secondaire et supérieur, a pour but d'aider, par la fondation de bourses secoadalre^su- d'études, les jeunes gens qui étudient en Indo-Chine ou en France ; elle est aidée, périeur. dans la Métropole, par le Comité de patronage des étudiants indo-chinois, créé par

l'Alliance française. Dans ce même ordre d'idées, l'Enseignement mutuel de Hanoi a ouvert à Thai-ha-ap un collège franco-annamite, pourvu d'un internat, qui est la première institution de ce genre fondée au Tonkin.

Mission laïque.

Conférences d'hygiène.

Enfin, la Mission laïque française a deux comités, à Hanoi et à Saigon. En Cochinchine, cette société a organisé des cours de perfectionnement pour les instituteurs de Gia-dinh et des conférences populaires, accompagnées de projections. Au Tonkin, le Comité, qui est en voie de réorganisation, se propose surtout d'encourager Ja création de cours d'adultes, ainsi que de développer l'enseignement professionnel et l'enseignement des filles; il aide, par des dons délivres scolaires, les écoles françaises d'Extrême-Orient.

Il faut signaler, en outre, le concours très dévoué apporté par les médecins de l'Assistance et les médecins des troupes coloniales à l'œuvre de l'éducation populaire. Des conférences d'hygiène ont été faites cette année dans presque toutes les écoles franco-indigènes par leurs soins. Dans les écoles complémentaires même, de véritables cours ont été professés par les médecins du service de Santé. A Hanoi, le service de l'inspection médicale des écoles indigènes a été institué, la direction de l'Enseignement a pu, en outre, ouvrir une clinique réservée aux enfants des écoles franco-annamites, qui y reçoivent des consultations gratuites et des médicaments.

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