‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 122 sur 190 · PORT DE SAIGON · texte numérisé non relu

PORT DE SAIGON

Le programme des travaux d'amélioration du port de commerce de Saigon a été fixé, après enquête d'utilité publique, par un arrêté du 12 novembre 1900. Il comprend essentiellement :

1° La construction d'un quai continu sur la rive droite de la rivière ;

2° La construction de docks ;

3° L'établissement de voies ferrées pour relier les chemins de fer construits ou à construire et les rizeries de Cholon aux quais ;

4° La construction d'un pont tournant sur Parroyo Chinois ;

5° L'établissement de postes d'amarrage ;

6° La construction sur l'arroyo Chinois, h Saigon, d'un port annexe de batellerie avec perré incliné sur le rive gauche dudit arroyo ;

De ce programme, les numéros 4 et 5 (pont tournant et postes d'amarrage) sont réalisés ; le numéro 1 (quai) est en voie de réalisation. Quant aux numéros 2, 3 et 6, ils seront réalisés après l'achèvement des quais.

Pont tournant sur Pont tournant sur V arroyo Chinois. — Les renseignements concernant cet oul'arroY Chinois, vra g e son i donnés sous le titre « Grands ponts métalliques» .

Postes d'amarrage Postes d'amarrage. — Ce travail a été commencé en 1902 et terminé en 1903.

II a eu pour objet :

1° Le déplacement vers l'aval, à la suite des nouveaux quais, des huit postes d'amarrage sur corps-morts qui existaient sur la rive droite, entre les Messageries maritimes et le fort du Sud ;

2° L'établissement sur la rive gauche, dans les limites du port, de dix nouveaux postes d'amarrage également sur corps-morts.

Avant l'exécution de ces travaux, les navires étaient mouillés en rivière sur leurs ancres, en une seule file.

Les inconvénients qui en résultaient étaient de deux sortes : 1° quand les navires étaient nombreux, les derniers de la file se trouvaient très loin du centre du port; 2° au moment de l'évitage, les navires en travers barraient le passage.

Les nouvelles dispositions ont permis de doubler la capacité du port, puisque les navires sont placés maintenant sur deux files et, de plus, comme ils sont maintenus au moyen d'amarres à terre, dans une position invariable, le chenal est toujours libre.

Les dépenses résultant de ces travaux se sont élevées à 90.587$ 48, dont 48.581 $ 03 pour la construction des appontements servant à l'accostage des chaloupes portant aux navires les amarres de terre.

Quais. Quais. — Les quais sont en cours d'exécution. Leur construction a été adjugée

sur concours, le 26 août 1901 , à la Société de constructions de Levallois-Perret.

Ils auront un front d'accostage de 1 .032 mètres.

Le projet adopté comportait un mur continu régnant entre les cotes ( — 3.00) et (+ 4.00; , porté par des piles de 4 mètres de largeur, espacées, d'axe en axe, de \ 2 mètres. En arrière du mur,il devait être construit un terre-plein composé d'enrochements dans la partie inférieure et de remblais de terre dans la partie supérieure.

Le terre-plein fut commencé en 1905. Peu après l'achèvement d'un premier tronçon, en juillet, il se produisit un affaissement des terres qui détermina un léger déplacement du mur. L'accident s'étant produit sur l'emplacement d'un

anéien rach, où l'épaisseur de la vase était très grande, Ait attribué à cette particularité et les travaux de remblai furent continués. Ils étaient terminés sur environ 450 mètres, lorsque, dans la nuit du 46 avril 1906, il se produisit un nouvel affaissement entre les piles 29 et 36, qui détermina un mouvement considérable dans le mur entre les piles 16 et 39.

Les pile? sont fondées sur une couche d'argile très compacte et le mur pouvait résister à la poussée statique du terre-plein .

Quant à celui-ci, il était établi directement sur le sol naturel formé de vase et l'on avait pensé qu'il pénétrerait peu à peu dans ce sol, au fur et à mesure de sa construction.

Il n'en a pas été ainsi. La pénétration des enrochements ne s'est pas faite progressivement, en cours d'exécution; elle s'est produite brusquement et en grande masse, déterminant un effort dynamique considérable auquel aucun ouvrage n'aurait pu résister.

Les deux accidents de juillet 1905 et avril 1906 étant de même nature, condamnaient le système du terre-plein; il fallait recourir à un autre moyen.

Le Service local des Travaux publics étudia plusieurs solutions qui furent soumises par le Ministre des Colonies à une Commission spéciale d'inspecteurs généraux et d'ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées.

Celle-ci a retenu l'idée de Tune des solutions présentées, mais elle en a modifié les dispositions. Le nouveau projet a fait l'objet d'un avenant au contrat primitif passé avec la Société de constructions de Levallois-Perret.

Dans ce projet, on supprime le terre- plein en enrochements et remblais de terre et on le remplace par une plate-forme formée de voûtes en béton armé s'appuyant, d'une part, sur le mur déjà construit et, d'autre part, sur une série de piles à construire en arrière du mur.

Page 1