DIGUES
Le Tonkin est protégé contre l'inondation du fleuve Rouge et de ses affluents et contre l'envahissement des eaux salées par un réseau de digues de plus de 1 .200 kilomètres de longueur.
Malgré ces travaux de défense très importants, la situation des récoltes pendant les années très pluvieuses est précaire ; il seproduitmalheureusement trop souvent des ruptures qui entraînent la destruction des récoltes sur de grandes étendues.
Le 14 août 1904, le fleuve Rouge a subi une crue exceptionnelle qui a gravement endommagé la voie ferrée entre Viétri et Lao-kay ; la circulation des trains a été interrompue dans le delta, les rizières des provinces de Vinh-yên et de Phuc-yên, recouvertes par les eaux, ont été détruites.
L'année suivante, deux ruptures de digues se sont produites ; Tune sur la rive droite du fleuve Rouge, à Co-liêu (province de Hadong), le 20 juillet 1905, et la
seconde, le 44 août suivant, sur la rive droite du canal des Rapides, i Kim-son (province de Bac-ninh).
La récolte a été perdue sur plus de 40.000 hectares et la circulation entre Hanoi et Haiphong et entre Hanoi et Narn-dinh a été interrompue pendant quatre mois ; des dégâts considérables ont été causés à la voie ferrée.
A la suite de ces accidents, une commission a été instituée sous la présidence du Résident supérieur, en vue d'étudier les défectuosités du système de défense contre les inondations et de proposer toutes mesures et programmes des travaux susceptibles d'empêcher le retour des inondations.
Dans son rapport du 27 janvier 1906, cette commission a conclu au maintien des digues, à l'élaboration d'un règlement général d'entretien de ces ouvrages, au déversement d'une partie des eaux de crue sur le territoire de Vin h -y en, à l'aide de déversoirs maçonnés et à l'exécution de travaux de fixation du lit mineur du fleuve Rouge.
Un crédit de 300.000 piastres, prélevé sur la caisse de réserve du budget local, a permis d'effectuer ces améliorations.
Les déversoirs maçonnés sont achevés ; le Service des Travaux publics poursuit chaque année l'exécution des travaux d'enrochements destinés à limiter les déplacements du lit mineur.