CHAPITRE V
Travaux exécutés au Cambodge
Travaux exécutés Les travaux exécutés au Cambodge au compte du budget général, avant l'année avant 1902. 4902, ont consisté simplement dans l'aménagement, à partir de 1 901 , de la passe
des basses eaux permettant l'entrée du port de Phnôm-penh aux bateaux et chaloupes. Le travail a été exécuté à la drague et en régie. Les premières études sur l'amélioration delà navigabilitéduhautMékongavaientégalementété commencées. Il convient d'ajouter la construction de quelques bâtiments du Service des Douanes dans l'intérieur du pays.
ROUTES
Aucune subvention du budget général n'a contribué, de 1902 à 1906, au développement du réseau de routes du Cambodge; les ressources locales seules y ont été employées.
Par arrêté du 27 juillet 1906, le réseaude grande voiriedu Cambodge a été constitué administrativement. Il comprend 1 .173 kilomètres de routes coloniales et 2.220 kilomètres de routes provinciales ; ensemble 3.393 kilomètres de voies de communication.
VOIES NAVIGABLES 1° Mékong
Le Service des Travaux publics s'est occupé chaque année de faciliter le passage des bateaux dans les passes à petits fonds et variables qui s'étendent sur le grand fleuve, entre Krauchmar et Rratié.
La partie la plus délicate est située en face du village de Hanchey, où se forme un barrage partiel. Dans les premières années, on a tenté l'aménagement d'un chenal au moyen d'épis ; mais on n'a pas réussi. On a alors poussé plus à fond les étudeshydrographiquesdanscette partie du fleuve qui mesure 2. 700 mètres de largeur et l'on a pu, depuis 1905, tracer chaque année un chenal, sinueux il est vrai, mais donnant un minimum de mouillage de 1 m. 50, suffisant aux chaloupes des Messageries fluviales et à quelques bateaux à vapeur chinois.
L'amélioration de la navigabilité du haut-Mékong en basses eaux et en hautes eaux a été conduite avec activité.
Les roules des hautes eaux ont été perfectionnées et celles des basses eaux créées sur de grandes étendues. Ainsi, en 1902, la route des basses eaux, dans le bief inférieur, mesurait 64 kilomètres : elle est portée aujourd'hui à 173 kilomètres.
De même, dans le bief moyen, la navigation en basses eaux s'est accrue de 160 kilomètres ; elle est assurée de bout en bout du bief, c'est-à-dire deBan-houèy-kina à Pak-moun, sur 200 kilomètres de longueur.
Depuis 1904, les études et les travaux de dérochements entrepris dans les rapides dits de Kemmarat/compris entre Pak-moun et le Keng-lha-liane (155 kilomètres), ont permis la fréquentation en basses eaux par les chaloupes à vapeur des deux biefs : Keng-kaac-Keng-kalakaï et Keng-kanien-Donsa.
D'autre part, on savait que la navigation à vapeur était possible aux eaux moyennes, mais les routes n'étaient pas reconnues. Ce travail a été mené à bien et les bateaux fréquentent actuellement les Kemmarat entre le moment où les dénivellations des rapides ont disparu et celui où la violence du courant, qui croit avec la crue, ne permet plus aux moteurs de leur faire franchir les obstacles.
Dans le bief supérieur, le barrage du Keng-kabao, qui, aux basses eaux, séparait en deux parties l'amont et l'aval, a été ouvert cette année. Le Keng-kassec, rapide de 25 kilomètres de longueur, où Ton rencontre de petits fonds, a été étudié et balisé. La navigation s'effectue, en toute saison, sans trop de difficultés, sur un parcours de 530 kilomètres.
2° Grands lacs
Pendant la saison des hautes eaux, les grands lacs sont fréquentés par les vapeurs qui chargent à Baopréa le riz d'exportation produit par les provinces de Battambang et de Sisophon ; de nombreuses chaloupes chinoises sillonnent les affluents. La reconnaissance despoints d'accostage sur des rives uniformes était très difficile; d'aulre part, les chenaux sinueux entre le Yéal-phoc et les lacs ne pouvaient être suivis pendant la nuit. Des feux permanents sur pylônes métalliques ont porté remède à cette situation. Trois feux, à Cam-nhan, Snootrou et Ca-toréa, rendent déjà le passage des chenaux plus faciles ; trois autres sont en projet et compléteront l'éclairage.
Enfin, des feux de même système indiquent les entrées des rivières de Pursat, de Battambang et de Siéra-rêap.
8° Rivière de Battambang
L'importance de la rivière de Battambang au point de vue de la sortie des riz, qui, en année moyenne, se chiffre par 40.000 tonnes, a fixé l'attention de l'Administration dès l'année 4904. On a dressé un projet d'amélioration qui a été en partie exécuté*
4° Rivière Se-moun
La Se-moun, ou rivière d'Oubone, se jette dans le Mékong à Pak-moun, origine des rapides de Remmarat. Elle est barrée dans son cours inférieur par de nombreux rapides dont l'étude a été entreprise en 4905. La navigation n'est possible qu'en hautes eaux ; la cote de navigabilité a été déterminée et des amers placés pour guider les navigateurs.
IRRIGATIONS ET DESSÈCHEMENTS
On a commencé à s'occuper des irrigations au Cambodge à partir de 4 903 . Des levers de terrain ont été poursuivis durant les années suivantes dans les vallées des Stungs Chlong, Chinit et Thnot. Ils furent lents et difficiles en l'absence de tout renseignement topographique sérieux.
Les études ont amené l'abandon des projets des Stungs Chlong et Chinit, dont les vallées se prêtent difficilement à l'irrigation par simple gravité. On a pour-
suivi les levers de la vallée du Stung Thnot et un projet dont l'exécution dépassera 4 millions de francs est en voie d'achèvement. La surface desservie mesurera 45.000 hectares.
Une étude d'irrigation de la vallée du Stung Sen, au moyen des eaux du Mékong prises en amont des chutes de Khône, a démontré à quelles difficultés colossales se heurterait l'exécution d'un pareil projet.
Enfin, on a entrepris, depuis 1906, le colmatage de cuvettes en bordure du Mékong en arrière du bourrelet; un projet a été dressé et exécutéqui tend à gagner à l'agriculture une surface de 1 .000 hectares près du village de Stung-trang. Les résultats de la saison des hautes eaux actuelle nous fixeront sur la valeur de cette entreprise.