VI. — Trias
Grâce aux échantillons fossilifères rapportés par le commandant Jourdy et contenant Myophoria ef . Goldfussi, le professeur Douvillé a pu, dès l'année 1886, signaler la présence probable du trias dans la région de Lang-son.
Cette probabilité est devenue pour lui une certitude par suite de la découverte de cératites dans des schistes noirs recueillis par M.Prévost, surles indications de M . Sarran, entre Phu-lang-thuong et Lang-son,
La feuille de Lang-son a été étudiéeen détail parle Service géologique ; de nombreux gisements de fossiles triasiques y ont été découverts.
Le trias de Lang-son est constitué par un ensemble gréso-schisteux, entremêlé (Je calcaires gris ou noirs en bancs tantôt minces et isolés, tantôt épais. Les schis-
tes sont ordinairement gris, violets ou jaunes ; le tout parait plutôt reposer sur le microgranite que sur lesterrains primaires voisins, La limite ouest du terrain triasique est très bien définie entre Thanh-moi et LangHQac ; c'est le calcaire carbonifère. La séparation se fait par une grande flexure dirigée nord-nord-est. Plus au nord et toujours à l'ouest,en dehors de la feuille de Lang-son,il semblerait,d'après certaines observations encore incomplètes, que le terrain triasique vient s'appuyer transgressivement sur les schistes primaires. Au nord et à l'est, le terrain triasique se continue en Chine où il vient s'appuyer surle calcaire carbonifère de Longtchéou. La limite sud est mal déterminée. Vers Na-péo, le trias s'appuie sur le microgranite et vers Luc-an-châu jse trouve probablement en contact avec le terrain rouge ; mais le rhétien n'apparaît nulle part entre ces deux terrains ; il y a peutêtre transgression générale du terrain rouge sur le trias.
VIL — Rhélien
Le terrain rhétien constitue une bande allongée* d'abord dans la direction estouest, parallèlement au cours du Song Da-bach, de Sept-Pagodes àHuong-by, ensuite dans la direction est-nord-est, parallèlement à la côte, de Huong-by à Kébao, par Hongay.
Ce terrain, formé de poudingues, grès et schistes, contient les couches de charbon exploitées au Tonkin. Les nombreuses empreintes de plantes fossiles qui ont été recueillies dans les schistes de cette formation, ont fait l'objet, depuis 1884, des savantes déterminations de M. Zeiller, membre de l'Institut, dont le travail définitif a été publié en 1903, par les soins du Ministère des Travaux publics, sous le titre de Flore fossile des gîtes de charbon du Tonkin.
La limite nord du terrain rhétien est formée par les terrains rouges à la hauteur de Dong-lriéu et de Kébao et par les terrains primaires dans l'intervalle au fond de Port-Courbet et au nord de Hongay» Le bassin houiller du Dong- triéu comprend deux chaînes distinctes entre lesquelles, à la suite de dislocations, s'étend une bande de terrains primaires.
La limite sud est formée tantôt par les calcaires carbonifères, tantôt par les grès quartzites du sjstème silurien dévonien.
A la limite nord, lorsque le terrain rouge succède au terrain rhétien, il semble qu'il se supeiposeà lui normalement. Les strates du terrain rhétien plongent, en effet, en pente douce vers le nord.
A la limite sud, les strates des terrains rhétiens se recourbent brusquement pour prendre une plongée sud et venir ainsi buter contre le calcaire carbonifère ; du moins, ce fait s'observe sur toute la lisière du Dong-triêu et à Kébao. L'hypothèse d'une ou plusieurs grandes failles sur cette limite sud est plausible. Elle expliquerait le changement de la direction générale des couches à Hongay qui, de est-ouest, deviendrait nord-nord-ouest.
Des lambeaux de terrain rbétiea ont été observés au milieu des massifs de calcaire permocarbonifère dans le sud-ouest du Tonkin, à Gho-bo et Phu-oh«w}uaij.