‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 175 sur 190 · I. — COMBUSTIBLES · texte numérisé non relu

I. — COMBUSTIBLES

1° Houille

Qualités du char- On ne connaît au Tonkin, en fait de houille, que le charbon maigre, quasi-anbon et usage. thraciteux, contenant 8 à 12 % de matières volatiles et dont le pouvoir calorifique varie de 7.000 à 7.800 calories. Ce charbon est très demandé en Chine pour les usages tels que: cuisson domestique, fabrication de la chaux, du verre, qui réclament un pouvoir calorifique élevé uni à la qualité maigre du charbon et n'exigent nullement que le charbon soit en gros morceaux. On livre donc aux Chinois le menu charbonneux à un prix de bon marché remarquable.

Le charbon maigre du Tonkin est d'un très bon emploi pour la chauffe des chaudières ordinaires à terre, à condition qu'on le brûle dans des foyers soufflés et en morceaux. Dans les foyers non soufflés et en tout venant, il peut être à la rigueur utilisé, mais beaucoup moins économiquement et non sans difficulté. L'emploi du charbon en morceaux, dit criblé, ne s'est point étendu aux chaudières de locomotives et peu aux chaudières marines. Le tirage forcé ou le soufflage constituent pour ces chaudières une sujétion que l'on n'a pas su ou pas voulu réaliser. Cependant, on cite le cas de certains bateaux étrangers attachés au port de Hongkong, qui brûlent avec des foyers soufflés le charbon criblé du Tonkin. Il en est

de même des ebaloupes des Correspondances fluviales du Tonkin. Les armateurs y ont trouvé des avantages résultant à la fois du moindre encombrement de la matière dû k sa grande densité, du pouvoir calorifique élevé et du prix d'achat modéré.

La Société de Hongay fabrique avec un mélange de charbon maigre de Hongay, de charbon gras venant du Japon et de brai venant d'Europe, des briquettes très appréciées qui sont utilisées par les chemins de fer et les Messageries maritimes.

Une briquette spéciale de qualité supérieure est fabriquée pour les besoins de la marine de guerre qui en est très satisfaite.

Les gisements de charbon du Tonkin, lignite à part, peuvent se répartir, d'après Gisements, leur âge géologique, en deux catégories :

1° Gisements de l'âge rhétien ;

2° Gisements des terrains rouges, stratigraphiquement supérieurs aux précé* dents.

Les gisements rhétiens se trouvent au sud-est du Tonkin, entre Sept-Pagodes et l'extrémité est du Tonkin, ainsi que dans le sud, à Phu-nho-quan et à Chobo.

Entre Sept-Pagodes et Kébao, bien qu'appartenant à une même formation, les gisements se subdivisent en trois zones que séparent de grandes failles : 1° Kébao, 2° Hongay, 3° Dong-trieu.

A Kébao, l'exploitation n'a porté que sur la partie médiane,alors que les recherches effectuées en 1901-4902 par M. Charpentier ont démontré l'existence d'un faisceau de couches régulier et important dans la partie sud-ouest de l'île.

A Hongay, des recherches ont été effectuées sur les trois lots de la concession et ont démontré l'existence d'un tonnage considérable.

La Société a limité jusqu'ici ses efforts au faisceau de Nagotna, comprenant quatre couches de 3 à 5 mètres de puissance et à la grande couche de Hatou, d'une puissance moyenne de 40 mètres en charbons. Des recherches effectuées en 1906 et 1907 à Campha y ont dévoilé l'existence de plusieurs couches très puissantes d'un charbon dur et résistant.

A l'ouest de Hongay Jusqu'à Huong-by, s'étend une bande de terrains houillers de peu d'intérêt, par suite des plissements dont elle a été l'objet et de la mauvaise qualité du charbon qui en est la conséquence.

A l'ouest de Huong-by, jusqu'à Sept-Pagodes, le terrain rhétien se dédouble et forme deux chaînes de montagnes séparées par la vallée du Song Ky et une ligne de mamelons constitués par les terrains primaires d'âge indéterminé. Dans les deux chaînes, la formation houillière se montre d'une grande régularité. La chaîne au sud présente un aspect tout particulier en gradins, chacun de ces derniers correspondant à une couche de combustible; la chaîne nord a fait l'objet seulement de recherches ; celles-ci ont démontré l'existence de toute une série de couches de grande puissance, constituées par du chartxm dur sans interpolation de schistes,

que l'on a reconnu sur une grande longueur, depuis Huong-thuong jusqu'au nord deBen-chau.

Dans la chaîne sud, le terrain houiller vient s'abaisser sous la plaineà la hauteur de Dong-trieu et ne se montre plus entre ce point et Sept-Pagodes que dans des mamelons peu élevés, ne renfermant d'ailleurs que des couches peu importantes et du charbon laminé et poussiéreux.

Les gisements de Phu-nho-quan et de Chobo sont de bien moindre importance, simples lambeaux au milieu des calcaires permocarbonifères et autres terrains plus anciens. Quelques recherches effectuées à Chobo ont été abandonnées en raison de la qualité du charbon, poussiéreux et très sulfureux.

À Phu-nho-quan, on s'est borné à reconnaître les affleurements; le charbon, du moins d'après un échantillon remis au Service des Mines, semble de meilleure qualité et comparable à celui du Dong-trieu.

- A la catégorie des terrains rouges appartiennent les gisements de Thai-nguyen qui n'ont fait l'objet que de recherches très restreintes, de Chu et de Tien-yen, où on a simplement pratiqué un grattage de prospection. La qualité du charbon aux affleurements paraît plutôt médiocre et est peu faite pour encourager les recherches.

2o Lignite

Les gisements de lignite reconnus au Tonkin sont :

1° Le gisement de Yen-bay et la succession de gisements en chapelets qu'on rencontre en différents points de la vallée du fleuve Rouge, notamment à Ngoihop, depuis Yen-bay jusqu'à Lao-kay et au delà;

2° Les gisements de Phu-doan et Lé-my, sur la rivière Claire, de Luc-an-chau, sur le Song Chay ;

3° Le gisement de Tan-nhuan, au sud-ouest de Ninh-binh, près de la ligne ferrée de Hanoi à Vinh ; '4° Les gisements de Gao-bang, That-khé, Loc-binh dans le haut-Tonkin.

1° Gisements de Yen-bay et du fleuve Bouge

Le premier gisement de lignite signalé au Tonkin fut celui de Yen-bay. Cette découverte excita un vif intérêt à raison de la nature du charbon, gras et bitumineux, donnant du coke à la distillation, tout à fait analogue aux houilles grasses flambantes du Japon. On assigna d'abord au charbon l'âge rhétien, mais les fossiles recueillis montrèrent qu'on était en présence d'un bassin lacustre d'âge tertiaire.

La formation est composée de grès et schistes gréseux, où Ton voit de place en place des affleurements peu continus de schistes charbonneux, avec lentilles de charbon intercalées. Il semble que le combustible ait été remanié et transporté peu après sa formation ; toutes les recherches effectuées dans la région ont amené seulement la découverte de lentilles en général peu étendues.

2o Gisements de Luc-an-chau, Phu-doan et Lé-my

Le gisement de Luc-an-chau se présente comme une cuvette au milieu des terrains métamorphisés. La présence du lignite semblable à celui de Yen-bay a bien été constatée, mais aucune recherche n'a été effectuée.

Les gisements de Phu-doan et de Lé-my se présentent dans des conditions semblables. Le dernier, découvert au début de 1907, a fait l'objet de quelques recherches; le lignite, comme celui de Yen-bay, est gras et bitumineux, donnant du coke, mais semble avoir été remanié et se présenter en masses lenticulaires.

3° Gisement de Tan-nhuan

Ce gisement se trouve dans un bassin tertiaire, au milieu des calcaires siluriens* dévoniens de la région au sud de Ninh-binh. Les limites exactes n'en sont pas connues, mais il ne semble pas qu'elles soient étendues. On y a reconnu une couche de 10 mètres de puissance utile, interstratifiée dans les bancs de grès et de marnes où l'on a recueilli de très belles empreintes de plantes qui serviront à déterminer l'âge précis de la formation. Cette couche a été découverte sur 400 à 500 mètres pour l'exploitation; elle est très inclinée; son allure est inconnue en dehors de la partie découverte, en sortequ'ilestimpossiblededonnerune valeur approximative du gisement. Le lignite n'est pas gras et bitumineux comme celui de Yenbay et ne donne pas de coke.

Au nord-ouest de Tan-nhuan, à Laothuy, on a signalé un lignite un peu semblable, mais ayant conservé toute l'apparence du bois.

<!<> Gisements de Cao-bang, That-khé, Loc-binh

Autour de Cao-bang existe un bassin lacustre, probablement tertiaire, très régulier d'allure, qui s'étend sur une longueur de 10 kilomètres et une largeur de 5 kilomètres environ. Des affleurements de lignite se montrent dans leSong Banggiang, en amont de Cao-bang, ainsi qu'auprès de la route de Cao-bang à Lang-son, à 2 kilomètres environ de Cao-bang.

A That-khé, on a reconnu dans la rivière un simple filet de lignite. Le bassin tertiaire est surtout formé par un poudingue quartzeux.

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