‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 187 sur 190 · CIRCULATION MONÉTAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULATION MONÉTAIRE

La circulation monétaire et fiduciaire a donné lieu, d'après les renseignements fournis par les trésoriers particuliers et les situations de caisse produites par les préposés chefs de place, aux remarques suivantes : Billets de banque. {o Billets de la Banque de F Indo-Chine. — Les billets de différentes coupures

circulent, dans toute l'étendue de la Colonie, en quantité suffisante pour permettre de faire face aux besoins du Service et du public. Ces valeurs représentent même une proportion relativement élevée des encaisses du Trésor.

Des critiques ayant été formulées relativement au mauvais état des billets répandus dans la circulation, le directeur du Contrôle financier, en sa qualité de censeur légal de la Banque, avait prié le trésorier général d'examiner s'il ne lui serait pas possible de prêter son concours à cet établissement financier, pour opérer le retrait de ces valeurs au fur et à mesure de leur présentation aux guichets du Trésor. Il a été répondu affirmativement et un nombre considérable de billets, maculés ou déchiquetés, ont été retirés de la circulation.

Piastres de corn- 2° Piastres de commerce. — Depuis 1902, la Monnaie a frappé pour le compte merce. de la Colonie:

En 1902 2.275.000 piastres de commerce

Enl903 500.000 —

En 1904 2.700.000 —

En 1905 3.524.000 —

En 1906 10.110.000 —

Malgré ces envois sucessifs, la réserve métallique est en diminution constante depuis 1902 et ne représente qu'une proportion d'environ 27 % des encaisses du Trésor. Il faut chercher la raison de cette situation anormale dans l'importante sortie de piastres de commerce qui s'effectue vers le Yunnan. Lorsque, en 1905, l'interdiction de l'exportation de cette monnaie fut décidée, on dut faire exception pour cette région, où le paiement des ouvriers occupés à la construction du chemin de fer de Lao-kay à Yunnan-fou nécessitait l'envoi d'une grande quantité de numéraire. 16 millions de piastres ont été ainsi exportés, depuis le commencement des travaux, dont une très faible partie seulement commence à revenir dans la Colonie par Hong-kong. Cette situation n'est que provisoire. Une commande de 10 millions de piastres a été faite pour 1907; 2.442.000 sont déjà parvenues dans la Colonie; ce stock permettra de répondre largement aux besoins du Service et du public.

Monnaies division- 30 Monnaies divisionnaires de la piastre. — Le stock de monnaies divisionnaires dont le Trésor dispose représente, en ce moment, environ 10 % de ses en-

nalrest

-caisses, proportion largement suffisante pour les besoins de la circulation, car ces monnaies sont données et acceptées, d'une façon générale, comme appoint de la la piastre et dans une proportion relativement minime.

4° Monnaies de billon indo-chinoises. — Il a été constaté que les cents étran- Monnaies 4e binon. gers représentent, actuellement, dans les caisses du Trésor, une proportion assez élevée de la monnaie de billon, bien que l'importation de cette sorte de numéraire soit interdite en Indo-Chine. Pareille constatation tendrait à fairesupposer que la quantité de cents indo-chinois mise en circulation est insuffisante pour les besoins du public, mais il semble démontré que cette situation résulterait plutôt d'une spé culation faite par les Chinois à la faveur de la prime dont bénéficie notre piastre de commerce dans les centres voisins de la Colonie. Les piastres métalliques indochinoises seraient ainsi exportées sur ces marchés pour être changées en cents et revenir sous cette forme en Indo-Chine. Les mesures particulièrement rigoureuses prescrites par le Service des Douanes suffiront certainement à enrayer cette importation.

5° Sapèques en zinc. — Dans le courant de l'année 1905, le Protectorat du Tonkin avait fait exécuter à la Monnaie la frappe de 60 millions de sapèques en zinc de 1/600 de piastre, représentant une valeur totale de 100.000 piastres, destinées à remplacer les anciennes sapèques, qui disparaissent de jour en jour. Après une tentative infructueuse de mise en circulation, due surtout au sentiment de défiance de l'Annamite à l'égard de toute innovation monétaire, de nouvelles mesures ont été prises récemment par l'Administration supérieure (paiement en sapèques de l'appoint de la piastre pour la solde des agents européens et indigènes en service au Tonkin, acceptation de ces sapèques dans toutes les caisses publiques et dans celles des monopoles, etc.), mesures qui permettent d'espérer que, dans un délai peu éloigné, l'usage de cette monnaie sera définitivement adopté par les indigènes.

Sapèques en zinc*

Ce rapport succinct permet de constater les progrès accomplis au cours de la période 1902- 1907,' progrès qui se sont traduits par l'organisation définitive d'un des rouages les plus importants de l'Administration indo-chinoise. La Colonie se trouve dotée, désormais, d'un Service de Trésorerie capable d'assurer, dans des conditions pleinement satisfaisantes, la centralisation et la vérification d'opérations qui, pour les seuls budgets de l'Indo Chine en y comprenant les budgets provinciaux, dépassent 1 20 millions de francs.

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