IV. — COCHINCHINE
• De tous les pays de l'Union, la Cochinchine est celui qui est entré le plus résolument dans la voie généreuse de l'assistance et qui a donné les plus beaux résultats . C'est aussi celui où l'initiative privée a joué le rôle le plus considérable. A Saigon, à Cholon et dans une partie des provinces, se sont constituées des associations de bienfaisance destinées à subvenir aux dépenses de création et d'entretien des œuvres de charité. Leurs ressources sont faites de cotisations, de legs, de subventions. La plupart des donataires sont de riches commerçants annamites ou chinois: leur charité est inépuisable lorsqu'il s'agit de fondations dont ils voient le fonctionnement et dont ils comprennent l'utilité.
Les crédits de l'Assistance en Cochinchine proviennent de trois sources diflérentes : budget local, budgets provinciaux, sociétés de bienfaisance. Pourl'annéc1906, ils se sont élevés à 659.236 piastres, se réparlissant ainsi :
Budget local 242.613 piastres
Budgets provinciaux et municipaux .... 115. 800 — Dons de sociétés de bienfaisance 300 . 823 —
Nha-tr&njf.
Phan-tiet
Crédits.
L'Assistance médicale est dirigée par un médecin principal de 1 re classe, sous- Personnel médical directeur du service de Santé. Le service est fait par des médecins civils de l'Assistance et des médecins militaires, hors cadres ou non, ces derniers chargés des services extérieurs. Le nombre des uns et des autres a été de 26 pendant l'année.
Certains établissements d'assistance, pour la plupart propriétés des Missions, emploient encore des religieuses. Le contrôle officiel tendant à remplacer de plus en plus l'initiative privée, les religieuses sont destinées à disparaître peu à peu, pour faire place k des indigènes suffisamment dressés.
Sœurs hospitalières*
Sages-femmes européennes.
Sages- femmes Indigènes.
Infirmiers- vaccinateurs.
Les sages-femmes européennes ne sont encore qu'au nombre de 3 : la directrice de la maternité de Cholon et une adjointe ; Ja troisième est à Bentré. L'expérience montrera les services qu'on peut en attendre et la résistance qu'elles offriront au climat. Si celle-ci est suffisante, on s'efforcera de pourvoir chaque province d'une sage-femme européenne qui sera al lâchée à la maternité du chef-lieu et aura sous sa surveillance les ba-mu indigènes de la circonscription.
Les sages-femmes annamites ou ba-mu, sont formées à la maternité de Cholon. Leur nombre est encore très restreint, l'école de Choquan en fournissant à peine 15 à 20 par an ; mais leur recrutement devient de plus en plus facile et, dans un avenir assez rapproché, il pourra être décuplé, de manière à assurer aussi largement que possible l'assistance des femmes en couches.
Les infirmiers -vaccinateurs ont été créés en 1904 et sont forràés à une école spéciale, annexée & l'hôpital de Choquan. Ils apprennent à vacciner, à donner les premiers soins aux malades et à guider les habitants dans les mesures préventives à prendre contre les maladies endémiques et épidémiques. Us ne doivent remplacer ni les médecins européens, ni les médecins indigènes et, en aucun cas, ils ne peuvent être laissés à leur seule initiative. Ils sont attachés aux différentes provinces, placés sous l'autorité du médecin européen, et, selon ses ordres, font alternativement des tournées de vaccines et du service dans les formations sanitaires. Tous les deux ans ils doivent retourner à Choquan pour y accomplir un slag»\
Etablissements hospitaliers et œuvres d'assistance
Grâce aux ressources mises à la disposition de l'Assistance par la générosité des populations et aux sacrifices consentis par le Conseil colonial, ce service a pu prendre une grande extension et être doté d'institutions multiples qui n'existent pas dans les autres pays de l'Union.
Les établissements hospitaliers se répartissent ainsi:
Postes médicaux et cliniques 10
Hôpitaux 24
Maternités 7
Crèches A
Orphelinats 9
Maisons d'assistance correctionnelle 1
Asiles de vieillards et d'incurables 6
Institut d'aveugles 4
Institut de sourds-muets. 1
Léproserie 1
Ecole d'infirmiers-vaccinateurs et de sages femmes ... 1
Total 65
Sur ces 65 œuvres d'assistance,la plus grande partie relève de l'initiative privée et appartient soit aux Missions, soit aux sociétés de bienfaisance :
Budget local '. 5
Budgets provinciaux 10
Budgets municipaux 5
Sociétés de bienfaisance et particuliers 18
Missions 27
Les résultats obtenus pendant l'année Sont des plus remarquables et indiquent Résultats obtenus, nettement la faveur croissante dont jouissent les œuvres d'assistance auprès des indigènes. Us se résument de la manière suivante :
Hospitalisés 14.843
Consultants 53.607
Femmes en couches • . 982
Enfants recueillis 2.800
Vieillards et incurables 1.727
Aveugles 24
Lépreux 1 63
Ces chiffres concernent presque uniquement des indigènes ; les établissements de l'Assistance sont en effet destinés à ceux-ci et c'est exceptionnellement qu'ils reçoivent les européens, traités en principe à l'hôpital du service général de Saigon. L'hôpital Drouliet, qui vient d'être achevé, à Cholon, leur sera, au contraire, réservé ; il doit fonctionner comme une véritable maison de santé et les ressources de l'Association hospitalière qui l'a fondé permettront de rendre son entrée accessible à toutes les bourses. Provisoirement, l'hôpital de Choquan avait été ouvert à ces malades ; quant au dispensaire de Saigon, il ne reçoit que les européens indigents de la ville.
L'Assistance médicale est assurée à Saigon : Ville de Saigon.
1<> Par les consultations des deux médecins militaires chargés des services extérieurs ;
2° Par la clinique que le docteu r Dejean de la Bâtie a installée dans la rue d' Adran et qui a dbhné cette année 27.181 consultations ;
3° Par un dispensaire de 80 lits, construit sur un terrain offert à la ville par M . Colombier ;
4° Par la Société de protection de l'enfance, qui s'est constituée à Saigon le 45 décembre 1906 et dont le but se résume ainsi : assurer la protection, l'éducation et l'instruction des enfants des deux sexes dépourvus de ressources et de soutien, sans distinction ;
5° Par l'œuvre de la Sainte-Enfance, fondée en 1853 par les sœurs de Saint-Paul de Chartres, pour recueillir les enfants abandonnés. Dirigé par 1 7 sœurs françaises et 9 sœurs indigènes, cet établissement abrite une moyenne de 350 enfante.
Une œuvre de même genre, créée en 4877 à Tan-dinh, est dirigée par A sœurs françaises et 10 sœurs indigènes ; elle comprend 300 enfants.
Une somme globale de 1 1 .000 piastres est inscrite au budget local de la Gochinchine, à titre de subvention aux sœurs de Saint-Paul de Chartres pour les œuvres de bienfaisance qu'elles entretiennent dans la Colonie.
6° Par la surveillance de la natalité indigène qui a été instituée par le docteur Dejean de la Bâtie .
Le dispensaire municipal, commencé en 1894, fonctionne depuis 1896 ; une somme de 25.000 piastres a été consacrée à son installation. 11 dispose de 80 lits et est divisé en deux parties : la première est réservée aux européens malades ou plutôt indigents, épuisés par le climat et les privations; la seconde destinée aux filles publiques. Les frais d'hospitalisation, lorsque les malades ne peuvent les acquitter, sont supportés par la ville ou par les provinces d'origine .
Le but de la surveillance de la natalité indigène est de lutter contre le tétanos ombilical qui enlevait 30 % en moyenne des enfants nouveau-nés à Saigon. Le 23 août 1905, le docteur Dejean de la Bâtie réunit à sa clinique de la rue d'Adran 12 ba-mu ou accoucheuses indigènes ; il les initia, sur un mannequin, aux détails de l'application des pansements ombilicaux, leur distribua des ciseaux pour la section du cordon et leur donna des instructions générales. Chacune d'elles reçut un pansement destiné à être appliqué sur le cordon du nouveau-né après ligature et section.
Chaque fois qu'une ba-mu avait opéré une délivrance dans les conditions prèscrites, elle venait l'annoncer ; le docteur Dejean de la Bâtie allait constater l'application du pansement et vers le dixième jour,quand la cicatrisation de la plaie ombilicale était complète, une piastre était versée à la ba-mu à titre d'encouragement. Une somme de 2.000 piastres fut inscrite au budget pour le fonctionnement de ce service.
Pendant l'année 1906, 14 ba-mu ont fait partie de ce service et ont reçu des pansements. La mortalité des nouveau-nés qui ont reçu leurs soins a diminué dans d'énormes proportions ; les chiffres suivants permettent de s'en faire une idée :
Du 1 er janvier au 31 juillet 1905, la natalité n'étant pas surveillée, 748 naissances ont été enregistrées à l'état civil, avec 178 décès, soit un pourcentage de 23,80 décès pour 100;
Du 1 er janvier au 31 juillet 1906, la natalité étant surveillée, 983 naissances ont été enregistrées avec 65 décès, soit un pourcentage de 6,61 décès pour 100.
Ces résultats se passent de commentaires et font le plus bel éloge de cette institution.
Ville de Cholon, La ville de Cholon occupe une place à part dans l'énumération des œuvres d'assistance. Les sacrifices qu'elle a consentis, les établissements philanthropiques
dont elle a été dotée font le pins grand honneur à son administration et le plus bel . éloge de sa population si nettement pénétrée des devoirs de la solidarité sociale et de la fraternité humaine. La plus grande part du mérite et à peu près toute l'initiative reviennent à M. Drouhet, maire de Gholon.
Excepté l'hôpital municipal, la clinique, le dispensaire et la crèche, qui appartiennent à la municipalité, ainsi que l'asile de la Sainte-Enfance, qui appartient à la Mission, toutes les autres institutions de Gholon sont la propriété d'associations de bienfaisance qui les administrent et pourvoient à leurs besoins.
4* Hôpital municipal. — Cet établissement, reconstruit en 1902, comprend Hôpital municipal. 7 pavillons , isolés les uns des autres, dans un vaste parc. 11 est destiné presque uniquement aux asiatiques ; quelques chambres sont réservées cependant aux européens et aux dames qui désirent y être admis, 2.325 personnes y ont été hospitalisées en 1906.
2° Dispensaire. — Le dispensaire fait partie de l'hôpital ; il est installé dans un pavillon spécial et peut recevoir 200 filles publiques. La moyenne ordinaire des femmes internées est de 100.
3* Clinique. — Le service des consultations avait lieu jadis à l'hôpital, mais les indigènes, redoutant le voisinage des malades, ne s'y rendaient pas sans appréhension. Pour ce motif, la création d'une clinique spéciale futdécidée ; elle a été ouverte le 1 er avril 1 905 et jouit de la plus grande faveur auprès de la population .
4° Hôpital Drouhet. — La construction de cet établissement, qui porte le nom de son fondateur, fut arrêtée le 11 septembre 1 905, à la suite du vote d'une assemblée qui se constitua à la même date sous le litre c d'Association hospitalière de laCochinchine » • Il sera ouvert à tous les malades, leur offrira le plus grand confort possible, tout en leur accordant la plus grande liberté, et leur laissera la faculté d'avoir recours, s'ils en expriment le désir, à un médecin de leur choix. Les locaux sont gais, bien aérés et répartis en chambres à 1 ou 2 lits, avec cabinets de toilette, baignoires, etc. . •
Grâce aux ressources de l'Association et aux libéralités de ses membres, le taux de la journée d'hospitalisation a été fixé au prix modique de trois piastres. Au 31 décembre 1906, l'Association hospitalière avait déjà 139.720 piastres à sa disposition.
5<> Maternité de Cholon. — Gréée le 31 août 1901, elle a pour but d'assister le 8 femmes indigènes enceintes et d'inculquer aux ba-mu annamites les règles de la propreté et de F asepsie. Elle sert, en outre, d'école d'application aux sages-femmes indigènes de Ghoquan. Elle appartient à l'Association maternelle, créée à Cholon par arrêté du 31 août 1901 • Ses ressources permettent de faire face à tous ses besoins ; pour l'exercice 1906, elles se sont élevées à la somme de 22 .445 piastres*
Dispensaire.
Clinique.
Hôpital Drouhet.
Maternité»
Les chiffres suivants montrent le succès croissant de cette œuvre :
Nombre des entrées en 1904 431
Sur ces chiffres il y a eu :
En 1904 26 européennes
En 1905 35 —
En 1906 39 —
Le pourcentage de la mortalité dans l'établissement est descendu de 2,08 °/o en 1904 à 1,14 % en 1905 et à 0,75 % en 1906, sans qu'il se soit produit un seul cas de tétanos.
A l'extérieur, les mesures de protection de l'enfance, appliquées avec un zèle éclairé et soutenu, ont déjà donné des fruits. Dans son rapport à l'assemblée générale de l'Association maternelle de Cholon, le 20 mars 1907, M. Drouhet donnait les chiffres suivants qui se rapportent à la ville de Cholon et qui ont été établis avec la plus grande exactitude.
Pourcentage de la mortalité infantile dans la ville de Cholon :
De 1898 à 1900 68,72 <>/
De 1901 à 1903 56,05 o/
De 1904 à 1906 32,04 o/
Asile des enfants 6° Asile municipal des enfants abandonnés. — Fondé en 1902, il reçoit les malades ou aban- en f an t s malades ou abandonnés, mais refuse de recueillir les moribonds dont les donnes. parents essaient parfois de se débarrasser pour s'affranchir des frais de funé-
railles.
Les résultats obtenus depuis sa fondation sont les suivants :
Entrés
Pourcentage moyen de la mortalité
Crèche de la Sainte- Enfance.
7o Crèche de la Sainte-Enfance. — Etablie en 1870 par la Mission, elle est surtout une œuvre de prosélytisme dont le but est avant tout de faire des chrétiens et de baptiser des enfants. Tous ceux qui sont présentés sont donc admis, quel que soit leur état et les parents asiatiques prennent ainsi l'habitude fâcheuse de se décharger sur la Mission des frais d'inhumation ; celte tendance est d'autant plus difficile à combattre que, d'après les coutumes, les enfants n'ont pas droit
à la sépulture familiale et sont abandonnés sans aucun regret. Aussi, les statistiques de la crèche sont-elles surtout des statistiques de mortalité :
Entrés
Décédés
Rendus aux parents
Pourcentage moyen de la mortalité.
8° Maison de retraite. — Œuvre exclusivement philanthropique, fondée à Cho- Maison de retraite. Ion le 27 novembre 1902, elle a pour but de soustraire à la misère et à la mendicité les vieillards et infirmes qui n'ont aucun soutien et qui ne peuvent subvenir à leurs besoins. Elle est ouverte à tous, sans distinction, la vieillesse et l'infirmité, quelle qu'en soit la provenance, ayant les mêmes droits.
Depuis sa fondation jusqu'au 31 décembre 1906, la Maison de retraite a recueilli 77 vieillards et infirmes; elle a enregistré 23 décès et 22 pensionnaires, après un repos plus ou moins long, ont été en état de regagner leurs villages.
La Maison de retraite appartient à une association de bienfaisance spéciale, placée sous le patronage des délégués de la presse française et dont le siège est à Cho* Ion. Ses recettes ont été, pour l'exercice 1906, de 3.292 piastres ; elles ont couvert en totalité les dépenses.
9° Ecole des jeunes aveugles de la Cochinchine. — Elle est placée sous le patronage de l'association Nguyên-van-Ghi.
Celte association fut créée par M. Drouhet le 12 avril 1902; elle a pour but :
1° D'assurer le fonctionnement et le développement de l'école des jeunes aveugles
2° De protéger d'une façon générale les aveugles asiatiques de la Cochinchine, quels que soient leur âge et leur sexe.
L'œuvre, qui s'étend à tous les aveugles de la Colonie, leur assure un ensei*» gnement primaire et professionnel suffisant pour leur permettre de subvenir euxmêmes aux besoins de leur vie et d'être à l'abri de la misère et de la mendicité. Pensionnés pendant tout le temps nécessaire à leur apprentissage d'une profession rémunératrice, les élèves sont, à leur sortie de l'institution, recommandés ou placés par les soins de l'association qui leur alloue les secours supplémentaires dont ils peuvent avoir besoin et, en cas de nécessité, leur assure un asile s'ils sont incapables de travailler.
Le véritable fondateur de l'école des jeunes aveugles fut M. Le Myre de Vil lers, gouverneur de la Cochinchine, qui ouvrit une maison de refuge et d'apprentissage spécialement destinée aux aveugles indigènes. La direction en fut confiée à l'un de
Ecole des Jeunes aveuglée.
ces malheureux infirmes, Nguyên-van-Cbi, dont l'intelligence frappa l'Administration et qui fut envoyé à l'école Braille, de Saint-Mandé, pour y recevoir l'éducation nécessaire. A son relour.il groupa autour de lui quelques compagnons d'infortune, reconstitua son école et organisa avec une touchante fraternité renseignement des aveugles, basé sur ce qu'il avait appris en France. Il s'ingénia, en mêiqe temps, par de spontanés et patients efforts, à compenser , pour le bien-être ou l'éducation de ses élèves, l'insuffisance d'installation et de ressources pécuniaires de son modeste établissement.
D'abord installée sur les bords animés de la route de Saigon à Cholon, l'école fut transférée, dans un but d'agrandissement, auprès du village de Tan-hoa, dans un endroit triste et isolé, voisin du camp des Mares et convenant peu à ses malheureux pensionnaires. Nguyên-van-Chi assista à ce transfert et mourut peu de temps après, en 1901 .
Après la mort de son organisateur, l'école périclita et ses élèves allaient se disperser quand M. Rodier intervint et, par la collaboration qui s'ofirait à lui de la mairie de Cholon, reconstitua l'œuvre sur une base élargie et solide.
Le 12 avril 1902, M. Drouhet constituait « l'Association hospitalière des aveugles de la Cochinchine »; les statuts étaient votés le même jour et les fonds nécessaires étaient souscrits.
L'emplacement de Tan-hoa fut abandonné et la nouvelle école fut construite & Cholon, en un endroit animé et gai, auprès du groupe des autres établissements de bienfaisance de la ville.
Le 1 er juillet 1905, l'école était ouverte ; les débuts furent pénibles ; les éléments faisaient défaut. Au moyen des anciens élèves de Nguyên-van-Chi, on établit l'enseignement mutuel ; quelque temps après, un Français aveugle, M . Luzergues, prit la direction et les progrès devinrent rapides.
L'école, ouverte avec un effectif de 7 élèves, en compte actuellement 24; elle est encore peu connue dans l'intérieur des provinces, mais prendra vite une grande importance quand les aveugles, retournant dans leurs villages, diront comment ils sont traités et instruits.
Les ressources de l'Association se sont élevées pendant Tannée 1906 à la somme de 11.366 piastres.
Ecole de* sôiti*ds- 10* Ecole des sourds-muets. — Elle est de fondation toute récente. Une société muets. de bienfaisance spéciale, dite « Société d'éducation des sourds-muets i, s'est
organisée le 25 janvier 1907 pour subvenir à ses besoins, l'administrer et, d'une manière générale, protéger les sourds-muets asiatiques de Cochinchine, quels que soient leur âge et leur sexe.
C'est une école professionnelle où les sourds-muets reçoivent un enseignement pratique leur permettant, à leur sortie, de subvenir à leurs besoins. Le personnel comprend : un instituteur français, des instituteurs asiatiques et des maîtres ouYriqrs pour l'enseignement des travaux manuels.
Le budget de la Société pour 4907 est de 40.000 piastres, qui lui permettront d'entretenir 45 élèves.
L'hôpital de Choquan, fondé en 1869 par de riches Annamites, appartient à l'Administration depuis 1864. C'est un établissement mixte qui reçoit les militaires indigènes de la garnison de Saigon et des postes environnants, les fonctionnaires indigènes et les malades indigents de l'Assistance, tout récemment, quelques chambres ont été aménagées pour les européens qui désirent s'y faire traiter.
Placé à mi-route entre Saigon et Cholon, sur la rive gauche de l'arroyo Chinois, il n'y fait jamais très chaud, grâce à la brise qui se fait presque toujours sentir. Dans ces dernières années, ila été transformé complètement et se compose aujourd'hui de 7 pavillons séparés les uns des autres et isolés au milieu d'un vaste jardin.
Dans le courant de 4906, le nombre des entrées a été de 4894, ayant donné 50.444 journées de traitement.
A cet hôpital est rattachée l'école des infirmiers-vaccinateurs et celle des sagesfemmes dont il a été question plus haut.
La province deBaclieu vient d'être dotée d'un médecin ; des crédits seront prévus afin de lui donner les- moyens d'y organiser l'assistance indigène.
Une formation sanitaire existe au chef-lieu de la province de Baria, elle appartient à la Mission et permet de traiter sur pi a ce les malades peu graves ; les autres sont évacués sur Choquan.
L'Assistance fonctionne à Bentré depuis 4899. La Mission possède un hôpital, avec asile d'incurables et orphelinat.
Une maternité a été construite en 4905 par une association de bienfaisance formée par les habitants du pays.
Le service de l'Assistance est assuré à Bienhoa par une clinique créée en 4906 sur les fonds du budget provincial. Le succès presque immédiat dont elle a joui auprès de la population a déjà fait entrevoir la nécessité de son agrandissement et de sa transformation en hôpital.
La Mission possède, en outre, un asile d'incurables et un orphelinat, mais sur lesquels le médecin de l'Assistance n'a aucune action.
Jusqu'à cette année, le service médical de Cantho s'était borné à des consultations ; il n'existait pas de formation sanitaire.
En 4905, la création d'un hôpital avec maternité fut décidée ; une association provinciale de bienfaisance se forma ; elle réunit les fonds nécessaires et l'établisblissement vient d'être terminé.
A Chaudoc, l'organisation de l'Assistance médicale est également l'œuvre de l'initiative privée.
Un hôpital a été construit en 4902, à l'aide de dons volontaires et de subventions consenties par les villages. 11 a été pris en charge par une société de bienfaisance
Hôpital indigène de Ghoquam
Hôpitaux provinciaux.
Bac-lieu.
Baria.
Bentré.
Bienhoa.
Cantho.
Chaudoc.
Gladlnh.
Longxuyen.
Mythe
qui compte un millier de membres et qui assure son fonctionnement moyennant un versement annuel de 4 piastres par sociétaire.
Une maternité complète cet établissement.
La Mission possède en outre un orphelinat.
Le service de la province de Giadinh est assuré par un médecin de l'Institut Pasteur chargé du dispensaire, des soins à domicile et des vaccinations.
La Mission possède à Thi-nhé (Phu-my) un hôpital important, qui date de 1876 et qui, dirigé et administré par les sœurs de Saint-Paul de Chartres, est ouvert i toutes les catégories de malades, européens et indigènes. Le service médical y est confié à un médecin militaire de l'hôpital de Saigon, mais les dames européennes ont toute liberté, si elles le désirent, pour faire venir un médecin de leurchoix.
L'établissement comprend :
Un pavillon pour dames européennes, de 8 lits;
— pour indigènes (hommes), de 144 lits;
— pour indigènes (femmes), de 75 lits;
— pour indigènes payants, de 16 lits;
— pour orphelins, de 10 lits; Une paillote pour contagieux, de 10 lits.
Le nombre moyen des malades en traitement varie peu d'une année à l'autre; pour chacune des trois dernières années, il a été de 1 .336 indigènes et de
20 européennes.
La province de Longxuyen vient d'être pourvue d'un médecin; jusqu'alors, le service y avait été fait par celui de Cantho.
La Mission possède un asile pour incurables, de 50 lits, une maternité et un orphelinat qui compte environ 600 pensionnaires; ces établissements sont installés dans l'île de Culao-gieng.
Les services de l'Assistance à Mytho sont assurés par le médecin de l'ambulance militaire. Ils comprennent l'hôpital indigène, une clinique et la léproserie de Culao-rong.
L'hôpital indigène est la propriété de la Mission ; il a reçu pendant l'année1906, 1.119 malades; une crèche y est annexée.
La léproserie de Culao-rong, établie sur un ilôt du Mékong, est destinée aux lépreux de la Cochinchine et du Cambodge. En principe, tous les lépreux y sont admis, mais ce sont surtout les malades bénévoles ou les vagabonds trouvés mendiant sur les marchés qui y sont internés d'office. La plus grande liberté leur est laissée : ils peuvent cultiver, se livrer à la pêche, à l'élevage» etc . . . D'une manière générale, ils sont satisfaits de leur sort et les évasions sont exceptionnelles.
Le nombre des lépreux, au 1 er janvier 1907, était de 163, dont 22 femmes et ^ 11 enfants.
L'hôpital de Rach-gia est de création récente; il a été ouvert le 1 er janvier 1905. Installé dans d'excellentes conditions d'hygiène, il est complété par des locaux d'isolement situés au dehors, sur le bord de la mer.
L'Assistance médicale de Sadec peut être citée comme un modèle d'assistance provinciale. La générosité des notables de la province a permis de la réaliser.
L'hôpital* maternité comporte un pavillon de consultations, avec pharmacie, lingerie et salle d'opérations, un pavillon pour hommes et un pavillon pour femmes enceintes. Ces derniers comprennent chacun une salle de 14 lits et, aux extrémités, d'un côté un cabinet d'isolement et une cabine de bains, de l'autre 2 chambres pour malades payants ou indigènes de marque.
Cet établissement a coûté environ 40.000 piastres; il est entretenu et administré par une association de bienfaisance provinciale.
Le service des consultations est fait à Soctrang dans une clinique contiguë à la maison du médecin.
La Mission possède un hôpital indigène avec asile d'enfants et asile de vieillards. Ces établissements sont placés sous le contrôle du médecin de l'Assistance.
La province de Tay-ninh possède un hôpital qui a été construit par souscriptions et qui comprend quelques cases en torchis. Quoique bien modeste encore, cette installation rudimentaire rend de grands services.
Une clinique gratuite fonctionne au chef-lieu de la province de Thudaumot; les sœurs dirigent, en outre, un hôpital qui, en cas d'urgence, reçoit des malades, mais qui est surtout destiné à des incurables et à des vieillards.
La Mission possède à Travinh un hôpital de 120 lits; il est subventionné par laprovinceauprofitdesmaladesde l'Assistance. Depuis le commencement de 1906, un médecin européen y est détaché.
Les malades sont soignés à Vinhlong dans une clinique gratuite et dans un hôpital qui vient d'être achevé .
La clinique a été ouverte en juin 1 904. Elle est installée dans un bâtiment annexé à la maison du médecin. L'hôpital, entièrement dû à la générosité de l'Association provinciale de bienfaisance qui s'est formée à Vinh-long, répond à tous les besoins et présente tout le confort possible.
Les malades étaient reçus jusqu'alors à l'hôpital de la Mission, dont les conditions d'hygiène laissent beaucoup à désirer et qui va retourner à sa véritable destination : asile pour incurables et vieillards.
Rach-gia*
Sadec.
Soctrang.
Tayninh.
Thudaumot.
Travinh.
Vinh*long.