I. - PÉRIODE D'ÉTUDES
Pendant les cinq premières années qui ont suivi son organisation, la direction, étant donné les faibles crédits et le peu de personnel dont elle disposait, a àd se
Bulletin économique.
borner à un travail en quelque sorte théorique, qui devait d'ailleurs forcément précéder la période active, et qui fut un travail d'inventaire.
Un grand nombre d'enquêtes sur les sujets les plus variés ont été faites par la direction ; elles ont permis de constituer une série de dossiers sur les principaux produits indo-chinois (procédés de culture, usage, prix, débouchés, comparaison avec les pays voisins).. C'est ainsi que la direction a pu suivre les modifications de régime douanier des pays avec lesquels nous sommes en relations commerciales et qu'elle a pu réunir tous les documents utiles sur le régime de l'immigration et de la main-d'œuvre dans la péninsule Malaise, à Java, à Sumatra et à Ceylan.
Dans cet ordre d'idées, il est permis de signaler d'une façon spéciale le Bulletin économique de V Indo-Chine. Cette publication est appréciée des spécialistes du monde agricole, commercial et industriel auquel elle est destinée. Elle a permis une série d'échanges avec les publications des services d'Agriculture et des stations d'essais des pays qui nous entourent, de l'Inde et de Ceylan, du Japon/ des Indes néerlandaises et des Philippines. En comparaison de l'œuvre faite autour de nous, ou dans des pays analogues, nos efforts dans le sens d'une agronomie scientifique sont en réalité bien faibles. Nous échangeons aussi le Bulletin économique avec des documents de statistique officielle des pays voisins, avec des périodiques sur l'agriculture tropicale publiés en France, en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, aux Antilles anglaises, bref avec une centaine de publications techniques. Une bibliothèque, encore bien pauvre, faute de crédits, se rattache à cet effort.
Musée de Hanoi.
Toujours au point de vue « documentation », la direction a cherché à compléter son œuvre en créant le Musée agricole, commercial et industriel de Hanoi, où a été constitué, classé et étiqueté < l'inventaire matériel » des produits de l'Indo-Chine et des principaux produits d'importation, dont on a pu voir la reproduction en plus grand, à l'Exposition de Marseille, dans le grand pavillon central de l'Indo-Chine.
Deux apprécia- Voici à ce propos deux jugements sur l'œuvre de la direction de l'Agriculture tions sur l'œuvre d ans ce t ordre de faits. Le premier émane d'un commerçant du Tonkin (1), qui documentaire de s'exprime ainsi dans une notice accompagnant son exposition particulière à
la direction. „ ...
Marseille :
« La direction de l'Agriculture et du Commerce expose au grand complet toutes les ressources et toutes les productions de la Colonie : je ne saurais trop insister sur ce point, car c'est là que les acheteurs de matières premières trouveront l'objet, le mot qui met sur la trace.
(1) AT. Démange, négociant importateur et exportateur.— Médaille <Tor à l'Exposition de Marseille.
t J'ajouterai que si mon exposition a quelque valeur d'exactitude et de précision, c'est en grande partie aux renseignements et aux publications de la direction de l'Agriculture et du Commerce qu'elle le doit ; je suis heureux d'en témoigner ici. >
La seconde appréciation est due à un homme dont le nom fait autorité en matière de culture tropicale, M. le professeur Wolhtmann, un des co-éditeurs du Tropanpflanzer. Ce qu'il dit de l'Exposition de la direction à Marseille peut s'appliquer à notre Musée de Hanoi, couronnement pratique de notre œuvre de c documentation », et c'est pourquoi il est intéressant de citer cette appréciation :
c L'Exposition de l'Indo-Chine était franchement digne d'admiration. Un planteur des pays tropicaux ne pouvait rien désirer de mieux, et je dois avouer sans détour que la visite de cette partie de l'Exposition coloniale m'a causé, plus que toute autre, un plaisir de beauté et plein d'enseignement. »
Les statistiques douanières (1) ont toujours fait l'objet de nos préoccupations. Statistiques. Qu'il suffise de signaler, sans plus de détails, que nous avons obtenu des améliorations importantes, signalé des erreurs (bien excusables dans une grande masse de chiffres, avec des moyens de vérification souvent insuffisants), insisté surtout — sans succès jusqu'ici — pour obtenir la création d'une sorte de « Commission des valeurs en douane » dont le besoin se fait souvent sentir.
Mentionnons encore les statistiques du mouvement de la colonisation européenne, dont la direction a fourni le schéma et qu'elle continue à centraliser, et la récente enquête sur les capitaux français et étrangers dont nous avons mené l'opération très délicate, et dont nous avons tiré les conclusions, sans nous illusionner trop sur leur valeur, étant donné la difficulté de réunir, dans un pays encore si peu organisé, des éléments sûrs d'appréciation.
Cependant, même durant la période que nous venons de passer en revue, la Directions locales direction ne s'est pas bornée à accumuler des dossiers de renseignements ou des d'Agriculture, rapports. Elle a pris sa part dans la vie d'ensemble de la Colonie par la consti- Laboratoires tution d'organes d'action effective. C'est à la suite de l'intervention de la direction que des directions locales d'Agriculture ont été créées en Annam et au Cambodge, qu'une station agricole a été installée au Lang-bian, et que deux laboratoires d'analyses (encore insuffisants comme personnel et comme outillage) ont été organisés à Saigon et à Hanoi.
(i) Les études sur le mouvement commercial de l'Indo-Chine ont régulièrement paru dans le Bulletin économique et ont fait l'objet de rapports spéciaux.