‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 4 sur 190 · II. - PÉRIODE D'ESSAIS PRATIQUES · texte numérisé non relu

II. - PÉRIODE D'ESSAIS PRATIQUES

Mais ce n'est qu'à partir de 1904 que la direction a pu entreprendre des essais agricoles sérieux.

Stations C'est en 1903 que fut décidée la création et l'organisation méthodique d'un cer-

expértmentaJes. fain nombre de stations expérimentales pour l'étude des plantes les plus utiles,

mais les travaux ne commencèrent qu'au début de l'exercice financier 4904

Difficultés de Por- Tous les praticiens savent combien il est long, en général, d'amener un sol vierge Ionisation des sta- $ j a C om position uniforme que doit présenter une terre arable permettant des lions agricoles. observatîons exactes .

Pour arriver plus rapidement au but et aussi pour se trouver dans les régions où l'on s'adonne spécialement aux cultures mêmes sur lesquelles devaient porter les expériences, on résolut de louer, pour un long temps, aux indigènes, leurs propres terrains.

Mais tous les cultivateurs n'avaient pas traité leurs terres avec le même soin et d'aucunes avaient été beaucoup plus que d'autres épuisées par les récoltes antérieures; si bien que, dans les débuts, les champs d'expériences manquaient d'homogénéité.

Il faut plusieurs années pour remédier à de tels accidents : les observations déjà faites sont néanmoins intéressantes.

Quand les premiers résultats positifs acquis se seront répétés et auront été contrôlés d'une façon sûre, des démonstrations seront entreprises partout où il sera utile. Le procédé est long; on est en droit de le regretter, surtout après tant d'années passées déjà en efforts peu féconds; mais c'est le seul rationnel pour ne pas risquer de rebuter, par des affirmations prématurées que la pratique ne confirmerait pas, des populations rendues méfiantes par de précédents insuccès.

Les observations ne se limitent pas aux seuls phénomènes de végétation. Une collaboration étroite des directeurs des laboratoires de recherches et analyses agricoles et industrielles de Hanoi et de Saigon, aide à suivre l'amélioration des sols sous l'influence de certains amendements ou engrais toujours dosés, ainsi que les modifications physico-chimiques des produits.

Le concours du directeur de l'Observatoire central de l'Indo-Chine, qui fournit les instruments nécessaires pour installer dans chaque station un petit poste climatologique, permet d'établir une corrélation nécessaire entre les opérations agricoles et la météorologie locale.

On peut dire aujourd'hui que la plupart des établissements sont arrivés au degré convenable pour servir de point de départ à des expériences suivies.

des laboratoires.

Les stations de cultures expérimentales dépendant immédiatement du Service Etablissement* déagricole et des laboratoires sont au nombre de six : trois au Tonkin, trois en Annam. P*»**»* <*« •*•

Celles du Tonkin sont situées : Tune en plein delta populeux, à Phu-lhy (province de Hung-yén), les deux autres dans la moyenne région, à Thanh-ba et à La-phu (province de Phu-tho).

Celles de l'Annam sont : l'une dans les plaines basses du centre, à Quangngai, la seconde dans la partie vallonnée de la province de Thanh-boa et l'autre sur le haut plateau du Lang-bian.

Il convient d'ajouter à cette liste la station de recherches séricicoles dont est chargé, à Phu-lang-thuong, l'inspecteur de l'Agriculture, directeur de rétablissement de grainage dont il sera parlé plus loin .

Les services locaux d'Agriculture ont» en ce qui les concerne, à diriger un Etablissements dé-

certain nombre d'établissements analogues :

Jardin botanique de Hanoi et laboratoire de recherches et analyses agricoles et industrielles, au Tonkin ;

Ferme expérimentale de Hué, en Annam ;

Champs d'essais de Phu-my et d'Ong-yèm, station agricole de Xa-trach, laboratoire de recherches et analyses agricoles et industrielles de Saigon, station séricicole de Tan-chau, en Cochiuchine;

Jardin d'essais de Takéo, au Cambodge ;

Station de cultures expérimentales de Xièng-khouang, sur le haut plateau du Tran-ninh, au Laos ;

Jardin d'essais de Malché, à Kouang-chéou-wan.

pendant des services locaux d'agriculture.

La station agricole de Phu-thy a été installée, fin 1903, à 25 kilomètres de Station agricole de Hanoi, sur des terrains reconnus comme propices à des essais de jute et de can- Phu-rthy. ne à sucre, avec, accessoirement, du mais et du tabac.

Le mûrier, à côté de quelques espèces de minime importance, a été ajouté ultérieurement pour permettre le fonctionnement d'une magnanerie modèle annexée à la station agricole.

De six hectares et demi qu'il avait en 1904, le domaine a été porté à quatorze à la iiu de 1905.

Le premier problème dont on cherchait la solution se posait en ces termes :

Quels sont les engrais qui, ajoutés aux bonnes cultures indigènes actuelles, Essais d'engrais seraient capables d'augmenter les bénéfices qu'en retirent les cultivateurs ?

C'est dans ce but que se sont poursuivis les travaux.

Toutefois, aux essais d'engrais (engrais commerciaux, fumiers, engrais verts), sont venues s'ajouter des recherches relatives à l'influence des écartements pour les plantes cultivées en lignes, et une attentive sélection des semences ou boutures destinées à la reproduction.

Culture de la crotalalre textile.

Magnanerie modèle.

Résultats.

En dehors de l'expérimentation ci-dessus, les principales variétés de riz de la région ont été déterminées et classées. Des comparaisons tout à l'avantage des procédés d'amélioration suivis ont été faites entre les mais de la station et ceux des Cultivateurs voisins.

Une culture, nouvelle pour l'Indo-Chine, a été introduite à Phu-thy, comme dans plusieurs autres établissements officiels : celle de la crotalaire textile. Des expériences faites en France par des spécialistes ont montré qu'un prix avantageux peut être offert du produit. Des indications utiles ont été recueillies au cours des essais, relativement à cette culture. 11 en a été fait part à divers planteurs désireux de l'entreprendre, auxquels des graines ont été remises.

Les procédés de culture et l'outillage employés sont ceux des indigènes, autant que possible ; les variétés cultivées sont celles qu'ils cultivent eux-mêmes.

La magnanerie modèle a été édifiée pour mettre sous les yeux des indigènes un type d'installation économique réalisant, dans la mesure compatible avec leurs ressources, les améliorations que comporte un élevage rationnel.

Elle sert, en outre, aux éducations expérimentales que l'inspecteur spécialement chargé de la sériciculture juge utiles, en même temps qu'elle contribue à alimenter l'établissement de grainage en cocons de vers améliorés.

Bien que l'on n'en soit pas encore à la période des démonstrations et que l'on mette les cultivateurs en garde contre une imitation inconsidérée, des Annamites du voisinage ont déjà entrepris, non sans succès, la culture du jute et celle de la crotalaire textile, parallèlement aux essais que conduit l'agent de culture de la station. Tous ont été frappés de l'amélioration très sensible de la canne à sucre et du maïs au bout de deux ans seulement de culture soignée et ils viennent s'approvisionner à la station en boutures et en semences.

La production de la soie se développe aussi et se perfectionne dans la région depuis l'installation de la magnanerie modèle.

Station agricole de Thanh-ba.

Cultures indigènes.

Les stations de cultures expérimentales du Tonkin ont été établies sur l'avis de la Chambre d'agriculture. Elle avait demandé que celle de la moyenne région fût placée sur la voie ferrée, dans la province de Phu-tho. L'existence de locaux disponibles à l'intersection de routes importantes, le voisinage de la gare et de l'escale des chaloupes fluviales, enfin la proximité d'un affleurement de calcaire nécessaire pour l'amendement des terres, déterminèrent le choix de Thanh-ba.

Les opérations à tenter tout d'abord, était-il dit dans le programme proposé, devaient porter sur l'étude des cultures faites par les indigènes par leurs propres moyens et qui sont encore imparfaitement connues, notamment de celles qui seraient laissées par eux sur les terrains qu'ils céderaient à bail : arbres à laque, arbres à huile, arbres à papier et lataniers. Il importe d'examiner si réellement

par 1m colons du voisinage.

ces productions sont susceptibles de donner des bénéfices et doivent être encouragées.

Une plantation rationnelle de thé, pour toutes les expériences ultérieures aux- Thé.

quelles cet arbuste peut se prêter, devait être constituée le plus tôt possible . La culture comparée des différentes variétés de manioc par divers procédés devait aussi être entreprise, concurremment avec celle des autres produits alimentaires propres à la région.

De Thaoh-ba, le chef de la station allait suivre de très près les essais entrepris Surveillance des par divers planteurs du voisinage sur la canne à sucre, sur l'abaca, sur la sérici- **««is entrepris culture, sur le café, sur le jute, sur les agaves, sur le caoutchouc, sur le thé.

Il ne paraissait pas nécessaire, en effet, que l'Administration reprit pour son propre compte des essais commencés avec le plus louable esprit d'initiative par nos compatriotes installés dans cette partie du Tonkin. Mieux valait les suivre, les encourager pécuniairement, les guider même de ses conseils, si Ton y faisait appel, et en coordonner les résultats daos l'intérêt général. Loin de condamner les tentatives d'introduction de cultures nouvelles, comme sont la plupart des dernières qui viennent d'être énumérées, il paraissait néanmoins prudent de porter en premier lieu les efforts vers l'amélioration des productions ayant depuis longtemps fait leurs preuves et familières aux habitants du pays.

A part quelques-unes, qui ne constituent pas seulement des innovations pour l'Indo-Ghine, mais qui sont des cultures entièrement neuves pour tout le mon* de, comme celle des plantes à caoutchouc, les entreprises d'origine exotique, la plantation du café par exemple, celles principalement qui demandent de gros capitaux et des connaissances tout à fait spéciales, sont plutôt du ressort de l'ini» tiative privée : elles intéressent, au début, un trop petit nombre de personnes, ayant des ressources, des aptitudes et des connaissances sans lesquelles les tentatives de ce genre, en pays neuf, constitueraient de périlleuses aventures. Ces rares initiés sont plus à même, fréquemment, de faire l'éducation de leurs voisins que les agents de l'Administration.

C'est cette collaboration que l'on se proposait d'inaugurer à Thanh-ba. Des circonstances imprévues, telles que les longs atermoiements qui ont précédé la reprise de possession effective des terrains, la réduction inattendue des crédits devant donner au chef de la station les moyens de se déplacer, ont entraîné l'ajournement de cette partie du programme.

Néanmoins, des plantations de thé ont été faites suivant divers modes en usage au Tonkin et aux Indes, ainsi que des plantations de ficus elastica, de lombiro à caoutchouc de Madagascar et de lianes du pays. Des cultures déjà existantes de garcink oléagineux, de daphné à papier, de vernis à laque, de lataniers ont été entretenues et régénérées de manière à en dégager la valeur économique,

Productions busttVes.

Amélioration du sol.

lies productions arbustives semblent en effet, en dehors des pâturages, celles qui sont le mieux adaptées, depuis qu'on les a imprudemment déboisées, aux argiles ocreuses infertiles qui caractérisent la vallée du fleuve Rouge.

Une amélioration systématique de ces sols a aussi été entreprise en combinant leur assainissement avec l'emploi des amendements calcaires etavec la sidération, de manière à y reudre plus profitables, s'il est possible, les cultures vivrières annuelles, séparées par la jachère nue, que les indigènes y tentent d'ordinaire.

C'est là une entreprise à très longue échéance. Toutefois, des données intéressantes ont déjà pu être recueillies sur la canne à sucre, le manioc, les riz de montagne, le maïs. Une variété de cette dernière céréale, introduite de l'île de la Réunion, s'est tellement bien adaptée au climat et au sol de la région que les indigènes en ont sollicité des semences et que l'Administration provinciale a cru bon de concourir à sa vulgarisation.

Station agricole de La-phu; recherches relatives aux textiles.

Dès 1904, la fondation, sur les bords de la rivière Noire, d'une station spécialement consacrée aux recherches relatives aux textiles, avait été annoncée au Conseil supérieur de f Indo-Chiue.

Elle a immédiatement été ébauchée, avec le concours d'un spécialiste avisé qui avait été chargé d'une mission agronomique aux Indes. Il s'est préoccupé tout d'abord d'y reproduire les graines diverses qu'il avait recueillies au cours de son voyage.

Quelques cultures comparatives en terrains variés ont ensuite été faites et ont donné lieu à l'enregistrement de renseignements utiles. Elles ont porté principalement sur cinquante-deux sortes de jute, sur deux variétés de crotalaire textile, sur quatre espèces de ramie, sur l'abroma et sur l'hibiscus à chanvre.

Ce doit être le point de départ de recherches plus étendues.

Station agricole de Dang-kia.

Elevage*

Une station agricole avait été installée, en 1898, à Dang-kia (plateau du Langbian), en vue de la production de la viande, du laitage et des légumes frais nécessaires au personnel du sanatorium projeté en cet endroit.

Après des vicissitudes diverses, au point de vue administratif, cette station fut définitivement prise à la charge du budget général et placée directement sous l'autorité du directeur de l'Agriculture, des Forêts et du Commerce de FIndo- Chine, à partir de 1904.

Elle avait servi déjà à fixer, d'une manière suffisamment instructive, la climatologie du Lang-bian.

Un troupeau d'environ 300 bêtes à cornes, comprenant des animaux de la race bretonne, de la race annamite et de la race du Darlac, constituait une réserve convenable pour le jour où l'exécution des travaux d'accès et de l'édification delà ville de Dalat serait entreprise* Une cinquantaine de moutons originaires de l'Inde

et du Yunnan, se reproduisant entre eux» formaient le noyau d'une bergerie qui ne demandait qu'à s'accroître.

La possibilité de produire durant presque toute l'année les mêmes légumes et les mêmes fleurs qui garnissent en été les jardins de la Métropole, avait été démontrée : les haricots, les pommes de terre se cultivaient en plein champ. Plusieurs céréales et plantes fourragères des pays tempérés avaient montré qu'elles viendraient avec avantage à Dang-kia le jour où les communicatioos rendues plus faciles permettraient d'y faire monter les amendements que réclame le sol peu fertile.

Le but primitivement assigné à l'établissement était donc atteint II devenait possible de faire servir les ressources de toute espèce existantes à des essais d'une allure plus scientifique.

Il fut arrêté que la station conserverait le caractère d'une ferme d'élevage, compatible avec la nature des terres et avec les conditions économiques du moment.

Mais, au lieu de se borner, comme les nécessités premières l'avaient imposé, à y faire un élevage extra-extensif, sur les pâtis naturels du plateau, en laissant les accouplements s'opérer au hasard, il fut admis qu'un élevage rationnel destiné à mettre éventuellement des reproducteurs de choix à la portée des particuliers serait instauré.

La construction de locaux économiques en bois et paillotes, appropriés au but poursuivi, fut reprise sur de nouvelles bases.

La séparation des sexes fut opérée de manière à permettre la reproduction des races à l'état de pureté ou suivant une méthode de croisement contrôlée. Les mâles mal constitués sont émasculés et les femelles de belle conformation sont seules employées à la reproduction .

Les bêtes de rebut sont livrées à la boucherie. Des autres il est fait deux parts: Tune qui assure la remonte même de la station et qui comporte les animaux de tout premier choix en période de croissance, Ja seconde composée des sujets sélectionnés excédant l'effectif nécessaire à la station et périodiquement mis en vente ou répartis entre les autres établissements d'élevage.

C'est ainsi que la station expérimentale de Than-ba et le service local de l'Agriculture de Hué en 4906, celle de Quang-ngai et les établissements zootechniques de Hanoi en 1907, plusieurs colons du Tonkin et de l'Annam ont déjà pu recevoir des reproducteurs ayant moitié ou trois quarts de sang breton.

Le même souci qui préside à l'élevage des bêtes de l'espèce bovine sert de guide dans celui des moutons. Au premier troupeau de béliers et brebis de l'Inde et du Yunnan en mélange, sont venus s'ajouter quelques animaux du Berry évacués de l'Ile de la Table en 1906: ils sont reproduits à l'état de pureté ou employés à des croisements méthodiques .

Les champs qui avaient servi aux premiers essais de culture servent à la production de fourrages, de grains et de tubercules alimentaires pour le bétail, de façon à assurer en tout temps, aux animaux de choix et à leurs produits, une nourriture substantielle et copieuse et à graduer les rations suivant lès catégories*

Dés prairies naturelles, irriguées et assainies, ont été constituées en vue de l'approvisionnement de la ferme en foin.

Des études ont pu être commencées sur le développement, l'engraissement, la lactation des diverses races en présence, par la mise en observation d'individus spécialement choisis.

Tous les renseignements relatifs à la productivité des plantes cultivées ou à l'amélioration des terres sont également notés.

La production horticole a été ramenée à des limites très restreintes, la plupart des essais qu'elle comportait ayant été concluants. Mais la multiplication des arbres fruitiers se poursuit. Plusieurs variétés de fruits à pépins de France ont pu être greffées sur le pirus Doumeri D. Bois, espèce spontanée découverte sur le pic du Lang-bian en1901.

Station agricole Dès 1 903, le principe de la création de deux nouvelles stations de cultures expéde Quang-ngai. rimentales en Anna m, l'une dans le centre, l'autre dans le nord, avait été posé ;

une troisième avait été projetée pour le sud, mais on en avait ajourné la création à une date indéterminée, estimant que les expériences tentées à Suoi-giao, près de Nha-trang, par l'Institut Pasteur, combleraient en partie la lacune qu'on pourrait découvrir de ce côté.

C'est seulement dans les derniers mois de 1904 que la prise de possession des premiers terrains, à Quang-ngai, en pleine région sucrière, put s'effectuer. Certaines des terres dont la location avait été décidée étaient occupées par des cultures de canne appartenant à des indigènes : il fallut attendre jusqu'en 1906 pour en avoir la jouissance. Il en résulte forcément un manque d'homogénéité du sol dont les expériences se ressentiront pendant plusieurs années, quelques soins qu'on y apporte.

Le domaine actuellement en exploitation comprend environ 15 hectares. La terre, facile à travailler, est silicieuse ; épuisée par une longue culture avec insuffisance d'engrais, elle a besoin d'être amendée. Elle se dessèche rapidement dans les périodes sans pluies.

Un système de roues en bambou groupées sur un même axe, fort commun dans la région, pour élever les eaux, a été installé sur la rivière qui coule à peu de distance et un canal amène l'eau pour l'irrigation de la plupart des parcelles. Les parties basses ont été aménagées en prairies naturelles pour la fourniture du foin et de l'herbe nécessaires à l'entretien du bétail servant aux travaux et à la production du fumier.

La sidération, substituée à la jachère nue des Annamites, permet l'enrichissement progressif des terres en humus dont elles étaient presque dénuées à l'origine.

Des observations comparatives sont faites pour déterminer les plantes qui conviennent le mieux comme engrais vert.

Au nombre de celles qui sont essayées figure l'indigo, qui a l'avantage, tout en restituant presque la totalité de sa matière organique au sol, de fournir une matière colorante encore très demandée dans la région.

Des recherches analogues à celles que poursuivent les stations du Tonkin sont entreprises à Quang-ngai au sujet du maïs. Deux variétés locales y sont simultanément cultivées, en vue de leur amélioration systématique.

Mais les principales études portent sur la canne à sucre et sur le tabac. Une double série d'expériences se poursuit dans le but de déterminer les engrais et les écartements les mieux appropriés aux variétés usitées dans le pays.

En même temps, toutes les plantes cultivées sont l'objet d'une sélection attentive en vue de la production de semences et boutures de choix.

Chaque année, une certaine étendue est réservée à la culture de la crotalaire textile, plante améliorante et rustique, qui parait devoir trouver sa place dans un assolement pour cette région.

Canne à sucre.

Tabac.

La station expérimentale de la province de Thanh-hoa a été établie sur des terres louées aux habitants du village de Yèn-dinh, sur les bords du Song-Ma, dans une région à coton.

Elle dispose d'environ 35 hectares, en plaine légèrement déclive, et de 7 hectares en mamelons.

Ce fut la dernière installée. Un travail considérable a été nécessaire pour y permettre la mise à exécution du programme arrêté. On s'en fera une idée en pensant que 33 hectares 36 ares étaient subdivisés en 724 parcelles, séparées par des talus de rizière et de niveau différent ; en outre, les mamelons sur lesquels furent édifiée la ferme, installée une vaste plantation d'arbres utiles et aménagée une prairie naturelle, étaient couverts d'épaisses broussailles ligneuses et de fragments épars de rochers, souvent profondément enfoncés. En dépit des obstacles, c'est cette partie qui a pris le plus rapidement sa physionomie normale.

Si les intempéries qui ont amené, depuis deux ans, la misère dans cette région ont enlevé aux résultats des premiers essais beaucoup de leur importance, il

n'en a pas moins été acquis une supériorilé manifeste des cultures de la station sur celles des voisins. Celle du coton s'est affirmée, même dans des terres réputées par les indigènes impropres à ce textile, en raison de leur insuffisante fertilité, amendées par un simple enfouissement d'engrais verts et traitées par les moyens mêmes qu'emploient les Annamites, avec seulement plus de soins. Ce simple fait a très favorablement impressionné l'esprit des cultivateurs qui en ont été témoins.

Le problème dont la solution se poursuit à Yén-dinh est complexe. Il s'agit, en premier lieu, d'améliorer la production du coton qui se cultive, de temps immémorial, dans la région, bien que la climatologie locale semble peu compatible

Station agricole de * Yén-dinh.

Coton.

avec les exigences de cette plante. Le perfectionnement des autres cultures de la contrée se poursuit parallèlement par les moyens qui ont déjà été indiqués : maïs, riz, légumineuses alimentaires. Mais toutes sont liées à celle du textile, qui forme la base du système. Ou se propose de déterminer l'assolement le plus convenable 'pour les terres à colon et le meilleur système de culture à adopter pour l'ensemble.

Les Annamites, dans les sols qui s'y prêtent, ont coutume de planter le coton presque chaque année. Chaque aunée aussi, les mêmes parcelles portent du riz à l'automne. Comme ils ne fument que très médiocrement, ils ont dû renoncer au textile sur nombre de terres doqt la constitution physique est propice, mais qu'une production continue épuise rapidement.

Douze hectares ont été choisis pour l'essai d'une rotation ainsi établie :

Page 1