I. - COMMANDEMENT DE LA MARINE EN INDO-CHINE
En 1903, toutes les forces navales françaises étaient réparties en trois grands commandements : forces navales de la Méditerranée et du Levant, du Nord et de l'Atlantique, des mers d'Orient.
Le décret du 1 er avril 1902 plaçait ainsi sous les ordres d'un vice-amiral, en Composition Extrême-Orient, une force navale composée de 38 bâtiments, montée par 483 of- des forées navales ficiers, 8 . 630 hommes et armée de 344 pièces. d'Extrême - Orient
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Dans l'esprit de ce décret, les mouvements de cette escadre appelée à défendre l'Indo-Chine, Madagascar et la Nouvelle-Calédonie, devaient être d'autant plus libres que les fleuves et les côtes de nos colonies extrême-orientales étaient directement protégés par des navires spécialement adaptés à ce rôle*
Quatre bâtiments étaient en réserve à Saigon et armaient en cas de guerre avec les équipages d'une dizaine de canonnières de haute mer ou de rivière que Ton désarmait.
Les inconvénients d'une pareille conception se firent jour immédiatement et, dès le 27 décembre 1902, un décret venait rendre autonomes les forces du Pacifique et de l'Océan Indien de celles de P Extrême-Orient.
Le Ministre dit, en effet, dans le rapport qui présente le décret au Président de la République :
€ L'expérience ne paraît pas avoir sanctionné les mesures prises par le décret du 1" avril ; les divisions ainsi réunies officiellement à nos flottes de la Manche et des mers de Chine, s'en trouvent le plus souvent séparées par d'énormes distances
et leur rôle est tout à fait distinct. En fait, ces divisions ont continué à demander directement leurs instructions à Paris et à les en recevoir. »
Composition Au 1 •«* janvier 1 908, les forces navales françaises réunies dans les mers de Chine
des fora» ravales porta i ent j e nom d'escadre d'Extrême-Orient et étaient placées sous le commandement d'un vice-amiral. Elles se composaient d'une escadre à trois divisions, dont deux actives et une de réserve, de deux stations locales (Cochinchine et Tonkin), d'une défense mobile à Saigon et d'un certain nombre de canonnières de rivière ou de haute mer, destinées à la surveillance des rivières et des côtes en temps de paix.
Cette force navale représentait 80 bâtiments, montés par 183 officiers et 3.630 hommes, armée de 344 bouches à feu, dont 24 de gros calibre, 1 19 de moyen et SOI de petit.
Elle avait comme point d'appui Saigon-Cap Saint-Jacques ; l'arsenal de Saigon restait sous les ordres du Ministre.
Composition L'année 1904 vit se produire un changement radical dans la composition de
des force» navales |' esca( j re ^ non au po^j <j e vue nombre, mais au point de vue valeur.
3 grands croiseurs cuirassés de 9.000 à 10 . 000 tonnes formèrent la première division, 3 croiseurs protégés la seconde ; une escadrille de 6 contre-torpilleurs compléta cette force de haute mer.
La défense mobile de Saigon fut renforcée, celle du Tonkin créée au commencement de 1905.
Composition Au mois de janvier 1905, les forces navales d'Extrême-Orient étaient les sui-
des forces navales yantes.
1° Une escadre à 3 divisions dont une de réserve, et une escadrille de 6 contretorpilleurs (1 vice-amiral, 1 contre-amiral, 1 capitaine de vaisseau) ; 2» Deux défenses mobiles : Saigon et Tonkin ; 3° Deux stations locales : Cochinchine et Tonkin ; 4o Des canonnières de haute mer et de rivière, désarmant à la déclaration de
guerre.
Au total, 45 bâtiments, 179 officiers, 5.117 hommes et 347 pièces, dont 16 de gros calibre, 105 de moyen, 326 dé petit.
Malheureusement, dès le mois de février, cette force navale était affaiblie par la perte de son u ni té principale, le Sully .
Flottille de sous- Nous n'avons pas tenu compte, jusqu'à présent, d'une force nouvelle qui venait marins. doubler les défenses de Saigon, tant par son effet moral que par sa valeur militaire ;
nous entendons parler d'une flottille de sous-marins que l'on armait à Saigon. Les deux premiers prirent armement le 11 mai 1904, les deux autres dans le courant de 1905 et la station fonctionna définitivement d'une façon normale, le 1 er janvier
En raison de l'importance qui s'attache à l'organisation de la défense de l'Indo- Nouvelle réparti- Chine sur des base* plus larges, le Ministre de la Marine fut conduit à confier le tton des forces commandement de la Marine à-un contre-amiral. Le décret du 3 novembre 1905 nava,es enl906# a réglé celte situation nouvelle.
Les forces navales placées sous le commandement de cet officier général comprennent :
1° Une division cuirassée (en réserve) ;
2o Deux défenses mobiles (Saigon-flongay) ;
3° Une flottille de sous-marins ;
4* Deux stations locales (pour mémoire) ;
5° L'arsenal de Saigon.
Au total, 41 bâtiments, 90 officiers et 1 .060 hommes, 59 pièces de gros et moyen calibres, 62 tubes lance-torpilles.
La division cuirassée de 1 escadre d'Extrême-Orient fut rappelée en France en
L'escadre porte depuis lors le nom de division d'Extrême-Orient et est placée sous . le commandement d'un contre-amiral. Elle représente maintenant une force de 4 bâtiments, 80 officiers dont 20 aspirants, 1 .455 hommes, 92 pièces dont 4 de gros calibre, 30 de moyen et 58 de petit.