‹ Situation de l'Indo-Chine (1897-1901) (volume 2)Chapitre 92 sur 190 · IL — ORGANISATION DE LA NARINE EN IN DO* CHINE · texte numérisé non relu

IL — ORGANISATION DE LA NARINE EN IN DO* CHINE

En 1902 et 1903, la partie de nos forces navales spécialement affectée à la défense maritime de l'Indo-Chine, comprenait :

En Cochinchine, une division de réserve, composée de gardes-côtes cuirassés stationnés à Saigon et de tous les bâtiments placés, en ce port, dans la situation de disponibilité, de réserve ou de désarmement, à laquelle il fallait ajouter un certain nombre de canonnières de rivière et de torpilleurs.

Au Tonkin, une station locale, composée d'un seul bâtiment de mer et de quelques canonnières de rivière.

La division de réserve était commandée par un capitaine de vaisseau en même temps commandant de la Marine en Cochinchine. Au Tonkin, la station locale était commandée par un capitaine de frégate .

Le commandant de la Marine en Cochinchine avait sous ses ordres :

10 La division de réserve de l'escadre d'Extrême-Orient; 2° L'arsenal de Saigon ;

3° La station locale de Cochinchine ; ifi La défense mobile de Saigon.

11 existait ainsi, en Cochinchine, une force navale importante et un matériel puissant, susceptibles de rendre de précieux services en temps de guerre.

Commandement de la Marine en Cochinchine.

Défente mobile.

Stations locales.

Les desiderata principaux à formuler à leur sujet étaient les suivants :

Augmentation de l'effectif des équipages, de manière à pouvoir armer convenablement, en temps de guerre, toutes les unités ;

Augmentation du nombre de torpilleurs ;

Amélioration du système de défenses sous-marines ;

Augmentation du nombre de canonnières cuirassées ;

Amélioration des systèmes de communication et de signalement par voie électrique, optique et sémaphorique.

Tandis que les divisions actives étaient renforcées dans le courant de 1904, comme nous Pavons indiqué plus haut, les plus grands efforts étaient faits en Indo-Chine même, soit à l'arsenal de Saigon, soit pour l'organisation des défenses mobiles.

La défense mobile de la Cochinchine a été renforcée dans le courant de 1904 par 4 contre-torpilleurs, 4 torpilleurs et 2 sous-marins.

Des études ont été faites et des travaux entrepris pour créer des centres de stationnement de défense mobile.

Des travaux avaient été entrepris pour l'amélioration des systèmes de communications et de signalement, notamment par l'emploi de la télégraphie sans fil et par des postes sémaphoriques spéciaux pour le temps de guerre.

Les stations locales ont subi quelques réductions en 19 04, les vieux bateaux qui les composaient coûtan 1 1 rès cher d'entretien et ne pouvant rendre que peu de services.

Les mêmes efforts ont continué pendant Tannée 1905 et la défense mobile de f Indo-Chine a été renforcée de 6 torpilleurs de 1" classe, de 2 sous-marins et de 4 torpilleurs-vedettes.

Le commandement de la Marine en Indo-Chine ayant été réuni en un seul commandement et confié à un contre-amiral, l'organisation, en 4906, fut la suivante :

1° La division navle de l'Indo-Chine, constituée avec l'ancienne division de réserve de l'escadre de l'Extrême-Orient (Redoutable, Achéron et Styx), k laquelle on avait adjoint l'aviso Ker saint;

2° La première flottille de torpilleurs des mers de Chine, dont le centre est à Saigon (2 contre-torpilleurs et 4 torpilleurs de 4" classe);

3° La deuxième flottille de torpilleurs des mers de Chine, dont le centre est à Port-Courbet (4 contre-torpilleur et 6 torpilleurs de 4 re classe) ;

4° Les éléments maritimes de la défense du point d'appui Saigon-Cap Saint- Jacques, commandée par le capitaine de frégate adjoint désigné au général commandant le point d'appui, qui se subdivisent en :

a) Première flottille de sous-marins des mers de Chine (4 sous-marins offensifs);

b) Flottille de défense intérieure des rivières de Saigon (8 torpilleurs- vedettes ' et un torpilleur de 3 e classe) ;

c) Défense fixe de Saigon (ligne de torpilles pour la protection des rivières aboutissant à Saigon).

5° Arsenal de Saigon ;

6<> Direction du port militaire et bâtiments désarmés; 7° Station locale de Cochin chine (au compte du budget général de l'Indo-Chine), qui comprenait: une chaloupe canonnière en service actif et une autre désarmée;

8° Station locale de TAnnam et du Tonkin (au compte du budget général de l'Indo-Chine), qui comprenait: les ateliers maritimes de Haiphong, 2 chaloupescanonnières armées et 4 similaires, désarmées.

Les bâtiments de la division navale de l'Indo-Chine, à l'exception du Ker saint, étaient armés avec les effectifs réduits (décision ministérielle d'avril 1905).

Cette organisation a subi quelques modifications, au cours de l'année 4 907. 1907.

Les trois. bâtiments Redoutable, Styx et Achéron sont restés armés avec un Division navale d+ effectif de réserve spéciale très réduit, qui permet bien juste leur entretien et à llndo-Chlne. grand peine l'entraînement militaire du personnel. Jusqu'en septembre 1907, un quatrième bâtiment, l'aviso Kersaint, armé à effectif complet, entrait dans la division navale et permettais en cas de besoin, de remplir toute mission en haute mer. Cette ressource, dont la Colonie a usé à diflérentes reprises dans le courant de l'année (stationnement à Pakhoi pendant les troubles, évacuation du territoire du Kratt, etc. . .), ne saurait être dorénavant escomptée, le bâtiment ayant été expédié dans le Pacifique par le Ministère de la Marine, le 12 septembre dernier.

La première flottille de torpilleurs des mers de Chine se compose des 10 torpil- Première flottiUe leurs de 1« classe n« 6, 7, 8, 9, 16, 17, 18, 19, 20 et 21 S, auxquels sont joints de torpilleurs dea trois contre-torpilleurs, le Mousquet, armé, le Takou et la Fronde, en réserve pour mer * de Chine réparations. Des 10 torpilleurs, 4 sont armés, A mobilisables et 2 sont prévus de remplacement.

Les conditions de vie à bord des torpilleurs sous un climat comme celui de la Cochincbine ne permettent pas d'y laisser les équipages en dehors du service à la mer. Au surplus, les services accessoires d'une flottille (ateliers de torpilles, magasins, bureaux) exigeaient déjà de nombreuses installations. Celles-ci ont été faites, à titre provisoire, à Saigon, au confluent de l'arroyo de l'Avalanche, en attendant que le Département de la Marine ait statué sur les projets dont les plans et devis lui ont été adressés pour une installation plus près de la mer, au Cap Saint-Jacques.

Un centre de ravitaillement provisoire fonctionne à Racb-dua, à bord du vieux ponton Vétéran et assure aux torpilleurs en exercice un point de repos et de ravitaillement à peu près suffisant, quoique bien précaire. Il est cependant à craindre que toutes ces installations provisoires ne traînent en longueur, vu les longs travaux et les grosses dépenses à prévoir pour les projets définitifs et le peu de res-

Sources financières que la Métropole semble vouloir affecter dorénavant aux travaux de défense coloniale.

Deuxième flottille La deuxième flottille de torpilleurs des mers de Chine se compose du contre-

detorpllleursdes torpilleur Pistolet et des 6 torpilleurs de 1» classe n<» 10, il, 12, 13, Met 15 S, mère de Chine. dom 3 som armég et 3 mobiIisables#

Le centre de cette flottille est à Hongay (Port-Courbet), sur le vieux cuirassé désarmé Vauban, installé en atelier. Trois anciennes canonnières de rivière, type Estoc, désarmées, servent de pontons d'amarrage aux torpilleurs et permettent d'améliorer un peu les mauvaises conditions d'habitabilité de ces petits bâtiments en attendant la réalisation des projets d'installation à terre qui, comme pour la 1™ flottille, ont été soumis au Département. Plus encore que ces derniers, ceuxci deviennent d'une réalisation douteuse, vu les nouvelles conditions de défense très réduite que Ton a adoptées au Tonkin et qui, en cas de conflit, laisseraient la flottille sans protection complète du côté de terre. Il convient, de plus, de remarquer que cette flottille est d'un entretien très dispendieux par suite' du manque de bassin ou de dock appartenant à la Marine pour les carénages, ce qui oblige, soit à envoyer les bâtiments à Saigon, soit à subir les conditions très onéreuses de l'industrie privée de Haiphong.

Les éléments maritimes de défense du point d'appui Saigon-Cap Saint-Jacques sont les suivants :

Éléments mariti- &) La 1™ flottille de sous-marins des mers de Chine est composée actuellement mes de défense des 4 sous-marins défensifs : Lynx, Protée, Perle et Esturgeon. Ces bâtiments, du point d'appui p 0ur j es besoins de la vie courante, sont aidés, en attendant mieux, des deux . *° n ~ P " vieilles canonnières déclassées A louette et Vipère. La première sert de convoyeur

et de caserne flottante aux sous-marins en exercices, la deuxième de pontoncaserne et de magasin. De plus, la flottille utilise aussi le Vétéran comme centre de ravitaillement et de stationnement dans ses exercices au Cap Saint-Jacques. Elle y trouve l'atelier, le magasin à torpilles et l'usine électrique dont elle a besoin en attendant l'installation plus complète à terre qui a été prévue, comme pour les torpilleurs.

b) La flottille de défense intérieure est composée des 8 torpilleurs-vedettes A, B, />, E, F, G,HeiI et du torpilleur de 3 e classe 4 S comme divisionnaire. Il n'y a rien à en dire, sinon que ces petits bâtiments, qui ne sont pas neufs, le 4 S surtout, nesauraient durer longtemps encore, qu'ilsont une valeur militaire assez faible et qu'aucun bâtiment similaire n'est prévu pour les remplacer, le cas échéant.

c) La défense fixe assure la protection des différents bras de rivière aboutissant à Saigon en les barrant par des lignes de torpilles de trois sortes :

1° Torpilles de fond, mouillées à l'avance et commandées électriquement des postes placés sur la rive et dissimulés autant que possible.

Les lignes de l'espèce barrant le Nha-bé ont été relevées en 1901 à ta suite

d'explosions spontanées pendant les orages. Elles seront remouillées en cas de besoin. Le matériel est tenu en état et le personnel entraîné à cet exercice.

2° Torpilles vigilantes barrant le Soirap et le Vaico. Ces engins avaient donnédes mécomptes, par suite des forts courants de Cochinchine qui, les inclinant, causaient des explosions prématurées. Des expériences ont été faites pour y obvier et le dispositif d'amorçage a été heureusement modifié.

3° Torpilles automatiques mécaniques. Elles sont prévues pour assurer le bar* rage des autres bras de rivière aboutissant à Saigon et sont prêtes à être mouillées au premier ordre.

En dehors des travaux utiles et nécessaires à la Marine tant pour le matériel flot- Arsenal de Saigon. tant que pour les services à terre, l'arsenal de Saigon exécute en cession tous les travaux que l'industrie privée, encore insuffisamment outillée en Indo-Chine, ne peut entreprendre et rend ainsi de précieux services à la Colonie autant qu'aux particuliers.

La Direction du port a la police du port de guerre. Elle assure le service de re- Direction du port, morquage et de mise à poste des bâtiments de la Marine militaire, des chalands, allèges et pontons nécessaires aux approvisionnements en charbon, vivres et munitions. Les mouvements d'entrée et sortie des bassins sont de son ressort, ainsi que la surveillance des bâtiments désarmés. Ceux-ci sont actuellement (fin septembre 1907), au nombre de trois : la canonnière Comète et les chaloupes canonnières de rivière Caronade et Baïonnette, don t la condamnation est en cours et sera sans doute prononcée d'ici la fin de l'année, de même que celle du ponton Européen, qui servait de magasin à munitions et vient d'être récemment rendu disponible par suite de l'avancement suffisant des travaux des nouveaux magasins à munitions construits à l'Espérance.

La station locale de Cochinchine n'existe plus, en fait, depuis le 4« r février 1907, où la Caronade qui, seule, la constituait, a été désarmée. Le budget général, qui assurait les frais d'entretien de cette station locale, continue cependant, pour l'an-» née courante, à assurer le gardiennage de cette canonnière et de la Baïonnette, tant que ces deux bâtiments ne seront pas condamnés.

La station locale du Tonkin comprend, quanta présent :

a) Le centre administratif Adour et ses annexes, c'est-à-dire ;

1° L'hôtel du commandant de la station locale ;

2° La caserne installée dans un bâtiment à terre tenant lieu en même temps de direction du port;

3° Les citernes Giael Ga-bac, qui assurent le ravitaillement d'eau de la Marine, des bâtiments et de certains points de la Colonie, comme Quang-yen ;

4o Les remorqueurs i, 7 et 9, le bateau pompe Song-bé f deux chalands de 80 tonnes, deux de 20 tonnes, un de 10 tonnes, un grand chaland-citerne de 80 tonnes, deux canots à vapeur et quelques embarcations en bois ;

Station locale de Cochinchine.

Station locale du Tonkin.

5° Cinq canots à vapeur porte-torpilles avec leur matériel militaire et leurs munitions .

bl La canonnière armée Henry-Rivière avec Y Estoc et le Jacquin, désarmés, et le Casse-Tête dont la condamnation a été demandée . L'Avalanche et \e,Berthe-de- Villers ont été condamnés et sont utilisés comme pontons par la 2* flottille .

c) Ateliers maritimes de Haiphong .Constituant un embryon d'arsenal, ces ateliers ont été cédés au Service colonial à titre de prêt. Avec leurs magasins et leur matériel, ils sont gérés et payés parla Colonie comme s'ils lui appartenaient, sous la seule réserve que le tout fera éventuellement retour à la Marine. Ils remplissent deux buts:

i° Réparation des bâtiments de la station locale. Les dépenses qui en résultent sont fixées par le chapitre VU du budget général de l'Indo-Chine (achats de matières premières, salaires d'ouvriers) et ne doivent pas être dépassées ;

2° Travaux faits en cession, remboursables par d'autres budgets (Ma ri ne, budget local, services privés, etc. . .), qui, suivant leur importance, permettent d'engager et de maintenir un plus ou moins grand nombre d'ouvriers .

D'une manière générale, ces derniers travaux sont les plus fréquents et les plus importants; grâce à eux les ateliers ont eu, en 1904, jusqu'à 450 ouvriers, dont moins de la moitié travaillaient pour la station locale.

La station locale du Tonkin sera supprimée à partir du 1 er janvier 1908 ; les ateliers de Haiphong seront seuls convervés. Cette mesure réduira d'une façon assez sensible les dépenses maritimes supportées par la Colonie.

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