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ARSENAL DE SAIGON

Fondé en quelque sorte avec la ville même, l'arsenal de Saigon s'est constamment agrandi avec elle. Par des développements et des perfectionnements successifs, on s'est efforcé d'y suivre les progrès de notre marine et il est resté depuis quarante ans la base de notre action maritime en Extrême-Orient.

Malheureusement, il est aujourd'hui insuffisant et la question se pose de son agrandissement ou de son remplacement. Cette seconde solution, qui ne pourrait être acceptée qu'après une étude minutieuse, ne serait probablement pas beaucoup plus onéreuse que la première si l'on considère les difficultés énormes que l'on rencontre à établir des bassins de radoub dans les terrains qui bordent la rivière de Saigon. Elle permettrait d'installer un nouvel arsenal avec un outillage tout à fait perfectionné et laisserait pour le port de commerce, dont les besoins augmentent sans cesse, un emplacement des plus précieux.

Pendant la période que nous envisageons, l'arsenal de Saigon a reçu de nom-* breuses améliorations, surtout pendant les années 1 904et 1905. Nous en indiquons le détail ci-dessous, mais pour donner une idée exacte de la valeur de l'arsenal

et de sa capacité de rendement, nous y avons joint le montant des différents travaux qui y ont été exécutés tant pour les services de la Marine que pour la Colonie ou des particuliers.

Dans l'arsenal de Saigon, l'organisation du travail, déjà 1res satisfaisante, a été notablement améliorée en 1904. Le prix de revient du torpilleur de première classe, type S, que Ton y a construit, a été inférieur à la fois au prix du précédent et à celui d'un torpilleur de même classe acheté en France.

Le surcroît de maladies à bord, qui résultait de l'entrée des navires au bassin, a disparu presque complètement depuis cette époque, grâce au nettoyage à blanc du fond du bassin et aux mesures hygiéniques qui ont été multipliées aux alentours.

L'arsenal de Saigon a pu répondre à toutes les demandes de l'escadre complète de l'Extrême-Orient; c'était la première fois que cet arsenal ravitaillait, en même temps, sept grands croiseurs. Un progrès très important put être réalisé : à la suite d'études qui avaient duré plus de six mois, l'arsenal arriva, presque sans dépense supplémentaire, à doubler et même tripler la vitesse d'embarquement du charbon à bord des navires de guerre.

Les approvisionnements en charbon, vivres et munitions ont été augmentés dans de notables proportions en 1905. Il fut, en outre, constitué à Saigon un stock de ravitaillement de matériel de torpilles fixes et mobiles.

Une entente entre les Départements de la Marine et des Colonies est intervenue à cette époque en vue de l'agrandissement de la pyrotechnie»

La construction d'une caserne pour les marins fut décidée et a reçu un commencement d'exécution.

Deux magasins pour le logement des fers ont été construits.

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