‹ Situation de l'Indo-ChineChapitre 103 sur 257 · RIZ ET TOUS DÉRIVÉS · texte numérisé non relu

RIZ ET TOUS DÉRIVÉS

tonnes

1 France 86.962

2 Colonies françaises 15. 723

3 Pays d'Europe 134.661

4 Chine (direct) et Japon 33.190

r> Hongkong (pour la Chine méridionale). 169.423

6 Singapour 120.422

7 Philippines 1.081

8 Autres pays d'Asie 76 .093

d'Océanie, Afrique et Amérique.

(En fait, surtout Java et Sumatra).

En 1901, nous sommes obligés de faire un seul bloc de la France et des Colonies françaises- Destinatijns desriz le renseignement nous ayant été ainsi fourni par la Douane (mais on peut considérer que de Cochinchine en l'exportation vers les Colonies françaises n'a guère dû dépasser 20.000 tonnes). 1901.

France et Colonies françaises 205.693 Tonnes.

Pays d'Europe 48.675 —

Chine (direct) et Japon 9.391 —

Singapour 9.232 —

Autres pays d'Asie, elc 306.476 —

tonnes

tonnes

tonnes

(i; Le riz cargo est un mélange, dans des proportions qui peuvent varier de 5 à 20 o/o de paddy, c'est-à-dire de riz non décortiqué blanchi.

(2) Nous ne garantissons pas absolument ce chifflre, qui est extrait des statistiques de la Chambre de commerce de Saigon, leaquellt» ne sont pas toujours d'.iccurd .-ivcc celles de la Duinn?. Mii:« pour les années antérieures à l'année 1891, les premières sont peut-être, en ce qui concerne le riz, plus sûres. Les ditréiences ne sont d'ailleurs jamais cnurmes.

(3) A partir de 1890 les statistiques des Douanes ont malheureusement cessé de disUnguer les exportations à destination des Philippines. Nous empruntons le chiffre au UulUtin (U la thamffrt de commerce d$ Saigon.

H nous est impossible de répartir exactement ce dernier chiffre entre les Philippines et les lies de la Sonde. Mais il est probable qu'elles se le partagent à peu près par moitié (1).

Un examen attentif de ce tableau suggère les réflexions suivantes :

es des expor- lo L'exportation des riz de Gochinchine vers la Métropole est en hausse notable depuis cinq ns de riz co- ans. Elle a passé de 82.818 tonnes pendant Tannée moyenne 1893-96 à 170.333 tonnes (2) en ance** ^*" 1901, soit une augmention de lOOo/o environ, et la progression pour le riz blanc: 63.000

tonnes en 1897, 78.306 tonnes en 1901 a été assez marquée, elle aussi.

iraison avec Si même nous prenons les sUUistiques métropolitaines, nous vendons que Taugroentation avait xfoîitaines** étéplus forte de 1897 à 1899(3) qu'il n'apparait dans celles denndo-Ghine(1897: 99.070 tonnes

1898 : 178.941 tonnes ; 1899 : 152 196 tonnes). Ceci tient à ce qu'une partie des navires envoyés à Port Saïd à ordre finissent par débarquer leur cargaison à Marseille.

Ces progrès qui s'expliquent en partie, comme nous le verrons, par le régime douanier, sont de bon augure pour le succès des rizeries de Cholon. La part de l'importation étrangère en France diminue de jour en jour pour les riz entiers. Les Pays-Bas (riz de Java), l'Italie et le Japon continuent à fournir des quantités variant entre 4,000 et 2.000 tonnes, c'est-à-dire peu importantes, et probablement peu susceptibles d'augmentation.

iché .4a riz en FraDce

La mauvaise récolte de blé de l'année 1898 en France explique en grande partie Taugmentation de Timportation cette année là. Cependant, le riz entre tous les jours davantage dans la consommation métropolitaine et la preuve c'est que, malgré une excellente récolte l'année dernière, les riz ont dépassé les chiffres de 1898. Nais il faut bien noter que le débouché que le riz indo-cliinois pourrait trouver dans les distilleries lui est malheureusement très disputé parle maïs, dont les Etats-Unis peuvent fournir des quantités énormes, et qui vaut de 4 à 5 francs de moins les 100 kilos. Les sous-produits de la distillation du maïs sont également d'une voleur supérieure à ceux du riz ; et cette question des sous-produits est très importante dans l'organisation industrielle moderne.

bouché de la ) méridionale

lions des an- I débouchés

Malgré des fluctuations assez sensibles d'une année à l'autre, et qui tiennent, soit aux variations des récoltes dans le sud de la Chine, soit à des difficultés particulières, comme l'existence de la peste à Hong-kong et les quarantaines qui en sont la conséquence (ce qui a été le fait en 1901), le débouché de la Chine méridionale avec sa population débordante est encore le plus sûr de ceux sur lesquels peut compter la production indo-chinoise. En 1899, la C^ioe à absorbé 504.(X)0 tonnes sur une exportation totale de 894.000 tonnes.

Et en effet le Japon, après avoir pris une quantité exceptionnellement forte en 1898, n'a pas fait appel pour ainsi dire à l'indo-Chine (1.681 tonnes en 1899 ; 10.000 tonnes en 1900) et ses besoins sont en tous cas trop variables pour que Ton puisse faire fond sur lui pour un courant important et régulier. Les Philippines sont dans une situation spéciale depuis la guerre, mais il est prudent de prévoir une diminution sensible de sa demande le jour où l'activité américaine s'y

(1) Pour les 3 premiers trimestres de 1901, d'après les relevé» de In Cliambre de Commerce de Saigon, la répartitlan se

(bisait ainsi :

Philippines 114.783 tonnes

Iles de la Sonde 131.800 —

(1) 11 faux inscrire 35.360 tonnes pour les Colonies françûses un 1901, maximum atteint jusqu'ici. Co commerce pourrait certainement se développer, notammant avec notre colonie de Djibouti.

(3) Nous n'avons pas encore reçu en 190S (janvier) en Indo-Chioo les statistiques métropolitaines de 1900.

exercera. Singapour s'adresse plutôt h Rangoon et à Bangkok. Les îles de la Sonder Java surtout avec son excès de population, sont des clientes plus permanentes peut ()tre. Quant à VEurope, avec toutes les autres sources où elle peut puiser, elle laisse sans difficulté le courant des riz indo-chinois dériver sur la France, qui leur fait à l'entrée un régime de faveur tout à fait exceptionnel en les admettant en franchise, tandis qu'elle perçoit un droit de 50 o/o environ ad valorem sur les riz étrangers (1). H faut ajouter un droit d'exportation perçu en Indo-Chine sur les riz qui sortent pour toute autre destination que la Métropole, niiiis ce droit très léger est en réalité sans influence (0 fr. 3^ par kilos pour le riz blanc).

Le commerce du riz indo-chinois est e'ucore loin d'avoir atteint les proportions qu'il pourrait Avenir possibld du prendre. Sans parler des superficies très considérables de terres disponibles au Cambodge, commerce da in dans le centre du Laos (a) et dans certaines régions de TAnnam, où l'absence de population rendra leur mise en valeur très lente^ on constate une mise en culture continue en Cochinchine et au Tonkin des terres en friche. 11 suffira de rappeler à ce sujet, en passant, quelques-uns des chiflres cités dans la « note sur le développement de !a colonisation agricole en flndo-Chine ». La superficie des rizières inscrites aux livres d'impôt foncier (Bia-BO) de Cochinchine a passé de 802.054 hectares en 1888 à 1.107.470 hectares en 1898, et à 1.224.557 hectares en 1901 soit m, 081 liectares en trois ans, ou 30.772 hectares par an, alors que le taux d'accroisse- Accroissement des ment annuel de 1888 à 1898 n'avait été que de 20.500 hectares environ. (Superficie inscrite superficies des riaa dja-bO en 1883: 802.000 hectares ; en 1898: 1.107.470 hectares). Cet accroissement ne 'J^^^®' ®° Cochincorrespond pas à la réalité des terres mises en valeur à cette dernière date, puisque de nombreuses terres distribuées ne sont soumises à l'impôt qu'au bout de deux ou trois ans et que d'autres y échappent. Les provinces de Cànllii, de Tràvinh, de Yinhlong, Rçch-gia de Tânan, de Longxuyên, de Cliâu-dôc, pour ne parler que de celles du centre et de l'ouest de la Cochinchine, ont encore une disponibilité de plus de 1.413.400 hectares, qui pourraient, pour la plus grande part être cultivés en rizières. Au Tonkin, la région moyenne est progressivement Progrès dn Tonkin récupérée par des indigènes. C'est ainsi que, dans le Yén-thè, plus de la moitié des terres abandonnées au moment de la piraterie aura été remise en valeur, d'après l'estimation du [Résident de la province, dans l'espace de cinq ou six ans, par une immigration d'anciens habitants revenant du Delta. Toute cette activité a commencé à avoir sa répercussion sur le commerce du riz. (V. plus haut).

11 est intéressant de comparer les exportations de riz de Saigon et de Bangkok, depuis trois Comparaison de la

ans, comparaison tout à l'avantage de notre principal port indo-chinois. Cochinchine et dn

Siam.

Exportation de Saigon Exportation de Bangkok

1897 637.568 tonnes 557.736 tonnes.

1/exportation de Birmanie a été de 1.330. 000 ton nés en 1897- 1898 et de 1.315.948 tonnes Comparaison avec en 1898-1899. Depuis deux ans elle a encore progressé: 1900: 1.400.000 tonnes ; 1901 ; la Birmanie 1.550.000 tonnes. La marge est encore forte, néanmoins, l'Indo-Chine avec ses 9 15.000 tonnes exportées en 1900, occupe le second rang parmi les pays exportateurs de riz du monde entier.

(1) 8 franctk fffrt. 60 lc« 100 kilos sur les riz, d'origine cxtra-^uropôcnnc (rix entier ot forinc«) suivant qu'ils sont importés directement ou des entrepôts d'Europe. a Région de Savannalihet surtout.

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