PROGRÈS ACCOMPLIS AU LAOS
e 1^^7 à. l^Ol
^Le Laos français comprend toute la^partie des principautés laotiennes située sur la rive gauche du Mékong, et qui a été cédée à la bVance par le traité du 3 octobre 1893.
Sa superficie est d'environ 270.000 kilomètres carrés, soit la moitié de celle de la France.
Sa population est approximativement de 800.000 habitants dont au moins 350.000 Khas, ou sauvages.
Avant qu'il fut cédé à la France, ce pays n'était qu'une agglomération de Muongs, ou principautés, relevant, les unes directement de Bangkok, les autres des principautés plus grandes de Luang-prabang et de Bassac.
Chaque Muong avait son administration propre : à sa tête étaient placés quati^e hauts fonctionnaires, en principe soumis à l'élection, et chargés de tous les services : administration, justice, police et recouvrement des impôts.
Cette division excessive du pays^ le plus ou moins d'honnêteté ou de fermeté des chefs, le peu d'influence qu'y avait la première autorité, le Siam, qui paraissait s'en désintéresser, l'avaient plongé dans un état d'anarchie profonde.
L'insécurité était absolue et arrêtait tout conunerce.
Les voies de communication se réduisaient à de mauvais sentiers entres les villages, quand aucun cours d'eau ne les reliait déjà.
Enfin, toutes les fortes tribus khas occupant les gros massifs situés entre l'Annam et le Laos^ dans la partie comprise entre les 12^ et 10«> de latitude Nord, étaient encore insoumises.
Tel était l'état du pays quand il nous fut cédé par le traité du 3 octobre 1893.
Dès que la période d'occupation fut terminée, oa lui donna un premier embryon d'organisation administrative.
Par divers arrêtés en date du 1er juin 1895, le pays fut partagé en deux grandes circonscripions, le Haut et Bas Laos à la tête desquelles furent placés deux Commandants supérieurs qui eurent, pour lessecouder, des fonctionnaires formant un cadre spécial au Laos^ comprenant des Commissaires du Gouvernement et des Commis : les Commissaires du Gouvernement placés à la tête des provinces appelées Commissariats : 13 commissariats furent créés tout d'abord: 7 pour le Bas et 6 pour le Haut Laos.
L'organisation indigène du pays fut respectée et les hantes autorités des Muongs furent chargées de tous les services, sous le contrôle des Commissaires du Gouvernement.
Dans les derniers mois de 1895, un Résident supérieur fut chargé d*une mission, qui se poursuivit pendant Tannée 1895, permit de donner une organisation au moins provisoire an pays, et de coordonner les mesures qui avaient déjà été prises par chacun des Commandants supérieurs : un budget spécial fut créé, les forces nécessaires à la police da pays furent organisées, et divers arrêtés concernant la justice , les impôts, certains droits à percevoir, permirent de commencer à administrer le pays d'une façon rationnelle.
En résumé, toute la période comprise entre notre prise de possession du pays et le commencement de 1897, a été une période préparatoire, de tâtonnements ; Torgauisation définitive elles progrès qui s*en sont suivis, ne dalent que des années suivantes, 'l/idée directrice de cette organisation avait été la suivante : administrer avec le moins de frais possible ces pays dont, non seulement l'occupation nous était imposée par les traités, par notre rôle protecteur en Extrême-Orient, mais encore par la nécessité d'assurer la sécurité des autres pays de rindo-Ciiine, dont le l^os est en somme une mai die militaire.
Nous allons passer biièvement en revue des réformes ou plutôt des améliorations qui ont été introduites depuis cette époque, ainsi que les progrès réalisés.
ADMINISTRATION (iÉNÉRALE
Par an*élé du H février 1899, sanctionné par décret du Président de la République en date du [19 avril 1899, la division en deux circonscriptions : Haut et Bas-I^os, fut supprimée, et le pays placé sons la haute direction d'un Résident Supérieur.
Le décret du 16 septembre 1899, portant réorganisation du personnel des Services civils de rindo-Chine, supprima le cadre spécial du l^os dont le pei'sonnel est maintenant placé sous le régime de la loi commune.
Mais, en raison des diflicultés d'existence, la situation de ce personnel a été améliorée par deux arrêtés, celui du !27 janvier 1899, accordant aux fonctionnaires occupant des postes éloignés des indemnités pour cherté de transport, et celui du 24 novembre 190t>, accordant des indemnités à titre de frais de service à tout le personnel des Services civils, détaché au Laos.
Aucune autre modification n'a été apportée à la divi.sion administrative du pays, sauf la création, par arrêté du 31 janvier 1899, d'une nouvelle province, celle du Darlac, au Sud, création nécessitée par notre pénétration de plus en plus effective dans les tribus khas et robligation d'assurer la sécurité des brigades chargées des études du tracé de la voie ferrée devant relier la Cochinchine au Tonkin.