BUT
L'Ecole Française a un double caractère : elle est un établissement scientifique et un service administratif.
En tant i\\x établissement scientifique, elle a pour objets la recherche et Venseigr^emenL
De ces deux objets, le premier est sans contredit le plus essentiel ; c'est aussi celui que le règlement met au premier rang (art. 2) ;
« Elle a pour objet : 1° de travailler à l'exploration archéologique et philologique de la presqu'île indo-chinoise, d« favoriser par tous les moyens la connaissance de son histoire de ses monuments, de ses idiomes; 2» de contribuer à l'étude éiiidite des régions et des civilisations voisines, Inde, Chine, Malaisie, etc. »
Comme l'indique cet article, le champ de ses travaux est très large : ils peuvent porter sur l'histoire, l'arch'îologie, l'épigrapliie, la linguistique, l'ethnographie, l'histoire religieuse l'histoire littér lire, le droit, eu ui m )t sir t )jt«îs le î dis c iplines qui constituent la philologie, au sens le plus lar^e duterm^, — et cela dans tout l'Extrême-Orient, l'Inde comprise. Ils peuvent être l'œuvre, soit de> lUvimbros de l'Ecole (directeur, professeurs, pensionnaires) ; soit d'attachés temporaires, qui o'jlienae it de lui être adjoints pour un temps limité et pour une mission définie ; soit en'in de persona-îs sans lien officiel avrtc l'Ecole, mais acceptant librement sa direction. En accord avec l'idée première de sa fondation, l'Ecole n'ajan\ais cru devoir borner sa sollicitude à son propre personnel, mais elle s'est constamment efforcée de recruter au dehors des collabarateurs, d'encourager des vocations et de susciter des découvertes.
U enseignement figure dans le plan général des travaux de l'Ecole sous une aouble forme: enseignement scientifique, enseignement pratique. L'art. 3 charge le directeur « de présider et de prendre part lui-même à l'enseignement, qui devra compreuilre des cours de langues sanscrite et pâlie et d'archéologie pratique, former les auditeurs européens ou indigènes aux bonnes méthodes de travail et les mettre en état de collaborer utilement à l'œuvre archéologique poursuivie. » L'art. 6 porte qu* « il pourra être adjoint à l'enseignement scientifique de l'Ecole un enseignement des langues, écritures et littératures modernes de l'Extréme-Oricnt. »
Cette partie du programme de l'Ecole, inférieure en imporlance à la première, ne rencontre pas non plus des conditions aussi favorables. L'enseignement scientifique ne peut s'adresser qu'aux pensionnaires ou aux Européens habitant la colonie : or, les uns arrivent de France avec une préparation suffisante pour entreprendre immédiatement des travaux personnels ; les autres, peu nombreux et dispersés sur un vaste territoire, ne sauraient former l'auditoire d'un professeur. Quant à l'enseignement pratique des langues indigènes, il pourrait assurément rendre de grands services aux administrateurs, si ceux-ci, retenus par leurs fonctions loin du siège de TEcole, n'étaient hoi-s d'état d'en suivre les cours. Peut-être cet obstacle pourrait-il être levé par une modification des usages actuellement suivis dans le recrutement et l'emploi du personnel administratif.
Il est toutefois un enseignement que nous avons cru pouvoir essayer dès maintenant: c'est celui de la langue chinoise. Le chinois écrit étant, dans une large mesure, la langue du commerce et de l'administration, nous avons cru répondre à un véritable besoin en instituant cet enseignement, d'autant plus nécessaire qu'il a malheureusement disparu du programme des écoles publiques, sauf une ou deux exceptions qui sont foi t loin de répondre à toutes les nécessités.
Les autres parties du programme auront leur tour ; en attendant, l'enseignement oral peut être suppléé par des publications conçues sous une forme simple et accessible, quoique strictement scientifique. Par exemple, nous envisageons comme possible et désirable une série de manuels destinés à mettre les notions les plus nécessaires à la portée du public.Nous attendons un service analogue du Bulletin que nous publions depuis un an, et qui établira entre l'Ecole et tous ceux qu'intéressent ses travaux le lien d'une fructueuse collaboration.
L'Ecole Française n'est pas seulement un établissement scientifique, elle est aussi un service administratif. Comme chef de ce service, le Directeur de l'Ecole est chargé de la surveillance et de la conservation des aniiquités indo-chinoises ; il établit ( t soumet à la sanction du Gouverneur Général la liste de celles qui doivent être déclarées monuments historiques et assujetties comme telles h une réglementation spéciale ; il propose les travaux de restauration qu'il juge nécessaires ; enfin il veille à l'exécution des arrêtés concernant les monuments bistoriques, constate les infractions et revendique les objets illégalement aliénés ou distraits. Il est aidé dans cette tache, pour ce qui concerne le Tonkin, par une « Commission des Antiquités » récemment créée à Hanoi (an été du 30 septembre 1901).