‹ Situation de l'Indo-ChineChapitre 209 sur 257 · IV. — La peste humaine · texte numérisé non relu

IV. — La peste humaine

L'Institut Pasttur de Nhatrang a été fondé en 1896, spécialfment en vue de recherches sur la peste humaine. L'étude de cette maladie a toujours été une de nos préoccupations principales.

Au commencement de 1897, on connaissait déjà le bacille de la peste, et des essais de traitement de pestiférés en Chine par le Docteur Yersin, avaient fait espérer que le sérum antipesteux donnerait de bons résultats. Ces espérances ont-elles été réalisées et nos connaissances sur la peste ont-elles progressé ?

En 1897, le docteur Yersin pouvait faire de nouveaux essais de traitement de pestiférés par le sérum dans les Indes anglaises. Ces expériences, continuées par le docteur Simond pendant plus d'une année ont prouvé que, grâce aux injections de sérum antipesteux, o:i pouvait réduire de 50 o/o la mortalité causée par la peste.

Ces résultats ont été confirmés par les expériences du docteur Calmette et du docteur Métin lors de l'épidémie de peste à Oporto, en 1899, où les injections des malades par le sérum ont abaissé la mortalité de50"/o à I80/0.

Aigourd'hui, l'efficacité du sérum est hors de doute et personne ne conteste Tutilité de ce mode de traitement.

L'Institut Pasteur de Nhatrang s'est efforcé d'avoir toijgours en réserve une quantité suffisante de sérum pour pouvoir répondre de suite à tontes les demandes.

Nous avons pu fournir du sérum, pendant ces cinq années, à Tlndo-Chine (Epidémies de Quang-tchéou, du Yunnan, de Tile d*Hainan); à Hongkong, à Macao, au Japon, à Pile de la Lléunion, à la Nouvelle-Calédonie, etc. Toutes ces cessions de sérum ont été faites gratuitement, conformément au désir de M. le Gouverneur général de l'Indo-Chine.

Nous nous efforçons d'améliorer notre production de sérum, d'augmenter son activité, d'assurer sa meilleure conservation, et nous espérons continuer à progresser dans cette voie.

Nons avons recherché si, en dehors du sérum, il n'y aurait pas d'autres procédés de vaccination contre la peste humaine, et nous avons trouvé qu'on pouvait arriver à de bons résultats en inoculant à la lancette des cultures atténuées de peste.

Ce procédé de vaccination entrera-t-il dans la pratique pour Thomme ? 11 n'a été, jusqa'îci« expérimenté que sur les animaux. L'immunité qu'il leur confère persiste pendant plusieurs mois, mais cette vaccination n'est pas encore absolument sans dang^er pour les organismes très sensibles à la peste; aussi n'avons-nous pas encore voulu sortir des expériences de laboratoire, pour entrer dans la pratique.

Page 1