DRAGAGES DANS LES RIVIÈRES ET CANAUX DE COCHINCHINE
Historique. — Antérieurement à Tannée 1875, toutes les entreprises relatives à .'amélioration et à la création des voies navigables en Cochinchine furent conçues dans un but stratégique et eurent notamment pour objet d'assurer la jonction du bassin de la rivière de Saigon à celui du Mékong.
C'est suivant ces vues que furent exécutés les travaux de mise en état de navigabilité du rach Bobo et de Tarroyo de la Poste.
Cette entreprise demeura d'ailleurs infructueuse, car ces canaux furent bientôt comblés par les apports des marées.
Ce fut seulement à partir de 1 875 que l'Administration se- préoccupa d'améliorer le réseau des voies commerciales de navigation et entreprit, à cet effet, des travaux consistant non seulement dan^ la mise en valeur des canaux existants, mais aussi dans la création de voies nouvelles.
Les ouvrages exécutés, depuis cette année 1875 jusqu'à ce jour, ont été les suivants:
1<* Cn 1875 et 1876 : Reprise des travaux d'approfondissement du canal de Benluc ;
2p En 1876 : Travaux de rectification des rachs Traon et Baké, dans les parties les plus défectueuses de leurs cours ;
3** En 1877 : Ouverture d'un canal dit canal Duperré ou Chogao, reliaàt le bassin de la Rivière de Saigon à celui du Mékong ;
4» En 1878: Ouverture des canaux de Set-say et de Phu-tuc, qui constituent le prolongement du canal de Chogao sur Rentré ;
&> En 1879 : Ouverture du canal dit du Mirador, assurant une jonction directe enti*e Saigon et leVaîco occidental ;
6o An cours des années 1878 et 1879: Exécution du canal Saintard, assurant la communication entre le Bassac et le bissin de My-thanh ; l'exécution de ce travail subit une interruption et ne fut terminée qu'en 1882 ;
7» de 1886 à 1887 : Reprise des dragages du canal de Chogao, qui avait été colmaté par des apports de marée ;
8<' Pendant cette même période : Approfondissement de l'Arroyo-chinois dans la traversée de Cholon ;
9o En 1891 : Ouverture d'une dérivation du canal de Chogao destinée à assurer un régime de chasse dans ce canal ;
10> De 1891 à 1893 : Reprise des travaux du canal Saintard, dont le lit avait été exhaussé par des atterrissements ;
11*" De 189âà 189i : Travaux de dragages d'un seuil situé dans le lit de la Rivière de Saigon, seuil dit Banc de Corail ;
12« — A partir de 1895 (entreprise Montvenoux) :
Approfondissement de la voie d'accès Ouest de Cholon dite Canal des Poteries ;
Reprise du canal de Chogao, qui s'était de nouveau colmaté ;
Dragage de l'Arroyo chinois, à Choquan ;
Rectification du rach Kahon ;
Ouverture du canal de Thanh-da ;
Raccordement du rach Kalion au canal de Chogao ;
Canal de Longxuyen à Rachgia ;
Ouverture du canal de Phuoc-tlianli ;
Ouverture du canal de Cho-lach ;
Ouverture du canal de Cau-an-ha ;
Reprise du canal de Phu-tuc ;
Ouverture du canal de Ong-hien.
Dépenses effectuées. — Les dépenses ainsi faites, et notamment celles afférentes au règlement des travaux exécutés par l'entreprise Montvenoux depuis Tannée 1895, ont été couvertes jusqu'en fin 1898, par le budget de la Cochinchine.
Aux termes du marché passé avec M. Montvenoux, en 1893, la Colonie avait exigé de l'Entrepreneur la production d'un cube minimum annuel correspondant à une dépense d'environ 900 000 piastres et, par voie de conséquence, elle s'engageait elle-même à payera l'entreprise le montant de cette dépense minima.
Or, les ressources de la Cochinchine ont été insuffisantes pour supporter une si lourde charge, ainsi qu'il ressort de letat ci-après des sommes payées à l'entreprise:
(îette insuftisance avait d'ailleurs été prévue lors même de l'établissement du cahier des charges qui stipulait, dans son article 24, que le crédit annuel ne serait que de 1 .400.000 francs, soit au taux de l'époque environ 400.000 piastres, et que les sommes dues à l'entreprise à la fin de chaque année, porteraient intérêt au taux de 6 pour 100.
I^e budget local se trouvait ainsi grevé d'une dette dont l'importance s'accroissait chaque année.
C'est pour en affranchir la Cochinchine qu'il fut décidé, en 1898, que les frais de cette entreprise seraient imputés sur le budget général de l' Indo-Chine, et que, en principe, un crédit de 900. 000 à 1 million de piastres serait ouvert annuellement au titre des travaux de dragages.
Cette nouvelle combinaison permettait d'assurer le règlement des dépenses annueUes ultérieures; mais il n'en restait pas moins à solder la dette correspondant aux impayés antérieurs «^ 1899, ainsi que les intérêts moratoires stipulés dans le contrat de 1893, c'est-àdire une somme de 3iX).000 piastres qui fut payée sur les crédits du budget général de 1899 en plus de la dépense prévue de 950. 000 piastres, ce qui porte à 1 .300.000 piastres la sonune dépensée pour les dragages de Cochinchine en 1899.
Une nouvelle convention est intervenue entre l'Administration et M. Montvenoux, en décembre 1899 ; aux termes de cet avenant, il a été stipulé que l'entrepreneur renonçait à l'allocation d'indemnités pour retiirds de paiements pend mt l'exécution des travaux. Les impayés demeurent donc dûs uniquement en capital.
En outre, un progrimme d'ensemble a été mis à l'étude par le service des Travaux Publics. 11 a été établi en vue d'améliorer.de la façon la plus générale, les voies de navigation intérieure dans toute l'étendue de la Cochinchine, ainsi que dans la partie Sud du Cambodge.
Ce programme a été soumis ù l'examen d'une commission régionale instituée par arrêté du 8 septembre 1900.
l*ar un rapport du 27 septembre 1900, cette commission a formulé des conclusions, tant sur la nomenclature des travaux à entreprendre que sur leur ordre d'urgence.
Après examen de ces desiderata, l'Administration a proposé l'adoption et l'application , dans l'avenir, du programme suivant :
1o Ouverture des canaux de Tinh-te et de Yinh-an et des deux canaux assurant les communications de la province de Takeo à Kompong-youl ;
2o Etablissement d'une ligne de navigation de Saigon à Phnompenh,par Tanan et petit Vaîco ;
3o Ouverture des canaux de Camau h Raclieu ;
— du Rassac au Cai-lon ;
— du C-ai-lon à Camau par (^iniden ; 4o Amélioration des canaux de Cholat, Mangthit, Traon ;
' 5o Amélioration de la rivière de Prey-veng et des passes dii Gi'and fleuve de Krauchmar à Kratié ;
60 Amélioralion du canal des Poteries ; 70 Amélioration de TArroyo commercial ;
8» Amélioration du Preckde Pnom-kanlang et du Preck de Muk-kompul ; 90 Amélioration du Preck-chéreou et des Slungs Thnot, Chinit et Sen ; IQo Amélioration du 'ai-tau-Thuong et du l^p-vo ; II0 Amélioration du rach de Binh-dinh ;
1^0 Amélioration du canal de Sdok-andeng, près de Kompong-chnang ; 1 3** Elargissement et approfondissement du canal de Chogao ; li» Déroctage des rapides du Donaî entre Saigon et Bienhoa. . Le Conseil Supérieur de rindo*Chine a émis un avis favorable et le Gouverneur Général a pris à la date du 13 novembre 1900 un arrêté d'approbation.
Construction du cafial de Chet-sny. — Le canal de Ghet-say fait partie de Tensemble des artères navigables qui doivent relier directement Mytho à Bentré et à Travinh en mettant le Ba-lai en communication avec le rach Bentré.
, 11 est inscrit, en second rang, avec le canal de Phu-tuc, déjà construit, au programme de réfection et de construction des voies navigables de la Gochinchine et du Cambodge, lixé par arrêté du 13 novembre 1900.
fa longueur de ce canal est de 5.180 mètres, sa largeur en gueule de 34 mètres, sa largeur au plafond de 14 mètres et sa profondeur de 6 mètres avec 2 mètres d*eau par les plus basses mers.
L'exécution de cet ouvrage s'effectue, à l'entreprise, par la Société A. Montvenoux et Ci», et la dépense, autorisée par arrêté du 11 février 1901, s'élève à 460.000 francs.
1.000 mètres environ sont actuellement exécutés et la dépense correspondante est de 68.000 firancs.
la dépense probable, au 31 décembre 1901, atteindra 110.000 francs, et la dépense à faire ultérieurement sera de 350.000 francs.
Le canal de Chet-say sera terminé vers le mois de mars 1904.
Canal du Bassac au Cai-lon, — Cet ouvrage figure, en quatrième rang, au programme fixé par l'arrêté du 13 novembre 1900. En opérant la jonction du rach Cantho avec le Cai-lon, il doit donner une communication du Bassac avec le golfe du Siam.
Sa longueur est de 36 kilomètres, sa largeur en gueule de 45 mètres, sa largeur au plafond de 15 mètres et sa profondeur de 4 mètres 50 centimètres avec % mètres d'eau par les plus basses mers.
Son exécution est également faite à l'entreprise par la Société A. Montvenoux et Cîe, et l'arrêté du 15 janvier 1901 a fixé la dépense autorisée à 3.600.000 francs.
Le canal est attaqué par les deux extrémités. La longueur exécutée du côté de Cantho est actuellement de 6.700 mètres, et, à l'autre extrémité, de 1.500 mètres. Les dépenses sont de l.!200.000 francs au 31 décembre 1901, et les dépenses ultérieures ressortent ainsi à 2.400.000 francs.
U ne sera terminé que dans le courant de l'année 1905.
CancU d^Hatien. — L'approfondissement du canal d'Uatien figure, an premier rang, dans le programme du 13 novembre 1900; le travail est exécuté par la Société Montvenoux.
Sa longueur est de 66.400 mètres, sa largeur au plafond est de 10 mètres et sa largeur en gueule est variable. La profondeur d'eau variera, par les basses mers de vive eau entre 1 mètre 53 centimètres et 2 mètres 59 centimètres. Le projet est actuellement exécuté sur une longueur d'environ 7.780 mètres. L'arrêté du 8 septembre 1900 à fixé la dépense autorisée à la somme de 1 .500.000 francs.
îiies dépenses actuellement faites atteignent en viront 200.000 francs au 31 décembre 1901 ; les dépenses ultérieures ressortent, dès lors, à 1 .300.000 francs. Le canal d*Hatien ne sera terminé que vers le mois d'octobre 1904.
I^ continuation des travaux en cours, pour ces trois canaux, figure au plan de campagne de 1902.
Les dépenses faites par Tentreprise Montvenoux s'élèvent au 31 décembre 1901 à lasonune d'environ 9.600.000 francs.