ANNAM
Superficies ei»
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TONKIN
Si
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heclai e><
TOTAUX
Suf»erficies en heclares
(i) Ces chiffres ne sauraient prétiMidru ù une exactitude absolue, notamment en ce qui concerne l'estimation des superficies dont la liés (grande luînorité a été lobjel de déh'iuitations exactes. Ils donnent les tenues de comparaison pour le oombre des demandes de concession ou d'acquisition, avec les superficies aoUiciléea. •
L'indo-Ghine française n'est plus aujourd'hui une colonie de domination, propice seulement aux transactions commerciales entre producteurs métropolitains et consommateurs indigènes, entre producteurs indigènes et industriels métropolitains : elle est entrée résolument dans la phase agricole du développement de la colonisation.
Ce développement a été remarquablement intense dans la demièrd période quinquennale, bien qu'inégalement rapide dans les divrrs pays de rindo-Chine. Tandis que le I>aos et le Cambodge, relativement peu accessibles encore, montrent, en dépit de la richesse de leur sol, une progression lente, la Cochinchine, et surtout FAnnam et le Tonkin, accusent une marche progressive inconnue jusqu'alors.
Ainsi le nombre des concessions, propriétés ou exploitations rurales européennes accordées ou acquis»;s en Indo-Chine, atteint au commencement de 190â, le chiffre de 717, alors qu'il était de 323 à la fin de 1896 : soit, en 5 années, une augmentation de plus du simple au double. Le total des superficies étant de 80.861 hectares en 1896 et de 357.481 à la fin de 1901, il y a eu augmentation de 276.620 hectares, soit de 3i2 ««/o-
L'année 1898 marque, jusqu'à présent, le point culminant de la courbe du mouvemeat, avec 100.146 hectares de terrains, acquis principalement par voie de concession provisoire gratuite ou, plus rarement, par voie d'achat. Toutefois, les chiffres inférieurs des années subséquentes n'indiquent aucunement un ralentissement dans le progrès puisque, aussi bien, ce progrès se mesure au développement de la mise en valeur des terrains demeurés jusqu'alors inexploités et qu'à ce point de vue, la colonisation agricole progresse dans des proportions de plus en plus fortes, ainsi que nous l'avons vu plus haut.
Voici d'ailleurs comment se répartissaient, au commencement de l'année 1900, les proportions des superficies dévolues aux colons-planteurs et celles mises en valeur par eux.
NOMBRE
de propriélés ou conceisions
SUPERFICIES EN IIECTARFUS
SURFACES CULTIVÉES 00 hectares
au-dessus de 50 hectares
au-datseos de 50 hectares
au-dessus»
de 50 hectares
au-dessous de 50 hcctaree
Cochinchine
Cambodge
Annam
Tonkin
Total
Total général
1 hectares
hecUires
L'examen de ce tableau nous apprend que la grande concession est la forme dominante de l'exploitation européenne en Indo-Chine. Le rapport des exploitations au-dessous de 50 hectares, à celles qui sont au-dessus, est à peine de 1 à 67. C'est en Cochinchine que les petites exploitations sont le plus fréquentes et, si elles n'occupent guère que le vingtième de la superficie totale des exploitations au-dessus de 50 hectares, elles sont, par contre, presque entièrement mises en valeur.
La petite propriété apparaît dans des proportions inférieures au Tonkin, et elle est presque insignifiante en Annam et au Cambodge.
1^ mise en valeur plus rapide île la petite propriété rurale est un fait général qui s'applique h toute rindo-Chine. Sur une superlicie totale de 3.836 hectares composant la petite propriété, 2.84i heclares, soit de 70 "/o, étaient en culture en 1900. Plus faible est la proportion des terres cultivées dans les grandes concessions. Elle ne s'élève, pour toute Tlndo-Chine, qu'à 11 o/o environ des superficies totales de cette catégorie. Ce chiffre varie cependant suivant le pays et va en diminuant de la Cochinchine, où il est de 14.50 o/o, à i' Annam, où il est de b,Z7 «/o, avec des chiffres intermédiaires de là "/o pour le Tonkin et de 10 ^/o pour le Cambodge.
Il convient de dire que les errements anciens, cause de la disproportion signalée ici pour les grandes concessions et leur lente mise en valeur, disparaissent de plus en plus. Autrefois des milliers d'hectares de terrains domaniaux furent accordés par rAdminislration avec une libéralité confiante, puisqu'elle n'exigeait guère la justification des moyens d'action dont les concessionnaires pouvaient disposer pour la mise en valeur de leurs concessions. D'autre part, les bénéficiaires de ces concessions gratuites, souvent, ne se rendaient qu'un compte imparfait de la sonune des moyens d'action nécessaire, ni de leur mode d'emploi progressif et judicieux.
L'Administration s'est émue, dans les derniers temps, de cet état de choses préjudiciable à la colonisation sérieuse et durable : elle s'efforce de n'accorder de vastes superficies de terrains domaniaux qu'à bon escient, et elle applique^ désormais, avec un juste tempérament, les dispositions récupératives des terrains non mis en valeur, édictées par les arrêtés sur les concessions domaniales. C'est ainsi, qu'en Cochinchine des arrêtés de déclaration en déchéance ont . été pris, pendant l'année 1901 , pour un total de 2.953 hectares et, au Tonkin, pour un total de !23.67l hectares. L'Administration voit d'ailleurs avec satisfaction une meilleure harmonie s'établir entre les projets des demandeurs de concessions et leurs moyens d'action. A part les demandes de grandes concessions territoriales produites par des associations puissamment armées, on constate que, sur 65 concessions accordées en 1900, pour toute l'Indo-Chine, 9 seulement dépassent le chiffre de 500 hectares et 2 le chiffre de 5.000 hectares. 11 y a là l'indice d'un progrès réel. Mieux avisés que beaucoup de leurs devanciers, par l'expérience acquise, les concessionnaires qui limitent sagement leur effort, évitent plus sûrement les défaillances qui découragent et mènent à l'abandon ruineux d'entreprises mal conçues.
D'après les statistiques dressées à la Direction de l'Agriculture et du Commerce, le colon planteur, sans autre profession que celle de cultivateur, a prévalu au Tonkin et en Annam qui sont des pays de grandes concessions, alors qu'en Cochinchine, pays de petites concessions ou propriétés, l'apport principal à la colonisation a été fourni par les fonctionnaires.
Si l'on se place au point de vue des exploitations, ce sont les missionnaires et les fonctionnaires qui viennent en tète. Mais l'examen des superficies rétablit les choses en leur état naturels. A cet égard, ce sont les colons planteurs qui tiennent, en 1900, le premier rang avec 91.031 hectares, chiffre auquel le Tonkin seul participe pour 79.932 hectares. Les commerçants n'atteignent guère que la moitié de cette superficie: 45.721 hectares, dont 39 712 au Tonkin. Viennent ensuite les fonctionnaires: 37.667 hectares, dont 27.086 en Cochinchine. Enfin, les entrepreneurs: 22.762 hectares, chiffre considérable si l'on remarque qu'il ne se partage qu'entre vingt et une plantations. Quint aux missionnaires dont les exploitations sont, à vrai dire, les plus nombreuses (151 pour la Cochinchine et le Cambodge seulement) ils n'arrivent, au point de vue des superficies accordées, qu'après les catégories précédentes.
En ce qui concerne la surface mise en valeur, les colons planteurs sont encore en première ligne avec 15.686 hectares sur 32.007, presque la moitié des terres mises en culture; tandis que les fonctionnaires ne participent à ce chiffre que pour 5.617 hectares, les commerçants
eiTUATlCN LE LINDO-CIIINK (ANNEXE) 19
poar Z.2ÀS et les entrepreneurs pour 1.275 hectares. Les surfaces mises en valeur par les missionnaires n'prt'^sentent près de 70 «/o des superficies de leurs exploitations.
L'action de colonisation agricole des missionnaires est d'ailleurs remarquable. C'est ainsi, entre autres, qu'un missionnaire du Tonkin, d'origine annamite, le P. Six, avait réussi, avant sa mort qui sunint en 1900, à récupérer sur la mer, par les travaux de ses chrétiens, un arrondissement presqu'entier, celui de Phat-dicm. De même en Annam où un missionnaire s*esi fÎEdt un des initiateurs de la culture rationnelle du thé et un autre, le P. Tissier, an (Juang-ngaî, de celle de Farachide et où, à Phanrang, les travaux d'irrigation du défunt P. Vuillanme ont permis de mettre en valeur des superficies de terrains considérables dans la plaine du Khanli-hoa.
B. — Pénétration dans Tintérieur. — On remarquera que dans les inventaires dressés cidessus, on n'a pas fait intervenir la part dévolue au l^os. Ce n'est pas que la participation de ce pays à la colonisation française soit négligeable, mais bien parce qu'elle s'exerce sons une autre forme. I^ colonisation, en elTet, s'y pjrte, jus (u'à présent, principalement sur les entreprises commerciales dont elle emploie les voies et moyens. La marche est normale et diverses demandes de concessions domaiiiales très importantes, adressées au Gouvernement Général, font prévoir que lu i»ériodc agricole ne tardera pas longtemps à suivre la phase de colonisation commerciale.
L'exploitation des plantes à caoutchouc a pris maintenant au Laos un développement tel que l'établissement de grandes planUitions s'impose. La culture du pavot a opium y a été tentée par un colon français et va faire incessament l'objet d'une entreprise sur grande échelle. Les forêts de teck sont devenues l'objet d'exploitations régulières après que des expériences de flottage des billes sur tout le parcours du Mékong, depuis en amont de Luang-prabang, (expériences dirigées en 1899 par 1 Administration) ont déiriontré la possibilité d'amener ces billes, sans pertes sensibles, par dessus les rapides du fleuve. Nous pouvons espérer nous allrancbir de la soi-te, et dans une certaine mesure, des marchés onéreux auxqueb, pour cette essence précieuse, nous sommes obligés d'avoir recours dans les pays étrangers vobins. Des gisements miniers importants y ont été étudiés et n'attendent que la venue de capitaux suûisants pour activer leur exploitation.
Depuis 1897, la régularisation du service des transports fluviaux dans les biefs du haul Mékong a permis d'établir entre le l^os, le Cambodge et la Cochinchine des conununicatioas, sinon très faciles, du moins plus fréquentes qu'auparavant et plus aptes à favoriser la pénétration de la colonisation européenne. Ce courant s'accroîtra nécessairement le jour on la voie fluviale, employée comme plus profitable à la descente, sera remplacée, à la montée par une voie terrestre plus rapide et moins onéreuse.
Non moins important sera le rôle de nos futures voies de pénétration en Annam. Dans ce pays, le plus riche en promesses d'avenir, la colonisation européenne rencontre, pour s'établir, une grande variété de conditions de miheu. Depuis le niveau de la mer et le climat maritime depuis les terres sablonneuses des dunes côtières et les deltas aux grasses aUavions, jusque, sur les hauts plateaux dénudés on couverts de forêts de pins et de chênes et régis par un climat d'altitude, se trouvent, en remontant les flancs de la Chaîne annamitique, des zones superposées qui admettent successivement toutes les cultures tropicales, subtropicales et même de cônes tempérées, à la condition qu'on y crée des voies d'accès.
La route du Langbian qui, partant de Phanrang pour atteindre, sur un développement d'en* viron 104 kilomètres, une altitude de près de 1.500 mètres sur le plateau, était terminée an commencement de l'année 1900, et l'ouverture de celte route carrossable sur la moitié de son parcours n'a pas tardé à être suivie de demandes de concessions domaniales sur les territoires qu'elle peut desservir. En 1901, les travaux d'aménagement pour la rendre carrossable sur tout son parcours, ont été poussés activement et seront tenninés en 1902.
L'œuvre colonisatrice ne vise pas seulement, dans l'ordre matériel, la prise de possession et la transformation du sol au profit de l'acquéreur ; dans l'ordre moral, elle doit favoriser la
pénétration de notre influence dans les régions jusqu'alors fermées, chez les populations primitives que nous avons intértH, avec bénéfice réciproque, à nous attacher comme auxiliaires. Des résultats satisfaisants ont été obtenus, dans cet ordre d*idées et dans les dernières années, chez les tribus mois q !i habitent la Chaîne annamitique et ses contreforts et dont la plupart étaient demeurées, jusqu'alors, en dehors de tout mouvement économique et presque en dehors de tout contact avec Télément européen.
Aujourd'hui, grâce aux efforts de nos chefs d'administration et principalement des Résidents Supérieurs eu Annam et au Laos, grâce également aux missions d'études, aux travaux d'éta->> blissement de routes de pénétration et de lignes ferrées, aux entreprises d'agents commerciaux à la recherche des produits naturels des régions de l'intérieur, beaucoup de tribus sauvages gravitent maintenant dans la sphère pacifique de nos intérêts économiques dont ils ont leur part du bénéfice.
Les llols nous fournissent de plus eu plus, et d'une façon régulière, de la main-d'œuvre travailleuse, robuste et honnête encore. Avec le salaire gagné au travail, ils ont appris à connaître la valeur représentative de la monnaie métallique et, déjà, leur désir de satisfaire â des besoins d'un bien être nouveau, bien que relatif, a créé chez eux un commencement de mouvement commercial que quelques négociants mettent a profit.
Divers marchés mois ont été établis, par les agents de l'Administration, à la limite des territoires des tribus montagnardes. Ces marchés semblent se développer : ils constituent un des moyens adjuvants d'une colonisation qui, gagnant de proche en proche par un effet de capillarité des intérêts commerciaux, deviendra réelle et permanente par l'exploitation régulière des ressources naturelles ou des cultures.
Deux provinces nouvelles: celle du Haut-Donai et celle du Darlacontété créées en^plein pays mot et kha.
De par le régime de ses eaux courantes, le relief de sa configuration, la répartition des saisons et la richesse du sol, l'Annam appelle tout particulièrement l'attention de nos colons planteurs, éleveurs et industriels. Pour différentes causes, parmi lesquelles les successives campagnes militaires et les préoccupations d'ordre politique qu'elles ont fait naître dans l'opinion publique, en France, le Tonkin passe, souvent encore, pour être, de toutes les parties de l'Indo-Ghine française, la plus accessible à la colonisation et la pluj reconnaissante à l'effort que fera le colon pour s'y enrichir. Cette appréciation est inexacte et il est utile de la contredire. La richesse et l'abondance des terres délaissées de l'Annam et du Cambodge protestent contre un jugement trop exclusif dont pourraient pâlir ceux qui l'accepteraient dans ce qu'il a d'exagéré. Cependant, la diffusion de reuscignoments et d'avis, basés sur une meilleure con» naissance des conditions de la colonisation duns les diverses parties de l'Indo-Chine nous à permis, en maintes occasions déjà, d'écluirer l'opinion et de diriger les initiatives vers leur champ d'action le plus propice qui n'est pas exclusivement le Tonkin.
C. — Facilités accordées à la colonisation agricole. — Les diverses parties de l'Indo-Chine française, sauf le Laos, sont dotées actuellement d'un régime sur les concessions domaniales qui, à quelques dispositions non essentielles près, est le môme pour chacune de ces parties. Au Cambodge, l'ordonnance royale du 11 juillet 1897, portant modifications au régime de la propriété foncière, a penuis d'introduire le régime des concessions tel qu'il existait dans les autres pays. Nous ne croyons pas qu'il y en ait de plus libéral.
Tout en sauvegardant, dans la mesure équitable, les intérêts de l'Etat, les arrêtés en vigueur accordent au colon planteur des avantages et une indépendance d'action considérables, et leurs dispositions réduisent au nécessaire la part de l'Administration dans Texercice d'une enquête, d'un contrôle et d'une procédure auxquels le concessionnaire est tenu de se soumettre. La gratuité de la concession provisoire a été maintenue, la perception de l'impôt sur la conces* sion définitive est appliquée souvent avec un tempéramment équivalent â une subvention ou un encouragement et la concession définitive est transmissible par hérédité.
Des primes h Tagriculture sont distribuées annneiremenl, dans toutes les parties de rindo- (iliino, aux colons planteurs que des ronuuissions spécialement nommées désignent, comme y ayant droit aux termes de la réglementation, ou comme les ayant méritées parreffoi*! ^onné ou le résultat obtenu.
L'Administration accorde encore des avantages au colon planteur sous forme de dégrèvement partiel des impots dont bénéficie la main-d'œuvre agricole indigène ou asiatique.
Des arrêtés en date des 23 janvier et 1 1 août 19)1 autorisent les colons planteurs à recruter des gardes-cbanipétrcs européens ou indigènes assermentés.
I). — Main'd'teuvre. — On ne «saurait se dissinmler que la colonisation agricole rencontre, en certaines parties de la (iOloni(^ des dit'licultés «(ui, pour n*élre pas des obstacles insurinon' iabhîs, n'en constituent pas moins des entraves (|ui affectent surtout les débuts inexpénmentés : il s'agit du recnitement d'une main-d'onivre suflisante et appropriée.
Au Tonkin et en Annani, mais princiimlemenl dans le premier de ces pays, le mode de tennre des terres le plus usité et le plus favorable à l' européen est le métayage. 11 a donné et donne encore de bons résulUUs à ceux (|ui. ne pratiquant pas l'absentéisme si contraire à leurs intérêts, savent en même tenqts tirer avantage opportun des qualités réelles de leurs auxiliaires, tout en acceptiuit une partie de leurs défauts.
O genre d'amodiation . est beaucoup moins répandu en (k>cbinchine où le faire valoir direct est la règle. La raison en est, sans doute, dans des babitudes déjà vieilles d'une part el, d'autre part, dans l'instabilité de l'indigène de Cocbincbine dont l'éducation, à ce point de ^iie, en parait pas encoi^e sufllsante.
Quelques exceptions, à cette règle, se font remaniuor par les résultats obtenus et le succès peut être considéré comme dû principalement aux parfaites connaissances que les colons planteurs ont du pays, du caractère et des nueurs de ses hal)itants. De fait, la forme du faire valoir par métayage tend à prévaloir dans les nouvelles exploitations agricoles européennes. Nous pensons que les progrès de lu colonisiUion seraient accélérés par une association pins forte encore dos capitaux européens et du travail indigène.
Au Tonkin, la plétliore de la population, dans le Delta, reikl le recrutement de la maind'œuvre relativement facile encore. Si. en .\nnam la population rurale ne répugne pas, comme en Cocbincbine el au Ciunbodge, au tnivail mercenaire régulier et assidu des champs, dans ces deux derniers pays par contre, le recruteuient de la main-d'ieu\re est plus précaire, plus instaiikî et son rendement beaucoup plus laible. L'Administration se préoccupe de celle situation.
Elle a essayé, en 1898. de diriger, siuis grand succès, un courant d'émigration de coolies agricoles annamites de TAnnam vers la ('.ocbincbine, et elle a mis à l'étude un projet d*organisiition d'une agence de recrutement de n)ain>d'(euvre chinoise à lloîhow dans l'Ue de Uainan. où la main-d'œuvre est particulièrtMneni apti' au travail du sol. ainsi qu'à Fou-tchéou, en Chine. D'imli^e pari, la Cochinrhine, à, Texemple des StraiK< Srttli'meHtsoù les immigrés asiatiques ne sont assi^jettis à aucune taxe, \ient d'abolir la taxe qui les frappait à l'arrivée dans notre Colonie, el ne prélèvera plus t|ue le droit d'immatriculation annuel auquel ib sont régulière^ ment soumis. I.a. Cocbincbine comptait, jusqu'alors, de *JO.(H>0 a to.UOO Chinois par an à Timmigratioii, alors que pour Singapour, Penang et la province de Wellesley, ce chifire dépasse
Cette question de la main-d'œuvi^ aura une impoilance considérable le jour où les exploitations à grande échelle, en instance de formation, mettront leurs vastes projets k exécution. 11 n'esl donc pas prématuré de lui chercher, dès à présent, une solution favorable aux intérêts qui s'enjiagenl.
Nous rtMiKu>iiîeri>ns également que. dans le^ deniières années, les préoccupations de nos colons se (H^rteut >ur les perteclionuements de leur outillage agricole, une voie dans Uq[iielle les org.\ne> techniques de F Administration les «ùdent de tout leur pouvoir.
E. — Elevagp, —On n*a envisagé, dans ce qui précMe, que la colonisation agricole propremenl dile. Il nous reste à dire un mot d'une branche de Téconomie rurale que nous nous efforçons de développer dans ce pays : l'élevage.
A part quelques régions particulièrement favorisées par la nature du sol et du climat, tels que le Khanh-hoa et le Binh-tliuan, provinces méridionales de TAnnam, les deltas et la plaine de rindo-Chine se prêtent mal à l'élevage en grand du bétail. Des réussites partielles ont pu être obtenues, il est vrai, grâce à des soins et des efforts intelligents. Il nous est permis, depuis quatre ans, d'en citer des exemples : élevage du bœuf et de la vache laitière à Pnompenh, et h Saigon, du mouton à Phanrang, du cheval dans le Binh-dinh, etc. Nous sommes persuadés que ces exemples seront de plus en plus nombreux lorsque les hauts plateaux de l'inlérieur seront rendus plus accessibles par la création de voies de pénétration, parmi lesquelles une des plus importantes sera la ligne du chemin de fer en construction de Saigon à la côte d'Annam, par le bassin du Haut-Donai.
L'Administration n'est pas restée indifférente à la question de l'élevage, comme elle ne l'est pas restée non plus à celle de la conservation des peuplements d'animaux domestiques dans les pays producteurs. Elle poursuit maintenant des expériences d'acchmatement de diverses races de bovidés et d'ovidés sur le plateau du Langbian, et l'établissement zootechnique du Tonkin élève et entretient des étalons reproducteurs mis à la disposition de tous les pays de rindo-Chine. D'autre part, un jeu de primes libéralement octroyées essaie de stimuler le zèle des éleveurs, trop peu nombreux encore pour les besoins de ce pays, qui reste tributaire de l'étranger pour une partie de ses viandes de boucherie.
L'apparition de la peste bovine, importée en 1897 de Chine en Indo-Chine par la frontière du Laos, d'où elle s'est répandue jusque dans les deltas des grands fleuves, a prélevé un lourd tribut sur les peuplements de bœufs et de buffles. La découverte du sérum antipesteux bovin à l'institut de Nhatrang et son application méthodique ont conjuré heureusement les dangers, sans cesse renaissants, d'invasion de cette épizootie meurtière.
En résumé, la colonisuion agricole a fait en Indo-Chine, pendant les cinq dernières années, des progrès dont il est juste et utile, pour les intérêts de ce pays, de dire l'importance .
Le crédit, qui est la forme la plus puissante de la force économique d'un pays parce qu'il réunit l'acquit du passé et les assurances de l'avenir, doit apporter à la colonie, riche, travailleuse et pacifiée, la confiance qu'il ne ménage pas, souvent avec de moindres garanties, à d'autres pays et à des promesses moins légitimes.
Hanoi, le 16 janvier 1902.
Le Directeur de l'Agriculture et du Comtnere de l'indo -Chine