CATHOLIQUES CATHOLIQUES
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Outaouais. , , 29,045] 221 81,000! 40,016...
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Kingstown, . [318,039 | 65,061! “1 112.001 188.408
Toronto, .,.,,., |, . .|.. .1210,672| 44.890 292,262 | 43,600 |.
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Sandwich. , .1198,554/9: 1 199,004! 4% 412] 1
On voit, par ce tableau, que le nombre total des prêtres dans tout le haut Canada n’était que de 184% en 1861, c'est-à-dire un prêtre pour 1,400 fidèles ; dans certaines parties même, comme dans le diocèse de Kingstown, qui est le plus considérable, il se trouve à peine un prêtre par 2,000 âmes; ces paroissiens ne sont point groupés, ils sont la plupart du temps répartis entre quatre ou cinq townships, c'est-à-dire sur une surface de 50 à 40 lieues superficielles. Ces conditions d'existence sont fâcheuses et critiques, plus critiques pour notre Église que pour aucune autre, par suite des nécessités qui doivent plus fréquemment, plus familièrement rapprocher les prèlres et les fidèles. Combien serait-il désirable non-seulement de compter plus de prêtres attachés à ces missions si difficiles et si fécondes, mais aussi de voir l'immigration des catholiques, et notamment celle des Trlandais, suivre une certaine direction et s’assouplir sous une impulsion organisatrice qui en rapprocherait les éléments et condenserait ces forces dispersées.
Peut-être cependant nous exagérons-nous la portée utile de cette meilleure ordonnance! Elle serait, sans doute, très-conforme aux données de la prudence commune, mais nute cette affaire est évidemment plus providentielle qu'humaine: s'être maintenu dans de telles circonstances, c'est déjà un fait qui étonne l'esprit ; mais que dire, que penser de ce merveilleux développement que nous avons constaté partout? N'est-il pas visible, par ces regrets eux-mêmes qui viennent naturellement à l'esprit, que celte large progression du ca-
tholicisme est indépendante de toute combinais n et de tout caleul. Hasardeux dans son expansion, incertain dans sa marche, il dispose des nouveaux venus fortuitement, et s'empare çà et là des esprits, selon les dispositions plus ou moins favorables des anciens habitants ; il procède dans ses progrès par soubresauts tout à fait imprévus, et celte grande dispersion, qui nous contrarie d’abord, n’est peut-être qu'un moyen particulier, ménagé dans les desseins de Dieu pour mieux achever son œuvre. Le travail si vif de propagande que nous admirons en cvs contrées, s'opère visiblement par l’envahissement du catholicisme sur les sectes qui l'entourent, et, quand on s'appesantit sur cette considération, on ne peut se dissimuler que Ja multiplication des points de contact et des centres d'action peut revêtir une importance spéciale, surtout dans une direction providentielle.
IL est donc possible que cette semence jetée au vent et en apparence gaspillée doive contribuer énergiquement à presser la conclusion que ces prémisses semblent appeler. Tous ces périls, ces difficultés, ne doivent plus être alors que des préoccupations secondaires ; cette lutte contre les hommes et contre les choses, contre les injustices et contre la dispersion, ne doit pas nous inquiéter outre mesure. Le catholicisme, qui a surmonté à son origine les persécutions et la violence, n'a-t-il pas affronté dans les siècles derniers un péril bien plus redoutable, celui de la puissance ei de la richesse? Souvent, dans cette épreuve, il a rencontré des écueils, parfois il a pu subir un affaiblissement passager, mais nulle part il n'a succombé sous cette étreinte énervante, la plus dangereuse de toutes, celles du pouvoir et de la foriune. S'il a surmonté toutes ces traverses, et si, après avoir survécu aux péripéties variées de l'histoire, il se relève encore de nos jours à travers une civilisation raffinée plus fort, plus incisif, avec des persuasions nouvelles pour nos esprits relordus et blasés, cela ne devrait-il pas suffire pour démontrer le divinité de son origine et l'action souveraine qui dirige et maintient sa mission parmi les hommes”?