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Montréal. . .. . | 587,157 | 539,575 TE — 9 Saint-Hyacinthe. , 169,467 127,096 93 » 5
Outaouais, . .,. 03,745 01,239 | 26 | » »
(pour moitié). | | |
Ce dernier diocèse est celui qui est commun aux deux provinces, el les chiffres cités ici ne s'appliquent qu'à la portion de ce diocèse afférente au bas Canada.
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Sur les 945,000 catholiques du bas Canada, 848,000 sont d’origine française cet 95,000 d'origine anglo-saxonne.
Dans le haut Canada, les catholiques ne forment qu’une minorité, comme nous le savons : 258,141 sur un total de 1,396,091 habitants, mais la masse protestante s'y présente moins homogène encore que dans la province voisine; ceux qui tiennent ici la tête sont les méthodistes, qui en Amérique accaparent, concurremment avec les baptistes, les éléments les plus grossiers de la foule, les méthodistes du haut Canada atteignent le chitfre de 541,579; l'Église d'Angleterre ne vient qu'au second rang : elle possèd: 511,563 fidèles : les presbytériens sont 503,584; on compte enfin 61,559 baptistes, 24,299 luthériens, etc., etc. Mais il convient de noter que les méthodistes, qui tienent la tête, se subdivisent eux-mêmes en quatre fractions : Wesleyens, Épiscopaux, Nouvelle-Connection, et une autre variété de méthodistes ; les wesleyens, à eux seuls, forment les deux tiers de la secte.
Il est remarquable que, de loutes ces communions, c'est l'anglicanisme qui progresse le moins, et comme, dans ces contrées, ne pas progresser c’est reculer, on peut dire qu'il perd constamment du terrain. Îl est évident pour l’observateur que, parmi les émigrants anglais, un grand ombre ‘modifient leurs opinions religicuses en s'installant en Amérique ; ils deviennent méthodistes, presbylériens, baptistes ou catholiques, chacun selon ses tendances ou selon les circons{ances, mais l'Église d'Angleterre alimente certainement à ses dépens une parlie de l'accroissement de toutes les autres communions.
Ces diverses croyances sont excessivement dispersées et mélées les unes aux autres ; on n'aperçoit pas qu'aucune d'elles concentre plus particulièrement ses adhérents en un district déterminé ; nulle part l’une des dénominations religieuses ne possède la majorité absolue : les catholiques font pourtant quelque excention à cette règle : ils dépassent la moilié de la population dans les trois comtés de Prescott, Russell, Glengarry, ainsi que dans la cité d'Outaouais ; ils atteignent presque celle proportion Cans deux autres comtés où ils formeront probablement là majorité au prochain recensement, ceux de Renfrew et d'Esseæ, aux deux extrémités de la province.
C'est dans ce dernier comté d'Essex ct dans quelques parties de celui de Kent, qui l'avoisine (diocèse de Sandwich), que se trouvent condensés les descendants des habitants de notre ancienne colonie française de Détroit. En 1780 leur nombre ne s'élevait pas, sur la rive canadienne, à plus de 1,200 ; mais leur postérité, qui s'est étendue sur les bords de la rivière de Détroit et du lac Saint-Clair, compte aujourd'hui 14,000 âmes environ. Un chiffre plus considérable encore représente sur le rivage américain, dans l'État du Michigan, les
descendants de ceux qui étaient fixés au sud de la rivière ; la colonie française, fondée en 1700 par Lamothe Cadillac, était établie, en effet, sur l'une et l'autre rive, et la ville de Détroit, capitale du Michigan, formait son centre principal.
Continés pendant plus d'un siéele au milieu de la forêt et du dé: sert, n'ayant d’autres voisins que les peuplades indiennes, ces braves gens avaient créé comme une espèce d'oasis civilisé au milieu des sohtudes sauvages, élendant paisiblement leurs cultures aux dépens des bois contigus, à mesure que leurs familles se multipliaient, Il est difficile de concevoir une existence plus calme et plus heureuse que celle de celle pelite tribu, jusqu'au moment où elle fut atteinte par le flot grossissant des émisrants yankees el anglo-saxons.
Le trouble que ces nouveaux venus ont jeté dans leur vie et dans leurs habitudes a-t1l été suffisamment compensé par les éléments de prospérité plus rapide que ces envahisseurs ont apportés avec eux? C'est une question très-complexe, mais douteuse, que nous ne voulons point discuter, ni même examiner en ce moment. Nous constaterons seulement qu'ils se sont resserrés en groupes compacts sur les territoires qu'ils occupaient ou dont ils s'étaient déjà assuré la propriété; 1à nous les avons trouvés prodigicusement mullipliés, formant sur ce sol fertile des paroisses {rès-populeuses, où ils vivent entre eux sans mélange de sang anglais, conservant avec soin leur langue nalionale et leurs habitudes traditionnelles ; honnêtes, laborieux, excellents pères de famille, ils forment sans contredit la portion la plus précieuse du troupeau de l'évêque de Sandwich, qui a fixé sa résidence au milieu d'eux.
Bien que le catholicisme possède quelque avantage particulier dans ces groupes un peu Copacts que nous avons signalés dans le haut Canada, les fidèles n'en sont pas moins, la plupart Qu temps, disséminés de là manière la plus regrettable, exactement comme aux États-Unis. Il en résulte de grands inconvénients de toute nalure, mais les plus graves, sans contredit, sont ceux que l'on rencontre dans l'organisation et l'exercice du saint ministère. On ne saurait imaginer combien cet éparpillement général crée de dificultés pour l'établissement et mème pour la conservation des paroisses, quelle déperdition de ressources et de forces il impose au clergé, et par suite quelles fatigues et quel surcroit de labeur les ecclésiastiques doivent subir dans le service le plus habituel. Cette nécessité de parcourir
constamment d'énormes distances est d'autant plus pénible que le clergé est très-peu nombreux. Le tableau suivant nous donnerà une juste idée de ces obstacles, et complétera nos documents stalistiques en nous faisant connaitre la division diocésaine du haut Canada.
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DE L'AMÉBIQUE ANGLAISE. 51