PRÉFACE
Aussi bien, nous ne sommes, et nous n'aurions voulu être ici ni l'un ni l'autre : l'auditoire auquel nous nous adressions attendait de nous, il nous a semblé, que nous l'attirions à l'art en lui en inspirant le goût, bien plutôt qu'il ne nous demandait les définitions scientifiques et les analyses approfondies qu'on trouve dans les livres traitant e.v professa de l'esthétique.
Nous serions, heureux seulement si quelquesuns de nos lecteurs, comme nous avons appris avec plaisir qu'il était arrivé à plusieurs de ceux qui nous avaient entendu, retiraient de ces quelques pages un plus grand amour des choses de l'art, et s'ils étaient amenés à fréquenter plus souvent les chefs-d'œuvre des maîtres.
L'art, quand on sait le comprendre, l'art, même celui qui ne traite pas directement l'idée religieuse, à condition, bien entendu, qu'il ne l'attaque pas, l'art mène à Dieu puisqu'il élève l'àme, puisqu'il allume au cœur la flamme de l'enthousiasme, puisqu'il nous retire, quand nous nous laissons prendre à son charme, du terre à terre de la vie pratique.
Je sais que tout le monde ne pense pas ainsi. Je sais que certains ne veulent voir dans l'art qu'une technique. On peut analyser ses procédés^ comparer ses écoles, étudier son histoire ; et c'est là, disent-ils, toute la jouissance qu'on doit lui demander: ri-cn autre chose, en somme.