Six histoires de jeunes filles par madame Eugenie Foa
Je t’adresse ce livre , chère enfant ! il m’a été inspiré par ta douce candeur, tes belles qualités, ton heureux et bon caractère ! puisset-il charmer quelques-unes de tes heures de loisir, et , en te prouvant cette grande vérité , l’union fait le bonheur des familles , resserrer plus saintement le lien sacré qui nous unit.
Car, en nous créant, sœurs, Dieu ne nous impose-t-il pas cette loi : — Aimez-vous !
Puis, plus heureuse que moi, ma bonne petite Léonie , toi qui n'as pas encore quitté le toit paternel, et qui, le matin et le soir, vas chercher le baiser de notre mère, redis-lui mon nom quelquefois, je t'en prie !
Eugénie.
Paris , le 16 novembre 1836.
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Uue chose dont on devrait le pins s’occuper, et que l’on néglige le plus souvent , c’est le choix des lectures des jeunes filles , depuis l’âge de treize ans, jusqu’à leur mariage. — II faut, disent quelques mères et quelques institutrices , que les demoiselles ne lisent que des choses sérieuses , instructives; elles ont raison, moins le que. A tout âge, l’esprit a besoin de se récréer, et où voulez vous qu’une jeune fille aille chercher ses lectures? ce n’est, à coup sûr, ni dans les romans, ni dans les journaux? ni dans les revues.
Il y a cinq ans, qu'un homme très-remarquable pensa combler ce vide en fondant le Journal des Enfants. — Je connais de grands et de graves personnages qui y sont abonnés, et cela n’a rien d’étonnaut, car cette publication, toute modeste qu’elle parait être, aura une grande' influence sur la génération nouvelle ; en effet , les enfants ne sont-ils pas, si j’ose m’exprimer ainsi , la matière
ij PRÉFACE.
première des peuples, et leur avenir ne dépend-il pas de leur première éducation , comme aussi des premiers exemples dont on frappe leur jeune et impressionable imagination ?
D’autres journaux sont encore spéciaux aux demoiselles. Mais ces publications sont encore loin de suffire à cette soif de lecture qui dévore le jeune âge.
Tout en marchant sur les traces de M. Bouilly, dont les contes charmants ont récréé mon enfance, j’ai l’ambition d’y joindre une utilité de plus. Amuser est mon but, instruire en doit être le résultat; pour cela, je crois qu’en composant quelques contes historiques, comme Walter Scott créait ses romans historiques, en n’altérant nullement la vérité , en conservant religieusement les dates , en mettant mes personnages en action, et en les faisant parler et agir suivant leurs caractères connus, je contenterai les parents, les jeunes personnes, et moi.
C’est ce que j’ai essayé de faire, mesdemoiselles, trop heureuse si mes contes historiques vous plaisent, et si vous voulez bien, pour prix de mon travail et de mes soins , les admettre quelquefois parmi les amusements de votre heureux âge.
Eugénie Foa, née Rodriguès.
T - -Ht-
Ou', lu meurs! déjà la dépouillé De la terre subit les lois,
Et de la fange qui te souille Déjà tu ne sens plus le poids ;
Sentir ce vil poids c'était vivre !
Et le moment qui te délivre,
Les hommes l'appellent mourir !
Tel un esclave libre à peine Croit qu’on emporte avec sa chaîne Ses bras qu'il ne sent plus souffrir!
Alphonse de Làmautuve.
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