‹ Six lecons sur les evangilesChapitre 6 sur 13 · UT 7 T · texte numérisé non relu

UT 7 T

prit grec ou latin formé dans la tradition plato-

nicienne, mais selon la méthode propre aux rab- « bins comme Hillel ou Gamaliel et dont nous avons. : maints spécimens, en dehors même des épitres pau- « lines, méthode de discussion faite d'analogies et 4 non de déductions, d’analogies tirées des textes «

de l'Écriture et non de la pure raison, méthode qui

n’est accessible qu’à des esprits nourris de l'Écri=

‘à ture et exercés à cette scolastique subtile. Voyez comme exemple Le passage de l’Épitre aux Romains

(v, 12 et suiv.) où saint Paul expose la doctrine du É

péché originel. Quelle distance il y a d’une pareille É discussion aux récits limpides, aux maximes, aux n paraboles de l'Évangile? #3

Mais combien l’on se tromperait à faire de saint … Paul un pur géomètre! Qui croira que ces épitres, dont des génies comme celui de saint Augustin ont … eu peine à pénétrer le sens profond, aient été sans à 5 obscurité pour les Romains, les Corinthiens, les " Éphésiens à qui saint Paul les adressa ? Elles nous donnent de la prédication de saint Paul ce qui en était la pensée intime : un raccourci, quelquefois indiqué seulement, du système selon lequel il organisait la foi au Christ : maïs sa prédication sûrement ne procédait pas ainsi. Et que la parole de 5 l’apôtre ait dû se faire toute à tous, et que pour le plus grand nombre elle ait été une parole concrète et comme une lecon de faits, on n’en saurait douter. 4

- Paul, missionnaire, va de ville en ville, «travaillant le jouret la nuit pour n'être à charge à aucun - de ceux parmi lesquels il prèche l'Évangile de Dieu » » (1 Taess. n, 9). Dès les environs de l'an 37, il dut 3 commencer son œuvre de missionnaire à Tarse, son pays (Acr. 1x, 30), puis à Antioche (xur, 13) qui sera longtemps son église d'attache ; vers 47, il évangélise les montagnards de Galatie; vers 52 3 ilest en Macédoine, puis en Achaïe; vers 55-58 le … voici de nouveau en Galatie, puis à Éphèse, puis … en Macédoine, puis à Corinthe, d’où il revient à Jérusalem où il sera emprisonné. Lui-même, dès 57,

“ danssa seconde épitre aux Corinthiens (x1,23-33), “ résume ainsi ces vingt années de missions : « Serviteurs du Christ? Jele suis plus que quiconque : j'ai . peiné plus que quiconque, et plus reçu de coups, » et plus enduré de prisons, et affronté plus de fois la mort. Des juifs j'ai reçu cinq différentes fois les | trente- -neuf coups de fouet. Trois fois j'ai été battu

- de verges, une fois j'ai été lapidé, trois fois jai fait naufrage, j'ai passé une nuit et un jour au fond de

ers et des dangers, et les rivières, et les voleurs, et es juifs, et les païens, et les cités, et les déserts, et : mer, et les faux frères : j'ai pere et} j ai souffert,

j'ai eu sommeil, j'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai

otre-Seigneur Jésus-Christ, béni soit-il dans

la mer : des étapes et des étapes de route, des dan- .

jetné, j'ai eu froid, j'ai été nu... Dieu, père de ESA

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” tous les siècles, sait que je ne mens pas !... » Vous voyez là comme la pensée de saint Paul est « capable de revêtirune forme qui n’a plus rien de scolastique, et comme aussi il ne craint pas de faire de son expérience la plus personnelle la justification de sa parole. Le même sentiment qui lui fait dire RE aux Galates (1, 13-16) : « Vous avez entendu, — et évidemment Paul pense aux récits qu'il leur a luimème faits de sa conversion, — quelle fut ma conduite jadis dans le judaïsme, et que je persécutais l'Église de Dieu, et que je la ravageais, et que je me distinguais dans le judaïsme sur tous les hommes de mon âge et de ma race, par le zèle démesuré que j'avais pour les traditions de nos pères... », JUS. qu'au jour où Dieu a révélé son fils en moi, — ce même sentiment lui fait répéter des fois et des … fois le récit de sa conversion. L'auteur des Actes ne se contente pas de rapporter l'épisode du chemin de Damas une fois à sa date (1x, 1-22) : mais ayant à deux reprises à donner un discours de Paul où par deux fois Paul raconte ce même épisode, notre auteur n'hésite pas à reproduire deux fois le récit même de Paul (xxIT, 1-91 ; xx I, 9-20), comme pour nous mieux faire comprendre la place | qu'un tel récittenait dans la prédication habituelle. #4 de l’apôtre. NE Nous entendions dire naguère à un savant d’AI- ne: lemagne, qui est en même temps le théologien 4

- d'un christianisme plus que libéral : « Je connais la plainte de ces âmes qui se tournant vers Dieu lui disent : Siseulement tu déchirais le ciel et que nous puissions te contempler? » Et il ajoutait : « Pareille plainte n’est pas née de la foi profonde que décrit Paul, et elle tombe sous le reproche du Seigneur : MNisi signa et prodiqia videritis… Nous + serions bien à plaindre si notre foi n'avait pour fondement qu'une somme de faits particuliers dont l'histoire aurait à établir la vérité; seul un sophiste de notre corporation pourraitse faire fort de fournir une pareille démonstration... » On ne saurait se méprendre davantage sur la pensée de Paul : des faits particuliers, des miracles, pour dire > Je mot? Mais Paul ne fonde pas sa foi sur autre chose. Sa conversion est fondée sur la rencontre qu'il fait sur la route de Damas de Jésus ressuscité et vivant. De même il fondera la foi de ses convertis sur la résurrection de Jésus. Quand il arrive dans une cité nouvelle, Thessalonique par exemple, Paul n'aura pas deux discours : il rappellera aux Thessaloniciens comment, « ayant quitté les idoles ils se sont convertis à Dieu pour servir le Dieu vi- - vant et véritable et pour attendre son fils Jésus … qu'il a ressuscité d’entre les morts et qui nous délivre de la colère à venir » (I Tuess.1, 9-10). Les motifs qui ont conquis le monde païen à la foi en

Jésus sont résumés par Paul en ces quelques mots. 5. Are

Les grands raisonnements exégétiques ne sont pas faits pour les grecs. La méthode qui les subjuguera est celle-ci : quitter les vaines idoles, se convertir au Dieu vivant et vrai, et attendre l'avènement de son royaume. Mais quel est le fondement de cette = doctrine? Jésus ressuscité. Relisez le discours de Paul aux Athéniens, vous y verrez le développement de ce thème, toute l'apologétique de l’apôtre comme elle est toute l’apologétique des Douze. Et n'est-ce pas déjà un abrégé d’évangile?

Jusqu'ici toutefois le témoignage de saint Paul concernant le Sauveur ne dépasse pas les limites. de l'expérience personnelle de Paul. Or Paul n'est pas un apôtre de la première heure, un galiléen qui ait été témoin dela vie de Jésus, depuis le Baptème jusqu’à l’Ascension, ou simplement un pha- ] risien quiait vu passer Jésus dans les rues de Jérusalem, ou qui l’ait interrogé sous les portiques du. Temple, ou qui l'ait insulté dans sa passion. S'il se reproche d’avoir persécuté l'Église de Dieu, du moins n’a-f-il pas àse reprocher d’avoir dit un seul mot contre le Fils de l'homme vivant. Dès lors cétte connaissance que saint Paul déclare avoir de Jésus | |

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D tion intérieure de l’apôtre, une science Ru ferait de l’apôtre, non un témoin, comme Jean ou Pierre, mais un illuminé comme Étienne à son dernier moment?

Nous altérerions profondément la psychologie de saint Paul, comme de tant de saints, si, sous prétexte de les ramener à notre mesure, nous supprimions, ne la comprenant pas, cette union qu’à certaines heures de leur vie ils ont avec le monde invisible et divin, et qui est pour eux une source d'intelligence aussi bien que de décision. En 45, à Antioche, Paul se décide à aller conférer avec les apôtres à Jérusalem : pourquoi cette décision? Lui-même répond : « Une apocalypse », c'est-à-dire une révélation de Dieu en moi, me l'avait ordonné (GaL. 1, 2). Maintes fois pareil phénomène se produit dans la vie mouvementée

de l'apôtre (Acr. xvi, 6 et 9; xxn, 18; xxvIr, 24).

Il résume cette extraordinaire expérience en un

. passage de la seconde épitre aux Corinthiens (x,

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