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Jusion à latrahison de Judas et à la scène du jardin des Oliviers. Et voici en quels termes identiques à ceux du troisième évangile, saint Paul rapporte les paroles eucharistiques : « Le Seigneur Jésus, en cette nuit où il fut trahi, prit du pain et rendant grâces le rompitet dit: Ceciest mon corps, mon corps qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire
de moi. Pareillement [il fit de] la coupe après le repas, disant : Cette coupe est le nouveau testament en mon sang : faites cela, toutes les fois que vous boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez à la coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur,
jusqu’à ce qu'il vienne. » (I Cor. xx, 23-26).
Mais, mieux encore que l’eucharistie, la croix. Le crucifiement de Jésus est le premier thème fondamental de l’enseignement de Paul. « Nous, nous annoncçons le Christ crucifié, qui est un scandale aux yeux des Juifs et une folie aux yeux des Grecs » (I Cor. 1, 23). J'ai jugé bon « de ne pas savoir autre chose parmi vous que Jésus, Christ et crucifié » (ir, 2). A Dieu ne plaise « que je me glorifie d'autre chose que de la croix de mon Seigneur Jésus-Christ » (Gaz. vr, 14)! Il sait que Jésus a été crucifié sur l’ordre des « archontes de ce siècle », sur l’ordre des pouvoirs publics, dont aucun n'a su connaître le Christ : « S'ils avaient su, jamais ils n'auraient crucifié le Seigneur » (1 Cor. …1, 8). Il
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sait que Jésus a souffert sans révolte comme un ser-
viteur qui obéit : «Il s’est anéanti lui-même en prenant la forme d’un esclave: il s'est humilié en se faisant obéissant jusqu'à la mort et la mort de la croix » (Peuzr. 11, 7-9, cf. Rom. v, 19). Cette mort sur la croix est une mort sanglante, puisque si Jésus à réconcilié toutes choses, s'il a pacifié tout ce qui est sur la terre et tout ce qui est dansle. ciel, c'est « par le sang de sa croix » (Cou. 1, 20).
Enfin cette mort est suivie de l’ensevelissement, et le baptème du chrétien est la figure même de l’en- -
sevelissement de Jésus : « Nous avons été ensevelis avec Jésus » (ROM. vi, #).
Mais ce Messie obéissant, crucifié, enseveli, est, pour Paul comme pour Pierre, le Christ fils de
Dieu : cette conviction, chez Pierre comme chez -
Paul, dépend de la conviction qu’ils ont que Jésus estressuscité. Cette résurrection est lesecond thème fondamental de l’enseignement de Paul : « Le Sei-
gneur Jésus est ressuscité pour notre justification » …
(Rom. 1v, 25). Le corps du Christ est mort sur la croix et l'humanité ancienne morte avec lui : le
corps du Christ ressuscite et avec lui une humanité
nouvelle, dont nous sommes (vi, 4), pain nouveau de la nouvelle pâque (I Cor. v, 7-8). Ce dernier
mot n'est-il pas une allusion transparente à la date
même de la passion de Jésus?
Ju
Tous ces traits épars, saint Paul les ramasse en
& ; QUATRIÈME LECON. 87 un passage que je vous ai cité déjà et qui est d’une rare importance, car il est comme le résumé des récits que Paul devait faire de la passion et de la résurrection : « Je vous ai rapporté d’abord ce que j'ai recueilli, savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, et qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, et qu'il a été vu de Céphas, ensuite des Douze, ensuite de plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart vivent encore et dont quelques-uns sont morts, ensuite de Jacques, ensuite de fous les apôtres, et enfin du dernier de tous, et c’est moi » (I Cor. xv, 3-8).
Vous le voyez, la « foi profonde » de saint Paul avait pour fondement de son humaine certitude des
faits particuliers, et quand il préchait cette foi, il
s'en rapportait moins à son témoignage personnel,
se tenant pour le dernier de tous les apôtres, qu’au témoignage des autres apôtres à commencer par Pierre. Et c’est proprement la méthode évangé-
lique.
Nous voudrions savoir plus encore et si ces récits dont les épitres de saint Paul portent la trace s'é- . tendaient à des épisodes de la vie du Sauveur au-