SECONDE LECTURE
Il faut le reconnaître et le dire avec liruiclûee ; il n'y a point de gouvernement conatitué présentement sur la surface du globe ^ui onre autant de garanties, d'ordre et de stabilité que le gouvernement Américain. Pourquoi 1 Parceque le but auquel visent toutes les sociétés Européennes, ce gouvernement l'a atteint; le problême qu'elles discutent, il l'a résolu ; i'abtttie au bord duquel elles s'inclinent, il l'a heureusement franchi ; les ténèbres dans lesquelles elles marchent, il les a pleinement dissipées. L'ancien monde enfin est encore une énigme dont lenouvetu monde est le mot.
Gailla&det. 1845.
Messieurs de PInstitut,
Mesdames et Messieurs,
Dans un premier entretien^ je m'étais renfermé dans des conâidérations générales sur le droit naturel ; les effets de la civilisation moderne ; l'essence du gouvernement responsable. J'avais indiqué ses résultats réels ; j'avais prouvé que les hommes les plus éminents de l'Angleterre l'envisageaiont comme une duperie, une absurdité dans la pratique, une impudente farce administrative ! J'avais mis en regard les vues larges et libérales des principaux hommes d'état de l'Angleterre relativement à l'émancipation du pays, et les conceptions étroites et bornées des ministres coloniaux sur leurs propres attributions, l'étendue de leurs pouvoirs, leurs devoirs oénéraux, nos droits collectifs et individuels, notre état d'infériorité relative, nos désirs nos besoins, notre avenir. Enfin j'avais combattu les hommes du statu-quo, les partisans de l'immobilité intellectuelle et sociale, etj'avais indiqué les tendances réactionnaires de ce parti qîii s'est déclaré content et satisfait du moment que ses principaux meneurs sont arrivés au pouvoir, et pour qui cet évéuement répond de soi à tous les besoins du pays.
J'avais oru dovoir m'étendre sur oes diiierents sujets paroo-
^Hb iumMiêf^ dma k qpe^lioa que j'ai eatr^f>ris de traiter, le floint de dopait le plue naturel.
Chacttu de ces sojets est une des causes efficientes du mouvement politique dans lequel le pays est entré; et l'annexion du Canada aux Etats-Unis sera .le résultat de l'action réunie de toutes ces causes.
Il lo'a semblé que je ne pouvais discuter la question de l'annexion qu'après avoir reparcoum, pour ainsi-dire, la route que le pays avait suivie, pour y arriver lui-même.
J'avais en un mot traité la question au point de vue du passé ; il ma reste maintenant à la traiter au point de vue de Pavenir^ à l'examiner en elle-même, à la considérer sous son vrfûjour. Je vais m'eâbrcer de la dégager des sophismes ministériels sous lesquels on a essayé de l'étouôef. £lle est d'un intérêt vital pour le pays, car dans l'annexion est certainement son avenir» et dans l'annexion seulement est sa grandeur future.
Il n'est pas un homme sensé qui n'admette l'inévitabilité de notre fusion avec les Etats-Unis : et en effet, que le Cana4a. soit arrivé à ce degré de maturité et de force, 4 ce point de développement moral auquel les nations se sentent majeiures et ne croient plus avoir besoin de tutelle, voilà ce qui n'est plus nié que par ceux pour qui le gouvernement reaponsQj)le est la manne de l'Evangile.
Ce qu'il ùml au pays maintenant, c'est un associé et non un maitre ! c'est le libre-arbitre politique et non la verge coloniale!
Nous n'avons pas grandi à l'ombre de la domination anglaise pour y croupir I II nous faut du soleil, dorénavant ; les les breuiilanls de l'Angleterre nous étiolent I
Le Canada serait-il aussi riche, 'aussi prospère que les Eti^te-Unis, il lui manquera toujours quelque chose, il souffrira toujours, sans en bien apprécier la cause, peut-érre ;' il sera toujours travaillé par un vagutf sentiment d'inquiétude et de malaise, tant qu'il n'aura pas acquis son indépendance ; ,
ofir l'indépendance nationale est la plus grande ^phmmh» des J^ûuUdi peuples par œJa seul que le libre-aibitre individuel est le^ plus bel attribut de l'bnnianité«
Qtt'eet-oe q\|e la divinité, sinon la souveraineté absolue, la pdiasanee um$ limites, ^indépendance entière et complète 7
Jf
• Or, Messieurs, quel est, dans le inonde, l'étie qui effve, telativement, les mêmes caractères ? Quel est l'être qui, sur la terre, jouit au plus haut degré de l'indépendance réelle, qui possède une souveraineté de droit et de fait, qui broiera toujours toutes les résistances ? N'est-ce pas le peuple ?
C'est en ce sens, Messieurs, qu'il a été écrit que Phomme avait été fait à l'image de la divinité ! Et il ne faut pas chercher hors du fait de la violation de l'indépendence morale et naturelle de l'homme, Pexplication de tous les cataclysmes politique qui ont bouleversé le monde, et qui* ont ut plusieurs foisîgivancer l'humanité d'un siècle en un jour l
Plusieurs d'entre vous, Messieurs, ont déjàj j i w is y é à l'étranger, et ont du par conséquent répondre à cette question : '^ De que) pays êtes- vous. Monsieur," question sacrementelle entre voyageurs.
£h bien, je le demande à ceux-là : ont-ils jamais ressenti beaucoup de plaisir, beaucoup de satisfaction personnelle, en répondant, ''je suis Canadien ? " Lear a-t-il semblé, -s'ils avaient à satisfaire la curiosité d'un Anglais, ou celle d'un Français, ou celle d'un Américain, quèconune fraction d'une nationalité, ils poussent se croire sur le même pied qu'eux ?
Pouvaient-ils mettre^ dans leur réponse, cet accent indéfinissable, mais toujours parfaitement sensible, de fierté nationale ou même d'importance personnelle, qu'ils ont sans doute observé chez leurs interlocuteurs, quand, à leur tour ils leur ont posé la même question ?
Pouvaient-ils enfin, en répondant, " je suis Canadien,'^ se reporter mentalement aux gloires passées ou actuelles de leur patrie, et, comme le Français, l'Anglais, ou l'Américain, se fiatter intérieurement de l'idée qu'ils étaient citoyens d'une des premières nations du monde ?
Non, Messieurs, à tout Canadien qui sort de son pays, cette satisfoction est refusée !
Quand nous sommes à l'étranger, nous nous sentons instinctivement rappetissés par notre condition de colons lugtoflf \ N^"" sentons notre infériorité ! Tout ce que nous voyons, tout ce que nous entendons nous rappelle notre état de dépendance ! Parlons-nous de notre politique coloniale, de notre administration intérieure de nos luttas de parties, de nos changements de ministères, tout cela fait à^Anglais ou à
un Fiançais l'effet dee tempêteii dans un verre d'eau ! ! Celui-4^' ignore complètement notre histoire^ le nom de nos hommes pabtics, et quelquefois même jusqu'à notre position géographique ; et celui-là rit sous cape en disant : '^ C'est donc tout de bon que tous croyez au gouvernement responsable qu'on vous a donné ? "
Bien souvent^ Messieurs^ dans mes trop courts passages sur le sol de la vieille Europe, bien souvent j'ai regretté, — non pas d'être Canadien, car qui dit Canadien dit descendant de la France, et je le dis hautement, je me fais gloire de cette origine, et je l'aurais choisie, si j'avais eu à choisir — mais regretté profondément, amèrement que les partisans par état et plus encore par calcul de l'absolutisme politique aient pu assez dominer nos pères, pour leur faire repousser à main armée, à deux reprises différentes, le progrès, la prospérité, la liberté du pays ! deux fois ils n'ont eu qu'à tendre la main pour acquérir son indépendance, et deux fois ils l'ont repoussée parcequ'on a réussi à leur faire croire qu'elle serait ftmeste à leur langue, à leur nationalité, à leur religion, à leurs institutions, à leurs mœurs !
Oui, Messieurs, deux fois, nous avons, de propos délibéré» choisi le mauvais lot ! Deux fois nous avons volontairement manqué notre avenir !
Quand quelqu'un m'a dit : *^ Je suis Français," cela voulait dire pour moi : '< Je suis citoyen de cette grande nation <' qui, sans être maitresse du monde civilisé, a vu sa langue, ^^ comme autrefois la langue latine, acceptée, comme langue ^* universelle, par toutes les nations civilisées, en dépit des ** rivalités ou des haines nationales : Je suis citoyen de cette *' nation qui par le nombre de grands poètes, de grands ora- ** teurs, de grands écrivains, de grands jurisconsultes, de pro- ^< fonds penseurs, de savants distingués qu'elle a produits, n'a <' été surpassée, en fait de grandeur intellectuelle, pat aucune '< des nations anciennes ou modernes, et les a surpassées ^* à peu près toutes : Je suis citoyen de cette nation dont la << capitale est devenue le quartier général de l'intelligence ** humaine ; dont la gloire artistique ne le cède qu'à celle de *^ l'Italie, patrie des beaux arts : Je suis citoyen de cette glo- ** rieuse nation qui a fait rayonner sur le continent Européen, ** lea idées de liberté ; qui leur a assuré à jamais la prépon-
*[ décanoe sur le eonUna&t Américaiii; qiiifoviMy ptnrwi^ ** dm, la clef*de-voute de la ciTiliaatioa moàmam ; qst a» *^ demièrementy secoué tous les trônes» ébranlé tous les dlea- << potismesy et qui les eût presque tous anéantis» à l'eaprit '^ réactionnaire n'avait pas conservé» chez elle» quelgoes- vi* '* goureuses racines : Je suis citoyen de cette puissante nation ** dont les armées ont balayé l'Europe ; dont la gloire b^U- *^ taire est sans rivale ; qui a rempli les quinze premièxea '^ années de ce siècle de tels prodiges qu'on a peine ais^our- '' d'hui à les concevoir» et qui montre» dans ses fasiea» nue '^ liste de victoires égalée à. celles de toutes les autroa nalkma "ensamble!"
Et quand on m'a dit : " Je suis Anglais :" C'était comme si l'on m'eût dit : <^ J'appartiens à cette étonnante nation dont '* la marine est la plus formidable qui soit au monde » dont '* les vaisseaux couvrent les océans ; dont le génie commer- " ciai étonne l'imagination ; dont l'industrie n'a de limites " que celle du possible ; dont les capitaux semblent déâer les ^* chiffres ! Sa métropole est le centre commercial de l'uni- " vers ; son empire colonial est plus vaste que ne l'était l'eni- <^ pire Romain ! Sa gloire militaire ne le cède qu'à celle de la ^^ France» mais néanmoins» c'est elle qui» au moyen de son or et ^' de ses flottes a tenu en échec le génie de la France et l'a em- '* péchée de devenir la maîtresse de l'Europe. C'est eDe qui <' a définitivement amené la chute du colosse des temps mo- '^ demes» car elle seule pouvait prodiguer les milliards» et " elle l'a fait ; et il lui a fallu soudoyer tous les rois de l'Eu- ** Tope iwur leur donner du cœur."
Et quand on m'a dit : '< Je suis Américain»" ces mots réaumaient pour moi les idées de grandeur politique» de fqplendmir nationale» de sagesse législative» de liberté dans sa vérité et sa plénitude» de progrès sans exemple dans la passé» sans bornes dans l'avenir. Cela voulait dire : ^' Je suis citoyen du ^' premier peuple du monde» car chez lui l'éducation primaire '< est universellement répandue ; car chez lui» la presqu'uni- <' versalité des citoyens exerce un contrôle éclairé sur le '' gouvernement ; car chez lui les électeurs ne s'achètent << pas : ils étudient les aflaires publiques» lisent les jounmux < raisonnent et se décident par eux<^inémea et avise e^Hftiiftis-
^< MMoe 4» cttQsel Ce peuf^ a/ le premier^ prouvé que la ** Hbetté pouivait être ôonquise sans être souillée !
** Ce peuple est le premier qui ait invinciblement dé- ** montré que la souveraineté nationale était le seul principe << istiomiel en fait d'organisation sociale et politique ; que dans << le dogme de la souveraineté du peuple seulement il fallait << voir la vérité politique^ que là seulement on pouvait trouver ** le bon gouvemem^Mit^ Pégalité aux yeux de 1» loi, l'abo- << litien des privilèges, la destruction des abus, la réinté- << gration de l'homme dans ses droits, dans ses attributs, dans <' sa dignité I "
£h bien. Messieurs, que pouvais-je, moi habitant du Canada, mettre en regard de tous ces titres de gloire ; sinon les malheurs de mon pays, x^es propres regrets quant à sa faiblesse, sa nullité relative ; mes aveux quant à son état arriéré sous presque tous les rapports ?
Pouvais-je oublier que j'appartenais à un peuple qui a le triste avantage d'être une exception sur le continent Américain, où la liberté politique a pénétré partout, excepté en Caaada?
Bouvais-je oublier que mes compatriotes étaient presque les seuls habitants de l'Amérique qui ne pussent pas dire ; << Nous sommes des hommes libres ! "
Pouvais-je oublier que j'appartenais à un peuple qui n'a pas le droit de se donner le titre de nation, et qui n'a pas la fraee de le prendre 7
N'étais-je pas forcé de dire à ce Français, à cet Anglais à cet' Américain ? "Je dois l'admettre, mon pays est d'un « siècle en arrière des vôtres ! L'état colonial l'a frappé d'im- << mobilité I Entouré d'obstacles^ gêné par des restrictions de <* toute espèce, surchargé d'entraves, privé d'éducation, il est " resté stationuaire sur cette terre d'Amérique où l'inertie « morale semble être un paradoxe ! J'usqu'à présent, la li- *' berté d'action a toujours été pour lui l'inconnu, la pros- "périté industrielle l'impossible! Chez l'individu, la dé- '* pendance tue le génie, chez les peuples, elle amoindrit les <« honunes ! Plus le cerclé politique est étroit, plus l'intel- « ligettee se rappetisse I Plus le domaine des idées est bor- << né| pku elles se localisent ! L'esprit public d'un peuple << ne pent^tro vivifié et agrandi que par la liberté !
*^ La masse entière de mes compatriotes en est eneoie à la << langue du siècle de Louis XIV ! Le clergé et le peuple en ^' sont encore aux notions politiques, aux croyances absolotis- << tes du di-xseptième siècle ! Dans nos collèges, hors dn droit " divin, il n'y a point de salut ! C'est faire un effort de came» <^ tère, c'est presque se compromettre que d'être aussi libéml ** que St. Thomas !
<< Le peuple a bien le droit, dit-on, dans certains cas ex^ << ceptionnels, de choisir ses gouvernants, mais il n'a jamais '^ celui de faire une révolution, c'est-à-dire, de changer la focme << de son gouvernement ! Une fois le corps social organisé^ il << ne iui reste plus qu'à se soumettre à un ordre de choses << établi et conséquemment accepté par lui. Il s'est lié.
^< £n d'autres termes, il cesse dfêtre le maître, du moment <' qu'il en a exercé les pouvoirs, du moment qu'il a fait sentir << qu'il l'était ! Il suffît qu'il ait une fois commandé pour qa# << son droit soit détruit ! Par le fait de l'organisation du corps " social, la partie devient plus que le tout, l'individu plus << que la communauté, le membre plus que le corps, le gou- ^< vemail plus que le navire l Ce ne sont pas les gouvernants <' qui sont responsables des révolutions, ce sont les gonvemés r << Si le délégué est injuste ou incapable, celui qui lui a donné << le pouvoir doit souffrir et se taire ! Voilà le fond de notre << enseignement ! Voilà comme on prépare nos enfants à '^ l'esprit d'indépendance du citoyen ! !
" Depuis 1759, époque de la conquête du pays par cette " nation dont ceux que l'on a récemment appelés NOS << CHEFS paraissent porter la livrée avec tant de bonheur et <^ d'orgueil, nous avons végété dans la torpeur, nous avons *' sommeillé sous la bienveillante tutelle des bienfaisants ^^propriétaires du Canada, Nous avons toujours regardé " les liens qui nous unissaient à l'Angleterre comme un dé- '^ cret providentiel y comme une chose sacrée à laquelle il ** n'était pas permis de toucher ! I
'< La tentative d'unir les deux Canadas, en 1822 nous ré- << veille enfin, et on remarque depuis un certain mouvement << social ; les idées s'agrandissent ; les notions se rectifient ; << le pays fait des e^orts pour se préparer à un meilleur << avenir, il comprend ses droits et veut les exercer ! Alors <^ surviennent les malheurs de 1837, résultats du machiavé«
'^iiilAe'oeloaial ; puis les Mngmnaités ven^eânees de 1836 : << de taite> NOS CHEFS d'aujourd'hui font leur mtâ culpâ, ^ raoonQai80%nt que tous les torts étaient du côté du peuple, ** la justice et la bonne cause du côté de la métropole ; ils ** acceptent l'union sans mot dire, noua méritions d^être punis, '< eit nous ne l'arions pas été suffisamment par l'exil, la dé- '< portatlon, les pillages organisés, les incendies, LES « fiCHAFAUDS I ! !
*' Afin de nous faire accepter la dette du Haut-Canada, on *^ nous offre le gouvernement responsable ! Vite NOS CHEFS '' s'extasient d'admiration sur la générosité de cette indul- ** gente métropole qui récompense des enfants ingrats ! Ils se ** casent avec empressement, se laissent salir avec des titres, ^* sanctionnent les fourberies de Lord Sydenham, acceptent '< la- datte du Haut-Canada, augmentent la dette commune ** jusqu'à la somme de dix-huit millions de piastres, et creu- ** sent des canaux sans saToir si «l'Angleterre, consentira à '< ouvrir ces canaux au commerce Américain qui seul peut ** les rendre productifs ! !
** Alors en échange de tout cela, on place vingt-cinq Ca- '< nadiens, et on dit au peuple : ^' Voyez ce que nous avons ** fait ; voyez quelle importance nous vous avons donnée !
^ Le résultat réel de toute -cette machiavélique comédie, ** est l'augmentation du tarif au^lelà de toute proportion, afin ** d'éviter la banqueroute !
** A force d'habileté et d'idées pratiques, nous en sommes ** arrivés à la paralysation complète du commerce et de l'in- << dnstrie, à la disparition, des capitaux, à la dépréciation << sans exemple de la propriété ! Nous vendMons nos produits << À 20 pour 100 de perte, et nous payons la plupart des ** objets d'importation dont nous ne pouvons nous passer, de << 90 à 40 pour 100 plus chers qu'ils ne coûtent ailleurs ! '' Mais NOS CHEFS sont ministres, cela est censé sup- << pléer à tout !
** Pendant que notre pays marche ainsi à reculons, et s'épui-
<< se, et s'appauvrit sons des CHEFS si pleins de génie, nous
<< voyons une autre colonie» séparée de nous par une ligne
<< purement imaginaire, se constituer en nation indépendante,
<< se développer avec une prodigiease énergie, et cfevenir
<< géant en moins de temps qu'il ne nous eu a fallu pour ar-
<« ni^tm4e Ming^ à notre tautaoipAtiQii !
« Mm ce peixple était libre» et Qous..«Qrmx^B .reetêa,*oe- ** Ions ! Ce peiiple avait briaé aeseàtravesietaQua^wNierS^fions << dcHié noire joug ! Qu^oid ce peuple a voulu faite une .révo- '^ution» les profeueurs de droit divin ne sont pas aUéa,ltti << dire que toute révolution était défendue ; que désiifer Vm- *< dépendance, c'était de la démagogie; que > la eqnquétir, '< c'était renverser l'ordre établi .par Dieu, bouleveiBor la *' société, détruire les idées religieuses l On ne lui a pas dit '< que le dogme de la souveraineté du peuple .étai;t wie im- << piété! Iln'apasy comme nous, .entendu ses p^âui-%.lui << dire, du haut de la chaire de vérité, que de tous : les ri^a* << ternes, celui de la souverainefté du peuple était le plus << faux, le plus absurde, le plus méchant ! (Seia^ion prpiuwioé '' ^ la Cathédrale de Québec le 1 Avril 1810.)
'< Aussi, ce peuple est «devenu grand, he^ureux,. riche >et << puissant, parcequ'il à fait une glorieuse révolution ; et nous, '^ nous sommes restés petits, pauvres, sans énergie sociale, << sans esprit de progrès, sans importance politique, sans in - << fluence morale, parceque nous n'avons pas, voulu nous " joindre à lui."
J'ai toujours compris. Messieurs, qu'un Anglais a^vait le droit de me dire ; '< Je suis un de vos maîtres ! Vous êtes «presque mon sujet! L'Angleterre possède le Canada, et ' il ^< lui est loisible, soit de vous protéger, soit de vous ezploi- << ter, de vous pressurer, de vous maltraiter, de vdas gotr- << verner aussi tyranniquement qu'elle le voudra, • sans* qne << vous puissiez avoir recours à autre chose qu'aux- remon:- << trances et aux prières ! Vos volontés ne sont .quelque ckose « qu'en autant que nous voulons bien le permettre I Melte7 « d'un côté les seize cent mille habitants des deux Canadas, << et dé l'autre le secrétaire des colonies; la balanœ descend <^ sous celui-ci ! Dix fois les idées d'un de ses commis ont << prévalu sur les désirs de vos ohambres !
<< Vous n'êtes pas des esclaves, sans doute; mam^ .liai» « l'ordre politique vous êtes une espèce de justonmiliea^ntre « l'esclave et l'homme libre ; vous fonnez la. transiden , de << l'un à l'autre! Vous êtes le ohalnon qui les.i!ttrit>' Votis i( croyez vous gouverner vou»*mêizLea ! Pauvres gens^ vous
^'iffémt êè^'tfi/Aîïèlë que «ur ceux qui ne vonê gouvernent " pas ! '*
Et j^aî toujours compris qu'uh Américain avait pleinement le dfoit de me dire : ^'Quoî, vous êtes pauvres, eu Canada! " V'ôné êtes mal gouvernés 1 Votre peuple n'est pas instruit ! " ^ais il n^d^ tenu qu'à vous d'être indépendants, et vous ne *' I^avèii pas voulu î II n'a tenu qu'à vous de devenir une des " parties constituantes de celle de toutes les nations modernes " dont l'avénif est le plus éblouissant, et vous avez choisi le " 'ôetVagè colonial ! Iln^àtenu qu'à vous de partager nôtre " gloire, nôtre prospérité, notre grandeur notionale, nos ma- *' gnifiques et bienfaisantes instituti(Jns, et vous avez méprisé " tout cela! Nous vous avons offert de briser vos chaines, et "vous {IY0Z combattu pour en conserver lés marques, vous « VbU3 étésiait tuer pour les river ! ! "
.Voilà, Messieurs^ non pas seulem^ent ce que je peiLsais, mais ce que l'on me disait, ce que l'on me disait souvent, quaiid je voyagais à l'étranger ! Et je l'avoue en toute humilité, je n'ai jamais cru qu'il fut possible de rien répondre de plausible è ces observations, à ces vérités, à ces reproches !
Cac alorsy personne n'avait encoce. trouvé les ingénieuses raisons que l'on, a apperçues par hasard, il y a deux ans, dans • les recoins des bureaux publics I Personne encore n'avait troqué sa consoieaoe contre une place de ministre ! Personne. eno(»0 n'avait renié ses antécédents ; essayé de ridiculiser ces principes fondamentaux de justice politique et do tmorale publique qui form^ent la seule règle de l'honneur pour les hommes qvd sont au timon des affaires l On ne sentait pas encore le besoin de déguiser sa honte, et on ne s'était pas encoise toritiré l'esprit {>our la faire envisager comme un mérite de plus !
Enfin personne enooren'ava&t osé nier l'évidence, contester dêS'faitS'UnivevseUement admis, soutenir que le Canada fût plot libre et aussi prospère que les £tat9-Unis ; personne encoi^oe>s'était»i)8 au*desâusde laraisob et par conséquent aa^eSMHis du- bel» sens -2
Supposbnèi que sourie tninistére Drtiper, vous eussiez demandé -à Vittitwrte lequel de nos ministres actuels, si Petat colonial n'était pas, de sa nature essentiellement tramsitoire ;
fiî Pindépendance ne valait pas mieux que la mijétkm à l'An*' gleterre ; il eût répondu ** oui " sans hésiter.
£h bien, aujourd'hui demandez à n'importe lequel de noe ministres si les citoyens du pays n'ont pas raison de désirer la fin d'un régime qui, par le fait qu'il est transitoire, fait obstaoJe au progrès industriel, empêche l'esprit public de se former parcequ'il jette le peuple dans un état d'incertitude sur son avenir; rend impossible l'importation des capitaux étrangers, parceque les capitalistes redoutent tout système qui n'a ni bases solides ni garanties de permanence : eh bien il vous dira, en se campant avec fierté sur ses idées pratiques :
<< L'indépendance Américaine ne vaut pas notre régime <î colonial ! Nous sommes plus libres que les Américains ! l ^< Je hais les principes démocratiques ! Je m'honore d'être un << colon! Je dédaigne le titre d'homme libre! Je suis heu- '< reux et fier d'être tenu en laisse ! ! Toute mesure qui a la <^ moindre tendance, la plus légère teinte républicaine me << fait bouillonner de colère ! ! L'annexion aux Etats-Unis ^^ sera un malheur pour le Canada ! Il n'a pas le droit de la ^< demander ; pas même le droit d'en discuter l'à-propos ; ^^ pas même le droit d'en indiquer les avantages, et il est de '< mon devoir de punir ceux qui cherchent à remuer ces << idées ; car quoique je représente bien un peu le peuple ^< comme membre de l'Assemblée, je r^résente bien plus la <' couronne comme ministre ! Une fois chef de bureau, je dois ^' consacrer tous mes instants, donner toute ma sollicitude au <^ maintien de la suprématie Anglaise, des prérogatives de la ^^ couronne, des lois d'exception passées contre mes compa- " triotes !
'< Membre de l'Assemblée je suis peuple ; ministre je suis " presque roi.
<' Quand ma souveraine m'a une fois fait l'honneur insigne '< de m'appeler dans ses conseils» je ne puis plus avoir pour ^^ mes co'sujets que des paroles de sévérité s'ils veulent <^ sonder l'avenir, je dois employer contre eux des moyens <^ arbitraires, car j'ai, comme ministre» des maUres à servir ; '< et quand au peuple du pays» qui a la bonhomie de croire << qu'il me surveille au moyen de ses mandataires que j'a* *^ chéte^ oh ! il me fait bien pitié,"
*£h bien, quelle est. Messieurs, la raison de cet incroyable changement, de ce funeste abandon de principes, de ce reniement sans exemple de convictions honorables ? La voilà. Sous le ministère Draper on crevait de dépit ; aujourd'hui on crève de vanité ! Il y a trois ans on était dans l'opposition, aujourd'hui on est ministre ! î'
Demandez ensuite à tel de nos plus ardents ministériels si l'annexion du Canada aux Etats-Unis n'est pas un événement aussi certain que sa séparation d'avec l'Angleterre. Il vous dira : " Personne n'en doute ! Entre vous et moi l'annexion ^ est inévitable ! Il faudrait être insensé pour le nier ! Sous *' le ministère Draper, j'étais un annexioniste décidé, enragé ** même f Voyez mes écrits de cette époque ; et vous verrez " comme je pulvérisais le régime colonial ! Mais aujourd'hui ** pensez-y bien ; les choses sont changées ; les positions res- ■** pectives des partis ne sont plus les mêmes ; nous sommes ^* au pouvoir, et c'est bien doux pour nos amis, après tant « d'efforts."
Un autre vous dira : " Je suis annexioniste de cœur, ne vous ** y trompez pas ! Dans nos comités secrets, je tance le minis- ** tère ! Je sais comme vous que l'annexion est le seul moyen '* de salut qui reste au pays ! Dans toutes mes conversations *' confidentielles avec mes amis, je ne cesse do répéter que " hors de l'annexion il n'y a pas de prospérité possible pour ** le pays. Mais comprenez donc qu'en public je ne puis " faire autrement que de combattre l'annexion ; car le parti '* qui la demande nous a fait, depuis deux ans, une gaierre si ^' acharnée, nous a dit des vérités si dures, a fait de nous des *' portraits si ressemblants que nous ne pouvons en aucune " manière nous joindre à lui ! Adopter ses vues, ce serait lui " donner de l'importance ! Reconnaître publiquement les '* avantages de l'annexion, ce serait admettre que depuis dix " ans nous avons agi en insensés, que notre politique a été '' absurde, nos vues bornées, nos idées étroites ; ce serait " avouer une complète incapacité comme hommes publics î " Vous voyez bien que c'est impossible ! "
Enfin demandez à tel membre de l'Assemblée qui a sigigbé le protêt des ministres contre l'annexion quelle est son opinion privée sur cette qxiestion. — Car, dans ce pay% Messieurs, il n'est pas rare d'entendre dire que l'honneur dans la
vie privée^ et l'honneur dans la vie publique adot deux choses bien difTérentes ; et il est encore moins rare de voir mettre cela en pratique. — Eh bien, il vous dira, — et remarquez» Messieurs, que je ne suppose rien ici ; je ne fais que répéter fidèlement ce qui a été vraiment dit : — eh bien, il vous dira, avec l'accent de la plus sincère conviction : " £st-ce qu'il y a un ^^ cœur Canadien qui ne se réjouirait pas de voir le Canada " annexé aux Etats-Unis ? Est-ce qu'il y aurait parmi nous " un homme assez ennemi de son pays pour repousser volon- <^ tairement les inapprécibles avantages que cet événement ^< procurerait au Canada? Je ne puis le croire, et quant àmoi " je ne suis pas de ceux-là !"
— ^Mais, répondrez-vous, tout stupéfait d'étonnement, mais mon Dieu, comment donc avez-vous pu signer le protêt ministériel contre Pannexiou ?
— Ah, vous dira-t-il, attendez un peu ; la question n'est plus la même, j'ai signé le protêt parcequ'il est très probable que l'Angleterre ne consentira pas à nous donner nos coudées franches !
— Mais alors, il ne fallait donc pas dire que le gouvernemeMt responsable valait mieux que les 'institutions Américaines ! Il ne fallait donc pas dire que nous avions tout ce que nous pouvions raisonnablement désirer I D'ailleurs, en signant le protêt ministériel, vous avez commis un acte qui, de votre propre aven, est celui d'un emiemi de son pays !
— Ah bien, que voulez-vous, le ministère nous demandait de le signer comme ça, il fallait bien le soutenir !!!!!! —
Voilà, Messieurs, comment une fausse démarche, un acte coupable poussent inexorablement les hommes dans un dédale inextricable, et les forcent, par le désir qu'ils ont de se justifier, de tomber dans les plus déplorables absurdités !
Pour soutenir quelques hommes qui, en tant que libéraux, ont jette le froc aux orties ; pour soutenir un ministère parjure à son programme ; pour maintenir au pouvoir des hommes que le pouvoir avait gâtés, un mandataiie du peuple a déclaré, — ^tout en s'avouant intérieurement qu'il mentait, — que le peuple de ce pays n'avait ni le désir ni le besoin d'être libre, parceque nos institutions pouvaient assurer son bonheur, et satisfaire à toutes les exigences de sa position.
Eh bien, Messieurs, que peut on espérer de bon, doréna-
vautt d'un iSy^teme politique eKtusleqpoIleç ^MNnmea puUioir, d'un pays sont forcés de dire joumeliement le contraire de ce, qu'ils pensent en secret^ ou, en d'autres termes^ ne peuvent être dans la vie publique^ ce qu'ils sont dans la vie privée, d'honnêtes gens ? Qu'attendre de bon d'un système qui a pu fausser à ce degré, dans les masses comme chez les individusy le sentiment du devoir, les notions du juste et de l'injuste; qui a fini, en un mot, par étouifer, anéantir cet être moral que Ton nomme la conscience publique ?
D'ailleurs, qu'est-ce qu'on décore, *dans ce pays, du titre, d'institutions? Des lois faites hier pour être changées demain ! ! des lois dans lesquelles on n's^ tenu aucmi compte, des positions géographiques, des besoins généraux, des droits pc^tiques, des idées reçues, des habitudes, et même du langage du peuple auquel on les destinait ! !
Tout ce qui n'a aucun caractère de stabilité ou de fixité, tout ce qui n'est ni l'expression de la volonté générale, ni l'expression des idées communes qui prévalent chex un petiple ; tout ce qui n'a ni racine dans les mœurs publiques, ni importance avouée dans les opinions individuelles ; lout ce qui, dans le système politique, peut être modiûé, altéré, détruit^ sans qu'il s'en suive une perturbation dans l'ordre social ; tout ce qui surtout dépend, non des volontés locales, mais d'une volonté étrangère sur laquelle celles-là n'ont aucun contrôle, tout cela ne mérite pas le nom d'institutions politiques, et ne constitue pour un peuple qu'une manière d'être plus ou moins précaire; un mode d'existence vague» exceptionnel, transitoire^ qui n'a ni objet utile ni bous résultats possibles !
Ainsi, Messieurs, il n'existe pas, à proprement parler, eu Canada, d'institutions politiques.
Ce que nous avons c'est un système bâtard et menteur^i une pure rouerie administrative, une véritable filouterie de bureau : 'on nous a donné cela saiis nous consulter,, on peut nous l'ôter de même ! Quelques lois mal digérées et appliquées sans intelligence, qui ne forment eu réalité, qu'une espèce de Babel législative incompréhensible pour ceuxlà même qui l'ont élevée, ne constituent pas nécessaiiement un bon système politique ! !
Tout cela n'a pu être rêvé que par des fourbes ; imposé que par d'impudents despotes ; accepté de confiance qaa par
des hommes d'une crédulité à toute épreuve et qui auraient du faire toute autre chose que de la politique ; approuvé que par des intrigants, admiré que par des esprits voués aux plus déplorables illusions, proné, vanté, présenté comme la réalisation de la vraie liberté politique, que par des traîtres.
Jusqu'à 1847, le Canada, tout mal gouverné qu'il fut, trouvait encore une certaine compensation à ce malheur dans la protection qu'il trouvait sur les marchés Anglais. Jusqu'à 1847 l'Angleterre rendait à ses colons la justice de les traiter mieux que les étrangei^, que les nations ses rivales : enfin, elle reconnaissait de fait qu'elle avait certaines obligations à remplir envers eux. < .
Aujourd'hui, Messieurs, tout est changé ! L'Angleterre a cessé de nous protéger ; elle a mis les étrangers sur le même pied que nous sur ses marchés : elle a détruit, par là, notre commerce ; elle a donc déclaré de fait qu'elle n'avait plus de devoirs à remplir envers le pays. Or l'Angleterre s'affranchissant, guidée par son intérêt, de ses devoirs envers nous, elle nous affranchissait, par là même, de ce qu'elle considérait être nos devoirs envers elle. Par cela même qu'elle sacrifiait nos intérêts aux siens, elle nous signifiait que pour l'avenir nous devenions libres de l'imiter : elle nous signi^ fiait que nous devions, dorénavant, nous protéger nousmêmes ; que nous pouvions chercher ailleurs les avantages, la protection qu'elle nous retirait !
Si le gouvernement des colonies était autre chose qu'une pure aôaire d'égoïsme, d'orgueil, d'intérêt, d'ambition : si, en Angleterre, on se croyait le moins du monde ob]%é de favoriser leurs intérêts ; si on y attachait la moindre importance à les satisfaire, à les bien gouverner, à promouvoir leur prospérité intérieure^ on eût de suite pourvu aux moyens de leur accorder une compensation pour ce qu'on leur était. Mais non, le contentement, la prospérité des colons sont la dernière chose dont les ministres ou les Chambres s'occupent. Quand la métropole prospère, quand ses manufactures sont alimentées, quand elles trouvent des débouchés pour leurs produits, qu'est-ce que cela feit qu'une colonie soit ruinée par une mesure dont la métropole tire d'immenses profits ? De quelle importance sont les .intérêts de la colonie ^n compaiaison de ceux de la métropole ?
.0'«iU6uni uaa oolonie n'est-elle pas^ relativement à sa métiopole ce qu'est le satellite relativement à la planète dont il dépend? N'a-t«elle pas, comme lui, un orbile rigott» rensement tracé, circonscrit ?
N'est*«lle pas fatalement entraînée à la suite de sa métropôle, et obligée d'en subir les malheurs sans jamais en par* tager les prospérités et les gloires ?
L'Angleterre, en établissant la liberté de commerce, a sans doute fait faire un pas immense à l'économie politique ; et pour le progrès général du monde, je me réjouis de oette mesure. Le» relations internationales devenant plus faciles, plus étroites ; les intérêts généraux des différents peuples se trouvant désormais plus intimement liés, les chances de guerre sont grandement diminuées pour l'avenir, et la paix du monde civilisé ne court presque plus de risques.
Mais comment se fait-il que quand, d'un côté, l'Angleterre adopte des vues si larges, et se montre si sensée, si véritablement pratique, eUe fasse preuve de l'autre, de tant de petitesse^ de tant de mesquinerie, de tant d'ignorance ?. Comment se fait-il qu'alors qu'elle adopte le système de libéralité le plus étendu possible envers les auties nations, elle se montre si indifiérente, si tyrannique même envers ses colonies qu'elle ne pense nullement à leur donner im équivalent pour la protection qu'elle leur setire ? Comment se fait-il enfin qu'elle soit si progressive dans sa politique générale et si rétrograde dans sa politique coloniale ?
Cela vient. Messieurs, de ce qu'en politique comme en afiaires, on pense à soi avant de penser aux autres ! Cela vient de ce qu'en politique comme en aâaires, on ne s'occupe que de ses propres intérêts, sans jamais s'inquiéter de ceux des antres! Cela vient de ce qu'invariablement, dans le monde, on agit d'après le proverbe : <^ Charité bien ordonnée ** commence par soi-même." Cela a toujout% été et sera toujours.
On se fait d'abord tout le bien que l'on peut ; et puis, s'il y a du reste, eh bien, on le donne quand on ne le jette pas ( Et ce qui me parait totalement inexplicable, c'est qu'il y ait eu, c'est qu'il y ait encore, en Canada, des hommes qui s'obstinent à croire aux bonnes intentions, aux sympathies de l'Angleterre envers ce pays ! Je crois que l'on peut très jtu-
t6teettt reprocher à tous noâ hommes p^tlqoes; â^ë^èft, depui^dix ans, commis une faute inexcusable/ e il se'laidMfeRT' persuader que l'Angleterre avait le désir de nous goiffvetriërd'après nos vœux et nos besoins !
Retirer aux colonies tonte protection sur les Ynarchéb métropolitains, c'était leur dire : ^< L'heure de la sépafàtkin -est arrivée." Voilà ce que l'on a compris ici, et on né* pouvait pas tirer d'autre conclusion logique que celle-là : mais on u vu bientôt que le servilisme ministériel ne comprë^MÎ^rieii é. tout ce qui n'est pas intrigue, bassesse, lâcheté !
La démarche des annexionistes n'était qu'une cQnséquetu^ toute naturelle de la politique adoptée par l'Angleterre ; màièr on leur a prouvé bien vite, que sons le gouvernement ré9p&n'^ sable, être logique et honnête, c'était être séditieux f !
Il y a, de l'aveu de tout le monde, similitudes de ten* danèes sociales, de besoins généraux ; convergence' mutuelle d'intérêts politiques, commerciaux, industriels, elitre le6 Etats-Unis et le Canada. Ces deux grandes section» de l'A^ mérique sont évidemment destinées, ne serait-ce que' par \tconfiguration topographique de ce continent, à ne faire ipi^n seul et même pays.
Nul obstacle infranchissable, nulle barrière naturelle ne les sépare. La grande artère navigable qui les divise semble ' bien plutôt destinée à les unir comniercialement, qu'à être la' ligne de démarcation de deux nationalités. Le St. Laureirt leur est également nécessaire ; et d'ailleurs, dans nos cHmatë^ la nature se charge de souder ses rives pendant plusieurs mois de l'année. On dirait qu'elle veut nous faire sentir que ce beau fleuve doit être, pour les deux pays, un lien et notf une frontière.
En un mot notre situation est un solécisme en politfqud' comme un paradoxe en géographie I
L'ordre de la providence a été détruit, ou plutôt dérangé momentanément par les combinaisons, les folies humaines. L'Anïéricain qui vit sur le bord des grands lacs ne pett pas se rendre à la mer par la voie que^ Dieu luî-mcraé lui a tracée : il faut qu'il creuse une immense rivière artificielle dé ' 400 milles de longueur qui déjà ne suffit plus à l'incroyable ' dévelcppement de son industrie. L'habitant des bords du 'aéChamptain'est, lui aussi^ obligé" de forcer laiiàture"pGfdr
..4^ #«iVMirn99. }e,s tmlités* natioiifUe9. £t celar pourri»!.?
. fBjfQgfiif^e PA^lft^rne, api^ avQÎr été chaasée de poflMMssiaBs immenses, qn'e]!^, avait pourtant mieux gouvernée» qu'&Ue nfiSt^uverné le pays, a dit à ses anciens colons : << Ce fleuve 4* %ue,Qiea a. donné à l'ouest de PAmérique pour eemia«iii- << ^er< facikovent avec le monde, je le ferme : s'il voue-était << ouvert, -^a colonie du Canada proja^resserait trop vite; et <* youii en tireriez pour vous^^mêmes d'énormes bénéfices: eh << bien^ il restera là^ inutile au commerce, détourné de sa dea- <^ Unation, iiermé à votre industiîie qui m'alamie, à vos vais- << seaux qui deviennent trop nombreux ; car plus longtemps << il vous sera interdit d'y naviguer, plus longt^ups ma domi- <^ nation sur le nord de l'Amérique sera assurée."
JEb bie9,. Messieurs, supposons pour un instant qu'en 1812 le pays ^t été. assez éclairé pour s'affranchir de l'erreur de l'obéStN^anoepassive et pour être exempt de préjugés contre J^sipstitutioûs républicaines I Supposons que nous n'ayionspas QommiA la déplorable faute de combattre poiur conserver le glorieux privilège d'être des. sujets de l'Angileterre^ pour obtenir l'inestimable bonheur de rester les seuls colons de l'A-
.«M^ue: supposons enfin que nous fussions alors tombés dans ;la grande confédération Américaine; n'est-il pas évi- . dent que le canal de l'£rié n'aurait pas été creusé ? N'est^'il pas évident que si les produits de l'Ouest avaient pu être exportés parle St. Laurent, l'Etat de New-York n'aurait jamais pensé àqréer une autre sortie vers la mer, car on ne fait jamais u^ canal quand on a une itvière à sa disposition ?
' N'est-il pas surtout très probable qu'on exlt pensé à canaliser le St. Laurent vingt ans avant qu'on n'ait pu penser à creuser le eanal de l'Ouest, car la chose était à la fois plus^ rationnelle, plus facile, et eût produit des résultats bien autrement importants.
Eh bienf pensex un peu Messieurs, à ce que seraient aujourd'hui les Canadas, si le cours naturel des choses n'eût pas été détruit ! .Pensez à ce que seraient aujourd'hui les Canadas, si le St. Laurent eut été, depuis quarante ans, ouvert aux^vaisseaux Américains, et s'il était aujourd'hui le seul débouohé de l'Illinois, de l'Indiana, de l'Ohio, du Kentueky, d'une partie 4^ la Fensylvanie, de tout le littoral de l'Etatde
— fia—
N^W'^York sur les lacs, du Vermxmtf de Vtav^t de WiicfOiMio, dtt Michigan et probablement du Missouri, car pour ce der* nierétat) le rojage d'Europe par le St. Laurent serait de mille lieues plus court que par le Mississipi.
Les états du Missouri et d'Illinois communiquent aujourd'hui avec le lac Michigan par le canal de l'IUi&ois et dtr Michigan : l'Indiana communique depuis dix-sept Vans «avec le lac Erié par le canal du Wabash et àç PErié : le Kentucky et l'Ohio communiquent aussi avec le lac Erié depuis plus de vingt ans par le canal de l'Ohio et de PErié qui relie Ports* mouth avec Cleveland. Les produits de cette immense étendue de pays riches et fertiles viennent à Bnffido où, au moyen de la vapeur, ils ne seraient qu'à six j6urs de marche de POcéan si le St. Laurent leur était ouvert ; mais conune tel n'est pas le cas, ils rentrent dans les terres par le canal de PErié et mettent trente jours à se rendre À New- York.
£h bien. Messieurs, pourrait-on me taxer d'exagération, si j'affirmais que le transit énorme occasionné sur le St. Laurent par les exportations et les importations de tous ces états, eût décuplé les affaires, et considérablement augmenté la valeur de nos propriétés et de nos produits ?
Le commerce extérieur actuel de tous ces états représente une valeur de $150,000,000, et s'il continue d'augmenter dans la même proportion que par le passé, ce qui est hors de doute, il vaudra $300,000,000 avant dix ans.
N'est-il pas à peu près certain que si les Canadiens eussent mieux compris leurs intérêts en 1812, le St. Laurent au lieu de compter par dizaines4es bateaux à vapeur qui le sillonnent aujourd'hui, les compterait, comme le Mississipi et' l'Ohio, par centaines ?
N'est-il pas au moins très probable que le littoral des lacs et du St. Laurent compterait vingt villes au lieu de cinq : que Montréal et .Québec, étant nécessairement devenus d'immenses entrepôts d'emmagasinage, seraient pour le Nord ce que la Nouvelle Orléans est pour le Sud : que leur popu- . lation serait double et leur richesse triple ou. quadruple de ce qu'elles sont ?
Je ne fais qu'esquisser ici bien imparfaitement leô incalculables résultats qu'aurait produits au Canada son adjonction aux Etats-Unis en 1815. Je m'étendrai d'ayantage
mxxr ce suiei dans un prochain entretien. J'en ai assez dit pour vous faire sentir l'importance de la perte que nous avons volontairement faite. . , ...
Nous avons eu le malheur de nous laisser convaincre ,par de misérables lieux-communs sur le danger des institutions rèpublicàînes ; de nous laisser éblouir par les hypocrites prornesses que Pon nous faisait de bien gouverner le pays ! Enfin nous avons naïvement ajouté foi aux banales jérémiades- que Uon nous débitait sur la bonté, la justice, les vertus de nos très gracieux souverains ; sur l'amour paternel dont ile étaient pénétrés pour leurs chers sujets du Canada ; sur leur ardent désir de nou5 rendre heureux ; enfin sur la loyauté que nous leur devions et à laquelle nous obligeaient également les lois divines et humaines. Voilà lé pitoyable galimatias auquel nous nous sommes laissés prendre^ et dont nous avons vénéré les auteurs quand ils ne méritaient que d^être siffles ! " Je viens de prononcer un mot, Messieurs, sur lequel je vou^ demande la peimission de m'arréter un peu. Je vous ai parlé de loyauté.
Qu'est-ce donjc. Messieurs, que la loyauté, telle qu'entendue dans le sens politique qu'on lui donne en Angleterre et ici. Entendons-nous un peu sur ce mot magique avec , lequel on remue les masses^ et dont les hommes se rendent ai peu compte.
La loyauté, dans le sens politique, c'est ce gentiment* d'àm^our, de lespect, d'attachement, de vénération, de fidéjiité, de jdévoueçaent personnel que l'on doit à la persoime du roi. Donc dans une monarchie absolue, l'on jdoit au roi, sauf l'a* «loration, tout ce que l'on doil à Dieu, — en y mettant, si l'on veut, moins d'intensité de sentiment, — cela dépend des dispositions et des goûts de chacun. Voilà le droit divin réduit à sa plus simple expression ! Dans ce désolant système, le roi est non seulement un être privilégié, mais il est censé être d'une nature supérieure à la nôtre. Il est, suivant l'expression de Louis XIV, le lieulenant de Dieu. Il ne préside pas la nation, il la possède ! Elle est sa propriété» car il en ihspose par testament ! Lui seul a des droits, elle n'ja que des devoirs! Tout relève de lui et il ne ralçve que de Die«u qui seul peut le juger. Lé roi est toujours sage, toujours juste, ioujours bien informé, toujours bon, toujours miséricordieux ;
UH^ours censé exempt des fÎBdbleBaes humaines! Illégitime le vice et ennoblit le crime. Il est censé aussi ne pas se tromper, et il peut dire^ comme Louis XIV» en faisant les lois : ** J^ordonne, de ma science certaine " cax cette formuloy Messieurs, n'est réservée au Pape seul que depuis la révolution de 89. Les individus tiennent tout du Boi et ils loi doivent de la reconnaissance par cela seul qu'il leur laisse l'honneur ou la vie ou la fortune. Il peut dire : ^* Pétaty c^e$$ mot "et il a raison, et il trouve les feicultés de théologie toujours prêtes à décider qu'U peut disposer, comme bon lui semble, des biens de^es sujets parcequ'ils lui iuppartienneiil en propre.
A un homme ainsi doté, je conçois que l'on doive amour, respect, attachement, vénération, fidélité dévouement personnel : et nul doute que le Turc et le Chinois, pour qui toutes ces inqualifiables prétentions du despotisme sont des dogmes, ne soient, dans la pratique, gens parfaitement logiques*
Mais nous qui, relativement aux Turcs et aux Chinois, sommes encore très heureux d'être des -sujets britannique^, envers qui sommes-nous tenus d'observer les devoirs qui découlent de l'idée de loyauté? Est-ce envers la reine d'Angleterre ? Mais la reine d'Angleterre n'est souyeraine que de nom : en fait, c'est dans la nation que réside la souveraineté I La reine n'est pas, en Angleterre, ce qu'est le Sultan en Turquie ! Son pouvoir est comparativement très limité ! Dans la pratique ordinaire, elle n'est à proprement parler qu'un simple automate qui, loin d'avoir une volonté propre, agit en tout d'après les impulsions de son conseil ! C'est le ministère qui gouverne, et non la reine.
En Angleterre où, en fait d'organisation politique, tout est contradiction, fiction, anomalie, il fieiut toujours distinguer entre la théorie et la pratique, car celle-ci détruit invariablement celle-là. Ainsi, en théorie, c'est la couronne qui est le souverain pouvoir ; en pratique,, ce n'est plus qu'un pou- Toir subordonné et qui ne peut rien contre l'opinion publique. En théorie, la conroime a le droit de choisir ses ministres comme elle l'entend ; en pratique elle ne peut les garder que si les chambres ou le peuple le veulent bien ; si elle s\)b9tine, le peuple 36 lève et la brise.
fiti tfiéorie le peuple n*a aucun droits définis : si la bou^ foniid lui a fait des oonoessions, c'est parcequ'olle Ta bien vocdû. En pratique, le peuple a des droits très réels, tré.'f étendus : il prend ce qu'il veut et quand il le veut. Enfin» en théorie le peuple n'est rien, en pratique il est tout, ou plutôt il serait tout sans l'aristocratie qui l'achète, quand elle ne peut plu$ le bâillonner.
Or Messieurs, rien n'est blzarte, à mon avis, comme ce pouvoir d'apparat qui est tout dans les phrases, rien dans les faits ; comme ce pouvoir de convention auquel on addresse tous les hommages à la condition qu'il sera un zéro dans Pordre pratique : rien n'est singulier comme cette profonde vénération d'un grand peuple pour une idole qu'il a lui-même couverte de clinquant : rien n'est anomal comme un roi qui régne et ne gouverne pas, car c'est tout-à la fois être roi et ne pas l'être*
Tout cela n'empêche pas néanmoins que les Anglais eu général ne soient prodigues de protestations de loyauté envers la personne de celui qu'ils appellent '^ le souverain " et qui n'est strictement que leur premier fonctionnaire! Voilà en quoi je les trouve beaucoup moins logiques que les Turcs et les Chinois ; car partout ou le peuple est souverain, aucun homme ne peut lui demander ce qu'on appelle de la loyauté, puisque l'employé ne peut pas être plus que le maître, le délégué plus que celui dont il tient ses pouvoirs.
Remarquez, Messieurs, que je n'entends nullement smitènir que le chef ou le premier magistrat d'une hation n'ait aucun droit au respect ou même à l'attachement et à la vénération du peuple qu'il préside, loin de là 5 en lui, doit se résumer le respect auquel toute la communauté peut prétendra comme corps social : s'il est bon, il a des droits à l'attachement des individus : s'il est sage et juste il a des droits à leur vénération. Mais ce que je ne puis admettre, c'est l'obligation d'être dévoué, d'être fidèle à une individualité quelconque ; à un homme qui n'est rien par lui-roême> à part le mérite personnel, s'il en a, et qui ne doit la haute position qu'il ■occupe qu'au choix direct ou tacite de la nation qui, demain, peut en choisir un autre.
' Ainsi, il est évident que dire en Canada : " Nous sommos sujets de Sa Majesté," c'est exprimer une fiction, et même
dire une fausseté^ si l'on prend ces mots dans leur sens-ab^ 8olu. La reine d'Angleterre n'étant souveraine que nominalement, nous ne pouvons pas être ses sujets positive^naent- La reine d'Angleterre n'est, pour nous, que le symbole de la souveraineté du peuple Anglais : nous ne sommes donc $es sujets que symboliquement. Du moment que l'on admet que sa souveraineté sur nous est une pure théorie, une fiction constitutionnelle, il faut bien admettre aussi que la loyaoïté que nous lui devons ne peut pas être une réalité.
Mais on dira peut-être que c'est au peuple Anglais que nous devons loyauté et fidélité, puisqu'il est réellement souverain en Canada. Voilà ce que je réponds..
L'Angleterre a conquis le Canada qui était trop faible pour lui résister et se défendre. Faut-il voir là un droit exercé par elle ? Non, Messieurs,, c'est la violation de notre propre droit qu'il faut voir dans la conquête de notre pays ; violation qui n'est maintenue aujourd'hui que par la force physique. Le Canada n'est donc pas colonie Anglaise par choix^ ni en vertu du droit qu'avait l'Angleterre de l'assujettir,, car notre souveraineté, comme individus oit comme agglomération d'hommes, est tout aussi inaliénable que celle du peruple Anglais lui-même. Or le droit de l'Angleterre n'ayant pas d'existence, le devoir n'existe pas non plus pour nous, car il n'existe pas de devoir sans droit ; l'un est le générateur de l'autre.
Je maintiens donc que le peuple Anglais n'étant souverain, en Canada, que de fait et non de droit, rien n^est ridicule, rien n'est pitoyable comme ces exhortations à la loyauté que l'on nous fait tous les jours ; comme ces niaises banalitéô que tous nos corps publics expriment à qui mieux mieux sur leur inviolable fidélité, sur leurs prétendus devoirs envers Sa très gracieu$e Mojesté, qui doit se trouver bien honorée, en vérité, de toutes ces protestations hypocrites dont elle sait que nous ne pensons pas un muot..
Néanmoins, quand tous ces lieox communs usés, quand toutes ces formules décrépites nous sont ad dressés par le ministre des colonies, ou par le représentant de la rei»» d'Angleterre dans le pays, il n'y a pas grand'chose à dire, car ils doivent naturellement parler comme si le droit de l'Aiiîîlcterre était incontestable et admis : d'ailleurs il est du
dernier naturel qu'ils attachent une certaine importance à tout ce vain imbroglio, quand ils nous voient l'accepter de si ^rand cœur ; quand ils nous voient le regarder comme chose très positive, très sérieuse, très importante, très vénérable !
Ce n'est pas aU charlatan qui débite dés absurdités qu'il faut faire des reproches, c'est à ceux qui les écoutent et les admirent.
Mais quand ces sermons sur la loyauté viennent de nos propres compatriotes, des ministres de notre choix ; quand ils nous invitent instamment à demeurer fidèles à notre soureraine ; à remplir de prétendus devoirs qu'ils savent mieux que personne n'être qu'une pure affaire de convention ; quand ils maltraitent) sous le prétexte qu'ils manquent de loyia,uté, des citoyens qui expriment une simple opinion sur lia situation politique, qui dévulguent des vérités ignorées de la masse du peuple, il est vrai^ mais qui n'*en existeraient pas mains si i)n ne tes eût pas dites ; quand enfin ils se font les instruments du despotisme, le paravent derrière lequel la tyrannie se cache, alors. Messieurs, cela s'appelle, il n^y a pas de milieu, de la dégradation ou de l'imbécilitè !
J'espôre avoir demain. Messieurs, l'honneur de vous prêtée nter quelques considérations importantes sur l'état politique i^\ industriel des Etats-Unist