‹ Six lectures sur l'annexion du Canada aux États-UnisChapitre 9 sur 9 · I - lia II · texte numérisé non relu

I - lia II

Totftl-.^ £1306,000 dd do £47,347 2| pr. 100

CoÂt total de ces canauj^ £3,300,000 leur rev. net 1850. £47,000 li pr. fOO

' Kotre dette publique n'eet donc onéreuse que parcequHl knnis &iut eu pèiyer Pintérét au moyen de taxes générales. •

* £h bien^ je mets en fait que Pannexion donnera une telle extension eu commerce de transit qui se fait aujourd'hui sur -nos canaux, qu'ils produisent de suite un nsvenusuiSîsantpoUT balaiicer les intérêts que nous payons sur la dette publique. * ' Les journaux ministériels ne peuvent pas me faire une maoïraise chicane sur cet avancé, car pourquoi le ministère «ffi'e-t'^il le libre navigation du St. Laurent, sinon pour augmenter le revenu de nos canaux, seul moyen de décharger àe budget de la dette publique ? De plus, c#nunent a-t-en pu •téussir à contracter en Angleterre le dernier emprunt de ^£500,000, sinon en démontrant qu'une fois le Su Laurent ouvert au commerce Américain, les canaux produiraient de suite un revenu suffisant pour faire face aux intérêts de la dette publique et aux remboursements sur le capital ?

Ainsi, nul doute là-dessus, l'annexion étant nécessairement suivie de l'abolition de toute restriction sur la navigation du St. Laurent, nos canaux cesseront d'être à peu prés impror ductifs, et le budjet sera déchargé du fardeau de la dette>

Une fois cet item couvert, il ne sera pas difficile de ppurr voir au reste.

Les dépenses totales du gouvernement de la province se

«ont montées en 1848 ^- à $1,900,000

Les dépenses propres du gouvernement à part celles relatives à la dette publique sont

Canada. Etat de N. Y.

Ma.«

Moyenne en 3 ans $1,192,000 - « . . - $840,000 Ainsi, quoique la population de l'état de New-York aoh double de celle du Canada, l'administration y est moins coûteuse de $350,000 aimuellement.

On a. voulu expliquer et justifier cette difiêrence (1) etl

(\) Lord Elgfn, danê unB dét)é<5he au «eerétaire des Colonies : M. ^neks, dans nn discoturf en Cbambre.

•disant qae le gouTemement du Canada avait À rempli]' ieé deToirs plus multipliés que ceux des différents états Américainsi

^* Les gouTemements des états particuliers^ dit-K)ny ne. sont

>< pasy comme notre gouYernement provincial, chargés de l'ad-

^< ministration des douanes ; c'est le gouvernement fédéral

"** qui en a le fardeatk. Notre administration doit dooe Mre f^o»

"dispendieuse." «

Il eët vrai. Messieurs, que nos officiers puUics sont ohaigé» 4e l'administration des douanes, dont ceux des étals Améri-^ cains ek)nt exem|fts ; mais d'un autre côté, les officiers publics •de la plupart des états Américains sont chargés de l'administration du système de taxes directes perçues par le gouver^' 'nement local. Or ce système exige un personnel plus consi- Stable, iihpose des devoirs plus multipliés qu'un système de douanes. . '

Prenons pour exemple l'état de New-York. N'est-il pas ^évident que la perception de taxes directes sur sa populatioi», ■qui excède 3,000,000 d'âmes, force les employés publics, d'entrer idâhs beaucoup plus de détails, et leur impose des Tdevoirs bien plus multipliés, que la perception des droits d'entrée dans un pays de 1,600,000 âmes ?

' Il n'est donc pas exact de dire que l'administration de l'état de New-York soit moins difficile, moins onéreuse aux officiers

publics que celle du Canada.

D'ailleurs, c'est en comparant les deux administrations dans les détails que l'on peut voir facilement de quel côté'es>t l'avantage.

En 1849 les dépenses de notre gouvernement civil se sont montées à ------------- $136,000

Celles du gouvernement civil de Tètat de New- York à . . . ^ - - ' - - - r - - 40,000

Piflérence ---*--$ 96,000 Or l'état de New-York est deux fois plus peuple

et quatre fois plus riche que les deux Canadas. L'administration de la justice nous a coûté - - - $250,000 Elle a coûté à l'état de New-York ----- 160,000

DiflSrence ------ $90,000

Et pourtant, dans l'état de New-York, lesémeutiers de l«l»

•tmt été punis : ici les'éiùeutiera de là mêâie année; leé inc^rt-»

diaires da palais de la législature ont tous échappé à l'action

de la loi; et un des plus grands ciimes dont l'histoire fasse

mention est rqpté impùnit

L'administration de là justice nous a coûté en

l*our Pétat de New-Yt)rk> c'est à peu prés le même

« montant qu'en 1849.

JMoIre législature a absorbé en 1849 • - ■ ^' ^ - $<M0,OOO

Celle de l'état de New-York * - ^ * «. - - 160,000

Différeûce ----- ^ $ S0,0OÙ

Et néanmoins la Chambre des représoâtants et le sénat de

l'état de New-York spnt beaucoup plus nombreux que lA

éhambre d'Assemblée et le. conseil législatif du Canada. Là

les membres des deux chambres sont payés, ici les membres

du conseil législatif ne le sont pas.

Le pénitentiaire dQ Kingston a coûté - - - - $ 56,0b0

Ceux d'Auburn et de Singsing (les deux) - - 84,000

Et pourtant les deux derniers sont beaucoup plus étendus

chacun et contiennent beaucoup plus de détenus que celui de

Kingston.

Pour l'éducation, le gouvernement du Canada a

dépensé .--- $160,000

Celui de l'état de New-York ------ 425,000

C'est $105,000 de plus que la proportion exigée par la différence dans la population.

Les hôpitaux ont reçu en Canada »-•■-.-$ 50,000 Dans l'état de New- York - - 130,000

Vous voyez qu'ici encore l'avantage reste à l'état de New- York. Il en serait ainsi de presque tous l&s autres états, si ' j^éteudais la comparaison à tous.

Vous le voyez. Messieurs, cejs institutions républicaines que l'on redoutait si fort en Canada, en 1774 et en 1812 ont été tellement plus efHcaces pour le bien moral en général que J08. nôtres, q\ie l'éducation est beaucoup plus encouragée, beaucoup plus universelle dans les Etats-Unis qu'ici ; et que les pauvres y sont plus et mieux secourus, c'est-à-dire, se-^ éo^rus avec plus d'intelligence, de vi'aie charité et d'effet ^^11 ae le sçntici.- ... *

Ceë institutions répablicaines, qui étaient pour nous, en 1^13 le synonyme d'anarchie, ont non seulement èlerê les Ëtats* Unis À un degré de prospérité inoui dans l'histoire, mais ont réalisé, dans la pratique gouvernementale et f^dministrative, un ordre, une méthode, une économie inconnus sous notre ré-f gime colonial ;■ ont produit mille améliorations utiles, mille réformes heureuses que nous ne pouvons pas obtenir même quand nos amis sont au pouvoir. i

< Aux Etats-Unis on est parcimonieux em^rs les riohed él ^âéreux envers les pauvres : en Canada on est parcimoûieut eïlters fès pauvres et prodigue envers les riches ! Voilà une des diôêrences les plus essentielles qui existent entre les deux pays.

Maintenant y a-t-il erreur à prétendre que pour gouverner |es 1,600,0Q0 habitants des Canadas, il n'est pas nécessaire de dépenser plus qu'on ne le fait dans l'état de New- York pour en gouverner 3,100,000? Les ennemis du gouvernement à ppn marché ine querelleront-ils quand j'accorde beaucoup j>lus que ce qui est raisonnablement nécessaire ?

Je dis donc que les dépenses du gouvernement civil pourraient être de $ 40,000 au lieu de $132^000 Celles de l'administration de

la justice de - - 160,000 " « « 346,000

Celles de là législature - - - 150,000 « « « 250,000 Celles pour l'éducation - - - 200,000 Celles pour les hôpitaux - - 70,000

Les phares 5,000

Les pensions ----**-- 20,000 Les allocations aux sauvages 20,000 Les sociétés d'agriculture - 70,000

La milice 6,000

L'explor. géolog. et la bibliot. 15,000 Dépenses diverses 44,000

Total. $800,000

Messieurs, si cette échelle était adoptée, les dépenses d'ad^ mi^stration dans le pays, seraient encore plus fortes du doa<^ ble, eu égard à la population, que celle de l'état de New-York* Relativement à la valeur actuelle de la propriété, elles se^^ raient plus fortes du quadruple, et même du déc^c^ple^ -qu^

celles deplufiieurs états de la confédération américaine. Ellcf est donc trop élevée. Je vais néanmoins la prendre pour base de mes calculs^ afin qu'on ne puisse pas me contester mes conclusions.

Il nous faudra donc, après l'annexion, trouver un revenu de $800,000 pour faire face à nos dépenses d'administration

' locale. Or cela me parait très facile, sans recourir aux taxes sur la propriété foncière.

L'accise ne produit, aujourd'hui que $100,000. On peut, sans la rendre trop onéreuse lui faire produire $500,000

'L'impôt sur les banques devrait produire 100,000

Les amendes et confiscations 8,000

L'intérêt sur les dépots 16,000

Une taxe sur les chemins de fer 6,000

Les phares 10,000

Le revenu casuel 40,000

Le jevenu. territorial 120,000

Total. $800,000

Voilà, Messieurs, la somme requise pour Aos dépenses gouvernementales ; et il n'y a certainement rien d'impraticable, rien de difficile même, dans la réalisation de ce plan.

On peut donc, après l'annexion, défrayer toutes les dépenses publiques sans taxer d'un sou la propriété foncière.

•Il n'est donc pas vrai que la taxation de la propriété foncière, pour le soutien du gouvemenient local, soit un résultat nécesi^aire de l'annexion.

D'ailleurs, Messieurs, dans plusieurs états de l'union, il n'existe pas de taxes directes sur la propriété foncière, pour le soutien du gouvernement local. Dans plusieurs autres^ elles sont excessivement légères ; et dans presque tous elles ne couvrent guères qu'un quart des dépenses publiques ; elles ne sont donc pas si onéreuses qu'on le prétend ici.

Et puis, nos travaux publics fuiront par donner un surplus ; et avec l'annexion, ce résultat ne sera pas éloigné, car dans les dix années prochaines, il est plus que probable que le co/nmerce de l'ouest va graduellement augmenter jusqu'à une valeur de $300,000,000 ; le nôtre doublera probablement ; nos canaux défraieront donc alors à peu près toutes nos dé* penses gouvernementales.

Eiifin^ Messieurs^ dans l'état actuel de nos finances et avec la triste perspective que nous offrent nos travaux publics, tapt que nous resterons colons, bien loin que l'annexion expose le pays à tomber sous un régime de taxes directes, elle est an contraire notre plus sûre sauvegarde contre de telles taxes.

Nos terres publiques forment une immense étendue de ter* ritoire.

£h bien, comme j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire» riea ne nous empêchera, quand il sera sérieusement question d'annëxer les Canadas aux Etats-Unis, de céder nos terres publiques au gouvernement fédéral à la condition qu'il se charge de notre dette publique.

Une fois cet arrangement conclu, nos travaux publics, que l'annexion rendra beaucoup plus productifs qu'ils ne le sont aujoi^rd'hui, fourniront un revenu bien supérieur à nos dé-> penses.

L'ANNEXION EST DONC, POUR NOUS, UN MOYEN INFAILLIBLE D'EVITER LES TAXES DIRECTES ; et je dirai plus, elle est peut être le seul moyen qui nous reste de les éviter.

Un des résultats les plus heureux et les plus certains de l'annexion sera la disparition complète et définitive de ces déplorables haines nationales, de ces profondes jalousies de race qui ont toujours existé dans le pays. Ces haines, ces jalousies ont été produites par le favoritisme métropolitain. Le gouvernement d'Angleterte ayant toujours favorisé ses nationaux aux dépens des véritables enfants du sol ; le bureau colonial ayant toujours donné une importance indue à cette partie de la population, que l'on croyait plus particulièrement fiâMe parcequ'elle était Anglaise, et lui ayant donné le monopole presqu'absolu des emplois lucratifs, il s'était formé dans le pays, avant 1837, deux grands partis :

1 ® . Le parti Anglais ou tory, insignifiant quant au chiffre, mais soutenu par de puissantes influences dans la métropole \ qui n'a toujours mesuré sa loyauté que sur les faveurs, qu'on lui accordait ; qui ne voulait aucunes réformes parceque lui seul en aurait soudert ; qui ne reculait devant aucun moyen pour conserver la prépondérance que les sympathies métropolitaines lui avaient donnée, et dont toute la politique se bornait à haïr et à s'efforcer d'écraser les Canadiens-Français.

. 2^ . Le parti libéra^ formé des neuf dixièmes de la population du pays ; qui comptait dans son sein tous ces déserteurs qui portent aujourd'hui la livrée ministérielle et sont descendus jusqu'à la loyauté la plus effrénée ; qui était le pan 1 du progrès et des réformes, l'admirateur des institutions démocratiques; et qui ne réclamait rien autre chose que l'égalité aux yeux de la constitution et de la loi ; qui ne demandait en un mot qu'un peu de place au soleil de son pays.

En 1840, le parti tory, qui avait été l'instigateur des atrocités de 1838 et qui avait, pour ainsi dire, forcé le gouverne* ment d'être plus sanguinaire encore qu'il ne l'aurait été, si on l'avait laissé à hii-méme, était à peu près tout puissant. Il témoigna d'abord quelques défiances à lord Sydenham ; mais aussitôt qu'il eût découvert de quelle espèce était la justice égale inventée par cet habile fourbe, il se livra à lui corps et âme et applaudit à l'idée de l'Union, mesure qui nuUifîait lejB Canadiens-Français et qui lui procurait de puissants alliés dans \efamily compact du Haut-Canada.

Les libéraux hypocrites de cette époque,'^ui ont levé lamasque aujourd'hui, mais alors ils n'étaient pas connus, — ^ne Voulurent point seconder l'opposition qui s'était manifestée à Québec contre le projet d'Union ; et tout en faisant semblant de blâmer la mesure, ils la favorisèrent tacitement en décourageant ici ceux qui auraient voulu agir ; et en faisant ce que l'on appelle '' jetter de l'eau froide sur tout."

L'opposition à, l'Union n'ayant été que partielle dans le Bas-Canada, l'attentat fut consommé, le Bas-Canada volé au profit du Haut, ou plutôt des agioteurs Anglais, le gouverne" ment responsoMe fut octroyé en échange de la violation flagrante des droits du Bas^Canada / beaucoup d'entre nous/ se laissèrent prendre à ce piège grossier, et consentirent à faire fonctionner un système absurde au plus haut degré, puisque malgré l'Union, les deux Canadas étaient encore aussi' séparés qu'auparavant quand à l'administration et à la législation «t'offraient le spectacle anomal et ridicule de deux provinces unies de droit mais séparées de fait.

Les tories eurent d'abord le pouvoir et ne firent rien. Les libéraux leur succédèrent et montrèrent bien le désir de faire quelque chose jusqu^à leur résignation inutile, intempestive e inéfléchie en 1843. Ils ont d'ailleurs montré ce qu'ils étaient

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rêï^lîement en faisant de la translation ibi siège du gouyérnè-'. irtsnt une question de cabinet à l'exclusion de L'AlPf NIS- TiE qui fut traitée par eux libéraux comme une question toiit-â-fatt secondaire, et qui ne méritait pas les Honneurs des grandes déterminations.

*Un ministère de coalition fut alors formé et fit proclamer ! l'amnistie ; mais il était trop faible en chambre pour" faire marcher les affaires, et d'ailleurs les chefs des libéraux étaient* ^ bi^ décidés à repousser systématiquement tout ce qui serait proposé par ce mijiistcre, que cela fut bon, ou que cela fut mauvais ; car ils éprouvaient un immense dépit d'avoir, vu leur tactique échouer complètement, et de n'avoir pas été. de ■i/ite rappelés au poste qu'ils avaient gauchement aban- * d(kmê.

En 1848, les libéraux furent rappelés au pouvoir.

Vous savez, Messieurs, quelles furent nos espérances ou plutôt nos illusions à l'avènement du ministère actuel : et quelle surprise, quel désappointement, quelle désillusionnent ' été' les nôtres quand nous l'avons vu devenir, dans la pratique, beaucoup plus TORY que le ministère auquel il appliquait cette épithète.

Eh bien, dans le cours de ces changements, de ces vicissitudes des partis, avez-vous jamais remarqué la moindre diminution dans la haine du parti ultra tory pour tout ce qui dé- . coulait d'un principe de libéralité et de justice ? Ce parti n'est-il pas aujourd'hui ce qu'il était en 1838 ? N'a-t-il . pas encore aujourd'hui le^désir de dominer seul, de diriger tout?

N'a-t-il pas été, en 1849, aussi furieux et mille fois plus vandale encore qu'en 1837 et 1838 ?

Messieurs, si ce parti ne comptait pas entièrement sur le / favoritisme métropolitain ; s'il ne se sentait pas a.ssuré de l'impunité, pensez-vous qu'il eût osé se porter aux atrocités aux scènes de cannibales dont nous avons été témoins eri 1849? Croyez-vous qu'en présence de milices Canadiennes,' ' il eût impunément dévasté, saccagé, pendant trois mois, les propriétés publiques et privées dans Montréal ?

Une simple querelle d'élection, le 21 Mars 1832, faisait fusiller trois Canadiens qui n'y avaient pris aucune part ; et sur trois cents incendiaires et assorameurs qui se promehaieiit '"

$i sôut6at> dans Montié^l^ en Arxîly Maiet Joiil 1849,*eii fret eence des troncs Anglaises^ ious le» armts, pas un' n'a ét^ seoleuieiit inquiété I !

. N'étak^e pa3> en 1849; une conviction universelle, ins** tinctivke . et laîsonnée tooC-à-la-foia, chez les Canadiens de toutes tes opinions, connexîonistes pu annexionistes, que si dés Canadiens avaient commis la dixième partie des briganilages et des violences auxquels s'est portée Pécume de la population Anglaise, iâ répression la plus énergique, la plus brutale même, eût été exercée ? Je n'entends pas dire qu'on eût eu tort, mais voici la conclusion à laquelle je veux aniveri.

Tant qu'il existera des troupes Anglaises en Canada^ il ex^ istera corrélativement un parti qui sera toujours au-dessus des lois, parcequ'il n'y aura aucun moyen de répression, parcer que les troupes Anglaises fratemiseront toujours avec des émeutiers de leur origine !

Tant qu'il existera des troupes anglaises en Canada, s'il survient, pour quelque cause que ce soit, un conflit entre des Canadiens-rFrançais et des Canadiens- Anglais, — même si ceux-ci sont les aggresseurs,-rlos balles seront toujours pour nous ! Cela a été de tout temps 1* Il n'y a pas un ministériel qui ne partage cette conviction ! Seulernent ils ne l'expriment pas aujourd'hui, parceque leurs amis sont au pouvoir^ mais ils l'exprimaient .avant, et ils l'exprimeront encore quand ils n'y seront plus I

Messieurs, pourquoi le parti ultrà-iory, qui a toujours pousjsé des cris de rage à chacune des conquêtes que nous avons faites sur le mauvais vouloir du bureau colonial, a-t-il tout récemiQLent poussé des cris de peur à la nouvelle que l'Angleterre pensait sérieusement à retirer ses troupes du pays ?

Qu'c^.dit ce parti ? <f On nous laisse sans protection ! I "

Messieurs, ce parti sait parfaitement qu'il ne sera pas sans proteçtioQ après le départ des troupes Anglaises !

Il sait parfaitement que quoiqu'il ait toujours eu soif de notre sang, npus n'avons jamais eu soif du sien !

Il sait parfaitement que la population Canadienne vaut xuieux que lui^ n'exercera pas de représailles et n'aura jamais le désir de le maltraiter.

. Mais ojd jc[u'il sait aussi c'est qu'après le départ des -troupes H^gk^ises/ les émeutes de rues ne seront plus; pour lui; un

tHoyênififaillible dé «utexeitet les sympathies méimpolitaiae I Ce qu'il sait aussi c^est qu'il na pourm plus violer les lois, Tioler la liberté individuelle, violer la propriété, à l'ombre des bayonnettes anglaises I CE QU'IL CRAINT DE PERDRE, CE N'EST PAS LA PROTECTION DE LA LOI 5 C'EST LA-PROTECTION CONTRE LÀ LOI! '

Ce n'est pas nos violences qu'il redoute ; c^est l'impuis-* sauce où. il sera de nous en faire qu'il regrette !

Tant que le Canada sera une colonie Ajoiglaise, ce parti comptera toujours sur l'impunité parceque les événements de 1849 lui ont donné raison de croire qu'elle lui était à jamais acqube !

Une fois l'annexion accomplie, il comprendm de suite que ne pouvant plus compter sur le favoritisme, il devra cesser de faire bande à part dans le pays t il comprendra de Suite qe . les institutions sérieusement démocratiques mettront chacun à sa placé : que l'influence personnelle sera la part du talent et de l'honnêteté, la- prépondérance politique le résultat des chiffires et non celui des aâections ou des préjugés.

Avec l'anneiidon ce parti deviendra de bonne loi progrès-^ sif parceque son intérêt l'y forcera : sous le régime colonial il sera toujours dominé par l'égoïsme et l'ambition parceque les intérêts des oligarchies sont toujours* les mêmes A toutes les époques et sous tous les -systèmes. ^

Aujourd'hui il est faible numériquement, mais' sa force m<H raie est immense parceque les troupes lui servent de corps de réserve ; et avec cela il ne redoute aucune éventualité : après l'annexion, laissé à ses propres forces ; n'ayant plus d'autre sauvegarde que celle de sa faiblesse numérique qui fera qu'il ne vaudra pas même la peine d'attirer l'attention^ il devien* dra aussi souple, aussi rampant qu'il a été tyran, haineux, et bratal.

Mais soyons en bien convaincus, Messieurs, il n'y a {fot^ l'amiexion qui puisse amener ce résultat.

D'autres combinaisons pourront bien assoupit le mal tÈU]^ ttientanément, mais le guérir radicalement, jamais.

tJn autre résultat de l'annexion> sera, la destruction fin^ des préjugés monarchiques, des préventions contre la dé^ mocmtie qui, encore aujourd'hui, sont fortemJsnt entfaetsée daos le pay». Ces préjugés, nous les suçons «vee k^-My «A

qaèlqtte'Mité, cm 6n farcit l'mittginatimi des jefinM gens, dans les coUégeé^ et aux yeox de bien des f^eas eneorei étrf fépublioaiu^ c'est être sans religion^ sans principes^ sans no» tiens d'honneur et de moralité.

Les anibitieuH qui^ dans ce pays^ renient le pouvoir pour iui*niême et en rue de leur impottanoe personnelLs ou de leurs intérêts pécuniares, ont inventé un admirable moyeii pour fomenter ces préjugés et pOur se maintenir le plus long* temps possible aux postes dont ils conroiteiit les émoluments e*est de faite allusion à tout propos aux crimes de la levohi'^ tion de 89 qu'ils présentent comme la suite ôrdinairBy près* qu'infaillible^ de tout changement politique. . .

•' Comme ils ne peuvent en appeler^ & cause dé la fausseté de leur position personnelle , aux sentiments généreux^ aux ■oblçs instincts des masses, ils en appellent à la peur, À. la crainte de l'inconnu, et réussissent toujours à effrayer cette classe d'hommeis; nombréuêé en Umt pafa, qui n^a pas de credo pditique, et dont toiUea les opinions sont, en quelque Borte négatives; cette dasse d^horurixes qui sont ennemis de toute opinion prononcée, de toute tentative' directe, de tout système décisif; (1) cette classe d'hommes enfin sur laquelle l'expression d'un doute glissée à propos, PindicatioQ d'un danger imaginaire a beaucoup pins d'effist que le raieonnement le plus logique, la proposition 1^ plus raisonnable^ la démonstration la plus évidente.

Il n'est pas si mre qu'on le pense, Messieurs, de trouver des gens qui agissent souvent au moral, infariablement en politique comme un homme qui n'osereit pas sortir d'un étang de peur de la pluie.

Une fois l'annexion obtenue, une fois, conséquemment, les principes démocratiques rigoureusement appliqués, et par cela même les droits individuels scrupuleusement respectés et ga* lantis, on cessera de se créer des fantômes, et d'ailleurs, il ne sera plus possible, ou au moins il ne sera plus dans l'intérêt de personne d'en inventer.

Une fois le régime colonial détmit, personne n'aura d'inr térêt à parler en libéral, mais à agir en tory. Tous ces hommes qui, autrefois, demandafent des réformes qu'ils repoussent

(1) <3flisot. . f ,

ItfijdbrdPtLai ; totû ces hommes (jiâ étaient républicains, il f à'trbiâ ans, et qui aujounj^hni Votent etmtre toute mewre qui a une tendance répMicainey n^aniront plus d'intérêt à aou-^ tenir que les institutions Américaines ne raient pa» notrcf gàUvernèfnéta^r^esponmbie/ loin de là,, ila setûnH obligés d'être^ franchement ce qu'ils faisaient pn^fessèon d^éére M y à trois khëi

Ces honimes se sont séparés du peuple parceqB^en Canada il exliste quelque chose au-idessus du peuple ^ quand le peuple kiî-métné sera la pitisisancé^ ils saâront bien se eonteslev d'être peuple.

^—^ Mais, objectent les rédacteurs mnnistériels,^ le pajrs n'est pas prêt à jouk de Ptndépei^nee ; il lui faut pour eeki ^um d'éducation politique qu'il n^enr possède.

-^Messieurs, j'ainfeiais autant dire qu'on homme qqi « faim^ n'est pas prêt à manger.

Quoi, nous ne sodmies paS" prêts' à jouir d& l'indépendanbe ! Mais ceux qui nous disent cela sont précisément les mêmes hommes qui affirment, depuis trois ans, qu'avec le gdiliveme- ^ent responsable, nous jouissons de la plénitude de Vindépendancéf ! / que non» sommes plus libres que It^Améncains II Si cela est, en qi»>i donc pouvons-nous redouter la liberté Amérieaiine? Ce sont les ministériels eux-^mémes qui se ehaigèînt de prouver au pays que nous avons raison * I

£t puis ces gens prétendent que nôtre éducation politique eétinstiffisante ! £h bien, j'admets qu'elle pourrait être meilleure : mais quels oift donc été les pix)fesseurs l Préeisément ceux qui la trouvent mauvaise ! l. . ^ w. . : .

Ces messieurs se chargent encore de \yoo» apprendre que leurs leçons passées ne sont nullement une garantie de sagesse et de bon-sens pour l'avenir. Ils avodent naïvement qu'apréâ^ avoir été dirigé par eux pendant douze aus> le pays n'est pa3 aussi avancé qu'il devrait l'être !

Voilé les hommes qui nous disent: '^ laissez nous ypu» <* former aux institutions républicaines ! !" |

Messieurs, qu'est-ce que l'on appelle ^^ l'éducation politique,'? chez le peuple ? C'est la connaissance qu'il a de «o» droits, des devoirs de ceux auxqaels il confie le pouvoir ; et aussi l'^intelligence du fonctionnement des institutio&e du paysi

. €«tte co^iQuifisance de leuro. dreitsi cette intelligence diitec* timinemenf .de0 institutions dont ils jouissent; les- p^^Cl^ l'«cquîéreat-iki parl^tude des théories, ou par la pratiqiie journalière ? Évidemment par la pratique.

' C'est par ]k iéi)étition fréquente des mêmes actes d'or^ni- 9ation politique; c'est par l'exercice habituel du droit d'éleo* tion que le peuple ée (orme à la pratique des institutions, démocratiques^ qu'il acquiert la compréhension de ses droits et dé ses de¥(Mjr&

. Maie pour que cei^ réçultats soient sérieuX; réels, .il fi^ut que dans les institutions dont il jouit la pratique soit conforme aux théories. Du moment qu'il y a contradiction entre l'idée et son application, entre le fait et le droit, il tombe dans le Vague, ses idées se faussent, ses potions de droits et de devoirs n'ont plus d'appui, de règle certaine ; alors survient la démoralisatien iotellectuelle»

Voilà, Messieurs, ce qui est arrivé en Canada.

On a dit au peuple qu'on lui avait octroyé des institutions

libérale» il l'a cru sans peine parcequ'il avait confîaoq^

4Ans les hommes qui lui disaient cela. MalheureuseiQextt \] n'était pas assez éclairé pour s'appercevoir de suite que tont en lui reconnaissant quelques, droits^ on lui ravissait 8§s droits essentiels ! On lui octroyait bien ce qu'on est convexuii ^'appeler le goiwememerU responsable ; mais icomme on. n^ le consultait pas, c'était bien plutôt une imposition ^ qu.'uiie CQUoession : . de plus on lui imposait forcément l'Union, là dette du Haut-Canada, l'inégalité dans la représentation, etc. etc. Le droit était reconnu dans les écrits, mais sa violation était consignée dans les faits ! ! . .

£t pourtant ses amis d'alors ont trouvé que cela était bien I !

On a dit au peuple que le gouverneur aurait des conseillers appelés ministres- qui seraient responsables de leurs actes .à ses mandataires ; mais on lui a. laissé ignorer que. ces con.seillers du gouverneur jouiraient d'un patronage tel que leurs moyens de corruption seraient presqu'illimités ; et que conséquenamc^nt leur responsabilité ne. serait qu'un leurre, une décéptioi;! : Kt le. peuple commencé à voir qu'on l'a trompé !

On lui a dit que rien ne ppurrait se faire sans le consente^ ment de ses mandataires; mais on lui a laissé ignorer aussi

iMigtomps qn^n 1% pn^ ^ ses mmàaÊ^ktê il%f«tpttt pisle droit d'inhifltiTS dans un- eettftifi •bmnbre de sas, et ne poo^ ▼mîent «onaéquemment pes pfoposer beaneoup de mesate» importanteat

Or la privationy fm vHèate la tefltriotkm du droit d^mitiatire modMSe esaentiellenie&t la nâtiuey détruit ralièie^eat la base > de la représentation. La prÎTaticm de ce dr^t^ même ta ello n^est que partielle, a, en quelque sorte, l'efiet de réduise lea mandataires du peuple au simple rôle de conseillers des mi> mistres ! ! et le peuple commence' à savoir qu'aux Etats-Unis ces restrictions sont inconnues !

On a dit au peuple que tous les pouToirs émaneraient de lui ; et il a eni cela malgré le fait que le gouyerneur ne fût pa» éligible et eût seul le droit de nommer une des chambres qui concourent à la formation de la loi, ce qui lui fournit un moyen facile d'entraver, quand cela lui plait, la marche de la branche populaire !

' Les pouvoirs émanent si peu du peuple qu*il n'a- pasmême le droit d'élire les officiers publics avec lesquels il est en rapport journaliers C'est le gouverneur qui nomme ses magistrats, ses commissaires, ses officiers de milice, tous les chefs de bureaux, tous ceux qui occupent des emplois lu-^ eratife ! Et le peuple sait maintenant, qu'aux Etats-BFhis, tou^ les fonctionnaires publics presque sans exception, sont choisie par voie d'élection-.

On a dît aupeuple que l'Angleterre ne voulait plus s'immiscer dans la législation locale ; et néanmoins, une des clauses de l'acte d'Union donne au secrétaire dés colonies le pouvoir de refuser la sanction royale même aux lois qui ont été sanctionnées dans la province par le gouverneur ! Cette clause n'a jamais été rescindée. Tout dernièrement encore, lord Grey, dans une dépêche où il fait des admissions plu» explicites que celles que l'on avait faites précédemment, met des bornés au pouvoir de la législature ! D'ailleurs la sanctipu royale a été refusée déjà à des mesures passées par les deux chambres à l'unanimité ;- témoin la loi d'émigration que l'on avait pourtant basée eur les instructions mêmes du hwreàU eoUmUxl : ou bien elle a été suspendue pendant dix-huit mois, deux ans, éoiome dans le éas de la banque des marchanda qui aurait été établie À Montréal sans ce retard.

£t le pmiplo MkitiOftîiiteiiMit iiu'aïur Etats^Unia nivuiùnM exiaUive ne peiU foê empêêher ia hi éPexiater. (l) i

On a dit an peuple que la -^esponfli^bilité goaTememeolale étiût plus réelle en Canada qu'aux Etats-Unis, et aéaiuiieittir noua avons tù qu'aux Etats-Unis le ^ut^mear d'un état était, comihelePrésidént^^ directéftient responsable aux dbiajn*' bres de tons ses actes, comme autorité executive, et ne poesé-* dait qu'un veto suspensif; pendant qu'en Canada le gouver* neur jouit d'un droit de veto absolu et n'est responsable de sei^ actes qu'au bureau colonial qui, en droit, est bien responsable au parlement impérial, mais qui l'est très peu en fait, dàntf l'opinion de tous les hommes libéraux de l'Angleterre.

A proprement parler, il n'existe donc pas, en Canada, de responsabilité gouvernementale, dans le vrai sens de ce mot. n est donc vrai de dire qu'en Canada le droit et le fait sont

(1) Je suis bien aise, dans l'intérêt des opinions que je soutiens, qu'an moment où ces lectures allaient être livrées à l'impression, Ja nouvelle du refus fait par le gouvernement impérial de sanctionner la loi réglant le cours des monnaies, soit venue donner jun démenti de plus aux assurances réitérées des feuilles ministérielles, "que i'Agle*terre avait cessé d'intervenir dans la législation locale."

Cette loi avait été passée, pendant la session de 1850, presqu'à Tu* nanimité des deux chambres. Sa mise en opération étant d'une né" eessité urgente, le ffoaverneur la sanctionna, et elle est entrée en* ^ice le 1er janvier de cette année.

Mais comme il existe, dans Pacte d'Union des Canq^as, une clause par laquelle on a réservé à l'autorité métropolitaine le droit de refuser sa sanction même aux lois sanctionnées dans la colonie par le gouverneur, et que ce droit subsiste pendant deux années entières, le seerétaire des colonies a refusé de sanctionner la loi en question, et au • jonnl'hui elle est déclarée nulle et non avenue après être reiUe en forcé dans le pays pendant sept mets ; et cela à la face des déclarations écrites et verbales cent fois répétées de nos ministres, et de leurs amit, et de leurs journaux ! Depuis quatre ans, on n'a cessé de nous assurer que le gouvernement métropolitain n'interviendrait plus dans nos affaires locales ; que nous nous gouvernions nous-mômes J qu'àpart lé iUt de se déclarer indépendant, le Canada pouvait sûrement compter sur la libellé entière de régler les questions d'administration intérieure.

fih bien, le refus de sanctionner la loi réglant le cours des monnaie» prouve que le gouvernement métropolitain n'a jamais été sincère dans iss protestations, et que nos ministres ont toujours été ses dopes* . Sur qui va retomber la responsabilité des pertes et dps inconvénients auxquels le rejet de cette loi nous expose? Sur le ministre des colonies. A qui est-il responsable 1 Au gouvernement impérial. La nsponsabilité gouvernementale n'existe donc pas ici. CPest en Anmené qu'il faut l'aller chercher. Dans ce cas, quel est le mojeijiïobCenir justice 1 Voilà ce que les admirateurs du gouvernement rw pontable devraient nous dire ! f

'tebiCoellement en conflit. Le gûnyernement responsable n^êst ilonc pas^vdçns là pratiqué, ce qu'il fait profession d'être. Il 'll'est donc pas possible que son action ait été salutaire an point de me moral, car au lieu de donner au peuple des idées 9£0pt|^,^\u'^9d& droits, sur la pratique gouvemementale, il n'a pas eu. d'autre effet que de fausser, ohez le peuple du pays, la notion du droit et conséquemment la notion du devoir. . Ainsi le peuple croit fermement que l'Angleterre a le droit de nous imposer ses gouverneurs : pour lui, le fait actuel, Qiaintenu par la force physique, représente le droit. 11 ne fait pas qu'en lui imposant ses volontés, l'Angleterre viole, à Bon égar(^ le droit naturel ! Il était du devoir de ses mandataires de ne pas le laisser dans l'ignorance sur un point aussi vital l Éhi bien, depuis que le gouvernement respon^faille existe, au lieu de lui inculquer la notion de sa souveraineté native» inaliénable, on lui a fait regarder comme des faveurs les concessions de l'Angleterre : on lui a dit qu'il devait témoigner de la reconnaissance à ceux qui lui accordaient le dixième de ce qu'il avait droit d'obtenir ! ! ' Messiea^9 «n fait de droits politiques, ce qu'un peuple n'a pas actuelleilieut, on le lui doit ; ce qu'il obtient lui a|}pa<« tenait d'avance et il ne doit nullement de la gratitude à ceux qui lui rendent son bien après des années de résistance intéressée!! Ceux qui, sachant cela, ne l'en avertissent pas ■ont nécessairement des hommes politiques corrompus.

Or ce n'est pas sous un système qui a sa base dans la vior lation des droits généraux du pays que le peuple peut acquérir de|S notions exactes sur les véritables institutions représentatives qui sont l'opposé de cô système.

' Ge n'est pas dans la négation pratique de la démocratie qu'un peuple peut puiser des notions démocratiques !

Prétendre former le peuple dii pays aux institutions républicaines au moyen du système actuel, c'est essayer de prér parer un élève à la prêtrise en lui faisant étudier Voltaire î !

Si encore le système seul était défectueux : ,si les honimei qui l'ont fait fonctionner avaient été des démocrates sincères, éclairés ; s'ils avaient vraiment montré l'iiiterifion de par^] à ses inconvénients et de mettre le peuple en garde cootoe V^i dangers, il n'eût peut-être pas été impossible de tirer quelque- ISfea même d'une source infectée !

MAiSj^to^tms/qu'oilt fttrity depuis dix ans^ ce» mintstreff Qttf o!it la pjréteation de nous former aux iiistitutioM démocrati*' ques 7 Quelles ont été leurs tendances^ leur tactique ? QneJ» oht été leurs actes 7 .

'Noua les arons vus, quand' ils étaient dans ' Poppositioûi blâmer avec une ^ergie Voisine de ta violencei le ministère Draper^ parcequ'il avait placé son chef sur le banc des juges-. C'était, disaient-ils, jse; moquer.de l'opinion pi^iblique ; violer Pesprit du gouvernement responsable, : Troisf ztatois plus XOtà, ils sont appelés au pouvoir ; eh bî&n, ils font beaucoup plus que le ministère Draper n'avait od<^ faire et au lieu de ne nommer juge qu'un s^eul d'entre eux, ils en nomment trois dans l'espace d'une année ï \

Tous voyez que la menace de rétaliatîon qu'ils ont 4Br* niérement faite aux Etats-Unis avait des précédents ! C^était avec eux une vieille pratique !

NoïKS les avons vus violer impudemment l'Qfl|^.,du gouver" n^ment réjsponM^e^-rc'est-à-dire de cette inatitution là. même qu'ils prônaient dans tous leurs discours et dans toua léuriB journaux, et . qu'ils donnaient comme leur seule règle da conduite — ^n s'adjoiguant des collègues sans se soucier le moins du monde de. les faire approuver par un collège électoral ! I

Nous les avons vus augmenter, par tous les moyens en leur pcfuvoir, les pi^èrogatives de la couronne, et restreindre systé* matiquement les droits et privilèges de. la législature I !

Nous les avons vus s'opposer à ce que le principe électif fat appliqué à l'une des chambres législatives, et donner cette incroyable raison, que cette réforme n'était pas néeest •Aire sous le gouvememefU responsaMe I !

Nous, les avons vus s'opposer à ce que les officiers^-rappor-^ teurs fussent élus par le peuple, parcequ^U nUtait pas asseak Moiré pour faire^ée bons choix! i / (1) . . Npqs leè avons vus restreindre le droit d'éligibilité en maiuteœsit la qualification électorale !

'. Nousjle^ àvms vus conserver religieusement les bourg» fomrris du Haut-Canada ! ! !

(Xy II parait que lé peup|« n'est éelairé qu'au moment où il fail chmr de mandataires qui l'inittltent à plaisir quand les éleetioiif sont eiicof0é]inga6es1 '

«^ les ^

Mtms léê'aTàtû Vtis pfot)08et un sfsttoe dtf t^réseotâtloit ^iily par l0 Mt làtoe qahl ètablkuMdt l'égalité dans les ehiStéêf ^Biacrait l'inégalité dans les droits 4 ! . ' •

Nous les avons vus reiuser l'initiative aux mdmbréé àê l'assemblée ! 1

Nous leé avons vus combattre violemment la proposition dé priver les membres de la législature de la faculté d'éti« iioin« Mes aux emploie lucratifs avant l'expiration d« leur maâ^ datll

Le fait le plus saillant de la politique de ces ministres ^ni ont la prétention de nous former à la pratique des institutionà déraoeratîques^ertdonc ta rêaction/ornieUe, primêâUée, ooih tre les principes démocratiques ! *

Ces hommes qui se mettent stir les rangs comme -piofes'^ seurs 4e libéralisme, sont donc^ à Pbeure qu'il est; de servileé professeurs d'absolutisme ! !

Tout en se prétendant libéraux, ils Ont donc prouvé, i>ar leurs actes^ qu'en politique, ils étaient réellement DES TO** IlIES!

<' Grattez le Russe, disait Napoléon» et vous aurez le << Tartare :" Eh bien, grattez un peu toutes nos épidermes ministérielles^ et je vous Je jure. Messieurs, vous allez déoou* vrir le plus pur torysme ! ! >

" Il y a donc quatre-'vingt dix-neuf chances sur cent, que des libéraux de cette trempe, au lieu de favoriser le progrès de$ idées libérales, feront tout en leur pouvoir pour l'entraver.

Messieurs, ce n'est ni sons un pareil système, ni sous de tels hommes, que le pays acquerra l'éducation politique qui lui manqua encore !

Ce n'est pas chez les hommes qui ont substitué l'esprit né<« gatif â l'osprit de progrés, l'intrigue à la droiture, la tactique au courage, la oupidité au devoir, l'intérêt À la conscience^ que nous trouverons cet esprit d'indépendancei ce respect 4la soi-même, ce sincèpe amour du pays, qui caraçtéiiaelea hom^ mes vraiment honnêtes, vraiment patriotes ! !

Four cas gêna, gouverner n'était Heaatitre cl^oye que OOn* server le pouvoir à tout prix ! ! . . ;^

Le pays ne flétrira jamais assez cette 'apolitique M^ pjlx^ '^ cipe et sans drapeau, toute de petits moyens, d'expédmtiw <' d'apparences ; qui, tâtonnant toujours, n'atteint fU^uA ffé^

— im^ —

f< soltal ntififàitant tu hanorashle.; qai fomente Pineettkixdë ^ dons les eftprilfl^ qui exploite la faiblesse des caraotéres^ qui ^ aggrave ee défaut de consistence^ d'énergie, àb pratévé** ** rance qui nullifioi démoralise les individus, et déshonore le «^ pouvoir i" (GûizoT.)

£st*il possible de croire que trente membœs libéraux du Bas-Canada sur l'indépendance et les lumières desquels noua cotàptions il y a trois ans, aient tous vu, dans les mesures mi<H nistérielles, des tendances démocratiques ? . . ,

Est-il possible de croire que l'extension indéfinie du patronage, la restriction des droitâ et privilèges de la Chambre, le maintien de la qualification électorale, le refus de l'applica-. tion du principe électif au conseil législatif, le refus .de.l'inir*. tiative aux membres de l'Assemblée, l'opposition décidée à la réduction des salaires, aient paru à chacun de ces trent(% mandataires autant de témoignages de libéralisme donnés par, les homiaes du pouvoir ?

Je vous le demande, Messieurs, cela est-il croyable ?

Non sans doute ; et il est évident que ces trente hommes qui sont presque tous éclairés, et qui, jusqu'à 1848, ont toujours demandé la contre partie des mesures qu'ils ont votées depuis, ont du faire violence à leurs convictions intimes, ont du rester sourds aux appels de leur conscience, pour se mettre, aussi formellement en contradiction avec eux-mêmes, pour renier leur passé !

Nqus ne voulons pas d'une éducation politique venant d'une telle source I

Ces trente hommes qui paraissent tenir si fort à prolonger, à perpétuer peut-être la domination étrangère sur leur pays, l'histoire leur réserve une mention flétrissante. . Elle leur assignera une place d'ojjprobre ! Elle les mettra à côté, et probablement au-dessous des membres de ce parlement Irlandais qui a consenti à l'Union législative de l'Irlande et de l'Angleterre ! Car les membres Irlandais avaient au moins pour prétextes le voisinage immédiat, les' relations de commerce, d'anciennes habitudes, la constitution de' la propriété, l'impossibilité de secouer .le joug où de changer de maître, l'influence peut-être salutaire d^un. rapprochement; l'eq^tf de faire entendre leur voix^ de retracer les malheiirs Û9 Isurpatiie du» Pencaints (\u gamd oonsail natioziaL de

kots opprasMUnft I ' Il y avait même, âani cette pe»pecihre| quelque chose de âattettr pour leur amour propre qui pèu« Tait leur faire illusion jusqu'à Leur faire espérer quelque bien de leur complaisance.

Mais en Canada^ aucunes dé ces raisons n'existent ; la métropole est à une distance immense ; ses institutions sont inapplicables ici ; le fait seul de la domination est un obstacle au piagiéfl industriel ; les institutions républicaines sont évi-: demment les seules possibles en Amérique! Quoi donc /a pu déterminer ces hommes qui avaient mission de défendre également nos droits naturels et nos droits politiques à ne tenir aucun compte de cette mission et à répudier leur mandat?

Messieurs, c'est la vanité, c'es l'ambition, c'est l'égoIsmO I o Quelques-uns ont cédé à des influences individuelles, à de séduisantes obsessions ; quelques autres se sont laissée prendre aux commérages de coterie : le plus grand notoibre a cédé à la corraption administrative qui se pratique dans ce pajs, sur une plus grande échellb et avec plus d'impudeur que dans aucun autre pays.

On lit, dans une antique légende provençale, qu'il existait,' dans le diocèse d'Uzès, une source que l'on fesait tarir en y jetant quelque chose de sale ; l'expérience des trois dernières années nous a assez fait voir que, sous le gouvernement responsalle, les consciences ne sont plus aussi susceptibles ! f '

Ces conséquences déplorables étaient les résultats nScessaires du système illogique, absurde, que l'on a composé au pays ! Nos mandataires ont été tellement dominés par ce système que non seulement ils ont pu défendre nos droits, nuiis qu'il ne leur a pas même été ]X)ssible de se mettre à couvert du déshonneur, que l'histoire leur jettera à pleiheâ mains ; car elle aussi a ses gémonies ! !

Ils ont voulu sauver un malade en lui administrant le poiscm à fortes doses ! L'effet du poisoi^ est évident, contasté ; et l'on nous dit : << Continuez; cela vous guérira ! I "

Le remède a tué la tête^ et l'on nous dit : <' Redoublez, cela ^< sauvera le corps l ! " •

Le gottvememeni reupotuaUe que l'on nous a infligé est.Ia n&gptàxm de 3 la dérobciatie ; et . des charktané Pafficîiept

%^0Ot ym ^0^09^ poiMuit Q99 viùtf^ ; ^^ B^t^tt^* ioiaiUible- ppuir '^ iair« ^es.d^mpQT^tw 1 1 ^' .. : ,. . ,,,

- Me^enr^i il. y 4 pourtant im. jaojea bief) plas iacilAp hi^n, j^us directi bien plus certain de fonuf r un peuple aux insti-* tiUioiia répu))MQaine8| ^'e^t de les lui donner ! ...

j Teutee. 1^ fio^ioua oonstitutionnelliss imaginables ne peu% vont jamaift te^ir Uou d^ la vérité^ du droit, du bon ^ena 1 . ,

En Angleterre où il fallait faire concorder deux ipirinçâpe^, apposés: où Pon -voulait mettre sur un pied d'égalité, Pindi* vidu et la cpmmun^vuté, la partie et le tout ; où l'on voulait faire resplendir également l'ombre et la réalité ; où l'on vou^j lait enân concilier, ce qui, de tout temps, a été inconciliable, le' oui et le ^on,' le vrai et le faux, la souveraineté d'un homme avec la souveraineté d'un peuple : il. fallait bien avoir recours à ces fictions, car on ne pouvait pas faire accepter des anomalies grossières sans violer la logique dans les institutions

Résumez cet ensemble d'idées traditionnelles, de conces^ sions, d'empiétatiôns, de coutumes, de j^réçédents qui sont lé' fonds et la forme' de la constitution Anglaise, eh bien, qu'y trouvez vous ? Un rendez-vous de contre sens ; une enrégi * mentation de principes contradictoires ; nn combat perpétuel du droit contre le fait«.

Cela. fonctionne pourtant! Oui, parceqne dans la pratique on ne tient au compte de la théorie; parceque, comme -je Pai. déjà dit, celle-ci détruit invariablement oelle-là.

Si l'on voulait rigoureusement et sans modifications appliquer les théories constitutionelles anglaises au fait journalier^ a l'administration pratique, la société politique croulerait de suite ; elle ne. subsisterait pas deux heures.

Mais en Canada, Messieurs, pourquoi s'obstiner à continuer toutes ces fictions, d^ pratiquer tous ces détours?

Pourquoi faire une si prodigieuse dépense d^esprit pour n'abdutir qu'à des absurdités ? Pourquoi tenir «1 fortement à des îfuititulions doni les.ipuagessontsi compliqués, dont lefooc-. tionnement est «i ,pe^ cemprében^ible pour la m^s^e. de la population ; à des institutions qui ont 'été faites pour un autre temps, destinées à une société constituée j5ur4os bases esseji* tiellement difiérentes ?

. Mesaienis, c'est un fait qui n^» pia.beçoio 40 preuvesi. que

l'Angleterre^ malgré la puisssance de son aristocratie, maiche vers la république : eh bien, eu Canada^ o i la [république seule est possible, où elle n'a» ni intérêts à combattre, ni boureversements à opérer, il existe des hommes qui lui tournent le dos pour rétrograder eu plein régime constitutionnel, qui est ' synonime de monarchie tempérée ; et qui affirment qu'un excellent moyen pour aller en avant, c'est de marcher 4. t^^" culons ! ! !

Enfin, Messieurs, j'en viens à une dernière objection, la mpins raisonnable de toutes peut-être, ce qui ne l'empêche pas de faire de l'effet sur bien des esprits.

" Eh bien," nous disent ces gens, quand, traqués d'objections en objections, ils finissent par avouer qu'en effet il y a ïjien quelques raisons plausibles en faveur de l'annexion, " eh bien, tout cela serait-il vrai, il reste encore une raison *f péremptoire contre l'annexion ; c'est la perte certaine, la " destruction inévitable de la nationalité canadienne ; et puis ^< qui sait si la religion se maintiendra ; qui sait si elle ne " sera pas persécutée ? "

Cette objection encore est inspirée par la peurde l'inconnu» l'ignorance du pajssé et du présent ; elle prouve de l'irréflexion sinon de la mauvaise foi.

Messieurs, qu'on suive l'histoire de la politique Anglaise en Canada depuis cinquante ans ! l'intention de nullifîer, défaire disparaître les Canadiens-Français, ne perce-t-elle pas. a chaque acte administratif; à chacune des modifications qui ont été faites à nos différents, sy ternes politiques par le gouvernement niétroigolitain ? Ne perce-t-elle pas dans chaque dépêche, dans chaque rapport fait aux autorités impériales ? Avant 1837, le bureau colonial n'a-t-il pas censuré les deux seuls gouverneurs qui eussent témoigné de la sympathie, montré le désir sincère de rendre justice aux habitants du pays ? • En 1842, Sir Charles Bagot n'a-t-il pas été brutalement réprimandé par lord Stanley, parcequ'il avait agi en honnête homme ? On prétend même que c'est à cela en grande partie qu^il faut attribuer sa mort !

N'a-t-on pas, dés 1822, esayé de nous imposer l'Union, afin de nous affaiblir ? Et cela à la suite presqu'immédiate d'une guerre étrangère où nous avio)i6 eu le malheur de faire triom-

pheret conséqnemioent de river sur nous le despotiBme da l'Angleterre?

Voyez cette phrase du rapport de lord Durham :

<< Jamais la population Anglaise du Canada ne tolérera << l'autorité d'une chambre d'assemblée dans laquelle les ** Français (nous n'étions pas même des Canadiens) Mttf- éUA^urnt '^4mÊ^la ^majorité, OU MEME QUELQUE CHOSE D'AP- « PROCHANT."

*' Le caractère national qu'il est nécessaire de donner au ** Bas-Canada est celui de la grande race qui doit dominer <* tout le continent de l'Améri4ue Septentrionale." . . ^

Messieurs, cela est-il assez clair? Notez bien que c'était un écrit avant l'Union. Or avant l'Union la population pu Bas,- Canada se composait de cinq cent mille Cafiadiens-Français et d'environ ceut quarante mille Canadiens d'autres origines. La phrase de Lord Durham voulait donc dire :

** Malgré la disproportion des chiffres^ il faudra donner ** plus de représentants aux 150,000 Bretons qu'aux BOOfiOO ** Français ; sans cela les Bretons ne seront jamais tran- " quilles."

Trouvez-vous qu'il y ait là beaucoup de sympathie, de respect pour la nationalité canadienne ? Serait-ce là dessus qu'on s'appuie pour prétendre qu'elle ne court aucun risque de la part de l'Angleterre ?

Conseiller de donner au Bas-Canada le caractère Anglais, est-ce dire : ** respectez la nationalité, la langue, les institutions Canadiennes ?

Voilà les conseils donnés par le Haut Commissaire envoyé par le gouvernement Anglais pour juger de l'état politique du Canada : voyons comment on les a appréciés en Angleterre.

En 1839 et 40 des débats ont eu lieu, dans le parlement An-, glaifl, relativement aux afiaires du Canada. Le rapport de lord Durham était la source à laquelle les ministres et les membres du parlement avaient puisé leurs informations. Ce rapport était un tissu de contradictions, et à côté de l'aveu formel que le pays avait toujours été mal gouverné, que la partie française de la population avait toujours été maltraitée, se trouvait le conseil non moins formel de la nuUifier au moyen de lois exceptionuelles.

Eh bien; quelle était la tendance générale des débats de

ÎÈ^ et 4Ô daûs le parlement impérial ; <}iiel était leur tfspittf y a-t-il eu dans la majorité du parlement et chez les mmJMnMS seulement ^apparence du bon touloir ettrersAon»? Avansnons ti-oavé beaucoup de dèfensetmr dans les eomntonés? Trois on quatre hbmmes ont élevé Ift "roix e& fa'renr du pays, et leur Voi^ a été dominée^ étonne sotis l'esprit d^ostilité «nvers la ratefrunçùi^e. Le ministre des eofc^les de' eette époque^ le premier ministre actuel, lord John RusseH> sonte^ nànt le projet d'imposer l'Union au Bas^Canada San» eda consentement, à, dit en toutes lettl-es : ^ Après t(mt> nn peu plntd^ *^ ou un peu plus tard/ les Canadiens-Françafs doite^t dispa- " rîtître : " Et la conclusion était : " en leur imposant l'Union^ ^^ nous ne faisot^ donc que hâter tm peu nn événement cen- '« tain."

Ëât-ce encore là ce que les partisans de la domination anglaise regardent comme une garantie que notre nationalité sera toujours respectée ?

L'Angleterre a-t-elle tenu compte de la nationalifé Canadienne en décrétant, dans l'acte d'Union, que les procédé» de la législature se feraient exclusivement en Anglais ; que 600,000 Bas-Canadîens seraient représentés par le même nombre de membres que 400,000 Haut-Canadiens T

Pourquoi donc, après les troul)les de 1837, a-t-on rendte ati Haut-Canada sa législature, et pourquoi ne l'a-t-on pas rendti au Bas ? Pourquoi nous a-t-on imposé le conseil spécial, à la formation duquel le peuple du pajrs n'a aucunement contribué?

Sont-cô là les faits qui rassurent, sur Farenir de la nationalité Canadienne, les partisans du régime colonial ?

Qu'on nous montre donc Un seul acte de justice réell^y sans arrière pensée, sans restriction, sans réticences, de la part de l'Angleterre ! Oela est impossible, car l*octroi même de cette impudente duperie appelée ^cnrvemement responsaèief Boarche de pair avec l'imposition d'une dette qui n'était pas la nôtre.

lï y a donc pour lô passé, certitude, preuve irréfragable que

'l'Angleterre a toujours été hostile à la population Canadienne !

l^oar l'avenir quelles sont nos gamnties, si nous restons èolcj-

nie Anglaise ? Dans nos dominateurs, nous vojnons nos «ime-

mis ; dan? nos juges en dernier ressort, nous Toyonts le» orga-

— IW —

fiisatoûn du syatâme aetaeV qui- de Paveu mêxae de touS' les journaux ministériels actwis, avait été coaçu dans leW dd nous écxaser l «

— ** On n'y a pas réussi^" ohantent-ils en cœnr au moindre eigne

— ^Eh bien, cela semit-il vrai^ vous admettez toujours que l'intentH>n était telle ! serait-il résulté du bien du g0itti>eme^ ment resjNNMo^y— ce que je nie absolument^ il est donc certain que PAngletene ne nous l'a donné qu'avec PUUéntion qu^U noua fût fatal/

' Cette nationalité Canadienne à laquelle vous vous cmm* ponnez hypocritement, après l'avoir lâchement reniée, n'a donc aucune garantie de sécurité avec l'Angleterre Y

D'ailleurs, quelle réponse avez-vous invariablement fahe à ceux qui ont proposé de demander le rappel de l'Union ? Que l'Angleterre n'y consentirait pas ! ! Elle veut donc maintenir à tout prix une combinaison qu'elle a inventée, dites-vous, pour noyer la population Canadienne française I De VotTe propre aveu, l'Angleterre nous est donc hostile t De votre propre aveu, notre nationalité court donc avec l'Angleterre les plus grands risques ! f Et persoime ne peut nier qu'avec Tes institutions qu'elle nous a données, nous ne soyions à sa merci.

Avec les Etats-Unis, au contraire, nous avons, dans les institutions mêmes, toutes les garanties nécessaires. Personne n'aura le droit ni le pouvoir de s'immiscer dans nos affaires locales ; nous serons les maîtres absolus de notre organisation intérieure : nous ferons notre constitution, nous réglerons notre administration locale sans l'intervention d'aucun pouvoir politique extérieur, serait-ce même le gouvernement fédéral. Les lois exceptionnelles sont chose impossible avec les institutions Aniéricaines ; sous le . régime colonial, elles sont le fonds du système / /

Le seul pouvoir au monde dont nous serons justiciables, sera la cour suprême des Etats-Unis ; tribunal sans égal dans le monde par l'importance deses attributions, et dans lequel nous sommes assurés de trouver toutes les lumières, toute l'indépendance du pouvoir, tonte l'impartialité que l'on peut désirer chez ses juges.

^ Ce'ii^éat ni le ^arlerùent impérial^ ni- le* conseil privé qifî hôftis ofBrtdht lés mênies gârantîesl '

On nous parle de fédération des coibnies. Eli bien je sdp^ pose que ce projet' reçoive son' exécution ; il' n'y a pas de doute que les deux Canadas resteront unis ! Cela itie partiit inéhritable! - —

' On ne nous donnera la fédération qu'à cette condition. •' î^eraienf-ils séparés, il est évident qu'on né constituera pas •une cour suprême avec des attributions analogues à celles de la cour suprême des Etats-Unis ; car l'Angleterre' retenant la suprématie, elle ne nous octroiera pas d'institutions sérieusement démocratiques ; elle modèlera; toujours notre organisation sur son gouyerniement: constitutionnel ! Cela étant, qu'il survienne un conâit entre le Bas-Canada et une autre province, par qui sommes-nous jugés? Par notre ennemie, l'Anr gleterre, dont les sympathies seront d'avance acquises à toute partie adverse au Bas-Canada.

Avec les Etats-Unis, nous n'aurons pas à lutter contre les sympathies de race, les distinctions d'origine, car ce n'est pas au pouvoir politique que nous aurons affaire dans le cas de conflit d'un état avec un autre, ce sera au pouvoir judiciaire, dont l'organisation est irréprochable.

Et puis voyez donc les Français de la Louisiane, qui en 1803 ne formaient pas 40,000 âmes ; ont-ils perdu leur langue, leur caractère national ? Ne sont-ils pas restés plus français que nous de toutes manières ; |)ar les souvenirs nationaux, les relations plus intimes avec la France, la littérature, une meilleure conservation de la langue et de la prononciation française ; et même par la facilité et l'élégance de l'élocu* tion?

Ne sont-ils pas aujourd'hui plus avancés que nous sous tous les rapports ?

Le Code Louisianais est un progrès même sur le Code Napoléon ! Nous, grâce au régime colonial^ nous ne sommes pas sortis de la coutume de PaHs ! !

Và-t-on dire que les préjugés de race existent en Louisiane t Mais le lieutenant gouverneur de l'état est français ! Un dès sénateurs de l'état est français ! Deux sur quatre des niembrès dis l'état à la chambre des' représentants fédérale «ont français I , ,

* 'L'OHttew de la ohambro des représentants de la Louisiatt9 le Secrétaire d'état^ le Secrétaire privé du gouyerneur, Paudi* leur des comptes^ l'arpenteur général, plusieurs juges, beau-^ coup d'autres officiers publics sont français I

£t remarquez, Messieurs, que la population française de la Louisiane est aujourd'hui en grande minorité !

Pour nOiis, Canadiens-Français, nous formons l'immense majorité de la population du Bas^Canada ; nous somlnes cin^ contre un, et nous n^avons pas un employé sur quatre dans les fonctions publiques et dans les -bureaux du gouTemement ! !

Si l'Uriioh et le régime actuel subsistent, il y a certitude que dans dix ans la population française sera en minorité, car on a déjà réussi, au moyen de supercheries de tout genre à faire croire que les populations du Haut et du Bas-Canada fl3nt arrivées à un chiffre égal.

Avec l'annexion l'Union étant nécessairement dissoute, la population Canadienne- Française se trouve tout-à-coup dans une majorité telle qu'il sera à peu près impossible, même avec une immigration américaine do la dépasser en nombre d'ici à un demi siècle et plus» Ici l'exemple de la Louisiane où la population Française est aujourd'hui en minorité, ne prouve rien, c€ur elle était si peu nombreuse en 1803 qu'il n'a fallu une immigration de moins, de deux mille âmes par année en moyenne, pour la mettre en minorité ; pendant qu'aujour^ d'hui, pour nous mettre en minorité dans le Bas-^Canada, une fois l'Union dissoute, il faudrait une immigration de vingt cinq mille âmes par année, pendant près de quarante ans ; voilà ce qui, à mon avis, est impossible, car l'émigration irlandaise dans le Bas-Canada, n'est déjà pas considérable et dinûnuera des trois quarts, quand nous ne serons plus une colonie Anglaise.

Maintenant, serait-il vrai que nous dussions être en mino-^ rite sous peu d'années, même avec l'annexion, nous devrions encore la préférer, parceque sous la i constitution fédérale et au moyen d'une organisation strictement démocratique nous aurons des garanties et des moyens de défense que nous n'aurons jamais si nous restons colons anglais.

Quand au danger -que le catholicisme pourra courir sous les instittitions amériostines, c'est encore là une de ces ridicuias

ftppiéhensioQs qui déooalent de l'iiréâexioii oades ftéjagëA» Ces dangers n'existent que dans l'imaginatitMi des égoistes ect des ambitieux qui se font prophètes de malheuTy paytceque le système actuel leur profite 1 1

Ce n^est pas tant pour le catholicisme que l'on craint que pour sa propre position personnelle.

D'ailleursi ceux qui éprouvent ces craintes sont ou des ea*' tholiques zélés et sincères, ou des indiâerents, ou des hypo* crites. Aux premiers l'on peut dire : << Voyonsi montres '( donc un peu plus de foi I " £t à ceux-ci je dirais | ^'Quand << à vous, qu'est-ce que cela vous fait, au fond ? " , Les dangers extérieurs que le catholicisme peut courir aujourd'hui sont de deux sortes : dangers résultant de l'hostilité du gouvernement, dangers résultant de l'hostilité des autres communions chrétiennes.

Je suis loin de croire que le gouvernement métropolitain puisse jamais penser à commettre des actes d'agressfon directe contre le catholicisme, dans le pays.

La liberté absolue de conscience est un droit tellement consacré et reconnu aujourd'hui dans tous les pays du monde civilisé, à l'exception de l'Italie, qu'il ne peut venir à l'esprit de personne d»la violer ouvertement.

Néanmoins, l'ordre religieux a, dans presque tous les pays certains points de contact avec l'ordre social ou politique ; e^ quoique la liberté de conscience soit pleinement reconnue, e4 Angleterre, comme un droit imprescriptible, vous avez vu quelles colères, quelle exploaioA d'indignation un acte de juridiction purement spirituelle y a récemment soulevées. . On y a vu avec ombrage, avec défiance, la création de quel? ques sièges épiscopaux. Des assemblées nombreuses et multipliées dans toutes les parties de l'Angleterre, tout en re-r connaissant aux catholiques le droit de suivie les rites du ca^ tholicisme, leur ont contesté celui de l'organiser hiérarchi-* quement sur le même pied que dans les autres pays. La population anglaise n'objecte rien au fond, c'est à la forme qu'elle en veut ! Le mode lui importe beaucoup plus que le jfait ! Elle permet bien aux catholiques d'être catholiques, mais à la condition quHls ne froisseront jamais les goûts ou les préjugés des autres dénominations religieuses ! , Les catholiques peuvent bien avoir des évêques; mais À la

oonditioa quHi» ne seront pas tltulaireft d'une ville dans laquelle exista déjà un siège épiscopal de Péglise établie par la loi* Si im évéque catholique ose prendre un tel titre on dé« elare ia société en danger, et l'évêque perturbateur du repos public I

Est-ce lày Messieurs^ ce que l'on appelle de la tolérance ?

Eh bieiiy des protestations d'assemblées publiques ne fortùJVd pas la loi du pays^ les catholiques d'Angleterre maintieanent leiu nouvelle hiérarchici parceque les lois ne la condamnent pasi paroeque le cri de l'intolérance n'impose des •bligationB à personne^ parcequ'ils se considèrent pour ainsidire> à l'abri des attaques en se plaçant sous l'égide de leur érait naturel ; enfin parcequ'ils espèrent voir une efferves- <ience aussi déraisonnable se calmer peu*à-peu: mais par malheur, sous notre heureuse constitution, on n'est pas quitte À aussi bon marché. Voilà que le premier ministre s'en mêle, propose une loi d'intolérancei et cette loi, après quelques difficultés, passe à une forte majorité ! ! Devant le parlement Anglais, les droits, la justice, le bon sens sont moins que rien et Pexpédience est tout.

Tout cela ne prouve pas, je le sais bien, que le catholicisme, en Canada, soit exposé à des attaques directes de la part du gouvernement métropolitain ; mais cela prouve encore beaucoup moins que la nation et le gouvernement Anglab soient remplis de sympathies pour le catholicisme. Le gouvernement n'attaquera pas, je l'admets ; mais supposons, ^-ce qui n'est pas impossible, après tout — que l'on nous sus^ cite, quelque jour, une mauvaise chicane, dans le genre de celle que l'on a faite à la nouvelle hiérarchie catholique anglaise, chicane ridicule, que l'on peut très proprement qualifier de quereUe d^AUemands ; quels seront nos juges, tant que nous serons colons anglais ? Précisément ceux qui, en plein XlXme siècle, ont* fait de l'intolérance en parole et en action ; ceux qui ont abusé de leur pouvoir jusqu'à violer la plus sainte de toutes les libertés I

De ce qu'il est très improbable que le gouvernement anglais ne commettra pas, contre le catholicisme, des actes d'agression directe, il ne suit pas que les individus, ou les diverses eomxDUBÎOBs protestantes n'en commettront jamais* Si le cas arrîTe où est notre sauveguide ?

La constitution ? Il n'en existe pas pour le Parlement anglais ! ! Son pouvoir n'a aucunes bornes ! Il est impossible de lui définir une limite ! Le Parlement anglais jouit d'un pouvoir despotique ! Rien ne le lie ! Rien ne l'arrête ! Qu^U soU ejppédient de commettre la plus atroce immoralité politique^ il la commettra sans hésiter, car il n'est lié ni par une constitution écrite, ni par les droits d^autrui ; la coutume est qu'il soit tout puissant ! ! Maintenant peut-on croire que, dans le cas de dissentions religieuses en Canada, l'Angleterre sera beaucoup plus tolérante, beaucoup plus juste envers nous Canadiens-Français qu'elle ne l'a été vis-à-vis d'une portion d'elle-même, les citoyens catholiques anglais ?

Peut-on croire qu'elle sera beaucoup plus indulgente envers des étrangers qu'envers son propre sang ? Cela serait déraisonnable ! !

Avec l'annexion toutes ces possibilités d'aujourd'hui s'évanouissent ! Tous ces dangers tombent dans le domaine de de l'impossible.

Sous les mstîtutîons américaines, aucune autorité ciyile ou 'politique 4ie peut s'immiscer dans les affaires religieuses ! La constitution fédérale est expresse sur ce point : et le Congrès est soumis à la constitution.

De la part des individus ou des sectes, les agressions sont bien absolument possibles, mais comme celles-ci ne peuvent jamais compter sur l'aide du gouvernement, même si elles avaient ses sympathies, les dangers sont beaucoup moindres^ D'ailleurs les préjugés contre le catholicisme sont loin d'être aussi ^rts dans les Etats-Unis qu'en Angleterre ; car ils ne prennent pas aussi immédiatement leur source dans les anciennes guerres de religion. Les souvenirs de localités, et et conséquemment les récriminations et les haines qu'ils suscitent et entretiennent y sont à peu prés disparus. De bons rapports constants entre les catholiques et les protestants, la conviction intime que tous ont les mêmes droits, la certitude absolue que les lois donneront 'égale protection aux uns et aux autres ont fait disparaitre tout désir, comme toute possibililp de collision.

Dans toutes les parties des Etats-Unis^ des sdUscriptiaKvs généreuses, considérables ont été faites^ parmi les prote^tats

des diverses communiens, pour contribuer à Pérection d'églises catholiques. Cela s'est vu dans toutes les villes un peu étendues où la population catholique était pauvre ; et nommément à Burlington, à Albany, à Troj, à Rochester, à BuÔalo. C'est à Rochester, je crois, qu'une somme de $5,000 a été souscrite par un seul protestant pour la construction de l'église catholique. Ceux qui ont suivi le Freemen's jouma] de New- York y ont vu le récit de beaucoup d'actes sembliables de libéralité et de tolérance religieuse !

Sans doute, ces dons généreux n'étaient pas un hommage aux doctrines ; mais ils étaient faits dans le but de fournir aux catholiques qui en étaient privés les secours religieux,* parcequ'on les regardait comme un des plus puissants moyens de moralisation que l'on pût employer. Qu'elle qu'en soit la raison, le fait est infiniment rassurant.

L'incendie du couvent de Char leston, il y a quelques années, ne prouve rien, car les émeutes se font toujours à propos des prétextes les plus futiles, et celle-là, particulièrement, n'était pas l'effet direct de l'intolérance.

A Rome même, des émeutes ont eu lieu, souvent, des violences graves ont été commises par la populace contre les cardinaux, les couvents et les moines! Ce n'était pourtant pas la haine contre le catholicisme qui inspirait les émeutiers. Que conclure de cela ? Que dans toutes les grandes villes, }es. émeutes sont assez souvent incontrôlables pendant quelques heures, et qu'il n'est pas toujours facile de les prévoir ou de les réprimer. Mais quand une fois l'émeute repoussée, la loi reprend son empire, et que les coupables sont punis, et que ceux qui ont souffert sont indemnises avec justice, il n'ept plus honnête de répéter la même accusation contre les individus, ou les institutions d'un pays. Ainsi, à Charleston, les émeutiers ont été punis ; les sœurs ont été amplement indemnisées, pourquoi donc citer opiniâtrement ce fait à la charge des Etats-Unis ?

• Cela ne prouve rien autre chose qu'un manque absolu de bonne foi chez.ceux qui s'en servent uniquement pour excite r les préjugés I

Ici encore je vais citer en ma faveur une opinion non suspecte, celle du révérend M. Chiniquy, qui écrivait il y a dçux

ânSf à 80X1 retoTir des Ëtats-Ufiis :/<^qu'il ^tait abmhunoQi ** faux qne l'exercice du culte cathoHque j lut gêné en aacu» « ne manière> y fut même Vu d'un mauvais œil ; et qu?il n'y '* courait aucun danger quelconque d'aggression sérieuse»'^

Enfin Messieurs, après l'annexion nous aurons non aeule^ ment les plus amples moyens de déifense par la constitution^ les lois et la nature des institutions ; Biais «nous aurons dans no$ propres mains tous les moyens de défense possibleBy» même ceux de résistance physique, et nous en aurons seuis^lè èontrôle hors le ces de guerre étrangère.

Un article de la constitution de l'état de New-York contient la clause suivante,~*-et il en est de mJme dans tous -les états de l'Union.

« LA MILICE DE L'ETAT DEVBA TOUJOURS ÊTRE « ARMEE, DISCIPLINEE, ET PRETE AU SERVICE ! !.

Messieurs, avec une semblable disposition qu'auronsrnous à craindre? Nous avons aujourd'hui une milice, mais à quoi sert-elle? La discipline-t-on?,Lttî j9erm6t£ratY-o» de s^qT' Tner ? Non, Messieurs, on ne verrait pas plutôt un légiment de milice canadienne complètement équippé, qu'on en prendrait de l'alarme !

Le gouvemememt sait encore mieux que nous, que si, en 1837 chaque habitant du pays eût eu son fusil, nous saurioncr aujourd'hui, par ej:périence, que les institutions américaines valent mille fois mieux que le régime colonial !

Quand nous aurons pour nous la constitution et la loi, tous les moyens de défense possiblesi, légaux, physique et moraux, il y aura alors certitude que nos droits seront toujours res-^ peotés, car personne n'aura le pouvoir et par conséquent le désir de les violer 5 aujourd'hui nons n'avons aucune de ces gajanties. T

Maintenant, Messieurs, ne trouvez-vous X)as que parmi toutes les singularités que nous avons vu pulluler depuis troîa ans, celle du changement de rôle, de position relative qui s'est opérée dans les partis, mérite quelqu'attention t

liT'est-ce pas un fait très remarquable que l'attitude actuelle de la population canadienne/— -ov au 'moins de cetu: qui la représentent dans la législature provinctàl^r-mu la question de fémancipatiaai du pays ?

Car enfin ^e voyons-ocmé aujourd'hui ? D'W iCÔté presq^a

ton» eenx de NOS CHEFS qtri en 1837 regardaient l'émancipation comme on moyen in&iilible de prospérité et de progrès devenus rétrogrades et 0e cramponnant à la domination an* glaise comme un a&mé à un buffet bien garni ; dé l'autre. pL partie la plus saine de la population anglaise qui^ en 1837^ fiovM combattait de tout son pouvoir et voulait à tout prix maintenir la connexion avec PAngleterrCi entrant délibéiem^ ment dans la voie qu^ ioua lui avons tracée et demandant J'annexion aux Etats-Unis.

Nous nous laissons déborder de toutes parts par nos anciens adversaires l

. Nous faisôna du progrès à la mode des gouvernements ita» liens 1

Ce sont ceux i^ue l'Angleterre à toujours gâtés, pour ainsi- 4ire^ qui comprennent que le temps de la séparation est arrivé ; ce sont ceux qu'elle a de tout temps maltraités et insultés ^ui lui prodiguent de sales protestations de loyauté I

N'est-ce pas là là preuve la plus évidente que le gùwûerr nermeni responsoMe nous a dégradés^ au point de vue du sentiment national ?

«Si nous avions eu au pouvoir, il y a deux eus, des homm^ ohpeuj>ius foitSi ou plutôt un peu moins nuls, ils auraieijt pu faire à la population Canadienne la plus magnifique position. Sans prendre la direction immédiate du mouvemei^t annexiotmiste, ih se fussent empressés d'«n pro$ter pour &ir6 «entir à l'Angleterre que lespi^ugés locaux étaient disparus, que l'opinion avait marché I ,

Un semblable mouTieoBieat venant de la population Canadienne seule n'eftt pas manqué d'irriter profondément ie peuple Anj^ais ; venant des deux populations simultan^ent, il était la preuve la plus décisive que l'ee^t de désaffection n'en était pas la seule cause.

L'adhésion de la population anglaise nouf donnait^en droit, gain de cause, en Augleteire, dans oe long procès dont i^s malheunf de 1838 n'avaient qu'qjoumer la solution^ Nous dévenions forts non seulement de toutes les raisons actuelleis, çiaisde toutes les raisons d'autrefoisi, dodt la justesse était tacitement reconnue par une partie adverse et toujours passionnée écMitre nous.

' .1. .. té. •>> ...^

Les evéaemen tt Tenaient au devant de nous, en quelque

î sorte ! Un peu de désintéressement, un peu d'esprit public, un peu de fermeté, un peu de sentiment d'hgnneur national, un peu de compréhension de la position, des besoins et des • destinées du pays, et nous étions maîtres de la situation î î

Rien de tout cela n'a été compris par ces hommes qui ont Pair de n'être NOS CHEFS qu'à la condition d'êfre en queue et non d'être en tête ! !

Rien de tout cela n'a été senti par ces momies du passé, ces restes d'une autre époque et d'un autre système, ce vénéra*ble assemblage d'antiquailles à précédents anglais ! ! / Ces hommes avaient mi grand et noble rôle à jouer !

Il était en leur pouvoir de hâter le jour où l'indépendance luira enfin sur leur pays ; mais ils ont trouvé bien plus beau de se faire les Cebères du régime colonial ; de mordre niaisement tous ceux qui découvraient quelque chose au-delà de leur petit empire intellectuel ! !

Ils appartenaient à cette catégorie d'esprits qui vous croient perdu, si vous dépassez leur frontière.

Messieurs, je ne crois pas que le pays ait été démoralisé par ces hommes et leur système, au point de repousser aujourd'hui en majorité, ce qu'il réclamait à l'unanimité il y a douze ans. Le peuple n'a pas pu changer ainsi du tout au tout ! L'ambition, les prétentions personnelles ne montent pas jusqu'à lui !

La corruption administrative ne saurait l'atteindre. ;' Il ne peut pas avoir oublié son ancien mot d'ordre : *< droits égaux, justice égale." Les individus peuvent changer, mais les masses n'ont jamais d'intérêt à trouver mauvais aujourd'hui ce qu'elles savaient être utile et juste hier.

D'ailleurs, si on a réussi à faire croire à bien des gens que nous jouissions d'institutions aussi libres que celles des £tats- Uttis, il' n'est pas possible de persuader aussi facilement à un pays comparativement pauvre et sans industrie qu'il n'a rien à envier à un pays quatre fois plus riche.

" On persuçide bien à un sot qu'il est homme d'esprit, et *' cela d'autant plus aisément qu'il est plus sot ; mais on île <« persuade pas de même à un pauvre qu'il ne manque de <« rien." (De Lamennais.)

; Or, Messieurs, il est un fait que tout le monde voit, que / ^out le monde sent; qui domine tous leis autres faits^; \m fait

qui explique le passé, et le présent et qui indique très clairex|ient l'avenir du pays, c'est le manque absolu de capitaux, c'est l'état de prostration complète dans lequel se trouve le Canada '•

au point de vue de la prospérité commerciale ou industrielle. • On a beau vouloir se faire illusion ; nos législateurs ont beau se renvoyer, d'uncôté à l'autre de la chambre, de plates félicitations sur les ressources actuelles et les progrès prochains du pays, tout cela n'empêche pas qu'aujourd'hui la gêne ne soit universelle ; dans le commerce parceque les banques n^osent pas escompter ; chez les propriétaires parceque la propriété est si dépréciée qu'un capitaliste ne consent à prêter 4Îe l'argent que sur des garanties qui décuplent en valeur les sommes prêtées.

Messieurs, il y a probablement aujourd'hui dans les banques de Montréal une somme de £5 ou 600,000 en dépôt ; eh bien quel est le cri général, dans le pays? Celui-ci: *'I1 n'y a pas d^argent, il n'est pas possible d'en trouver.'^ Et cela est vrai, il n'y en a pas dans le marché. Pourquoi cela ? Parceque la confiance est détruite.

Pourquoi la confiance est-elle détruite ?

Parceque les maisons qui, dans Montréal, se louaient £400 il y a quatre ans se louent maintenant pour £100 ou 150 au plus : parceque, dans les campagnes, les propriétés qui se vendent par autorité de justice ne rapportent généralement que le quart ou le tiers de leur valeur réelle, et souvent beaucoup moins : parceque qu'une propriété, soit â la campagne, soit à la ville, qui donne £350 de revenu et qui en vaut par conséquent au moins £5,000 en capital trouve très difficileiement un acheteur à une mise à prix de £2,500.

Eit-ce là ce qu'on appelle de la prospérité ?

Et puis. Messieurs, ne savons-nous pas tous que ceux qui empmntent à 6 pour 100 forment l'exception et que ceux qui empruntent à 12 et 15 pour 100 forment la règle générale ? (1)

Y a-t-il exagération à affirmer que chacun de ceux qui sont dans cette salle connait très probablement un ou deux propriétaires réputés^ l'aise qui cherchent de l'argent et n'en peuvent pas trouver ?

N'est-il pas à la connaissance d'un grand nombre d'entre

. (l) Il va sans dire que cette phrase ne s'applique qu'à ceux qui n'empruntent pas des oanques.

tcms ^ne dlans les campagnes m ^étnéral, le tatpc conmnm âe l'intéi^ entre cultiviitearay excède ordinairement 25 pour 100 et que les prêts à 50 pour 100 ne soûl pas rares ?

Maintenant passez attx Etats-Unis i et tods j rerrez des capitaux en abondance, les transactions faciles, la propriété «yant une râleur stable 0t é, Pabri des âoetoatioBs qu'elle ^proure ici»

Là les ci^talistes, les prôteors se dodoent datant de wt^A pour placer leur argent qu'ici les emprameurs poOr en trouver ! !

Là l'homme qui a besotm d'urgent eu fioare, gaits diffi" culte, sur des garanties arec lesquelles il est de tonte unpoesibililé de s'en procurer ici* •

JBnfm, Messieurs, il est renu en ma connaîssanee, ces joure derniers, un &ît qoj esl plus conclu^tu^ qne tout ce que j'ai ea l'iionneur de rous dire jusqu'à présent, et qui proure à l'érîdence combien sont erronnées, combien sont malhonnêtes, le9 assertions t êpélées à satiété par les journaux et les partisan» du régime colonial ^ ** qœ le Canada peut se regarder colzmïe <^ étant sbus presque tous les rapports, sur ua pied d'égalité << parfaite arrec les Etats-Unis*"

Derniérenient un lot de terre d'enriron deux cents arpent» en HUpCïâoie s'est Tendu dans )e roishiage d'Odeltovrn, Il était divisé à peu près par moitié p«r lu Ijguç entre les Stats- Unis et le Canada*

La psirtie qui est en Canada et sur laquelle sont construite» tme bonue loaison de ferme et ses dépendances, s'est ven^ due QUI5ZE FIAI^TRES L'AKPSNT, améliorations comprises : la pertib qui se tronre dans les Âaitfir-Vnîs et sor laquelle aucunes constructions n'existent, s'est veiidue TRENTE SIX PIASTRES L'ARPENT; et néanmoins la valeur intriusèque du sol étsût la même dans le» d^ox partie» U

Est^il besoin d'autre chose pour démontrer et expliquer l'abondance des cs^îtaux dans les Etats-Unis, et le^ rareté ici?

Eh bien. Messieurs, si tout le moasda n^ sait pus eocnr^ que notre gmsvermmanf TtspfmtaUe n'est qu'uxxe manvaisé parodie^ un absurde r^lfttrage des i n st it ut io n s xonstitntiouneOes de PAngleteire, tout le monde se ressent âe la dépréciation de la propriété et de la rareté des capitaux ^ tout le

monde souffre,; et.comn^e cet état de malaise général ne peut être améliore ou détruit sans retour t|ue ipsr I^ATïNEXION AUX ETÀTS-WnS, il ri»e8t pan pos«Me tpie la veiat à»ê intérêts généraux du pays ne fossé pas disparaitïe â^ici à pe« de temps la voi^c des intérêts individuels ou de cetene q^ii se liguent contre l'avenir parceque le présent lès enrichit.

Les annexionnistes ati moins se sont ralliés à uae gra&fib ^question d'intérêt national ; les anti-annnexionnistes se grou* j)ent autour des prétentions persormelles 5 de ce foyer de petite activité, dé jalousie, d'intr^es, d^avidité, de concupiê* cences qui s'appelle le gouvernement reeponsahèe / ! Et toat cela pourtant §è résumé en quatre mots : ^* Faiblesse, dis* ** crédit, nullité, comlption."

J'avais espéré, Messieurs, pouvt)ir renfenner dans le cadre de cette lecture quelques observations un peu apprctfondies ,6ur le système gériéri^ d'éducation suivi dans le pays, qui est beaucoup plus qu'on ne le croit géitéralepient, la cause de notre état d'infériori.é relative ; mais en travaillant ce sujet, j'ai vu qu'il était beaucoup trop étendu pour être ren*fenné dans d'aussi étroites limites. Je vais donc me coH'tenter, pour ce soir, de vous exprimer quelques observations générales sur lesquelles je târ^herai de revenir une autre fjis.

L'enseignement de nos colléges,:-*-qui peut bien être suffisant pour l'objet, spécial que l'on y désire atteindre, — ^ne touche à presque rien de ce que les enfants aunmt le plus de besoin de savoir quand ils seront devenus citoyens ; qusuid 'ù& auront pris, dans la société politique, la piace.qui leur est destinée.

L'organisation >poUtIque est lé principe vital des nationa- \ lîtés ; c'est le mode d'existence des peuples; on n'en dit pas un mot aux élèves*! ! Us . n'ont pas l'idée 'de la division des pouvoirs, ou des attributions d'un gourerneur, d'un minis- . tère^ d'une «chambre basse et d'une chambre haute ; mais par exenaple on leur fait lire autant que possible les ouvragés où la royauté est prônée comme l'organisation voulue ; par Pieu ; la démocratie comme celle résultant des* révolutions-; résultant conséquemment de la violation des lois providentielles ; n'étant isons^uemment rien autre chose que l'œuvre des passions des masses, le triste eâfet des aberrations ins

aa

]nFée9 aux peuples par le démon de l'orgueil ; d'où il,£niît néee98ai)reHie]it que loin de procurer, aux -peuples le bien-être matériel et moral, elle est infàillil^Maeatpow eux une adH-c^ féconde de .malheurs et de eatastrep&es.

Les lois sont la définition des droits indlivid^uets, l'expces' sicm des devoirs sociaux ^ on n'en ^nne pas aux élèves là. plus légère idée.

Les professeurs' sont d:es hommes totaïenient étrangers â la carrière que les élèves vont parcourir, et qui, souvent né con^ Uiaissent la société que parce qu'ils en appremnent au confes- «iopal; moyen qui, à mon avis, leur en donne souvent dcf» notions très fausses.

. Etrangers à l'esprit de leur siècle, ou en hostilité directe avec lui, ils appartiennent par leur position, leur genre de vie et leurs études à un autre âge. Tout ce qui est nouveau les effraie ! Tout ce qui ne date pas de deux ce^ts ans leur parsut tendre à détruire la religion ! Ils n'aiment et n'admirent que le passé, et encore le connaissent-ils mal : quand à l'avenir, ils n'y voient que dangers, bouleversements, ravages de l'impiété, combinaison de l'enfer.

Les règlements de nos collèges sont encore modelés, ïe plus souvent copiés textuellement sur ceux des petits séminaires français du dix-septième siècle ; époque à laquelle lés coutumes, les habitudes sociales, l'association d'aidées gênériales étaient essentiellement différentes de ce qu'elles sont ajijourd'hui. Le fonds du programme classique est resté le même, il n'y a que les accessoires de changés. En un mot, à voir comment lés choses marchent, on serait tehté de croire ./^ que l'enseignement est une pure affaire de routine et non << de raison et d'observation." — (Gasc) "On croit cultiver " l'esprit des enfants et exercer leur jugement en cha^geaait " leur mémoire ou plutôt en l'obsédant de mots qfu^ils ne com- " prennent pas, quî n'éveillent pas en eux le désir d'acquéiir " la connaissance de leur signification :" (Gasc) ou bien encore on surcharge leur Intetligehce d'idées qui ne s'appliquent à rien de ce qu'ils ont vu dans la famille ou la sociétéj et oonséquemment à rien de ce qui peut exciter leur attention ou captiver leurs sympathies. .

Au lieu d'aviver chez eux la curiosité, on la tue.

On classe dans leur mémoire toute une nomenclature dç

— rt7 —

mots latins doht ils igiKir^ift lé fia» sour^nt le senâ exact- ti qu'il leur est conséqaemniiea^-imjposêible d'appliquée juste.) de là des contresens^ de là «Misé^hn^nent dés peeaums.

frès souvent, dans les ej^plicAttons qu'on leur donne, rien ti'eat à leur portée, rien n'est tangible -à leur intelligence, Hen n'est propre à fixer fortement leur attention* Une difficulté métaphysique se résout par une réponse évasif e qui, le plus souvent, renferme une autre difficulté métaphysique.

L'étude devrait être potir les enfants un plaisir,-— et c'est là le seul moyen de la leur faire aimer ; eh bien, elle n'est <»' dinairemeiit pour eux qu'un labeur pénible, un ennui, une fatigue morale.

On leur fait étudier à fond les langues mortes, deveftues comparativement inutiles ; on leur fait à peine efReurefr les langues vivantes, devenues nécessaires! Celle que l'on étudie le moins, au collège, c^est sa langue naturelle, précisément celle qui devrait faire l'étude de toute la vie ! !

S[^us l'empire des institutions démocratiques ou constitutionnelles, l'art de la parole est presque une condition sïnè quànon d'influence politique : cet ait est complètement négligé.

' Ëous le prétexte de les préserver du mal, on tient les jeunes gens dans une séquestration moralô absolue ; on les laisse dans une ignorance complète de ce qui se passe dans le monde» En principe général, toute idée qui vient de l'exté-* rieur est regardée comme dangereuse ^ toute idée qui est en opposition avec celles que le professeur s'est formées est décidemment mauvaise.

Vingt-neuf sur trente des élèves d'un collège sont destinés à entrer dans le monde ; eh bien, comment leur représente-ton x;e mondé auquel ils sont destinés ? Comme un lieu de perdition où tout est mauvais, où tout est danger !

Dans les leçons, dans les exhortations surtout, on ne le leur présente que sous son plus mauvais côté : ils ont vingtneuf chances sur trente de s'y perdre.

Aussi, ne redoute-t-on rien autant, dans les collèges, que le moindre contact, de la part des élèves, avec ce qu'on appelle le monde. Les réunions d'amis, les plaisirs paisibles de la société, sont le plus souvent regardés par les supérif^^s

comiDJe des sojets babituels de «caadalesy des occasions de ohûte.

Od multiplie les prohibitioaay les contraintes» et l'on ne fait pas attention que les privations rendent les désirs plus ▼ifS) plus violents» les besoins, plus irrésistibles. Mille ckosies * qui sont sans cons^uence pour celui qui en a l'habitude» jpossédent des attraits inûnis pour l'enfant qui n'en jouit jamais. S'il les connaissait mieux» il les désirerait moins» éprouverait -moins de ce que l'on peut appeler des tentations mondaiues^ et se livrerait davantage à l'étude.

' L'homme est destiné à jouir de. la société de la femme.

Homme fait» elle est sa compagne nécessaire ; jeune homme» sa compagnie la plus agréable quoiqu'on en dise î enfant» son guide le plus sûr et le plus désintéressé.

Ce n'est que dans la société des feznmes que l'on trouve . tout*à-la-fois l'élégance dans les manières» la délicatesse dans les procédés» ce qu'on appelle en un mot, le savoir vivre, le bon ton. Ce n'est surtout que dans la société des fenunes, —et voilà ce que l'on me paraît ignorer totalement dans les collèges, — que l'on acquiert la décence parfaite dans les'coaversatioi«s et les sentiments !

L'honmie dont la jeunesse se sera écoulée au milieu d'une société respectable» quand même il aurait eu des relatiolis habituelles avec des femmes de bon ton, vaudra invariablement mieux que celui qui les aura constamment évitées. 11 fera plus £Bu;iiement et plus tôt son chemin dans le monde» car la société des femmes donne tout-à-la-fois plus d'aisance aux manières» plus de* finesse» d^plomb» de perspicacité et d'étendue à l'esprit.

Je ne prétends nullement qu'il faille lancer les élèves d'un collège dans la fréquentation journalière de la société» car cela serait l'excès opposé à celui que je blâme; 'mais je croîs qu'on leur ferait plus de bien en leur permettant quelquefois de s'y mêler; en. leur procurant» à titre de récompense, Is^ jouissance de ^quelques uns de ses plaisirs. Cela serait peutêtre un moyen d'émulation beaucoup plus puissant que les petites récompenses, de cloître qu'on leur distribue» souvent ' Stvec "que singulière paicûaonie.

L'étéve de collège en général voit trop rarement sa famille. •Un enfant n'y doit aller qu^uneibis par mois», pourvu qu'elle

réside dans la paroisse ou est situé le collège* ^* On lui chi' '' eane^ en quelque sorte, la maison paternelle*'* (OAtSC) Au collèg;e9 on lui permet de voir, sans difficulté, aux heures de récréation, son père ou sa mère ; mais sa somir, pas trop sou-» Vent, jamais une parente ou une amie de famille, si elle est jeune; l'amiç de famille parcequ'elle n'est pas sa parente) 89. parente parç«qu'une certaine familiarité est dangereuse entre jeunes gens ! !

On fait, en un mot, à des enfants qui ne sont pas destinés à la prêtrise, une vie de petit séminaire } on les façonne à do minutieuses régies, à des exigences multipliées^ je dirais près-* que au joug monastique*

Bien n'est s! beau que l'obéissance passive ; Toiià la rertu cardinale de Pécolier! quant à l'obéissam^e raisomiée, elle est un acheminement à l'orgueil !

Toute prétention au libre-arbitre moral, à l'indépendance de l'esprit ou du caractère s'appelle du Voltairianisme.

L*autoritê est tout et ne se trompe jamais ; l'individu n^est rien, et doit avoir une foi aveugle dans l'autorité. Est-elle par foiS; et je dirai aussi par exception, immorale, c'e$t uq péché pour l'élève que d'arrêter son esprit sur une faute qu'il a vue commettre à son supérieur.

Un professeur a-t-il été injuste envers un élève et lui a*t«il ifait subir une punition imméritée, on réprimande bien quelquefois le professeur, mais toujours en secret ; quant à l'élève, ou le punit ordinairement pour s'être indigné d'Un traitement Injuste ! !

Tout ce système, Messieurs, a pour objet, et en régie gé^^ nérale pour résultat, l'amoindrissement de la personndité ; la sujétion de l'intelligence, la nullification morale de l'individu.* Voilà ce qu'on veut, et dans neuf cas sur dix ce qu'on obtient ! Avec cela on conduit le monde !

P^nsie moyen âge, où le clergé, ou plutôt quelques ordres religieux seulement, pouvaient prendre en main la direction de l'éduçatiouj, il est tout naturel qu'où c^it basé le régime des écoles sur celui des monastères. *^ L'opinion dominante était << que les laïques n'avaient pa? besoin d'instruction, et le << clergé, dont l'ignorance générale a toujours &it la force» ^* veillait activement à ce que l'instruction fût, pour ainsi *< dire, concentrée en lui seul, et ne pensait qu^à former des

" prêtre?." (G ASC) Aussi, quand forcé par la marche de la civilisation» par les besoins de Pesprit humain et snrtont par la nécessité de conserver la direction de l'enseignement, le clergé ouvrit, en dehors des monastères, des écoles destinées aux laïques, eût-il soin de subordonner tout son système à cette idée : " Former des prêtres."

A une époque où le clergé seul était éclairé, l'édupation cléricale devait paraître évidemment la meilleure qu'on pût donner aux laïques ; et d'ailleurs le pape St. Grégoire avaitliéfendii, ''que les mêmes bouches consacrées aux louanges ^' du Seigneur, s'ouvrissent pour celles de Jupiter;" proscrivant par ces paroles toute étude qui n'était pas exclusivement religieuse ; tout ce qui s'appelle étude profane.

Aujourd'hui, Messieurs, que tout est changé, les lois, les mœurs, les idées fondamentales, les principes sociaux et politiques ; aujourd'hui que le clergé n'est plus en avant des laïques par le degré d'instruction ; aujourd'hui que les idées moiiastiques ne vivent plus que dans les souvenirs, que la vie monacale du moyen âge est réprouvée par la civilisation, il peut paraître étonnant que le clergé reste opiniâtrement attaché a un système d'enseignement qui a sa base dans un passé qui n'est plus possible et dans un ordre d'idée» qui est détruit sans retour ; mais il n'y a rien là. Messieurs, que la naturel pour celui qui a i^n peu observé et un peu étudié ; car comme le dit avec tant de vérité Benjamin Constant : " S'il f* est de l'essence de la religion d'être progressive, il est aussi '' de l'essence du sacerdoce d'être stationnaire et immobile " dans l'ordre des idées et des systèmes."

€'est dans l'immobilité générale qu'est son principe de vie, sa plus infaillible garantie d'influence.

Tout mouvement social est en quelque sorte l'abandon du passé et l'acheminement vers l'avenir. Or l'avenir est l'inconnu ; et pour le clergé, l'inconnu c'est le danger ; donc tout ce qui mène à cet inconnu doit lui répugner instinctivement.

Messieurs, ce qu'il faut aujourd'hui au pays, c'est un enseignement qui ouvre indistinctement toutes les carrières aux élèves, suivant les goûts, les dispositions, les talents particuliers qu'ils indiquent.

L^éducation raitonneUe est Vart déformer les hommes

jMur eux^mêmesy et pour la aociété à UiqueUe ils doi-cent <ip' partenir; (Gasc) c'est l'art de donner à l'intelligence une certaine direction qui soit en harmonie avec les idées générales ouïes besoins actuels d'un pays. Voilà ce que liôtre éducation ne fait pas ; voilà pourquoi elle e&t, sinon mauvaise en totalité, au moins très défectueuse.

. Quand un jeune homme; aprçs avoir séché pendant dix ans sur l'étude du grec et du latin, se trouve, une fois son cdars terminé, lancé sur la sséne du monde, il est dans la même position qu'un voyageur qui aborde en un pays étranger dont il ignore la langue. Il se fait souvent à lui-même L'effet du . perroquet Fer/- Vert tombant, san,s transition, d'un couvent de Visitandines au milieu d'un cercle de voyageurs un peu dégourdis.

g'il a un peu d'étendue d'esprit, il s'apperçoit laientôt qu'il a fait fausse route ; que beaucoup de chose» qu'il sait, il les sait mal : que ce qu'il lui faut savoir, sous peine do nullité, il l'ignore complètement ; en un mot il n'est pas six mois sans se convaincre qu'il lui faut de toute nécessité re^ faire son éducation. t

Il a étudié pendant dix ans : sur ces dix années il y en a six qu'il peut presque considérer comme perdues, et il faut qu'il étudie pendant dix autres années pour corriger les vices ou les lacunes de sa première éducation ; pour se débarrasser des notions fausses qu'il a reçues, des erreurs qu'il a glanées ça et là.

Alors il commence à voir qu'on ne lui a jamais présenté qu'un côté des questions que son intelligence devait approfondir ; qu'il a observé les faits, les événements généraux de l'histoire d'un point de vue toujours rétréci, souvent errçné ; enân il finit par se convaincre qu'il a été pendant dix ans le jouet d'une illusion, parcequ'on appliquait aux objets qu'on présentait à son examen des verres convexes ou concaves, selon qu'il était plus avantageux à une certaine catégorie d'intérêts de les grossir ou de les rappe tisser.

Si cet homme a de l'énergie, il prendra courageusement son parti, dévorera les livres, se lancera dans de nouvelles routes, et réussira à agrandir son intelligence, à perfectionner son éducation et à rectifier ses notions : s'il n'en a pas, il trouvera k tâche trop forte, s'effraiera de ce qui lui manque,

dédêâpèrem die l'aôqnénr, et NrhorneTa à* regretter «tér^emeiSt le tempd perdu qui ne peut revenir*

fieraitM^e exagérer, Messieurs, si j^affirmais que cette der« lûère catégorie présente quatre individus pour un de la pte;> filière?

>r>Mais me dira-t-on peut êtrô^ pourquoi tous ces reproches'à ^os collèges ? Où en 8erions*-nous si nous i^e les avions fù pus?

MèSâîeurs, je h'adresse de reproches à 'personne, je ne &îs qu'apprécier b situation, que retracer des faits que nous ayôxls tous observés : je tâche seulem^t de les expliquer.

J'àdmiels volotttieA qite le clergé n'a piû pu faire beaucoup ^lus que c& qu'il a hîL Je sais qu'il ne peut pas se plier ^ toutes les nécessités sodales de l'époque actuelle ; je sais qu'il n'est pas en son pouvoir de nous donner une éducation qui soit en parfaite harmonie atec les idées modernes et les; beigoins du pays, (car les idées modernes sont en contradictioa BVec les siennes; les idées modernes, c'est la démocratie*, dans l'ordre politique $ c'est l'indépendance de }a pensée daqs

l'ordre moral or l'indépendance de la pensée, le clergjà

la repousse ; et la démocratie, il l'accepte quand il ne peut p^ faire autrement, mais il ne l'aime pas :) je sais enfin qu'^ serait injuste de lui reprocher de ne pas entrer.de pied fera^è dans la voie du 'progrès: car le progrès, c'est ce qu'il redoute le plusi à moins pourtant qu'il ne le dirige, et l'on sa^it quelle «spèce de direction il lui dorme*

Ce u'est donc pas à lui que je reproche l'ittsuilbance de l'enseignement aetuel. Puisque lui seul a créé jusqu'à pressent des maisons d'éducation, à hii seul appartenait le droit de les régler ; et nous n'avons pas nous le droit d'exiger quîil adopté entièrement nos idées, ï'uisque nous allons chercher l'éducation qu'il donne, nous devons la subir. Nous ne |k)û- Vdns pas lui dem^ider d^en^ror dans notre sphàie quand iions allons tolontaûremeut le chercher dans la sienne. ^

Je maintiena donc que nous n'ayons nullement le droit 4^ demander au clergé d«^ changer son système d'enseigmaaMit

1^«r il Àe Ieiott8,l'kapo0e pas ; (1) stiedB* aussi ooKis ayons pltiornent oelui de lai dire : *^ Votre système ne nous conriedl ^ pins ; il entrave notre développement intellectael et indus- ^''tfiel ; il n^t^pas adapté à nstre situation. pditiquey ni A ^* notitf avenir natîoaail-: au point-de vue aoeial, il n^st pas ^ ^ la hauteur de l'époque. Voila pourquoi, nous allotie» 'pa^ ^* nos propres mofeifs «n créer un autre, séculariser Teiwei- ^' gneToetU afin de nous «ffranchir' de votre tuteUe-mforaie; ^ doter une ou plusieurs unmnÉxilés avec les biens des jésuites^ ^< qui n'ont servi jusqu'à ptéseat qu'à exciter vos convoitiâ»!; ** et dont le ffow^ememetU responsable ne s'est servi que pour " faire de l'întfiglie.»

Voilà ce que nous avons le droit de dire au ctergé ; Toilà surtout ce que nous devrions fsdre 'sans délai ; voilà enfin oe ^ue quelqu'un a déjà pensé à faire. Malheurenseanmal oe quelqu'un était le ohef^^l'unè administration qui, urriv^'àu pouvoir sous les auspices du libéralisme, a menti à sa mi^ioÉ. et senié son mandat, et ce chef d'administration ' s'est dit i ** Nous sommes au pouvoir : il est dans l'intérêt du pays ftie ** n&us y sùyions aussi longtemps que possible : notis pouvons ^influencer le peuple au moyen du clergé si nous savons ^< flatter celui-ci: le clergé a l'espoir d'accaparer les biens ^ des jésuites, eh bien, influençons le clergé au moyen des ** biens des jésuites que nous ne lui donnerons pa^Sy mais que ^ nous lui laisserons espérer d'obtenir \ et avec cela nous ** «uTons son appui cordial." \ Voilà, Messieurs, le calcul de l'administration actuelle !

Voilà pourquoi le projet de doter une université avec les biens des jésuites n'a pas été réalisé ! I

Ce projet est la seule idée un peu large en fait d'administration que le chef du cabinet actuel ait conçue, ou mieux, ait témoigné l'intention d'exécuter ; et ce projet a dû faire place à une intrigue de' coterie W ' ' On s'est dit ï ^* Si nous refusons au clergé les biens des je-

(1) Absolument, non ;

Mais relativement, oui, jusqu'à un certain point; car le clergé n'aioe pas les étdblifHements laïques, sous le prétexte qu'ils ne sont pas assez religieux.

Il vent exercer ion contrôle sur Penieignemeirt.'

Bt il est très possible que quand on voudra former des établisseroents laïques, le clergé consâUe on défende à la population de le fréquenter. . ^ . . .

f< fisîtes pool en doter une luiiirersité ààOA laquelle Pensai** ^ gnement ne. sera pas seu» aoii contrôle exclusifi^ }e clergé i* .oriera>: (comme s'il ne devait p^ crier ckaque fois que le f< pays fera un pas sans sa permission) et notre influence sera <.< aâaiblie dlautsint f. çh bi6n> ^joumons ee pra^t et laissona << sa réalisation à nos successeurs ; après nous le déluge*"

Ainsv Mes^ttfSy les membres ide l'adjoçônistration actuelle^ en qui le pays a mis toute sa confiance, ont ajourné^ en vue seulement de se maititenir au pouvoir^ la fondation d'un éta-blissement dont le pays a le plus grsuid besoin, qui imprimerai • une immense impulsion à. son progrès mQral^ et pour la dota-» tion duquel les moyens étaient tout trof^vés : et d'un autre eôté ils ont habilement dupé le clergé ; car tout en lui laissant entreroir la possibilité que les biens 4es Jésuites lui fussent abandonnés, om moins .en partie, ils à* a/musaient dans la têéeHi-'têtei axiK dépens de ceux dooti ils excitaient lescon-c^ Toitise»! . ,

Sous des institutions déneuaement démocratique^^ nos hom-^ mes puNics n'eussent trèft probablement pas fait passer avant leur devoir et les Vrais intérêts du pay^, le désir de capter l'appui du clergé, dont ils craignent aujourd'hui de froisser les instincts antt-démocrratique&; car soyez en bîçn convaincus. Messieurs, unç fois les institutions républicaines définitivement établies en Canada, le clergé^ même s'il n'est pas républicain par goût^ tâchera de le paraître, ou le sera par nécessité ; voilà pourquoi la réalisation d'une pensée démocratique qui k blesserait aiiyourd'hui, lui sera alor« indifférente ; voilà surtout pourqu^i> si mon& avons encore le malheur de placer au pouvoir des honnmes qui n'aient pas le courage de leur opinion^ ces hcnnmes ne craindront plus des foudres qui, même sous le régime actuel, ne sont redoutables qu'à ceux qui veulent bien en avoir peur.

Messieurs, j'ai essayé de vous démontrer :

1 ® . Que le àystême -poUtic^e actuel était radicafemânt i&auvâiâ ] qu^îl était condamné par la raison, par le droit naturel, par ses résultIUs généraux^ par les lumimes. publics honnéte9,^^û ftu moins non hostiles Ittt Canada, — de 1^ Graiiae Bretagne :

.3 ® . Que te CSa^iada eti était arriva à force de i^agesse ]^tîi^ueelde connaissances administratives à voit son bm4|0|L

«kkrgè dVsne àme de plus de $iB,fiOdJSÙOy somme qui fèfrésente presque le sixième de sa TÎchesse géoémle : (1)

3®. Qu'il en était arrivé, à fûree d'expédients économi-r qaes, à voir la propriété plus e^érée, pour ^s dépenses publiques, qu'elle ne l^est aux Etqjts-Unis) et même en Angles terre pour le même objet :

'4^. Que le régime oolenial aous eoûtait beaucoup plus que l'indépendance ne nous coûtera:

5®. Que la dépréciation sans exemple de la propriété, l'état de stagnation extraordinaire des affaires commerciales et de l'industrie locale étaient le résultat direct du régime co^lonial sous lequel le progrès politique et intellectuel de la masse des habitants d-u pays a été beaucoup pliîs pénible et plus lent qu'il ne l'eût été avec les institutions Américaines :

(1) Par -ait acte passé et sanctionné à la «essîon qui vient de finiri

le gonverneiaent est aort^oiisé à «mprunter, sur le créditde Ja pcovince*

avec la garantie du gouvernement impérial, une somme de $l6fi00^00

pour construire une pottion an chemin de fer de Halifax à Hamilton.

La dette totale du Canada est aujourd'hui de . . . $18,750)000

Kouvelie dette « . ^ l(64}QO«i900

Total •,,..,. 34,000,000 Cette somme formera 6-19me9, presque 1« tiers de la valeur .totale

de la propriété mobilière et immobilière du i»^b>

îîéanmoîns, M. ie représentant du comté de Vercbères a dit en

Chambre et en toutes lettres le S6 aoftt dernier, qiie mêiiie après cet

«mpront de $16»O90,0OO la. dielifes An Can«ilK si9r«|t msins Ibrte, rel^

vement, Que celle de la Pensy|vanie ] l Or la dette totale de la Pensylvanie etft de . . $ 40,000,000 La valeur totale de 4a propriété . . ^ . , 609^0^0

Proportion de la dette avec la ncfaeasa publique yfg

Pour le C«u9id^ une dette de $34,750,000 forr

merait, comme nous venons de le voir, près d* • • 1

de là richesse publique

Mais voyons maintenant quelle est, dans chaque pays, la proportion «vec la riehesM» gém^t^p^ «e J'ezoédsot tij^B hi iUtt^ pu^liimeiivr la ▼aleur des propriétés productives de Pétftt-

Valeur des tra- P/9p- *^^

▼aux publics Excédant kanehesse* Priipciété. de mot. deiaddeftlie. pcdi^Wf

Pensylvame, $600,000;000 32,000,000 8,000^gp0 ^g

Canada, lliO,O(K),0OO d,00Q#(K)p ai^aOO^OpQ «^

, Et voilà ewime en lêgisla^, e^ ^anftdai iiFec <^nnaisiuSS) de cause! J

Une paveitle fnwe de gns^èse |gnpmiiee4oq[néé par m hMDHS 4M^ le hAVMdiûv»«# tnelfturfi^ii «î j<wsM, giAiile gR'çi»»'/ mi^*

•^^. Qne sans l'aane!xkm tm fth môiiiB - sans l'e&troi par les Etats-Unis de la réciprocité comméfclale^ le pays n'avait aa* cune chance de Toir sa position s^mèyorér:

7 ® . Que la loyauté, telle qu'entendue dans le sens polftique était une de ces idées de conrentidn, un de ces préjugés des temps d'ignorance, une de ces chimères ridicules i&- ▼entées par le despotisme, que l'analyse et le raisonnenxent font évanouir :

' 8^. Que les institutions que l'Angleterre a imposées à ce pays n'étant qu'un misérable replâtrage de son système aristocratique et constitutionnel, elles n'étaient pa» applicables & nos besoins ni à notre position particulière, et cela pour deux raisons principales : lo. parçeque le principe monarchique oa le principe aristocratique n'ont aucune base solide, mêmv aucune racine possible dans notre état de société ; 2o. parçeque nos relations journalières avec les Etats-Unis nous démontrent tous les jours de plus en plus que les institutions républicaines sont les seules qui puissent nous mettre en état détenir honorablement notre pi ace, sur cette terre d'Amérique, dont le progrès est l'état normal ; et au milieu de populations auxquelles la liberté politique a fait prendre le pas sur nous :

. 9 ® . . Qu'à proprement parler, H n* existent pas, en Canada, .de responsoMliti gouvernementale, parçeque la responsabilité ministérielle ne remontait qu'à des subalternes : et en eôe^ là où le peuple n'est pas souverain, dans une colonie^ en un mot, la responsafyUUé gouvernementale est un non-sens, la rei^^HmsabUité ministérieUe, VLOd àupene.

10 o . Que les institutions américaines étaient, sans aucune comparaison, les plus parfaites qui existent au monde, et les seules applicables à notre position particulière : ' tl^. Que le résultat de ces institutions avait été,r pour les Etats-Unis, le développement moral et poliiique le plus complet, le progrès social, industriel et commercial le plus rapide et le plus extiaordinaîie ;qui se soûenl jamais ms chez fucnn peu|»ie :

, ti0 . Que l'annexion produihdt au pays des bénéfices itnmenses sous tous lés rapports î qu'elle fefiiit doubler de. suite «la valenr de la propriété ; qU'dâe amèxierâit iniliîlliblesient l'utilisation des forces motrices de noalnviê^; qtt^eile <Nih

nerait du prix à nos grams et aaynrait à. nos denrées efi«gé' tsétài de vastes débeuchés :

13 ^ . Qu'elle était le pins sûr et le plus puissant moyen de rendre nos canaux productifs :

14 ® • Qu^eUe nous assurait Pacceptation immédiate de notre dette publique par le gouyemement fédéral et que conséqnemment NOUS SERIONS DELIVRES POUR TOU- JOURS DU DANGER D'ETRE TAXES DIRECTEMENT :

15®. Que les institutions vraiment démocratiques nous ofiraient des garanties de bonne administration et de prospérité que nous ne pouvons jamais avoir sous le régime colonial : ^

16®. Que les institutions vraiment démocratiques mettraient fin à ce système de dégradation et d'avilissement qui a pesé sur le pays depuis dix ans : qui a flétri de si belles réputations ; qui a fait succomber tant d'hommes que nous nous honorions de compter parini nos défenseurs et nos amis ; qui a perdu dans l'estime publique tous ceux qui ont ciu pouvoir eh tirer quelque chose ^ qui^ en un mot, a avili tout ce qii'il a touché :

17®. Qjae non seulement les institutions démocratiques seraient la consécration imprescriptible de nos droits naturels civils et politiques; que rien aujourd'hui ne garantit sûrement^ mais qu'elles nous mettr aient à même de les préserver directement et par nos propres forces de toute atteinte quelconque ;

18 ® . QU'ELLES SERAIENT LA PLUS SURE SAUVE- GARDE DE NOTRE NATIONALITE, COMME LE MEIL- LEUR REFUGE CONTRE L'INTOLERANCE RELI- GIEUSE :

19 ® . Qu'enfin, en nous incorporant avec les Etats-Unis^ elle nous plaçait sur un pied d'égalité parfaite avec les plus •puissantes nations du globe, pendant qu'aujourd'hui nous ne sommes rien autre ohose que le marchepied de l'Angleterre-

Espérons, Messieurs, que ces considérations auront quelqu'efiét sor les gens de bonne foi qui, n'ayant pas à Iqut -panée tons les renseignements nécessaires, ont eu foi en l'inlégiité -des déiéDteurs du régime colonial, ont cru f iooèrement à l'efficacité, pour le bien, d'un système qui n'était destiné qu'à produire le mal, et qui était, trop habilement conçu -pour manquer mm bn^ et qui enfin, à force d'entendre, et de

lire des diatribes inspiiées par la phu épndeinte manrrBifte fbi^ ont cru au dauger de Papplication su Canada des institatioiis tépublicaines.

Espérons que les gens de bonne foi sentiront que sous la constitution anglaise rien n'est assuré^ parceque rien n^est défini ; que les droits des gouvernés et les devoirs des gouvernants, au lieu d'être explicitement fixés et prescrits, étant au contraire abandonnés à l'appréciation capricieuse et intéressée de ceux-ci, nous ne savons, en quelque sorte, ni ce qUe nous avons â craindre, ni ce que nous avons, par la constitution, le droit d'exiger. <-'

Espérons que les gens de bonne foi sentiront qu'avec l'institution des gouvernements responsables, telle qu'on nous 1'* imposée et telle que nos prétendus amis l'ont fait fonctionnel;^ nous n'avons d'autre garantie que le boft vouloir d^ hommes au pouvoir; or une telle garantie est plus qu'illusoire] le? huit dernières années l'ont assez prouvé.

En pc^itiqas tonte garantie parement pereonnelle est xme absurdité, ou un danger, ou un mensonge : d'abord paicAqu'iui ^mtne n'est jamais infaillible ; ^en jsecoad lieu pareeqne cet haïame-, dût sa conscience être inébranlable, peut mourir d'an instant à l'autre ; enfin -pxtcef^ jamais un honuxie oe peut lé^r à «on gré le piésent, ni prévoir l'avenir, et que, comm» le disait Mr. De Talleyraaid, <' il y a quelqu'un qui aura toa<^ .« jours plus d'esprit que tons les rois t»u ininistres présents, /< passés oiî;fotuTS, et ce quelqu'un, e'est toat le monde;?'

Rien ne démontre mieux la totale insuffisance des hacAmes qui sont aujourd'hui au ministère, que leurs constants eiffint» poar augmenter leuns ^oaToics et les détails* dJ9 ^idocs jB^butîons, en un mot pour centraiiser <èti «ux aenls- tout» PftctioQ dn gouTemement, sous le pséftexte qu'ils n-'em abueeseot pS0 «t qu'il en Tésaltera dn bien ; car dea iibécaiix Tiatmeat -éclairés auratent profité de leur séjour a» pouvoir ^pma lier antant que possible las mains des :niinisti«i, pour isteelrainâre -autant que possible les ptréragalâirBS da la douMSUke» et peur -étendre d'a-atant les pidvilègoB da ia légiaioâii». Des hconsiep Traiment éclairés amaôent eompiâs iqna ùâxe dépendre la Mrt d*%m peuple de i'habtlsté, de l'eKistonoa eu. da PkeonéMé dPim individu, 6tait,an politiquB, xm aiste d.^«buralMii me»r

— létale ; mais ils n'ont pas compris cela, parcequ'à côté de la prétention se trouve d'ordinaire la nullité^ qui lui sert d'antidote.

Messieurs, le sujet que j'ai entrepris de traiter aurait exigé des volumes : je n'ai fait> pour ainsi dire, qu'en esquisser les principaux traits. Il reste beaucoup de choses à dire encore^ car le cadre restreint dans lequel j'étais obligé de me renfer* mer, m'a forcé de négliger beaucoup de raisons très concluantes, beaucoup de faits et de détails importants, beaucoup de questions pleines d'intérêt et d'actualité.

Si mon travail peut provoquer un commencement d'études, sur cette importante question, j'aurai atteint mon but, car j'ai la conviction sincère que personne n'étudiera, sans préjugés, le sujet que j'ai traité, sans détenir ttn zélé partisan de l'annexion.

Il n'est pas possible 'qu'en Canada, mi homme d'un esprit droit, qui n'a ni flntécédents à défendre, ni fautes à couvrir, ni ambition soixlide à satisfaire, se déclare, de propos délibéré, l'«nnemide la <|^fi&cratie Américaine; oek n'est pas dans ianatufe»

Je n'ai pas le moindre doute que ceux qui croi^it le eya^ tême actuel bon, ne le Croient tel que parce qu'ils ne connaissQAt pas assez les institutions- Américaines. Qu'ils le» étu«« dient, et ils se oonvainciont de suite de leur immense supériorité. Leurs craintes passées, leurs incertitudes actuelles feront place à des convictions inébranlables.

Entre la liberté et la dépendance ; entre la .gm&deur nationale et le joug de l'étranger ; entre le bien-être et le malaise social ; entre le progrès et la déoadence ; entre le vrai et le faux ; entre le juste et l'injuste ; entre le bien et le mal, PERSONNE N'HESITE QUE CELUI QUI IGNORE.

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