‹ Six lectures sur l'annexion du Canada aux Etats-Unis [microforme]Chapitre 34 sur 37 · LP LS · texte numérisé non relu

LP LS

Ce n’est ni le parlement impérial, ni le conseïl privé qui fous offrent les mêmes garanties !

On nous perle de fédération des colonies. Eh bien je sup-

‘pose «uc ce projet reçoive son exécution ; il n’y a pas de

doute que les deux Canadas resteront unis! Cela me paraît inévitable !

Qn ne nous donnera la fédération qu’à cette condition.

Seraient-ils séparés, il est évident qu’ou ne constituera pas une cour suprême avec des attributions analogues à celles de la cour suprême des Etats-Unis ; car l’Angleterre retenant la suprématie, elle ne nous octroiera pas d’institutions sérieusement démocratiques ; elle modèlera toujours notre organisation sur son gouvernement constitutionnel! Cela étant, qu’il survienne un conflit entre le Bas-Canada et une autre province, par qui sommes-nous jugés ? Par notre ennemie, l’Angleterre, dont les sympathies seront d’avance acquises à toute partie adverse au Bas-Canada.

Avec les Etats-Unis, nous n’aurons pas à iuiter contre les sympathiss de race, les distinctions d’origine, car ce n’est pas au pouvoir politique que nous aurons affaire dans ie cas de conflit d’un état avec un autre, ce sera au pouvoir judiciaire, dont l’organisation est irréprochable.

Et puis voyez donc les Français de la Louisiane, qui er 1803 ne formaient pas 40,000 âmes ; ont-ils perdu leur langue, leur caractère national? Ne sont-ils pas restés : ::: français que nous de toutes manières ; par les souvenirs rationaux, les relations plus intimes avec la France, la littérature, une meilleure conservation de la langue et de la prononciation française ; et même par la facilité et l’élégance de l’élocution ?

Ne sont-ils pas aujourd’hui plus avancés que nous sous tous les rapports ?

Le Code Louisianais est un progrès même sur le Code Napoléon" Nous, grâce au régime colonial, nous ne sommes pas sortis de la coutume de Paris !!

Va-t-on dire que les préjugés de race existent en Louisiane ? Mais le lieutenant gouverneur de l’état est français ! Un des sénateurs de l’état ost trançais! Deux sur quatre des membres de l’état à ia chambre des représentants fédérale sont français |

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L’Orateur de !: chambre des représentants de la Lovisiane le Secrétaire d’état, le Secrétaire privé du gouverneur, l’auditeur des comptes, l’arpenteur généra!, plusieurs juges, if coup d’autres officiers publics sont français !

Et remarquez, Messieurs, que la population irançaise de la Louisiane est aujourd’hui en grande minorité !

Pour nous, Canadiens-Français, nous formons l’immense majorité de la population du Bas-Canada ; nous sommes cinq contre un, et nous n’avons pas un employé sur quatre dans les fonctions publiques et dans les bureaux du gouvernement !!

Si l’Union et le régime actuel subsistent, il y a certitude que dans dix ans la population française sera en minorité, car on a déjà réussi, au moyen de supercheries de tout genre à faire croire que les populations du Haut et du Bas-Canada sont arrivées à un chiffre égal.

Avec l’annexion l’Union étant nécessairement dissoute, la population Canadienne-Française se trouve tout-à-coup dans une majorité telle qu’il sera à peu près impossible, même avec une immigration américaine de la dépasser en nombre d’ici à un demi siècle et plus. Ici l’exemple de la Louisiane où la population Française est anjourd’hui en minorité, ne prouve rien, car elle était si peu nombreuse en 1803 qu’il n’a fallu une immigration de moins de deux mille âmes par année en moyenne, pour la mettre en minorité ; pendant qu’aujourd’hui, pour nous mettre en minorité dans le Bas-Canada, une fois l’Union dissoute, il faudrait une immigration de vingt cinq mille âmes par année, pendant près de quarante ans ; voilà ce qui, à mon avis, est impossible, car l’émigration irlandaise dans le Bas-Canada, n’est déjà pas considérable et di minuera des trois quarts, quand nous ne serons plus une colonie Anglaise.

Maintenant, serait-il vrai que nous dussions être en minorité sous peu d’années, même avec l’annexion, nous devrions encore la préférer, parceque sous la ; constitution fédérale et au moyen d’une organisation strictement démocratique, nous aurons des garanties at des moyens de défense que nous n’aurons jamais si nous tstons colons anglais.

Quand au danger que ie catholicisme pourra courir sous les

institutions américaines, Des t encore à une de ces ridicules

appréhensions qui découlent de l’irréflexion ou des préjugés, Ces dangers n’existent que dans l’imagination des égoïstes et des ambitieux qui se font prophètes de malheur, parceque le systême actuel leur profite ! !

Ce n’est pas tant pour le catholicisme, que l’on craint que pour sa propre position personnelle.

D’ailleurs, ceux qui éprouvent ces craintes sont ou des ca- ‘tholiques zélés et sincères, ou des indifférents, ou des hypocites. Aux premiers l’on peut dire: ‘Voyons, montrez ‘ donc un peu plus de foi !?? Et à ceux-ci je dirais ; “Quand 6 à vous, qu'est-ce que cela vous fait, au fond ? ?

Les dangers extérieurs que le catholicisme peut courir aujourd’hui sont de deux sortes : dangers résultant de l’hostilité du gouvernement, dangers résultant de l’hostilité des autres communions chrétiennes.

Je suis loin de croire que le gouvernement métropolitain puisse jamais penser à commettre des actes d’agression directe contre le catholicisme, dans le pays.

La liberté absolue de conscience est un droit tellement consacré et reconnu aujourd’hui dans tous les pays du monde civilisé, à l’exception de PItalie, qu’il ne peut venir à l’esprit de personne de la violer ouvertement.

Néanmoins, l’ordre religieux a, dans presque tous les pays certains points de contact avec l’ordre social ou politique ; ef quoique la liberté de conscience soit pleinement reconnue, en Angleterre, comme un droit imprescriptible, vous avez vu quelles colères, quelle explosion d’indignation un acte de juridiction purement spirituelle y a récemment soulevées.

On y a vu avec ombrage, avec défiance, la création de quelqu>s sièges épiscopaux. Des assemblées nombreuses et multipliées dans toutes les paities de l'Angleterre, tout en reconnaissant aux catholiques Île droit de suivre les rites du catholicisme, leur ont contesie celui de l’organiser hiérarchiquement sur le même pied que dans les autres pays. La population anglaise n’objecte rien au fona, c’est à la forme qu’elle en veut ! Le mode lui importe beaucoup plus que le fait! Elle permet bien aux catholiques d’être catholiques, mais à la condition qu’iis ne froisseront jamais les goûts ou les préjugés des autres dénominations religieuses !

Les catholiques peuvent bien avoir des évêques ; mais à la

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