CONCLUSION
Nous n’ignorons pas que les rapprochements qui ont fait la matière des chapitres précédents sont de nature à soulever les récriminations de plusieurs penseurs, de ceux surlout qui ne veulent pas voir intervenir Ja Bible à propos d’une science quelconque, et qui prétendent découviir l'origine des Américuins, sans faire appel aux comparaisons de dogmes, de langues et de coutumes, entre le nouveau et l’ancien monde. Une telle méthode est loin d’être scientifique et positive, puisqu'elle se dégage volontairement des moyens qui pourraient la conduire à la possession de la vérité, pour se jeter dans des hypothèses vaporeuses et gratuites, disons mieux, dans des propositions paradoxales et inadmissibles, telle que celle de Paulochthonie des Indiens américains, c'est-à-dire de leur création sur le sol américain luimême.
Avec un peu plus de simplicité et de sincérité, pas n’est besoin de faire aussi grand effort d'imagination. Il suffit d'ouvrir les veux et les oreilles, et d'enregistrer fidèlement des nolions, des traditions et des faits bien connus des penplades peaux-rouges, et que corroborent entièrement nos livres sacrés. Quoi de plus positif et de plus certain ? On nous a appelés un parti, le parti de da tradition. H y a ici plus qu’un parti et plus qu'une tradilion, du moins en ce qui regarde l’hétérogénéilé des Américains ou l'unité de lespèce humaine ; il y a la grande école catholique, guidée par l'aulorité divine, et l'histoire universelle, par {a révélation, acceptée de con-
fiance, et par les faits, qui viennent toujours confirmer et corroborer la révélation. Or, nous persistons à croire que cette méthode, pour parvenir à la connaissance des origines, est plus scientifique et vaut mieux que l'Aypothèse ; parce que, du moits, ellé s'appuie sur des preuves orales et écrites, et sur des autorités incontestables : la Bible d’un côté, le témoignage dés peuples de l'autre. Elle a donc plus dé chance de conduire à la vérité.
Ne dirait-dn pas que parler de l’ancien monde et surtout des peüples dé l'antiquité, à propos des Américains, c'est froisser les préjugés, se mettre en opposition avec la science moderne, heurter de front ta libre pensée, ressuaciter des faits ot des vérités dont le scepticisme et le matérialisme docirinal de notre époque croient avoir au raison ? Nommer la Bible, le peuple israélite, ou tella autré hütion de l'Orient, n'est-ce pas assez pour se perdte de répülation, se faire fermer les portes des sanctuaires de la science, se voir condamné, sans examen, comme un enthousiaste et un homme arriéré ? Quant à nous, noûs sommes persuadé que des récriminalions et des prolustations qui he reposerit point sur une critique impartiale et judicieuse, sont l'indice non équivoque d'tne cause qui redoute l'etameh et ne demande qu’à s'enlourér dé ténèbres. Nous he saurions consentir à entrer darts celte voie, patce que nüts devons la vérité à tout homme de bone füi, et que la vérité nous est encore plug thète qe lu réputütion que nos écrits paurront noûs fuire anx yeux de cerlainés gens.
Of, il serait impossible que lés savants ne fussent pas frappés ët convaincus des rapports qui lient les peuples américains aux nätions agiutiques, #ils avaient pu les constater pat edt-mêmes. Voyez la ressemblance que les mohathénts du Pérou, du Yucatan, du Honduras et du Metiqué offrent avec ceux de l'Inde et de l'Égypte. La
forme pytarmidalé s6 retrouve partout Id même, dans ces diverses contrées : aussi bien dans les téocalis mexicains que dans les immehses tombeaux des Pharaons ; dans les pagodes dé l'Hindoustan, de Siam et de Java, comme dans les temples de Paleriqué, dans les mounds de Ja Louisiane, ainsi que dans lé fumuli que les races dites cyclopéennes oût \égués à l'Europe occidentale. Nous veuons de voir longuemènt que les mêmes mythes ou, si l'on veut, les mêmes pérsuusions règhent en Amérique, en Asie et en Europe; les usages traditionnels sont aus les mêmes. Nous en avons constaté ailleurs un grand nombre, nous n'y reviendrons pas. Mais nous en faisons tessortir ici d’autres qui nous ont échappé. Nous avons constaté que Îa circontision est ex usage chez Îles Dèné et les Dindjié, comme elle 8e trouve chez les habitants des Philippines. Si les Yucatèques el les Mexicains ne se citconcisaient pas, ils pratiquaietit, dti moins, dit La Harpe, une incision aux parties nalturellés des pelits enfants, aflu de leur en tirer du sut. — Nous avons re trouvé en Amérique le sabéisme oriental, l'ophioläirie, le culte du feu et de là lumière et le fütichisme, unis nü culte idolâtrique de Moïse ; nous y avotis vu des temples, des testaments écrits, dés autels et des sacrifitatours, des vestales et des pontifes ; nous y avons retrouvé le jeûne, la prière, l'usage des parfims et de l'encensolt, des offrandes ét des sacrifices, des macératlons et des pénitences publiques, des hÿmnes et des danses sacrés, des inittations et des mystères. = Quelles réssethblancés ne présentent pns lés funérailles de ces différents peuples ? Chez les Dindjié et les Dèné septentrionuux, le cadavre était lavé, oint, cousu étroitement dans nne enveloppe de peau que l’on pelgnait en rouge ; puis on le ifansportäil lors du camp, au milieu des cris et des chants Jngubres, avec cette promptitude qu'alfectent les lsraélites et les musul-
mans modernes. On plaçait ensuite le corps dans un tronc d'arbre, el on le laissait s’y momifier. Dans l'Amérique russe, on brülait les morts sur un bûcher, à l'instar des Hindous et des Grecs. Ailleurs on les abandonnait à la dent des bêtes fauves ou aux serres des corbeaux et des aigles, ainsi qu'on le pratique au Thibet. Au Mexique et au Brésil, on plaçait la momie accroupie dans de grandes jarres, après avoir eu soin d’en extraire les viscères, que l'on déposait, ainsi qu’en Égypte, dans quatre urnes surmontées de têtes emblématiques des animaux ou génies gardiens de la mort : le corbeau, l'aigle, le lynx et le chacal. C'est ainsi qu'on a retrouvé des momies aux îles Canaries, et jusqu’en France, à l'époque préhistorique. Telle fut, par exemple, la momie trouvée au village de Mantes, dans le Languedoc, dans la première moitié de ce siècle.
Que de ressemblances entre les traditions elles-mêmes, ces traditions dont le seul nom effarouche tant une cerlaine classe de gens ! C'est ainsi que, chez les Chippewayans, l’idée de l’arche est remplacée par un grand enclos, renfermant tous les animaux, Or, c'est là une Jégende zoroastrienne, au rapport de M. de Charencey, et nous retrouvons ce même enclos dans la tradition de l’/ma des Persans, et de l’Fnos des Guatémaliens. — La légende de la diffusion des langues et de la dispersion des peuples est la même dans l’Athabascaw-Mackenzie qu'au Mexique et dans ce que les Européens nomment l'Orient. Chez les premiers seulement, la tour de Babel est devenue une haute montagne conique ou une maison de pierre cylindrique, ainsi que disent les Dènè des monlagues Rocheuses ; chez les autres, c'est la pyramide de Cholula.— Les Dènè et les Dindjié rapportent maint exemple de l'animation des cadavres par la cubation avec leurs restes ; persuasion reuouvelée des Égyptiens, qui la
léguërent aux Grecs. Les fables d’Osiris et de Bacchus nous en offrent des exemples, — La période de sept jours, qui est d'origine purement araméenne, ou, disons mieux, hébraïque, se retrouve, comme nous l'avons vu, non-seulement chez les Toltèques etchezlesChaktas, mais encore parmi les Dènè et les Dindjié. — La division de ce dernier peuple en deux camps : les hommes de la droîle (£ttchian-Kré) et ceux de la gauche (Natsin-Aré), division si curieuse que nous avons fait connaître, depuis longues années, par nos précédents écrits, et qui est confirmée par ce qu’en a dit depuis l'ouvrage américain Ælaska and his Ressources, cette division se trouve identiquement la même parmi les Siamois (1), ainsi que parmi les Finnois (2). Chez ces différentes nations, les jeunes gens doivent choisir leur conjointe dans le camp opposé, et les enfants appartiennent de droit au camp de la mère. — Nous avions également constaté ailleurs le mode de chasse chinois, décrit par le R, P. Du Hazpg, S. J., qui consiste à entrer dans l’eau jusqu’au cou en cachant sa tête dans une calebasse, et à saisir ainsi les pattes du gibier aquatique, pour l'attirer sous l’eau et lui tordre le cou. Ce genre de chasse, connu de nos Dindjié hyperboréens par leurs traditions, était pratiqué pur les Caraïbes, au rapport de M. le comte de Porto-Seguro.— Le même auteur, en décrivant une danse caraïbe, a dépeint, sans s’en douter, la danse dite de l'ours de nos Dènè Peaux-de-lièvre. Elle consiste à sauler en rond autour d'un feu dane lequel on à déposé sur une pierre la rotule d’un ours. Ce faisant, les danseurs se voilent le visage du revers de la main gauche, et, se frappant la fesse droite avec l’une des patles de l’animal qu’ils tiennent en leur main, ils lo
(1) Dictionnaire ethnographique de Migne, d’après La Harpe, p. 1590. (2) Idem., d’après Castrén, p. 732.
défient en oriant : « Mêni nager ? Qui donc l'a tiré da ta bauge ?» Au rapport de Malte-Brun, lea Ostiaks ant exactement Ja même danse, dans laquelle ila font à l'ours les mêmes ahjurgatians,
A tautas çes preuves qui naus dévailent tant de corrélations entre le nouveau monde et l'ancien, entre les Peaux-Rouges et les Orjentaux, nous devons joindre celles que nops fournissent les découvertes ethnologiques les plus récentes, Dernièrement (4), un savant, sérieux et considéré, faisait part à la Société de géographio de Paris des curieuses et importantes similitudes qu’il a ddçouvertes entre les manuments réputés druidiques et celtiques, tels que umu, karnaks, kramleks, menbirs, dolmens, allées souterraines, etc, et non-seulement çe savant français a relrouvé dans la patrie des Pharaons, dans celte terre noire (em au Chem), les ouviages cyclapéens qui excitent notre étannement dans le nord et l'occident de l'Europe, mais encore jusqu'à leurs noms mêmes. Par là s'expliquent les ressemblances frappantes qui avaient été remarquées déjà entre les types ‘ymry ou welcho et kernvote ou bas breton, et le type égyptien, Ces nams de peuples eux-mêmes semblent n’étre que des dérivés du num de l'Égypte, &em, De là ce type septentrional, à la face anguleuse et sauvage, aux cheveux noirs, durs et plats, à l'œil brun et farouche, que nous noua étonnons de voir mélangé avec la race blonde et méme jauue de leurs’çanquérants saxons, scandinaves, françs et germains,
Mais ces mêmes monuments, faussement appelés druidiques, et qui appartiennent de droit à la race égyptienne, ou plutôt chananéenne, le docteur Barth les avait déjà rencontrés dans l'Etat de Tripoli, en 1855 (2), et d’autres
(1) En wars 1876, (2} Duscoveries in Central Africa, by docieur Barik.
voyageurs en ont trouvé de parfaitement semblables sur la côte de Malabar (1). Qu'y a-t-il là d'étonnant ? N'admat-on pas que les Étrusques furent une colonie égyptienne ; que Bouddha, le apngénère des divinités américaines Wotan et Ba-Wél3, a une origine égyptienne ? N'est-ca pas en Égypte que le philasophe chinois Lap-tsé vint puiser la philosophie et le système religieux qu'il répandit dans l'extrême Orient (2)? — Et ceci se passait vers le temps de la captivité et de la diffusion du peuple israélite. — N'est-ce paa de la vieille Égypte que Pythagore apporta en Grèce une théoganie ef un syatème philosophique qui, de là, se répandirent jusque dans tout l'empire romain, et d'où sortirent les vieilles divinités celtiques ? Et ces tribus arranties pt nomades qui ont traversé tous les âges et qui vivent encore dans un état à demi sauvage au sein de nos sociéiés civilisées, que sont-elles, sinon des peuplades égypliennes, ainsi que les considère l'apinion populaire ? J'ai nammé les Gypsies du Cumberland et du nord de l'Écosse, les Bohémiens de France, les Tziganes de Bahôme, les Guttanos d’Espagne, les Zingari de lIndus, les Poddas du Malabar, les Veddas de Ceylan, les Nahoaris de Syrie, dont le nom rappelle si vivement les Nahoas du Mexique et les Nahonies de Richardson.
Et qu'y aurait-il donc de si extraardinaira en ce que elle race chananéenne, que nous vayqns s'être ainsi répandue en Europe, an Asie et en Afrique, préalablement à l’accupalion de ces continents par les Aryäs gt les Sémiles, se fût aussi disséminée en Océanie et pn Amérique ? N’avons-nons pas une très-forte prababilité que les faits que naus observons dans les anciens continents se sont reproduits, à notre insn, dans les aulres canlinents, que nous n’avons appelés le nouveau monde que
(1) Celtic Druids, by Higgins.
(2) Abel Rémusat, Memoire sur Laa-lsru.
pour déguiser nolra ignorance ? N'y retrouve-t-on pas des monuments en tout analogues à ceux de l’ancien? et ne sommes-nous pas très-fondé à considérer les tribus nomades uméricaines, ainsi que les Océaniens, comme les frères des Gypsies, des Poddas et des Nahoaris ?
En admettant, par analogie, cette identité, on s'explique pourquoi, parmi les tribus peaux-rouges, nous retrouvons des types si divers, quoique tous à peau brune et à cheveux noirs, et qui tantôt se rapprochent du type égyptien, et tantôt de l'hindou, ici paraissent israélites où araiwéens, tilleurs kernvotes ou kymrys.
C'est ainsi, pour ne mentionner que nos observations propres, que certaines tribus Dèuè-dindjié, entre autres celles des fleuves Anderson et Mackensie, les Esclaves et les Flancs-de-chien, offrent une ressemblance frappante avec le type égyptien ; yeux beaux et ardents, l'endus en amande et bridés à l'angle interne; bouche proéminente, à la lèvre supérieure relroussée fortement, ce qui lui donne un air dédaigneux et quelquefois brutal; front baut, mais étroit ; nez un peu camard ou arrondi, ce que lon nomme un nez de mouton ou de sphinx; pelite moustache lrès-claire. Ainsi que les femmes égypliennes, les femmes de ces tribus dènè portent sur le mentôn les mêmes petites lignes parallèles tatouées en bleu, ainsi que de petites croix aux coins externes de l'œil et aux commissures de la bouche. Mais le type le plus commun parmi les Dindjié ou Loucheux d’Alaska est celui des gypsies hindous, connus sous le nom de Poddes et de Veddas, dont j'ai vu et examiné bon nombre de photographies, prises d’après nature. On trouve chez eux des personnes de teint très-foncé et d'autres à la peau blanche.
Les types araméens et israélites se retracent d’une manière frappante dans les physionomies des Sioux, des Nu-
bajos, des Chippewayans ct des Peaux-de-lièvre : léur front est déprimé et bombé ; leurs cils épais voilent des yeux au regard oblique et ophidien; les arcades sourcilières sont surélevées et se rejoignent à la racine du nes, comme chez les Tartures, en for ant ce qu'on a appelé sourcils de chèvre ; le nez est aquilin, vu de prof}, et vependant écrasé vers les lèvres, dont la supérieure dépasse l'inférieure en manière de bec d'aigle. Le pavillon des narines est fortement accentué ; la téte est poriée en avant dans un grand nombre d'individos, ce qui leur doune un air d’abjection caractéristique. Le teint, qui est rouge clair chez les seplentrionaux, devient bistré chez les tribus méridionales. Les Sioux, ie Chippewayans, ainsi qu'une partie des Peaux-de-lièvre, ont le crâne allongé ; maïs, dans la demi-tribu des Bâtards-Loucheux, qui provient du mélange des Dènè Peaux-de-lièvre aveo les Dindjié ou Loucheux, le crâne est large, aplati à l'occiput ; le front est vaste et carré, les traits refrognés, massifs et lourds ; les formes se rapprochent alors des types brésiliens et esquimaux.
Qaant à ces derniers, leur type, sur les côtes do la mer Glaciale qui avoisinent les bouches du Mackenzie et de l'Anderson, nous paraît évidemment être le mème que celui des Botocudos et d’autres Brésiliens, tels que les Tupis, les Purvis, ote., el que celui des Tailiens. Ils ont ja tête globulense et massive, large aux pommettes; les yeux petits et bridés:; la lèvre inférieure irès-grosse et pendante ; la bouche toujours ouverte ; le nez rond et gros ; le teint rouge blafard ches les Océaniens, bistré chez les Brésiliens, jaune sals chez les Ksquimeux. Comme les sauvages auxquels nous les comparons, ces Esquimaux se fendent iatérulement les oreilles, etse coupent carrément les cheveux au-dessus des yeux, tandis
qu’ils les laissent pendre de chaque côté du visage. T AY. 48
1 n’est pas d'Indiens qni ressemblept plus aux Kanaks d'Hawaï (Sandwich) que les Chinouks, de la Calamhie britannique ; tôle large, face plate, yeux à fleur de têle, air ais, teint rouge-tlair.
Les Kanaks deg îles Gambier et de l’arghipal Samoa, ainsi qna les Indiens Wakish ou Têtes-Plales de la Colombie brilannique et de l’Orégon, ressemblent aux Algonquins Chippeways et Kiaways, Leur face est grotesque, leurs traits grossiers et farlement accentués, leur nez aquilin, la bauçhe régulière et fermée, à lèvre supériaure gonflée. Leur teint est rouge foncé ; leur crâne alloagé at aurélevé.
Lea ressemblances entre les Océaniens et les Américaina semblent être confirmées par l'accord de leurs idiomes, touchant leurs noms propres respectifs. Ce nom, qui chez toutes ces paliong estle mat Homme, s'exprime, ainsi que nova l’avans dit ailleurs, an Océanie par les mota (ans, {anala ; en Amérique, à l’agt des montagnes Rocheuses, par fann, (èné, dènè, dané, tin, duné, dindjié; et, à l'ouest des montagnes, par dnainé, fhniané; enfin, sur les bords du Pacifique, par la substitution de la lettre K au D (au au T, qui lui est corrélatif), le mot 4amme devient kéné, kinaï, hénaita, De là au nom de certains Polynésiens, Kanek, la différence n’est pas grande, comme on le vail.
Qn paut également rapprocher Je nom des Esquimaux, inauk, au singulier, de galui des Algonquins Cris ou Cristinew init, el das Maskégons où Swampies iginiro.
Jusqu'à démonstration positive du contraire, il demeurs donc prouvé à nog yeux :
#s Que la majeure partie des Indiens qui apparliennent à la grande famille américaine des Dindjié-dènènabsjos-astèques sont, ou bien les restes malheureux des Israëlites captifs en Chaldée, ou hien d'anciens prosélyies du judaïsme immigrés de l'Asie. On ne sau-
ralt admettre, et effet, qu’une nation uutre que 1e péupié istaélite ait conservé aussi vivace et aussl pre l’histoire de Moïse, ünié à son cuite, à des préscriplions purbmiént judaïques, à l'usage de la circoncision, et fustqu'A la fête du Phase où dé la Pâqué.
%æ Que l'élément étranger et ennemi que Dindjié, Dènè, Chaktas, Tzendales et Aztèqués rétonnaissent exister dans leur soin ne saurait être qu’un élément éha: nanéen (00, si l’ot veut, touränien, pour noüs conformer à la nouvellé manière de #’énoncer qu'oht adoptée les ethnologues). Si ces rapprochements que nous venons de faire tiennent la balance À peu près égule entre les Égyptiens, les Phéniciens et les Chaidéens, rappelons-nous que, parmi les troupes des grands rcis de Babylone, éhez lesquels les lsraélites étaient captifs, « se trouvaient des Égyptiens dont Crésus, roi dé Lydie, avait le commandement »; que Cyrus établit des colonies égyptiennes dans l'Asie Mineüre (1); que la gfüunde horde dés Mogols contenailtous lés éléments que nous venohs d’énnmérer, et que ceséléments, assimilés au peuple chinois, après la conquête de l’eropire du Milieu par Kublaï-Khan, y ont été retrouvés depuis par d’autres voyageurs (2). Enfin, l'Amérique ayant été découverte par des colonisateurs chinois, au cinquième siècle de notre bre, il n’est nullement étonnant de retrouver ën Amérique ces mêémés éléments touraniens, bien qu'ils aient pu s'y transportet longleinps auparavant, en même temps que l'élément isradlite ct araméen.
3° Enfin que les légendés américaines que notis venons d'étudier el datis lesquelles nous voté retüninn ut sûuvenir traditionnel très-vivace de l'histoité de Moïse et du peuple hébreu, dofvunt être assimiiées à célies qui ont
(1) Guérin Du Rocher.
(2) Klaproth.
cours dans l'Asie touchant Bouddha, sous toutes les formes de son mythe. — Jl nous reste à savoir maintenant dans laquelle de ses phases le bouddhisme a pu passer sar le continent américain.
Pour cela, il faut nous rappeler que, dans le principe, c'est-à-dire 970 ans avant notre ère, lorsquenonus voyions poindre le réformateur hindou Sa-Kia-Mouni, le premier des Bouddha, toute sa religion consistait dans Ja théorie égyptienne de la métempsycose. Ce Mount était donc une doublure du Monas de Pythagore, qui l'avait emprunté au Manés des Égyptiens, comme il devint ailleurs Mana, Manco et Manito. Les premiers patriarches du dogme de la migralion des âmes, laquelle eut son principe dans la promesse de l'incarnation d’un rédempteur futur, faite par l'organe de Moïse, ces premiere patriarches, dis-je, vécurent à la cour des rois de l’Inde, et Bouddha s’incarnait tantôt dans une caste et tautôt dans une autre. Cette période du bouddhisme, la plus primitive, fut aussi Ja plus voisine du judaïsme, d’où nous n'hésitons pas à diro qu'elle est issue, et à côté duquel elle a vécu et grandi,
Au cinquième siècle de notre ère, Bouddha, alors fils d'un roi de Malabar, quitta l’Hindoustau pour n’y plus revenir, el alla se fixer en Chine, où, pendant huit sièclor, ses successeurs ou houddhas vivants menèrent une existence précaire. Cepandant, de la Chine, ce culte débonnaire et persuasif se répandit au Japon, en Corée, au Tonquin, uu Cambodge, à Siam, au Pégu, et en Tartarie suriont, sa patrie adoptive. C’est de celte époque que date la colonisation de Fou-Sang, au Mexique, par des pèlerins bouddhistes chinois (1). À cette époque, le culte du Moise-Bouddha devint la religion de plus du quart de
{t) De Guignes.
l'humanité, après avoir adopté les superstitions des ophiolâtres asiatiques (4).
A cette seconde phase, succéda une troisième que l’on nomme le lawmanisme ou bouddhisme thibétain. Elle ne prit naissnuce qu'au treizième siècle, lors des couquétcs du Grand Mogol Gengis-Chan ou Khan, et de ses premiers successeurs. À celte époque, le bouddha vivant était un talapoin thibétain. Les pontifes suprêmes de cette religion furent revêtus d’une gioire loute nouvelle, et reçurent le titre de rois et de dalaï-lama ou grand prêtre. Le Thibct devint ainsi la résidence de ces divinités humaines et le bouddhisme thibétain, s’assimilant les dogmes, les mystères, les cérémonies du culte des chréliens nestoriens et cniholiques, dont ln Tartarie était alors remplie, revêlit sa forme actuelle, appelée lamanisme (2). Cette transformation eut lieu lrente-trois aus après la mort de Gengis- Khan, et par le fait de son petit-fils, Khubtaï-Kban, conquérant tartare de la Chine.
Ce n'esl pas cette dernière période du bouddhisme que nous relrouvons chez nos Dènè-dindjié, c'est, au contraïre, lu forme la plus primitive et la plus voisine du judaisme, auquel nous l'avons vue mélangée. Mais au Mexique et au Yucatan, il est probable que la seconde forme fut importée par les colonisateurs bouddhiques du troisième siècle, et que, les émigrations asiatiques ayant continué durant de longues années, quelques-unes des innovations du lamanisme auront pu également s'implanter sur le coutinent américain. Cette théorie expliquerait les quelques pratiques ehrétiennes que nous treuvons diffuses au milieu des légendes et des coutumes des Peaux- Rouges : les représentations d’autels, d'oiseaux emblémaliques, d'encensoirs, de pontifes mitrés, de tiares, cte.,
(1) De Gharencey.
(2) Abel Rémusat.
en même temps que la civilisation avancée des empires du Mexique et du Pérou.
Tels auraient été, en éffet, les produits du bouddhisme christianisë où lamanismie. Tandis qué les croyances, les traditions et les pratiques purement judaïques des tribus sauvages, ünies à leur tulle mosaïco-bouddhique, seraient le résultat des émigrations primitives des bouddhistes asiatiques, c’est-à-dire de ces restes d'Israël rejetés par Dieu vers le Septentrion et l’extrême Orient, rebelles à leur lôi jusque dans la terre de l'exil, et qui, au culte idolâtrique de Moïse et des astres, ont joint l'ophiolätrie ou adoration du serpent (1) et toutes les erreurs des nations
(t) Les rapports terminologiques qui se présentent à nous entre le pays d'Ophir, vers lequel les Tyriens ainsi que les rois de Juda et d'sraël envoyaient leurs vaisseaux, et le pays des serpents, de nos légendes dindjlé et dtendale, nous sont une nouvelle garantie que les Orientaux n'oht pas été étrangers au continent américain. En effet, le nom du serpent en grec est ophis et en phénicien ophion, mot qui en hébreu a le même signification.
Du pays d'Ophir, Israélites, Iduméens et Chananéens rapportaient des épices, de la poudre d'or, des pierres précieuses, de l'ivoire et des singes. Or, toutes ces choses existent ou existaient alors sur le conlinent américain, qui possédait le mammouth et qu est le pays de l'or et des bots de telnture par excellence. De plus, psrmt les Sémites, deux hommes ont porté le nom d'Ophir on Opher, et sont considérés, par la Bible, comme la souche des habitants de ce pays des Serpents.Ces deux hommes furent Ophir, arrière-petil fls d’'Héber, et Opher, petit-fils d'Abraham et fils de Madian, contemporain des Üoute patriarches; tous deux de la southe à laquelle sppartenaient les Hébreux.
Nous n'ignorons pas que le premier Ophir est considéré comme le père des Hindous, ce qui rapprocherait singulièrement le pays d'Ophir de la Palestine: et de l'Amérique le transporterait dans l'Hindoustan. Mais cette mupposition ne saurait nuire à notre thèse, puisqu'il a fallu que les colonisateurs ssiatiques de l'Amérique passassent par l'Inde et la Chine, pour arriver au continent américain, par le côté de l'Occident. Uans ce ces, Îls auront pu dire, avec vérité, qu'ils passerent par le paye des Serpents, l'Ophir de l'Ecriture, c'est-à dire l’Hindoustan ; et qu'ils élaient eux-mêmes de la race des Serpents, c'est-à-dire d'Ophir; puisque celui-ci etait, aussi bien qu’Abraham, le petit-fils d'Héber, père des Hébreux.
touraniennes, parmi lesquelles les Hébreux vécurent, et dont les débris, agglutinés à leur propre peuple, les ont suivis jusque sur cette terre d'Amérique.
E. PBTITOT.
Quant à l’ophiolâtrie elle-même, Mosheim dit (1) qu'elle fut, dans le principe, un mélange de sudaïsme et de philosophie égyptienne. Une partie des Ophites orientaux embrassa ensuite la religion chrétienne, tout en couservant ses anciennes erreurs. Ce que ce mélange monstrueux offre de curieux pour nous, c'est que les dogmes et les croyances de res Ophites christianisés concordent parfaitement avec ce qui reste de l’ancien culte du serpent, tant en Asie qu'en Afrique et en Amérique. Ainsi, selon les Ophites, le Créateur était un tyran et le Christ n'élait venu que pour en détruire l'empire (2). De même, dans les traditions denè et chaktas, en considérant l'ours, le lion et l’aigle eomme les emblèmes de la Divinité, nous avons vu celle-ci tyranniser les humains; et c’est le rat rouge ou la souris qui seul vient à bout de délivrer le monde de cette lyraunie, en rongeant soit l'arc de l'aigle, soit la pagaie de l'ours, etc.
Les Ophutes disaient que le serpent, en donnant à nos premiers parents la connaissance du bien et du mal, leur avait rendu le plus grand des services, De même aussi les sectateurs dahomiens du dieu -serpent, Dan ou Tan, prétendent que ce fut lui qui ouvrit les yeux à nos parents, que le grand dieu Jauteroh avait faits aveugles (3). 1l est difficile de ne pas reconnaitre Jéhovah dans Jauteroh.
Lorsque les Ophites célébraient leurs mystères, un serpent sortait de l'autel et paraissait goûter aux offrandes qu'on y déposait, comme pour les accepter. Ainsi faisaient les prêtres d'Esculape, etc., etc.
Ainsi donc la présence de l’ophiolätrie en Amérique, loin de battre en brèche notre 1hèse, jui communique une nouvelle force, puisqu'elle prouve une fois de plus que les idées judaïques et égyptiennes ont pênétré sur ce conliuent, el que par conséquent il ne fut pas étranger à l'ancien monde et surtout aux peuples orientaux,
(1) Bergier, Drctionn, théolog., article Oruires.
(4) Toute la mytbologle égyptienne et grecque repose sur cetls croyance, écho affaibii de la promesse primitive du Rédempteur. Voyez la fable d'Isis et de Typhon, et celle de Promélhée, commentées par le savant À. Nicolas, t. IL de ses Etudes pMlosopMques.
(3) Annales de la propagation de la foi, letire de M. l’abbé Borghero, missionnaire au Dahomer.
(Note de l'auteur.)
Paris — Typographle À. Hasnurse, rue d'Arcet, 7.
QUIL ITR