T. AY
grer et à se répandre parmi les nations? « Fluét largiter de Basan. »
D'un autre côté, les sept nations chananéennes détruites par les Israélites ont bien pu être assimilées au serpent, tant à cause de leur méchanceté que parce qu'elles adoraient l’infâme idole de Beel-Phegor ou Priape {te Soleil générateur), dont le serpent phallique était l'emblème, comme il était celui de Cham, dont il portait également le nom (ls Dieux de l'Égypte). Or, Bell était représenté par le disque solaire flanqué de deux serpents issants et ailés.
Quant à ce qui est des cavernes des serpents que relate la légende de Wotan, on doit savoir que la Judée, pays très-montagneux, est plein de grottes et de cavernes naturelles ou creusées dans le roc, dans lesquelles se retiraient jadis les peuples chananéens lorsqu'ils fuyaient Josué et les Israélites (Josué, chap. x, v. 16). Ces mêmes cavernes furent, pour les Juifs eux-mêmes, des retraites sûres dans un grand nombre de cas. C'est ainsi qu'après la mort de Débora, les Israélites, opprimés par les Madianites, adorateurs du serpent phallus, « furent obligés de se retirer dans les antres, dans les cavernes des montagnes pendant sept ans. » (juges, chap. vi, v. 4 et 2.) Le même fait leur arriva sous Saül (Rois, chap. x, $ 4, v. 6). David, et Saül lui-même, cherchèrent également un refuge dans les cavernes de la Judée. Enfin, les Juifs enterraient lenrs morts dans ces mêmes cavernes naturelles. Êt le Cantique des Cantiques, partant de la synagogue d'une manière métaphorique, dit qu'elle se retire dans les cavernes des rochers et dans les trous de la pierre.
On sait qu’il existe encore de nos jours, au pied des Montagnes Rochenses ot tout au nord des EÉtate-Unis, une nalion de Peaux-Rouges appartenant 4 la grande familie
iroquoise-siouse, qui se décore da nom de Serpents. Les savants devraient s'assurer #’il n'existe pas quelque lien de parenté entre cette peuplade, la nation de Serpents qui habitent les monts Himalaya, et les anciens séctateurs de Wotan, les Guatémaliens. Cette question pourrait être d'autant plus curieuse à éclaircir que la nation des Pieds- Noirs, sœur de celle des Serpents et des Sioux, reconnait, comme fous l’avons vu, pour héros, législateur et dieu, Natus (le Soleil), dont le nom en dénè signifie serpent (Natushi). Natus est également appelé Mapr, le vieillard, et ce mot, en dènè, signifie le Vageur, comme le nom du Noé mexicain Tespi. Nous aurions donc encore ici une espèce d'identité établie entre le Wodan- Ymos des Tzendales et le Vatus-Napi des Pieds-Noirs. Le nom de Pieds- Noirs lui-même, Sicicagué, est purement mexicain.
Wotan dit qu'il amena dans sa nouvelle patrie sept familles de Chans ou Serpents. Moise conduisit vers la terre promise les descendants des soixante et dix personnes qui quittèrent avec Jacob Ja terre de Chanaan. L'unité substituée aux dizaines et même aux centaines, c'est ce qui 8e rencontre fréquemment dans les légendes américainés et asiatiques. Ici 7 est placé pour 70, comme aillears 2 pour 200 et 4 pour 40.
Wotan effecitua quatre voyages successifs, aller et retour, de la terre de Wotan {Lum Wotan) à celle de Chivim (Lum Chivim). On en est réduit encore aux conjectures touchant ces deux contrées. Nous ne saurions partager l’opinion de ceux qui veulent, sans aucune raison plausible, qu'elles se trouvent toutes deux sur le continent américain. Les explications qui précèdent et le but que nous poursuivons donnent la raison et la preuve de notre divergence. Quelques autears ont va dans ce Chivim le pays des Chives ou Xtbes (1), les Tultul-Xinhs ou Nahoas,
{1} X signifie homme, en langue tzendale.
appelés depuis Toltèques orientaux; mais ceci reste à prouver. Notons ici que le mot chivim a une physionomie tout orientale. On peut le comparer aux noms des fils de Mesraïm, père des Egyptiens : Ludim, Anamim, Laabim, Nephtuim ; ainsi qu'aux noms chaldéens cités par Daniel: Chartumim, Asaphim, Mécasphim et Chardim. Ge dernier mot est le nom propre du peuple chaldéen, qui tire son origine de Chased. Enfin le mot chivim offre également de l’analogie, mais non plus quant à la finale, avec le nom de la Chaldée en hébreu : C'hir ou Kir, parce que les Assyriens sont fils de Chus ou C'usk, comme nous l'avons dit déjà.
Admettons ici, jusqu'à preuve coniraire, que Zum Chivim soit la terre de Chir ou l'Assyrie, la Chaldée ; ce qui ne contredit nullement la légende wotanide, puisqu'elle dit que son héros visita la Chaldée et y fit même plusieurs voyages; nous verrons tout d’abord que Nimroud ou Bel (c’est-à-dire le maître), père des Babyloniens, et des Ninivites ou Assyriens par son fils Ninus, nommé aussi Assur, fut le premier des tyrans et des idolâtres fétichistes, ainsi que la tradition guatémalienne le dit des Xibes ou Nahoas. Ce fut Nimroud que les Chaldéens adoraient sous la figure et le nom de Baal. La version grecque du Pentateuque appelle Nimroud ile chirim firtos, le violent. Peut-être aurions-nous dans cette épithète l’origine du nom des Xibes ou Chives. Quoi qu’il en soit, la légende nous disant positivement que Watan et les sept familles de Chans passèrent par la Chaldée, avant de parvenir en Amérique, nous sommes plus qu'autorisés à voir la terre de Chir, c'est-à-dire la Chaldée ou Assyrie, pays des Chirim, dans le pays des Chivim de la légende tzendale, de même que le Lum Wotan demeure pour nous la terre de Chanaan ou des Chans,
Maintenant, que nous apprend l’histoire des Hébreux
touchant leurs émigrations successives ? Partie de la Chaldée (Chir) au nombre de sept personnes, la famille d’Abram Hébert vient habiter la terre de Chanaan, qu’elle quitte bientôt pour l'Egypte. Revenus en Chanaan, les Hébreux en sortent sous Jacob au nombre de soixantedix personnes, pour y rentrer de nouveau deux cents ans après, sous Moïse et Josué. Voici donc deux pérégriuations bien constatées. Les deux auties sont tout naturellement les deux captivités, sous Salmanazar et sous Nabuchodonosor, en Ghaldée. Et voilà les quatre voyages de Lum Wotan à Lum Chivim expliqués. Ce fut surtout en Chuldée que les Israélites, déjà prévaricateurs et rejetés de Dieu, s’abandonnèrent au plus grossier fétichisme, ainsi que le déplorèrent les prophètes et surtout Ezéchiel, et qu’une grande partie d'entre eux mérita, par ses crimes, d’être poussée par Dieu « dans un désert éloigné de tous les peuples, au-delà des mers, et saus habitants », ainsi que les en avait menacés Moïse.
Ici s'élève une objeclion que nous tâcherons de résoudre : Le personnage de Wotan ou Votau, offrant de si grands rapports avec Boudha, comme l'ont constaté plusieurs savants qui n'hésitent pas à les assimiler, ainsi que nous l’avons déjà dit, le Lum- Wotan ne serait-il pas le Thibet, patrie du lamanisme ou bouddhisme le plus raffiné, le Thibet, dont le nom véritable est Té Boutan, Té Bodhan ou Té Boudan, c'est-à-dire pays de Boudha ? Les linguistes, n’ignorant pas létroile connexion qui existe entre jes consonnes P, B, M, F, Vet W, ne seront nullement étonnés de voir le nom de Boudba ou Bodhan devenu celui de Wotan on Wodan. En dènè-dindjié, par exemple, le mot traineau, Vœl®, s'exprime aussi bien par besh-ichéné que par méh-tchéné et wèk-ichènè : le nom du renne se dit, dans différents dialectes, béolzi, péolzi, mèdzi, wèdsi et vædzey ; le pronom personnel lui, elle, se
traduit également par bé, pé, wé, mé et væ. Les exemples de ces mutations de consonnes affines entre elles abondent. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans d’autres langues ? Il y a plus, c'est que le fait existe pour le nom de Moïse et celui de Boudha, ainsi que nous l'avons dit dans le troisième chapitre.
Nous répoudons donc à l’objection présenle en disant que, quand bien même il serait prouvé que Woten et Boudha où Poudan sont le même personnage, et que le Lum Wotan ou pays de Wotan n’est autre que le Té Boudan ou pays de Boudha, il n’y aurait rien en cela qui détruirait notre thèse, ainsi que nous l'avons dit dans les chapitres précédents, persuadé que nous sommes quo Boudha, sous tous ses noms et sous toutes ses formes, n’est qu’une modification (la modification asiatique) du grand mythe universellement répandu, dont Mésché ou Mousa, législateur des Hébreux et sauveur de son peuple, l’iluminateur du genre humain par la révélation divine, fat le point de départ et le prototype. Odin ou Watan, en Europe; Boudha ou Poudan, en Asie; Vodon ou Dan, en Afrique, et Wotan ou Dan, en Amérique: voilà les quatre formes du mythe mosaique dans les quatre parties du monde. Mythes ils sont, mais réelle et véritable fut leur origine première. Que les savants de bonne foi veuillent étudier à fond la question, ils en viendront, avec nous, à cette conclusion.
Watan raconte que de la Chaldée, lors de son dernier voyage, il visita Rome, Jérusalem et l'Europe. Quelque singulier qu'il soit de trouver ces noms dans une légende américaine, et quoique nous les considérions ici comme une addition étrangère, nous dirons, pour compléter notre parallèle et en montrer la clarté, que c’est, par le fait, de le dernière captivité en Chaldée que date le dispersion d’israël—je ne dis pas de Juda—par le monde entier.
Serait-ilimprobable que ce furent les Israélites qui eussent porté la connaissance et le culte idolâtrique de Moïse- Wodan, Boudha-Dan et Wotan dans les quatre parties du monde ? La nation juive, bien qu’elle ne sé composât que des seules tribus de Juda et de Benjamin, compte cependant encore bien plus de 50 millions de citoyens, répandus dans le monde entier. Voudrail-on que la nation des Israélites, qui comprenait les dix autres tribus, eût été anéantie à tout jamais? Cependant nous ignorons dans quelle nation sont répandus ses membres. Il est donc trèsprobable qu'il en existe également un fort grand nombre dispersés et cachés parmi les peuples du globe, ignorés de tous et s'ignorant eux-mêmes,
Au retour d'un de ses voyages, Wotan trouva, à son arrivée dans sa patrie, sept autres familles étrangères qui s'y étaient installées, Il hésita longtemps pour savoir s’il les chasserait; mais, enfin, il se laissa persuader par elles qu’elles étaient de même race que lui, et, les ayant reconnues pour alliées, il donna à ces nouveaux venps, nommés Tréquils, des filles izendeles en mariage.
C'est ainsi que, dans la légende des Creeks, les Cussitaw, après avoir fait la rencontre des Pachucolas et avoir délibéré pour savoir s'ils les détruiraient ou non, se Jaissent persuader par eux el coniractent avec eux alliance.
C'est ainsi également que les Dèné et les Dindjié prétendent qu'ils vésurent au milieu de leurs ennemis les Têtes-Rasées et les Pieds-de-chien, auxquels ils donnèrent leurs filles, et desquels eat sorlie la tribu des Flançsde-chien ou Fils-de-chien,
Evidemmen|, toutes ces traditions sont celquées sur Vhistoire des Hébreux, qui, à leur retour dans la terre de promission, après deux cents ans d’exil en Égypte, trouvèrent le paye peuplé par sepé nations chananéennes
que Dieu leur ordonna d'exterminer; mais, leur zèle ayant faibli, ils s’en laissèrent toucher de compassion, leur permirent de vivre au milieu d'eux, et s’allièrent même à eux, ce qui fut la cause de tous leurs malheurs.
De même, en effet, que le peuple wofanide reçut des Tséquils on Nahons, ses nouveaux alliée, le fétichisme ou culte idolâtrique du nagualt, le culte du serpent, de même les Israélites adoptèrent les abominables idoles des Chananéens, particulièrement Baal et Astaroth, ainsi que Beel-Phegor,
Le Danite Shamson fut une des plus illustres viclimes de ces alliances prohibées par Dieu, de même que les Wotanides furent les victimes de la perfidie des Fséquils.
Les Dènè-Dindjié reconnaissent également que lu puissance de leur héros £'istégé où Sa- Wéta ne ressemblait en rien à celle que s’attribuaient leurs sorciers actuels ou shamans, partisans du fétichisme.
La légende wotanide nomme Tséquils, c'est-à - dire hommes à jupon, la nation des Nahoas ou Nahuatlæques, appelés ailleurs J'ultul-Xinhs, X1bes et Toltèques orientaux, etle mot fséqui signifie femmes dans l'idiome dènédindjié, lequel a été reconnu appartenir à la même famille de langues que le toltèque. Or, il est remarquable que les Dénè, les Dindjté et même les Esquimaux s'accordent à donner le nom de #emmes à la nation ennemie dans laquelle ils vécurent et qui les persécuta jadis. Les Innoit les nomment Femmeleites, les Dindjié Dhænan ou Femmes publiques, mot que les Peaux-de-lièvre traduisent par Léméné, ainsi que par £'yrinnè, les femmes mariées. Les Chippewayans, enfin, les reconnaissent aussi sous cette dernière épithète, qui, chez eux, signifie les fous. Si à ces données positives nous ajoutons le témoignage des bouddhistes chinois, colonisateurs du Fou-Sang ou Mexique, au cinquième siècle de notre ère, nous voyons qu’ils
trouvèrent à 1 000 lis à l’orient de cette contrée le pays des Femmes, aïnsi que nous l'avons dit ailleurs. Esquimaux, Dindjié, Dènèé, Algonquins, Pieds-Noirs et Maya- Qquichoas s'accordent donc à placer à l’ouest du continent américain leurs anciens ennemis, la nafion des Femmes. Pour la race maya-qquiche, à laquelle appartiennent les Tzendales chiapanèques, cette nation ennemie n’est ‘autre que celle des Vahoas ou Toltèques orientaux. Pour les Dènè-Dindjié, c'est le peuple kollouche, lequel se divise en deux corps de nation, les Æaïdas ou Kollouches à téte droite, et les Tonguras ou Kollouches à tête plate, division également propre aux Tolièques. Les Dènë, les Dindjié, les Sareis, les Nabajoes, les Tolièques et les Kol- Jouches parlent sinon des dialectes congénères, du moins des idiomes frères et caractérisés par le même génie, — Les mœurs dépravées et réprouvées par la nature qui caractérisent les peuplades kollouches confirment le témoignage que portent de ce peuple de Femmes et de fous les traditions des Dèuè-Dindjié, lesquelles les représentent comme allant entièrement nus et étant adonnés au plus affreux libertinage. Bancroft, dans son compendium intitulé : The Savage Tribes of the Pacific coast, rapporte plusieurs citations de voyageurs desquelles il appert que, dans ces peuplades, on trouve des jeunes gens qui, se consacrant au libertinage comme les efféminés antiques, revétent à cet effet le costume du sexe et en affectent follement les allures. Certaines tribus californiennes imitent également cette odieuse dépravation, qui justifie pleinement l’épithète sanglante par laquelle les nations plus chasles de l’est et du centre ont stigmatisé les Kollouches.
Si donc nous considérons le Fou-Sang comme l'empire du Mexique, le témoignage des bouddhistes chinois
se trouve pleinement confirmé par celui de toutes les nations américaines du centre et de l’est, qui reconnaissent sur le côte occidentale de l'Amérique septentrionale, entre la presqu'ile d’Alaska et le Mexique, une nation d'Indiens parfaitement dépeinte sous le nom de peuple de Femmes. Faut-il donc encore considérer comme fortuit cet accord des Dindjié, des Dènè, des Creeks, des Indiens, des Pueblos, des Mexicains et des Maya-Qquichoas lorsqu'ils s’unissent pour attester que leurs nationalités respectives sont composées de deux éléments étrangers l'un à l’autre et primitivement ennemis entre eux : l’un, à tête droite, au crâne allongé et à l’acciput surélevé, aux traits réguliers et nobles, et à la physionomie araméenne ou sémitique ; l’autre, d'un iype vulgaire et repoussant, à la tête globuleuse, au front carré, à l'occiput plat, aux traits remassés, au nez court ou épaté; traits caractéristiques des races touraniennes ou chaniques ?
Le nom de Nahuatl ou Nahomas signifie hommes de l'ouest, car le calendrier yucatèque , comme celui des Mexicains, représentait l'Occident par la figure symbolique d'une cabane, emblème du lieu de leur provenance. Cabane ou maison se dit nak dans les dialectes maya et ixendale, aussi bien que dans la langue des Katlouches- Haidas des îles Charlotte. Remarquons aussi, avec de Land, cité par M. de Charencey, que les Yucatèquos appelaient jadis l'Occident Nohen tai, c'est-à-dire la grande descente, à cause de la multitude de peupies qui abordèrent au continent américain du côté du couchant. De même aussi, dans la langue des Dènè, congénère des idiomes mexicains, nous trouvons anciennement, pour désigner l’ouest, le mot nahan, devenu présentement en peau-de-lièvre éahkan, taan. C'est pourquoi une des tribus dènè, qui habite le plus près de l’ouest, dans les montagnes Rochouses, s'appelle encore de nos jours Vakes-
nè, contraction de Vahan-ottiné (peuple du couchant). Richardson les nomme Mahonies et Nah-thanas.
Devons-nous voir encore, dans cette triple consonnance de nahoa, nohen, nahan, une fortuité de ressemblance dénuée de tout fondement réel? Cette fortuité constante serait plus extraordinaire que la vérité même, puisque chacun de ces mots désigne l’Occident et que les mots Nahoa et Nahan caractérisent de plus deux nations occidentales.
J'ai dit qu’actuellement certaines peuplades dènè nomment l’ouest fakan, faan, tan et même fak, selon les dialectes. Cela tient à ce que les deux consonnes N et T sont souvent convertibles en dènè-dindjié, bien que l’on voit peu de rapports entre les nasales et les dentales. Ainsi de nahan ils ont fait fahan, et de nah (maison en kollouche et en maya-qquiche) ils auront fait fah; par la même raison que de ni, né, nan, na, qui signifient terre, ils font aussi #, fien, tan, té, qui veulent dire également {erre. Or, dans le dialecte dindjié, le plus septentrional de tous, le mot terre, quise dit Tien, ainsi qu’en chinois, est aussi devenu le nom de l'Occident (tien). De même quele mot fahan, nom de l'oceident, en dënè peaude-lièvre, est justement le nom chinois de la grande presqu’ile à laquelle abordèrent tout d’abord les colonisateurs du Fou-Sang, et dans laquelle Île célèbre sinologue de Guignes voyait la presqu'ile du Kamtschatka. Sans contredire une si respectable autorité, nous ajoutons que la description de cette contrée conviendrait aussi bien à la grande presqu'île d'Alaska, l'ancienne Amérique russe, patrie des Kollouches et des Dindjié, puisque de l’une comme de l’auire de ces péninsules les colonisateurs bouddhistes auraient pu, en se dirigeant vers {e sud-est, atteindre, à travers le continent, le golfe du Mexique, d'où ils seraient arrivés au Guatémale par lorient, puis.
— 14 — , que c’est de ce côté-là qu'y parvinrent Wotan et les tséquils eux-mêmes,
Les colonisateurs, quels qu'ils aient été, de l’Amérique, auraient donc donné à l'Occident le nom de la terre qu'ils venaient de quitter (Tien), comme d’autres lui laissèrent probablement le nom de leur patrie première, Takhan ou Nahan, dans lequel il est bien permis de voir une contraction du ÎVah chan des Tzendales. En mava, ce nom signifie maison des serpents ; en kollouche, maison de montagnes ; et en dènè, terre du couchant. D'après le témoignage de M. Hue, une chaîne de montagnes qui sépare le Thibet de la Chine s'appelle également Nan-Chan.
Un fait singulier, c'est que dans le Honduras et dans le dialecte lenka, qui appartient aussi au maya-qquichoa, le mot maison, demeure, se traduit par tan et par faku, qui signifient l’un l'occident et l’autre pays des montagnes en dènè-dindjié. Nouvelle confirmation de ce que nous venons de dire que dans cette famille de langues les mots nai et {ah, nan et tan, nahan et fahan, ni el ti, nien et tien, etc., sont synonymes et convertibles, et signifient ici: maison, demeure ; là : terre, patrie, selon les dialectes, Et comme les peuplades qui parlent ces langues disent être venues de l’ouest et des montagnes Rocheuses, elles ont tout naturellement donné à ce point de l’espace et à la grande Cordillère qui l’occupe les noms de demeure, de patrie, ou terre proprement dite. De là les noms de Tien, Tan, Tah, Tahan, Tahu, Nahan, Nah, Noñen donnés à l'Occident par les Dènè-dindjié aussi bien que par les Maya-Qquichoa. Bien plus, ces mots ne s'emploient presque jamais seuls en dènè-dindjié, mais on les fait suivre de la postposition tésen, ttset, qui signifent à, vers. Ainsi, pour désigner l’ouest, on dira Tien-Uset, Tahan- Usen, comme si l’on disait vers la Terre, vers le pays de Tahan.
lei on nous suscilera peut-être une nouvelle objection. L'identité du nom de l'Occident en dènè-dindjié (Tahan), avec celui de la grande péninsule découverte par les colonisateurs bouddhistes du Fou-Sang (Tahan), en même temps qu’avec le nom donné à l’ouest de l'Amérique par les Toltèques (Noken), ayant été établie comme elie nous semble l’être ci-dessus, ne pourrait-on pas en conclure que les Nahoas que Wotan trouva implantés dans ses nouveaux Etats ne sont autres que ces colonisateurs chinoïs venus de Tahan? Nous répondons sans hésiter que la chose ne se peut guère, puisque ces mêmes bouddbistes s'accordent avec les Wotanides pour dire qu'ils trouvèrent la nation des Femmes (les Tséquils de Wotan) dans lu nouvelle contrée qu'ils venaient de découvrir. Comme nous avons toutes espèces de raisons pour assimiler les Tséquils (dont le nom signifie femmes, jupons, dans les langues congénères du toltèque) aux Nahoas orientaux, et de plus comme le mythe de Wotan a tant de rapports avec celui de Boudha, il serait bien plus rationnel d'admettre que ces sectateurs de Wotan furent réellement les colonisateurs bouddhistes eux-mêmes, venus de Chine au cinquième siècle, et que ces derniers étaient réellement des restes d'Israël venus à la suite de Koublaï-Chan; puisque, aussi bien dans Boudha que dans Wotan et dans Sa- Wéta, nous avons reconnu un héros législateur en tout comparable à Moïse.
M. de Charencey observant qu’en nahuatl le nom du serpent a pour lettre initiale la lettre N, ainsi qu'en hébreu (nahash), en siamois (nakk) et en sanscrit (ndga), il suppose qu’il n’y a aucune autre nation sur le sol américain dans le vocabulaire de laquelle la lettre N soit l'initiale du nom du serpent. Nous causerons donc à ce savant américaniste une agréable surprise en faisant remarquer ici que le nom du serpent commence par la
consonne N dans tous les dialectes de la langue dènèdindjté, congénère du nahuat], dans le kollouche et probablement aussi dans le nabajo, peuplade du Nouveau- Mexique. C’est l& encore un des nombreux jalons par lesquels il est aisé de suivre la marche du peuple adorateur de Watan, de Sa- Wéta et de Boudha, la connaissance du serpent et de très-gros serpents n'ayant pa parvenir aux peuplades hyperboréennes que de lPAste, puisqu’on ne rencontre pas le plus petit orvet dans leur pays inhospitalier et glacé, tandis qu’il y a des couleuvres dans le Kamtschatka. Toutefois les Dêné-dindjié ont conservé le souvenir de grands serpents verts qu'ils disent être fort beaux à voir, mais très-dangereux. Ce sont donc des reptiles du genre python, tels qu'il s’en trouve en Asie et dans la Malaisie. Les Dènè nomment le serpent ndh-dudhi, ndh-téwédi, nâh-turi, selon les dialectes; et les Dindjié ndh-tadheæt, ntri-ndjoto. Dans tous ces mots composés, le monosyllabe ndh semble être le nom propre de l'animal, tandis que le mot qui suit n’en est que l'épithète; car à lui seul ce dernier mot signifie, dans tous les dialectes, celui qui se traîne, celui qui rampe. En effet, pour exprimer Vaction de ramper, on ne dit point nasdudh, natéwéd, natelldhæs, mais seulement esdudh ou l'esdudh, téwéd ou dédévwed, telldhæt. L'être qui est le sujet de la reptation est donc le ndk, mot racine conservé identiquement le même dans tous les dialectes dèné-dindjté. Nûk-dudhi, etc., sigaifient donc le ndh rampant. Nous avons déjà fait remarquer combien le nom du héros solaire des Pieds-Noirs, Natus, se rapproche de celui du serpent en dènè.
De plus, dans le dialecte dindjié, le serpent porte un autre nom, caractérisé par la consonne double k!/, qui, dans les autres dialectes, ne convient qu'aux rongeurs. Par là encore s'expliquerait comment le nom de certains rongeurs aussi bien que le nom du serpent aurait été
donné comme l’emblème du héros qui nous occupe. Cet autre nom dindjié du serpent est lan, et les noms des rongeurs en dènà sont Alag, kli, glu, klé, écureail ; klu, gluné, rat, souris; klo, klag, taupe, musaraigne, btc,
Wotan fut le bienfaiteur et le législateur de son peuple, auquel il apprit l’agriculture, les sciences, les arts; il régla le calendrier, institus une religion et bâtit des villes. C'est également ce que les Dènè-dindjié disent de leur Sa-Wéta, les Pieds-Noîrs de Natus, les Hindous, les Thibétains, les Tartares et les Chinois de Zoudha. C'est ce que fut, avant touten ces divinités, Moïse, institaiaur des néoménies et des fêtes, proclamateur de la loi divine, de Ja religion judaïque et de ses rites. }1 dota Israël de villes, et le metiant, parle ministère de Josué, en possession des cités chananéennes, ainsi que le rapporte également la légende des Chaktas,
Le culte de Wotan se lie intimement à celui du tapir, dont lu légende tzendale veut que ce héros ait doté l’Amérique. Ainsi le culte de Boudha 8e lie également au culte d’un animal, le bœuf-zèbre, dans lHindoustan, le yack où bœuf grognhant, au Thibet; celui de Sa-Wéta, au bœuf musqué ou ovibos; celui de Mustaté-awasis et de Matus, au bison ou buffalo. Par le fait, ce fut Moise qui dota les Israélites des bêtes à cornes, que les Égyptiens, leurs maîtres, respectaient et adoraient comme des diviunités, en leur permettant de tuer ces animaux et de se nourrir de leur chair, ce qui était considéré comme uns abomination aux yeux de leurs persécuteurs.
Wotan soumit à ses lois les habitants primitifs des hauts plateaux d'Anahuac, adorateurs de Tezcatlipoca, l'ennemi de ses dieux. Les Dènè combattirent longtemps Les Tôtes- Rasées, adorateurs du géant Yanak fwi odinsa, l'ennemi personnel d8 leur dieu ÆAna-guhiné (celui qui voit par devant et par dertibre)}. Les Cussitaw vainquiren!t les
Cussaw, habitants des hauts rochers du pays blanc, et s’emparèrent de leurs villes. Dans ces différentes légendes il est aisé de voir un souvenir identique : celui de la conquête faite par Îles Hébreux des peuples chananéens qui habitaient les terres hautes de la Palestine, et qui adoraient Beei-Phegor.
Wotan prétend qu'il édifia de son souffle un temple sombre et souterrain au sommet d’une montagne, sise au bord de la rivière de Huehuetan. Il y déposa son histoire manuscrite écrite sur la pierre, un nombre de pierres de jade en rapport avec le nombre des chefs de son peuple, des vases précieux et des trésors. Enfin il établit pour le service de 6e temple une grande prétresse et des custodes où tlapians. Peut-on voir une plus fidèle image du temple de Jérusalem, également situé sur une montagne, desservi par la hiérarchie lévitique, ayant à sa téte le grand prêtre, et qui contenait la Divinité elle-même? Sombre et obscur était ie Saint des Saints, sans cesse voilé aux yeux du vulgaire, et dans lequel ie grand prêtre lui-même n’entrait qu’une fois par an. Aussi entretenait-on devant l’entrée le chandelier à sept branches. L’arche, déposée dans ce réduit obscur, renfermait un exemplaire du livre de Moïse, un vase d'or plein de manne et la verge d’Aaron si souvent changée en serpent. Enfin le grand sacrificateur portait sur sa poitrine le rational, sur lequel se irouvaient autant de pierres précieuses que la nation israélite comptait de chefs de tribus. Le temple de Jérusalem contenait aussi de grands trésors qui tentèrent maintes fois la rapacité des monarques étrangers.
Les nations peaux-rouges situées au nord du Mexique n’ént pas conservé aussi vivace le souvenir d'un temple et d’un culte particuliers. Toutefois chez les Nabajos èt les Apaëhes, peuples du Nouveau-Mexique, nous trouvons des étuves souterraines où se font les assemblées reli-
gieuses ; toutes les autres peuplades de l'Amérique du Nord ont également leurs éiuves, lesquelles revêtent aussi un caractère religieux ; mais ce sont de simples tentes dressées au bord d'un cours d'eau. Chez les Esquimaux, adorateurs du héros solaire Pad-muna, les réunions mystérieuses du Aéchim offrent la plus grande ressemblance avec les temples obscurs des Nouveaux- Mexicains. Les Chippeways et les Cris ont leur long tabernacle de fenillage dans lequel se pratiquent les mystérieuses initiations du Mitewi. Les Dènè-dindjié ont leurs chounsh ou loges de médecine ; enfin les Pieds-Noirs ont leur temple du Soleil gardé par une prêtresse, desservi par un grand prêtre et dans lequel on conserve le feu sacré.
À ce propos, nous ne saurions passer, sans les signaler, sur les curieuses coïncidences et synonymies de termes et d'idées qu’otfrent le nom du dieu éthéré des pythugoriciens, Monas, Monade, cette âme du monde d’où ils faisaient sortir et où ils faisaient émigrer ensuite tout ce qui a vie en ce monde, le Manés des Egyptiens, avec le Manito des Algonquins, le Sakid-Mouni des Mogols, le Sa-Mana-Nodom des Siamois, le Su- Mana-Kutama des Pégouans, le Manco-Kapac des Péruviens, le #ana-Kopa des Pieds-Noirs et des Sioux, le Moana-Kombo des nègres du Darfour, etc. Elles prouvent la généralité du mythe qui nousoccupe, car personne n’ignore que Sakia-Mouni est le mème personnage que Bouddha.Les mêmes coïncidences existent dans les divers voms donnés à la magie en chaldéen, en grec, en latin et en chippeway, idiome américain. En effet, les mots makiusa et madehiusé, qui, en chaldéen, signifient à la fois l'office du prêtre, la science sacerdotale, le culte du feu et l’adoration de la lumière, se rendent en latin par magia eten chippeway par maëkiw et maskikiy. En Porse, le
prêtre élait connu sous les noms de mag, mog, muked, 7 Xv, 67
d'où lea Latins firent magos, magicus, magister, el d'où nous avons tiré les mots mage, magicien et maître.
En sauteux ou chippeway, ce même mot se rend par mackiv-éyinuwk, et memataw-siwak.
Mais revenons à nos identifications :
Woiar divisa se8 Étala en plusieurs royaumes, Avant de mourir, Moisa siatua d’une manière praphétique la part qui écherrait à chaque tribu d'Israël, et ordonna à Josué de faire 0e partage.
L'Etat des Wotanides se nommait /VéA-chan, c'est-àdire demeure des serpents. La contrée qui échut aux Israélites fut la pays de CAex-aan, dont la mat Nék-chan semble être le mêma nom renversé,
Enfin Watan s’en retourna mystériensement aux lieux d'où il était venu, et nul n'en entendit plus parler. Les dènè-dindjié en disent autant de Sa- Wéfa, bien que plusieurs tribus prétendent qu’il s'iucarna dans le bœuf musqué, ai que d’autres la fassent monter dans la lune. Les Tamouls font monter au ciel leur Paudan, au sommet du ple d'Adam, dans l'île de Ceylan, at ils y vénèrent encore l'empreinte de ses pas, Les Pieds-Noirs prétendent que leur héros Ndtus est parti pour le ciel, aù il habite le soleil. Telle est aussi la persuasion des Esquimaux relativement à leur grand héros Padmusria, dont le nom sigaille : « Celui qui est monté au ciel. » Enfn, bien qu’on sache que Moïag soit mort effaalivement, « nul homme, dit le Deutéranome (chap. xxxiv, v. 6), n’a connujusqu'icile lieu de sa sépulture, p Et sans doute Dieu le voulut ainsi, afin de soustraire la dépouille et jusqu’au tombeau d'un homme si saint et si extraordinaire, aux adorotions dont n'auraient paa manqué de l'entaurer les Israélites, sj enclins à l'idolâtrie, Et naus voyons combien cette nrécaution était néeesaairs, puisqu'il n'egi que trap évident que tantôt sous son nom véritable de Mousa ou Moses, tantôt
sous le couvert de son Dieu Adonarï, le grand législatenr des Hébreux a servi da thème et de prototype au grand mythe religieux universellement répandu dans les qua+ tre parties du monde, sous les différents noma de Adonis, Odon, Odin, Dan, Don, Wodan, Wotan, Sa-W/éta, Oton, Vodon; Mousse, Bause, Baoudha, Poudan, Boudon, Boddo, Botta, Boudéa, Toih, Teut et Taauth. Son ascension au ciel peut s'expliquer d'une manière salisfaisante par l'assemblage monstrueux que firentles bouddhistes mogols des dogmes ohréliens et leurs mythes païens, sous {a do. mination des Khans ou Chaws, au onzième siècle ; union d'où est sarli le lamanisme, qui est la forme la plus parfaite du boudhisme et qui se rapproche sous plusieurs aspects de la religion catholique.
Comwme pour en rendre l'identité plus frappante et plus facile à établir, le légende d’Oxasa donne à Wotan dix sept successeurs, tous de la même race et héros à grandes merveilles, Or Moise, juge et législateur des Hébreux, eut également dix-sept successeurs, qui tous furent juges en Israël et dont plusieurs firent des choses extraordinaires. Voici leurs noms : Josué, qui arrêta le soleil dans sa marche; Othoniel, qui défit Chusan, rei de Syrie; Aod, qui éventra Eglon, roi de Moab ; Samgar, qui tua 600 Rhéniciens avec un sac de charrue; Barac, qui vainquit Sisara, général des Chananéens; Débora, qui fut prophétesse en Israël, Gédéon, qui vainquit les Moabites per le seul son de la trompette; Abiméleeh, qui prit et brûia Sichem ; Thola ; Jaïr, dont les soixante-dix fils montaient soixante dix poulains d'ânesses ; Jephté, qui voua sa fille en holocauste} Abésan, qui avait soixante enfants; Ahiaton: Abdon, qui eut quarante fils et trente petits-fils: Sam. son, qui {ua mille Phéniciens aveo une mâchoire d'âne, de laquelle sortit ensuite une source d’eau vive : Hdli : et enfin Samuël, le prophète et le faiseur de rois. Si, à ces
dix-sept juges, nous joignons les deux fils de Samuel, Johel et Abia, qui jugèrent aussi Israël, mais conjointement avec leur père, nous avons les dix-neuf chefs wotanides que la légende tzendale nomme quelque autre part.
La monarchie wolanide fut détruite par des dissensions intestines, auxquelles s’ajoutèrent la trahison et la rébellion de leurs alliés, les Tséquils ou Nahuatiaques. — La décadence de la monarchie israélite arriva par suite des guerres civiles, qui scindèrent d'abord la Palestine en deux royaumes distincts ; et des éembüûches que leur dressèrent sans cesse leurs faux alliés, les Channnéens, qu'ils auraient dû détruire, et qui empéchèrent toujours les Israélites de se forlifier comme nalion.
Les Tzendales disent que les disciples de Wotan furent dispersés parmi d'autres peuples, ou englobés dans ja nalion des Nahuatl, qui se fortifia à leurs dépens. — Les israélites furent dispersés par toute la terre. Un fort pett nombre demeura dans la terre sainte, où ils vivent misérablemenut parmi leurs ennemis d'autrefois, les Iduméens et les Syriens, devenus les Arabes et les Turcs,
On atlribue à Wotan le culte du mont Æscurruchan, au sommet duquel, dans une enceinte palissadée, on conservait un feu sacré, et où chaque Indien déposuit une otfrande. — Ceci rappelle la montagne de Sion, si chère aux Isruélites et aux Juifs, au sommet de laquelle se trouvait le temple, rendez-vous de lous les croyants. — Nous avons vu que les Pieds-Noirs ont une figure de cette montague dans la forme conique et circulaire de leur temple palissadé, au sommet duquel est le fagot sacré, et dans lequel brûle le feu sacré, auquel les Indiens portent également leurs offrandes. — Enfin les Dènèdindjié soupirent sans cesse après une montagne du bois, qu'ils invoquent en l’entourant de leurs regrets et de leurs
vœux, et qu'ils supplient de les arracher à la contrée qu'ils habitent.
Malgré la grande douceur que la légende reconnait à Wotan, on lui prête en même temps un Caracière funèbre et même malin. Ainsi, les Guatémaliens l’identifient avec Mam, dieu de ia mort; et les Maya-Qquichon, avec le mauvais Esprit. Toutefois, ces derniers, par une espèce de contradiction, l’invoquent comme le dicu de l’abondance et de la chaleur, sous le nom de Æon ou Con. Cette contradiction n'en est point une, en ce sens qu’à titre de souverain divu, on peut dire de Wolan qu'il départit la mort comme la vie, les maux comme les biens, ainsi qu'il est dit de Dieu dans la Bible ; à savoir, la vie et les biens, en les envoyunt volontairement; la mort et les maux, en les permettant librement. — Chez les Dènèdindyié, le héros lunaire Dan ou Sa- Wéta, divinité bienfaisante, qui donne le pouvoir d'opérer des merveilles au moyen d'une baguelle, procure aussi la santé, el délivre de la mort et des animaux malfaisants ; elle envoie la neige ct les rennes sur la terre, et assure ainsi la vie du peuple dènè-dindjié ; mais elle devient aussi un génie de mort pour les ennemis des Dénè. On linvoque alors, comme l’ange de la mort, sous le nom d’Ettsun, et c’est alors qu’elle est identifiée au serpent (na tudhi). Tour à tour habitant de J’Astre, dieu de l'Abondance, Esprit-serpent, Rat rouge ou Souris jaune et génie de la Mort et do la Vie; habitant du Picd-du-ciel et opérant des merveilles à l'aide de sa verge, ce dieu rappelle à Ja fois Moïse, Asmodée ou l’Ange exlerminateur, et Astaroth ou la June. Il revêt donc le triple caractère d’Hécale, déesse de l'abondance, sous le nom de Lune; déesse de la chasse, sous celui de Diane; et déesse de la mort et des enfers, sous le nom de Proserpine, — Ainsi, les Pieds-Noirs, après avoir invoqué leur dieu solaire, Vdtus, pour lui de-
mander l’abondante, la ranté et la vie, etitonnëht leurs chants de mort et dorment le sommeil de guerre, afin d’obtenir de lui le trépas de leurs ennemis.
Telle fut, «ans doute, la triple persuasion des Guatémaäliens, relativement à Wotan. Invoqué sous ce nom, comme ün héros at une divinité bienfaisante, il devient, sous le no de Mam, le génie de la mort, de la maladie, et le démbn des Yucatèques. Enfin, sous celui de Con ou Kon, il est, pour les Qquichoa, lé dieu de la chaleur et de l'abondance. « Son symbole est alors, dit M. de Charencey, une tête humaine en forme de vase. »
Nous trouvons à cé dieu Mam des Guatérualiens une singulière ressemblance avec Mam-On, dieu des richesses et dé l'abondance chéz les Phéniciens. On peut dire même que c'ést la même divinité, puisque le mot On ou Eon signifie le dieu, le génie, l'esprit; comme si l'on disait : le dieu Afam. On peut aussi le comparer à l’Amoun des Égyptiens et des Berbères modernes, el à l'Ammon des Grecs. L'auteur eité plus haut compare Mam au génié de la mort chez les Persans, ŸYima, ainsi qu’à celui de la mort chez les Hindous, Yama. Les Dènè-dindjié ont également, dans leur théogonie, un personnage nommé Yamon , weurtrier de sa famillé et de ses enfants ; ils le notument le bfane Yamon : or, qu'on veuille bien observer que, dans l'Inde, les dieux sont noirs et les démons blancs. Blanche est la couleur funèbre en Chine, en Corée et au Japon, et les Dènè-dindjié eux-mêmes se saupoudrert la chevelure de duvet blanc, en signe dé deuil. Les Dindjié, ains! que les Pieds-Noirs, les Sioux et les Creèks, pour la même raison, se peignent alors Îe visage en blatic. M. de Charehcey nous dit que Yama revét souvent laformederat, de soutis, commé l'Erésun des Dènè-dindjié ; et, de plus, les Dénè placent leur Yamon au Pied-du-ciel, ainsi qu’ils le font de leur Moïse ; car Famon signifie le bord du viel. Ils
un TEE
idenlifient donc, ou plutôt confondent ces diverses divinités, ainiei que 18 faisaiént souvent les anciens, Qui séit même si cek différents toms : Wam, Mam:On, Ammon, Amotun, Va-mon, Ÿa-ma ét Vi-ma, ne proviennent pas, ainsi que le latin mors, ei le nom hébreu de Moïse Mésché (Mousa, en arabe), de la racie hébraïque Mdschah, tirer, extrairé, retrancher ?
Quant au dieu des Qquichoa, Æoh on Con, nous le retrouvons également dans Jj'antiquité, Les Égyptiens avaient Aak-Khons, c'est-à-dire X'Aûns, lune, dont la coiffure était le disque lunaire, flanqué de tornes de bœuf, Son animal symbolique était l'épervier. Il était le dieu de la maladie, et on l'invoquait contre la mort et les démohs, Fils d’Amoun ou lé svleil, et de Maut ou Isis, la lue, on l'appeluit aussi Osar.…Or, tel n’était-il pasle nom donné par l'historien égyptien Manéthon à Moïse : Osar- Siph, c'est-à-dire le dieu lunaire, taupe ou rat, Æhons, la taupe ? —De même, chez nos Dént-dindjié, lépervier {tra-tsè, pleuts de l'onde} joue un grand rôle dans les chants el lés cérémonies funèbres ; il semble y être déaigné commé un génie ou un symbole dé mort, = Les Dènè Peaux-de-lièvré Invoquett aussi Sa-Wéfd, leur béros lunaire, sous lé tom de £'bæ:Ékon, mot composé; qui signifie à Ja fois glaive en forme du croissant, tel que semble être la lune dans son premier quartier ; et égide ou bouclier circulaite, tel que le paraît être le même astre dans son plein. C'est-à-dire glaive pout oecire, boucher pour protéger, espèce de diadème, qui convient parfaitement à ce dieu de Ia miott et dé la vie.
Nous üvons de nouveau, dans ceé rapprothéments, de hombreux exetiples de cèlte symbolique cabalistique, que nous affirmons exister daris plusieurs trails et dans plusicurs expressions des légendes dènè-dindjié. Sur ce poinl, comme sur beaucoup d'auires, nous avons l'hon-
neur dé nous trouver d'accord avoc le savant comte H. de Charencey, lequel, en parlant de ce symbolisme talmudique, dit que « l'emprunt a certainement dû se faire par l’extrême Orient et que l’on peut citer bien des cas de doetrines cabalistiques et chaldéeunes, fidèlement conservées en Amérique et en Océanie. »
Enfin, dans les ruines de Palenqué, on voit des représentations de pontifes revêtus de robes trafnantes et portant des encensoirs; on y voit des croix terminées par des anppendices semblables à la clef bouddhique et égyptienne, etc. — Chez les Dènè-diadjié, à défaut de monuments, nous avons des souvenirs vivants et très-distincts de lencensoir, de l’éphod des prêlres hébreux, de la prière et de son efficacité, de la croix, etc. — En faut-il davantage pour reconnaltre que des descendants d'Israël, sinon peut-être même des adeptes du christianisme, ont abordé en Amérique et s'y sont répandus à une époque reculée ? — Les prêtres juifs décrivaient l’image de la croix en élevant l’hostie ou viclime des sacrifices, puis, l'abaissant vers la terre, ils la portaient horizontalement de l'orient à l'occident, et la déposaient ensuite sur l’autel. Telle est encore la pratique des Chamans ou jongleurs dènès, ainsi que celle des Algonquins, lorsqu'ils présentent le calumet au ciel, à la terre et aux points cardinaux.
En somme, on voit que nous avons de fortes présomptions de croire que les Tzendales-Chupanèques et les Maya-Qquiches sont un composé d’Israéliles et de peupludes phéniciennes ou touraniennes, ainsi que nous l'avons dit des Creeks et des Dènè-dindjié, et que d'au- Îres voyageurs l’ont émis longtemps avant nous touchant les Apaches et les Chicassaws.