‹ Six mois aux États-UnisChapitre 22 sur 74 · LE LAC SALÉ · texte numérisé non relu

LE LAC SALÉ

ne pouvait se trouver dans le Lac salé, mais c'était une erreur. M. Sereno Watson a pu découvrir un petit crustacé presque imperceptible qui y peut faire son séjour, CG9,lVArtctma fertilis qui a été décrit par le professeur A. E. Yerrill. Sur les bords du lac même, dans certaines saisons, les sables sont couverts des larves

Fig. 22. — Carte de l'itinéraire suivi par Tautcur clans l'Utah el l'Arizona (page 80).

des insectes qui vivent aussi dans les eaux, ils ont été décrits par M. Packard qui les a nommés Ephijdra gracilis.

En ramassant les grains de sable, et lorsqu'on les regarde au microscope, on remarque leur structure curieuse de forme concentrique ; ils peuvent être considérés comme étant des concrétions d'origine organique formées par quelque espèce de Nucleus, ou peut-être sont-ils encore d'origine siliceuse.

Les régions du sud de l'Utah, la province des Mormons, et du

plateau de Kaïbad^ le nord de l'Arizona, sont presque ignorés des Américains. Comment les Européens les connaîtraient-ils? E. Powell, le directeur du Geological Siirvey, de Washington, a fait depuis quinze années de nombreuses explorations dans ce curieux pays. Aidé par M. Thompson et par d'autres géologues, il a dressé des cartes remarquables de ces contrées tout à fait extraordinaires. Grâce à M. Powell et à ses bons conseils, j'ai pu entreprendre ce voyage d'exploration; je ne saurais trop le remercier ici de sa bienveillance et de son charmant accueil.

De Sait Lake City le chemin de fer conduit en treize heures à Milford, 011 commence réellement la grande excursion. Ce petit trajet sur voie ferrée, dans le pays des Mormons, ne ressemble guère à d'autres. En fait de point de vue, après avoir dépassé la vallée et les bords du lac d'Utah, on a seulement la perspective de déserts arides et sablonneux. Les stations oiil'on s'arrête sont très primitives: l'une d'elles, que l'on nomme Juab, la plus remarquable peut-être, se compose de cinq ou six maisons de bois. C'est le chemin de fer qui l'a fait naître, elle ne vit guère que grâce à lui. A la fm du jour nous dînons avec le conducteur et ses aides, à côté du wagon des bagages.

Un seul voyageur, M. Lund, me tient compagnie dans le train. La cuisine se fait dans un poêle. Si les provisions des employés sont modestes, elles sont du moins offertes de bon cœur : la rétribution est insignifiante. •

Le panorama sévère des montagnes et des plaines se déroule assez tristement sous nos yeux.

A neuf heures du soir nous arrivons à Milford. Une petite maison construite en planches y sert d'hôtel.

A sept heures du matin je monte avec M. Lund, mon aimable compagnon de route, dans la voiture de la poste qui doit nous mener à Silver Rcef, voiture non suspendue et dont les banquettes sont rembourrées avec des noyaux d'Amérique dont je ne saurais découvrir l'espèce. Une bâche trouée forme le plafond de ce char primitif, et comme il est impossible de s'appuyer à un dossier quelconque, pour se reposer quelques moments pendant la

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