‹ Six mois aux États-UnisChapitre 5 sur 74 · PHILADELPHIE · texte numérisé non relu

PHILADELPHIE

a bu. Le touriste a trouvé ainsi de nouvelles forces, et c'est le splendide Fairmount Park qui va l'attirer. Ce parc est aux environs de la cité, il est grandiose. De hautes collines, des arbres séculaires et la jolie rivière la Schuylkill le traverse. La nature a

Fig. G. — Les fils aériens de Philadelphie. Angle de Chestnut Street et de Third Street (d'après nature) (page 17).

tout arrangé elle-même dans ces lieux charmants, et il faut avouer qu'ils ne ressemblent en rien à notre bois de Boulogne.

Le dimanche passé, Philadelphie reprend son mouvement extraordmaire. Les maisons de briques avec fenêtres aux cham-

branles de marbre reprennent leur aspect accoutumé. C'est la résurrection. Les magasins sont remplis de clientes venant faire leurs achats.

Dans Chestnut street, la rue élégante par excellence, les grands magasins de MM. Sharpless frères, qu'on peut considérer comme le Bo7i-Marché ou le Louvre de Philadelphie, possèdent un appareil curieux : c'est le cash railway, le chemin de fer des recettes, qu'on peut appeler la boule payante. M. Lamcon en est l'inventeur. Rien de plus ingénieux et de plus commode, et le système est employé déjà dans plusieurs villes des Etats-Unis, Philadelphie, Cincinnati, San-Francisco, etc. (fig. 7).

Au Louvre et au Bon-Marché^ les dames surtout le savent, on est fort ennuyé pour aller payer à la caisse. Il y a toujours une bousculade à affronter. Dans ce beau magasin de Chestnut street cela n'existe pas. Les acheteurs n'ont pas à se déranger. Ils payent directement à l'employé qui les a servis et s'assoient à l'aise. Celui-ci met l'argent et la note dans une boule de bois B. Il la fait monter jusqu'à la petite glissière CC qui s'abaisse aussitôt la boule reçue et la lance sur un petit chemin de fer incliné à rails de bois bordés de cuir pour éviter le bruit (Voir la coupe nM). La boule arrive ainsi au centre du magasin, aux bureaux de la caisse. Ces bureaux sont au nombre de deux ; ils sont suspendus, comme la nacelle d'un ballon, au milieu du grand Hall de l'établissement. Ils communiquent cependant aux galeries par de légers escaliers en fer. Il y a tout un réseau de rails de bois pour le parcours de ces boules, correspondant aux différents comptoirs ; ils desservent le rez-de-chaussée et le premier étage des magasins. Les acheteurs ont la vue perpétuelle de cette sorte de canalisation aérienne avec les boules courant en silence à leur destination respective. C'est un aperçu qui ne manque pas d'originalité.

Les comptoirs sont nombreux, les boules ont toutes un diamètre différent et portent des numéros pour éviter la confusion. Les diamètres difïerents obligent la boule à suivre un embranchement voulu, les rails de bois étant de largeur correspondante, et les numéros rappellent aux employés la place de leur comptoir. Lors-

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