‹ Six nouvelles (volume 3)Chapitre 9 sur 9 · ELI ! IV · texte numérisé non relu

ELI ! IV

mir. — La garde* malade 1 assura

qu'elle ne dormait jamais <juc le

jour, ( a pendant au boni de quelque i

minutes , elle s'assoupît , el il ne lui

fallut pas beaucoup pins tic tempi

pour ronfler comme un bomraequi ,

dans un jour, aurait été obligé de

faire vingt lieues à pied, on de lire,

s'arrêter, la présente histoire.

plaintes que l'on entendait sans

ent pu retarder un ins-

Moeil ; Untrhabitudede

voirsouft'rir émousse , dans certaines

urnes , le sentiment de la pitié.

Pour Catherine , elle s'assit à portée du lit de Martial : elle écoutait respiration , et bien que la poitrine kdu malade fût très oppressée, • bruit soutenait le courage de la jeune hospitalière. Son ami ne it pas reconnue , et pourtant il la voir sans que c< t te

25o CATHERINE,

image si chère ne rappelât vivement à son esprit égaré les traits de celle qu'il aimait, et le souvenir de leurs amours. Quelle ne dut pas être fé* motion de Catherine , lorsqu'elle ' entendit lui parler comme s ils eussent été tous les deux sous les jolies cabanes de feuillage quil avait construites pour elle. Il se taisait par intervalles, comme s'il eût écouté une réponse qu'il croyait entendre eu effet. 11 vint à l'idée de la jeune sœur de s'approcher et de lui répondre tout bas. — Malgré les préventions de mon père , disait-il , je suis parvenu à le fléchir : je lui ai déclaré que si notre mariage n'était pas célébré dans un mois, je retournerais à l'armée pour ne plus revenir. 11 ma donné mille raisons , toutes mauvaises : je l'ai pressé vivement : je lui ai prouve

UVELLJ l\ . i

qu'une fille piui te . npk e|

imme toi , enri< hi plus une maison qu'une fille opu-

, . [5 éh vée dans la vanil

I pète à consumer la fortune qu

apportait. Croyez-vous, luiai-je dit,

que .si j'épouse la fille <lu grand Si-

moneau , vous pourrez continuer de

\ i\ re comme vous \ irez ? Il fau Ira

mettre à votre maison des fenêtres

rime celles de La mai-

de son père s 11 faudra , bien

, appeler des oui 1 i< rs pour lui

un bols de lit, un buffet, une

commode. Vous scie/ obligé de

Ire Le main ais vin que nous re-

cuetUonfl , pour faire venir du vin

semblable à celui quelle boit chez

allez pas vous imaginer

: "ii plus quelle veuille s'habiller

le drap 1 t la toile que vous

faites : elle n'a jamais porte de pa-

â5a CATHERINE.

reilies étoffes : il lui faut des robes d'indienne. Alors , à moins que vous même ne changiez vos vêtemens , vous aurez l'air de son métayer ? ou de quelques vieu domestique , enfin , de tout autre que son père. Il est resté comme stupéfait.

— Ah ! mon ami , répondit Catherine, pourquoi ne puis-je pas faire ton bonheur , sans faire en même temps le malheur de ton père. Mais il faut espérer qu'à force de soumission et de tendresse nous parviendrons à vaincre son éloignement pour moi. — Pourquoi parles-tu si bas à présent ? Tu sais bien qu'ici personne ne peut nous entendre.

Il garda le silence pendant quelques instans , comme s'il eût été fatigué de parler , et puis il reprit ainsi: — A Quoi serviront ces habits et tous ces préparatifs? Pensez-vous

NOl VEL1 ! . *53

(]u<» je veuille épouser la malti esse de Râpin eau? Qu'il l'épouse lui! Quand elle sera madame Elapincau , à mon

tour f peut-être , en ferai-je ai wi m i m iltresf e. — Quoi , vous aussi , mon ami , vous avez de moi celle horrible idée? — Je crois ce que tout 1<' monde croit, à moins que je n'aie «les- preuves «lu contraire. — Catherine se tut et pleura, seule réponse du coupable qui se repent ej de l'innocent qui ne peut se Justifier. Un moment après, Martial reprit ainsi : — Pourquoi ne iervoua pas ma tombe? Vous voyez bien que c'en est fait de moi.

— Et pendant quelques temps il restait immobile et comme plonge dans une létnargie profonde. — Il îille enfin : —- Que nous avons malin iiiviix sur la terre , dit i! , atherine ! mais nous ne souflrû t. n.

rons plus : nous sommes dans les cieux ; nous y sommes pour nous voir toujours , nous aimer toujours !

Que l'air me semble pur , et comme toutes ces clartés sont éblouissantes !

De doux accords viennent ausssi flatter mon oreille , mais ils seront bien plus doux encore , si tu veux y mêler ta voix si chère à mon cœur... Ah î comme nous voilà mollement balancés ! La terre fuit au loin sur

nos pas elle s'abîme î Et nous ,

quel mouvement rapide noas entraîne , nous précipite O ciel,

que de douleurs î La voix , le souffle me manque : adieu ! —

En achevant ces mots, il retomba sans couleur, sans mouvement, et presque sans haleine. Ses organes, exaltés d'abord par le délire de la fièvre, ne l'avaient élevé jusqu'aux félicités du ciel, que pour ie replon-

MOI \ 1 .1.1. i: IV. o§5

jicr daaa le néant, et puis en de ci u<-!l< a nces. i lalberine ne

peut retenir le eri d< fli< tion ,

nais elle n'oublia point <pi il fallait j s<»n ami de prompts secours : elle ouvrit pour un instant la Fenêtre de la chambre; elle lit respirer au malade 1rs difïérens sels qui lui avaient il confiés, et se bâta d'éveiller la garde, qui n'avait cessé de dormir du plus profond sommei'. Martial recouwr l'usage de ses Sens : il n'avait aucun souvenir de ce qu'il avait dit, et ne reconnaissait plus Catherine , à laquelle il venait pourtant dadres- S€f la parole dans l'égarement d'une \ hinii.

I «mue l'hospitalière pleurait encore : — Que vous êtes i niant , reprit la vieille! on soigne I. s malades 1 mieux possible ; et quand on vient à les perdre , comme il arrive sou-

a56 CATHERINE,

veut, on ne les pleure pas, on les ensevelit bien vite pour retourner auprès de ceux qui viver.i encore et qui attendent leur tour. Mais pour cet homme-ci, je vous soutiens toujours qu'il est mieux que les autres, parce qu'il sent mieux son mal. Si vous n étiez pas une espèce de religieuse, je gagerais avec vous une bouteille de vin qu'il en reviendra, et nous irions bientôt la boire avec lui dans un endroit où l'on vend du meilleur.

Martial, en effet, semblait un peu mieux dans ce moment. La vieille femme qui, après ses trois repas, n'aimait rien dans le monde autant (jue son sommeil, alla bien vite trouver son fauteuil , et profiter de quelques heures qui lui restaient encore. Catherine ne songeait point à suivre son exemple. D'ailleurs le

M'; \ ELLE IV. a57

j une soldât! qui déjà s'était accoutume ,'i recevoir ^, ne restait pas long - temps sans lui demander quelque chose. Il l'appelait ma sœur, et ce nom <ju il donnait ««lors a tant d'indifférence, rappelait douloureusement à rhospitaliere le temps où sou ami l'appelait ainsi, ir lui prouve] toute sa tendresse.

Si l'ëtat de faiblesse ou d'absence un il était presque toujours, ne lui mettait pas de reconnaître Came, la jeune sœur lui rappelait pourtant celle qu'il avait aimée.

Aussi , lui dit - il une fois : — Vous connaisse/ Catherine , n'est-ce pas?

— Oui; je la connais, et vous? — Que trop pour mon bonheur! — Que i-t-elle l'ait? — Ecoutez une »|ue me racontait un de mes camarades, et dont je ne pourrai

difi que le sens à peu près.

s5S cvtiïeuixe.

Le Berger et le Buisson,

c< Un berger dit à l'aubépine : voce tre feuillage est agréable, vos fleurs « sont charmantes, et vous parfume mez l'air qui vous environne : je « veux passer ma vie auprès de « vous. L'aubépine parut flattée de « son amour ; mais pourtant, lors- « qu'il voulut l'embrasser , elle ence fonça ses aiguillons dans le sein « du berger; si bien, que tout san- « glant, tout déchiré, il s'en allait (( disant : cueillez la fleur de l'aubé- « pine,mais gardez-vous bien de vous K unir à elle!

i( L'Lnprudent qui , séduit par « l'attrait de quelques fleurs tromf( peuses, s'est lié avec les méchans, u ne tarde pas à s'éloigner, mais il a emporte leurs blessures. »

Eh bien! que pensez- vous de mon

MOI v : i : i i v.

petit conte? il .i-t-il pas Lair lait exprès pour Catherine?- Qu

>nîi«iit i '•/. mieux , vous

■■/. que VOUS no de\ iez pas nu:

consulter là -dessus.

Le lendemain, dès que le jour rut pénétré dans ces tristes démente médecin, suivi dé la mè*e Saint-François, vint faire sa vi^it»1 , si dangereuse pour ses jours. Tout en prescrivant a ( lathérifie les nou- \ soins qu'elle devoit readre à malades, il sut remmener à l'écart, et lui-dit : — J'ai vu hier au soir un bon paysan qui vous appelle sa fille, et qui prend à vous autant ! que si vous lYtiez en effet.

Il a su m'intéresser moi - même à voire sort, au point d'obtenir une le contraire à mon dei oîr, peut>it que par mes cens, i|j <>n mes ordi ei , vous fussiei app<-

26o CATHERINE.

lée clans celte maison à d'autres devoirs, et que vous quittiez cette chambre où chaque instant vous expose à la mort , sans nul espoir pour des victimes qui ne peuvent déjà plus lui échapper. — Catherine pâlissait 9 et ses genoux tremblaient.

— Monsieur, répondit-elle au médecin, en s appuyant contre la porte, je ne tiens point à la vie. — Se peutil que... — Je ny tiens pas du tout.

Mais quand elle me serait chère, si Dieu, qui me la donnée, veut la reprendre , ne duis-je pas me soumettre à ses volontés ! Si les malheureux qui m'ont été confiés ne peuvent...

ne peuvent obtenir de lui le salut de leurs jours, nous leur devons des soins jusqu'au dernier moment.

Oui, Monsieur, neussé-je aucun motif, aucun intérêt... rien ne pourrait me résoudre à quitter avant cet

N 0 Û VELLE I V. a' f

instant ceux dont le SOTt me fut remfe. ( >n peut i( i me comniaml<r ''<■ périr , mais on ne peut me comm in-

l'aban donner ceux qui vont périr! vous les trouvez donc absolument s ms espérance, Monsieur.'....

— Oh ! je ne dis pas tout-à-f.iit c< i.j nature;., la nature.!, et moi-même j'en ai sauvé de plus désespérés.

Mais je «lis qu ils ne sont pas bien ; non, ils ne sont pas bien. La phvsio-

nous apprend Mais il faut

leur tàter le pouls, je ne les ai pas vus aujourd'hui.

S\ tant donc approché de ses rna-

s, il trouva que l'un des trois Français avail l'air moins abattu , et

ançafaétail Martial. — Avec des soitisa«*idus,celuici pourra peut-être

uter, dit le médecin à la mère

Saint»- François et à la jeune srinr,

' terine , . ces mots, ^ il briller

un rayon d'espérance; rayon faible et pâle, comme celui qui, au sein de la tempête, brille aux yeux du matelot épuisé de fatigues. Elle se livrait à ses devoirs avec un nouveau zèle, lorsquelle vit paraître Bernard , son protecteur fidèle. Elle avait déjà pensé que nul autre que lui n'avait pu parler d'elle au médecin. Trop souvent, nous ne pouvons deviner qui nous a fait du mal : il es l plus facile de reconnaître à qui nous devons un procédé généreux. Le bon paysan fut vivement touché du dévouement de l'hospitalière; son admiration fut pourtant sur le point de diminuer, lorsqu'il a perçut M a r liai que Catherine lui nomma des le premier instant. — Ah, ah, dit-il, avec un air qui prétendait à la finesse, je ne savais pas cela? — Mais comme il était juste, il pensa tout de suite que la

de Mai liai dada cel fa Vpital i tail mi effel <iu hasard , el que Ici

de ( .il!:' i n bord attribut s à \\ &cellen< i cœur. En voyant celte jeune lïil.

tource de mourai , i : i :

à respii • a coi

i ' - ■ < Ile étail m< mail i au milieu i

Si de rustiques Iravaux fatigua quel • . n i :

\s i estait < aime*

jeune soldat , qui n'a* il j as mu Catherine, reconnut ci.

ird ; r î i i s d< ux j m après il vît paraître son père, .son qui, sur la nouvelle d*un .si grand danger , avait presque u »our im Son aspect innatendu l't i on sur l'esprit de Mai lia!. — Vlon ria-t-il ! i

s64 CATHERINE,

donc? où est Catherine? — Elle est bien ici, pour achever de t'ensorceler, si je n'ai pas le malheur de te perdre. Car ils disent que tu veux mourir; mais cela n'est pas vrai, n'est-ce pas, mon garçon? Tu n'as tant seulement pas trop mauvais air, pour avoir fait la guerre et pour avoir été si malade. Mais cette fille est donc le diable qui te suit partout, en habit de religieuse! — Que dites vous? De qui prétendev-zous parler?

— Je ne le prétends pas : je le vois ; je vois la religieuse, ou pour mieux dire la Catherine, qui est là pour te soigner, disont-ils, et qui t'enverra bien plutôt dans l'autre monde, pour savoir des nouvelles de feu son père, qui ne valait pas mieux qu'elle. — Il disait encore en se promenant dans la chambre : — Ah mon dieu, ah mon dieu, s'il en réchappe, elle va

N0UV1 i m. IV. att

finir de rcnsovceler ! — La garde ne comprenait pas grand* chose aux discours il u vieux métayer, mais comme elle remarqua quelque alt< ration sur le VÎsagé du malade, elle interrompit son père : — Vous dit» s que ce jeune liomme est votre fds, et je le crois, puisque vous le dites : mais, ma foi, si vous venez le tourmenUr et l'effrayer ainsi , n'espérez pas que nous puissions le sauver* On ne parle pas toujours de la mort à i\n j m livre malade. Il sera Lien temps de lui en parler, ce soir ou demain , quand il recevra les Sacremens. Ah, dame, c'est que tout le monde ne sait pas, comme nous ménager la sensibilité des agdnisans. Allez, c'est un état bien délicat que le notre! — Eh bien, puisque c'est comme ra, «lit Mtdii-I, je m'en vais vendre de la rfre que fai-t-apportee * et puis

f " irai-t- acheter du fer , acheter de la drogue pour teindre notre laine , qui est bien belle cette année , et puis je reviendrai demain matin, pour voir s'il y a quelque chose de nouveau.

— Dès qu'il fut sorti : — Quelque chose de nouveau, répéta la garde, voilà comme cela parle. Sûrement non, il n'y aura rien de nouveau : ce jeune homme est beaucoup mieux qu'hier. —

Soit que Martial se trouvât mieux en effet, soit que l'aspect de son père eût produit dans son état une révolution quelconque, il commença de regarder attentivement Catherine, comme s'il eût cherché à se rappe^

. 1er où il l'avait vue. Mais il ne la reconnut que le lendemain matin, après quelques heures de sommeil, qui avaient un peu calmé l'ardeur de son sang. Lorsqu'elle ouvrit ses

KÔl \ I ri i iv \m , il lui dit tout bas : — C esl loi! — El il loi serra fa main. Un moment après, il ajouta: — Si le

Ciel n'a pas voulu que je vive | out mon amie, il a permis du moins que je vinsse mourir auprès d'elle. — Et puis, comme si quelque souvenir pénible* ût empoisonné jusqu'à ci tte faible consolation : — INous ne pouvions plus être heureux. — Catherine pénétra sa pensée. S'il était af- Creux pour elle de perdre celui que, seul, elle avait aime sur la terre, il était bien cruel aussi de lui voir emporter dans la tombe celte persuasion, que son amie utait indigne de lui. L.j jeune sœur sentait qu'elle devait être a ses veux, un objet de

mépris, <'t qu»' pourtant, il n'existait «luis le monde aucun mojni de le dissuader. Quelle preuve, 01 quel indice offrir, quel témoignage invo-

v.5S CATHERINE,

quer? — O mon dieu, s'écria-t-eile dans son cœur, en tombant à genoux, n'est-ce donc pas assez pour moi que mon innocence vous soit connue! Je devrais accepter mon humiliation, vous en faire hommage... Non, je ne le puis ! Hélas ! s'il est permis à ceux qui cherchent le ciel , de demander aussi , de votre bonté infinie, quelque grâce sur la terre, ô mon dieu, permettez que la vérité briile aux jeux de celui que j'ose tant aimer après vous ! — comme elle achevait ces mots, un doux rayon d'espérance, présage de la faveur divine, pénétra dans son ame.

Lorsque la mère Saint- François et le médecin firent leur visite le lendemain, ils assurèrent à Michel que son fils était beaucoup mieux et pourrait même se lever dans Faprès-

NOU\ ELL1 iV. *6*j

dîner. Alors le meta i rprit le parri çfa s\ n retoui aér CÎhez lui, pou:

venir dans quelques jours; et I

\itson exemple. Marlîal, ci»

effet, fit quelques pas dans la cl bre y en s'appuyanl sur cm bâton, et sur le bras de la gai le m il ide : la jeune sœur n'avait pas ost lui i le sieift Comme il passait devant le lit i!Vn de ses compagnons d'infor- • , celui ci Pappella par son nom,

— Je viens d'entendre ce que vous diéiefl pendant le délire de votre

o , lui dit-il : depuis ce moment, j ai toujours désire de vous parler l q particulier. — Alors il pria la et même 1, de les lai

» »ti l:< . dont un

- ul ent< ndi ît le fri

que [ m n de j< urs à vi\re.

onta qu'il • tait lui

27o CATHERINE.

des déserteurs cachés dans la maison de Piapine. u , et rendit le témoignage le pins formel de l'innocence de Catherine. Il protesta que cette jeune fille ignorait le déguisement et les projets du perfide qui avait été saisi dès le premier cri de sa victime. — Près de rendre compte dé toute ma vie, ajouta le malade, j'aime encore mieux révéler une action qui la déshonore, que de ne pas rendre à cette hospitalière une justice que nul autre ne peut lui rendre. Mon camarade et moi nous avons été bientôt las d'un genre de vie si indigne d'un soldat. Nous avons rejoints nos drapeaux : il a péri les armes à la main , et moi je n'ai cessé d'envier son sort, jusqu'au moment où j'ai trouvé l'occasion de faire quelque bien en mourant, après avoir fait tant de mal pendant ma vie»

NOIYI Ll I 1\.

Oui , c'e$t une grande coi solation pour moi, d[ue «le pou> oir ; ou-

naitre, |» ifc un pareil a\ eu , les soins

nén uk «pic nous recevons tous

tte excellente fille. Elle a beau**

p l'ail pour vous , mon c imarade,

i elle n'a pas moins fait pointons les autres. A présent que j'ai le cœur un peu moins triste, je tacherai de remplir le dernier de voir d'un .t, <[iii est de ni ni ii' de bonne ! \ ous prie se ulement d< recommander mon àmè aux prières i jeune hospitalière ; car pour vôtres, elles ne valent peut-être pas beaucoup mieux que les m nn^. __ Mon i

,:: »i UT''

bl( . \ uns laites plus

m que de me donn< i la \ \e\

s\ st \ li trahi

s7a CATHERINE.

dans son amour. Que ne puis-je, à mon tour, reconnaître la générosité d'un tel aveu! si j'échappe à la mort, c'est à vous que je le devrai.

L'hospitalière et la garde interrompirent leur entretien. Martial en lit bientôt connaître le sujet à Catherine. — Est- il possible, s'écriat— elle! Après ta vie, c'est la plus grande faveur que le ciel puisse m'accorder. — Encouragée pas cet événement heureux, le seul peutêtre qui lui fût jamais arrivé , elle redoubla de soins pour les malheureux qui lui étaient confiés. On était alors à la fin de l'hiver, et Ton éprouvait déjà la douce température du printemps. Dès que Martial eut la force d'aller dans le jardin de l'hôpital respirer cet air vivifiant, il parut de jour en jour revenir à la

NOl VELLJ IV. a73

vie. Mais i c qui conU ibuait le | à son rétablissement , c'était 1 1 lisfaction intérieure gui répandait jusqu'aux dernières extrémités d< reines, son baume salutaire.

Deux autres des cinq malades confiés à Catherine, se sauvèrent comme lui, et furent placés avec quelques convalesccns dans un corps de logis séparé. La jeune hospitalière, fidèle à ses devoirs, et non moins constante dans sa piété que dans son amour, demanda pour lors d'être employée dans la grande salle où il restait encore quelques gnols. Tandis qu'elle leur profit les mêmes .soins qui avaient sauvé son ami, le vieux métayer ttvint pour savoir des nouvelles de fils. Comme il se réjouissait de ne plus voir Catherine à ses côtés,

Martial lui rapporta la déclaration du soldat , et l'assura , de la manière la {-lus respectueuse, mais la p*us formelle, que jamais il ne reviendrait auprès de lui, s'il ne consentait à son mariage. — Est-ce que tu voudrais épouser une défroquée, lui dit le père? — Vous oubliez que je lui dois la vie, et vous savez bien que les vœux des hospitalières les engagent seulement pour une année.

— J avals bien dit qu'elle achèverait de t'ensorceler. ~ Le jeune homme allègue pour lors à peu près les mêmes motifs qu'il avait fait valoir dans le songe que nous avons rapporté. Le consentement lui fut arraché, moins par la force de la vérité, que par la nécessité même , car il commençait à vieillir, et ne pouvait plus se passer de son fils. Il sentit

MOI \ r fil îv.

i I lisai ' ce m il ige, il aurait deux domestiques de moins â paj er ; Idération fini! p if Fatlendrir. L'intérêt l'avait retenu j Fin* lérét le décida. C'est l'histoire éternelle des pères, et le sujet ét< des drames et des roman-. Si nous avions essayé d'en faire un de ce simple récit, nous l'aurions prol< par la seule difficulté de faire sortir Catherine de L'hôpital , et Martial de son régiment. Mais on a vu combien nard était sensible ; la supérieure de l'hôpital était sensible aussi, et le commandant de l'escorte des prisonniers, retenu à Limoges par le mauvais étal de sa santé, ne Fêtait moins. Tant de personnes sensibles ne pouvaient manquer de prendre en pitié nos deux jeuned amans.

Ah\ longueurs près, Bernard ra-

conta les faits comme nous les avons racontés. La supérieure eut la bonté de pleurer; et l'officier, après avoir demandé si l'hospitalière était jolie, écrivit à ses chefs, et ne tarda pas à recevoir le congé de Martial , en faveur des nombreuses blessures que ce soldat avait reçues. Les noces se firent au village où elles sont un peu moins tristes qu'à la ville. Pour donner du lustre à la fête , on invita , selon l'usage , plusieurs messieurs , qui furent placés à une table particulière. Rapincau même y vint, et tacha, par une fausse gaieté, de se montrer sup <iieur à la petite mortification quil ressentait intérieurement. Comme il ne croyait pas plus à la fidélité qu'à l'amour et à la vertu, il se promettait bien de prendre sa revanche avec Catherine; il était

dans un âge où l'espérance même

devient une habitude, et ses perfiuN s

ls survécurent a la possibilité

de les réaliser.

Pour Michel, quand on lui parlait de sa l)ni, il se consolait en disant : — Elle travaille comme deux servantes, et elle ne dine pas Jeux (ois. Les voleurs viendront quand ils voudront , ils ne me prendront ois sa dot — Les deux époux s'aim Tent toujours. Leur bonheur avait été tellement inespéré, qu'ils ne purent jamais s'y accoutumer assez pour le senîir vivement. La crainte de s»1 voir séparés de nouveau , venait bien quelquefois les affliger, mais une crainte chimérique finit par ajouter à notre leli< it>; réelle. Martial et Catherine allaient voir Bernard de temps en temps : il

fut pour eux un second père : il aimait à s'entretenir de cette aventure avec le bon pasteur qui lui disait :

■ — Cherchez souvent à faire le bien; oui, souvent, afin de réussir quelquefois.

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