AVANCEMENT DES SCIENCES
Analyser les mémoires ou détailler les communications serait anticiper sur le domaine de la propriété privée, et je ne saurais ravir à chaque savant la primeur d'une publicité dont lui seul doit récolter les premiers fruits. Il faut aussi laisser l'honneur du compte rendu à notre recueil périodique, sur lequel je n'ai aucune intention d'empiéter. Le lecteur, du reste, daignerait-il bien s'intéresser aux questions abstraites: invariants arithmétiques; formes quadratiques; courbures des solides de révolution; courbes anallagmatiques; équivalents de réfraction; coefficients d'induction; aberration deréfrangibilité;phénylpropanes isomériques: période ischémique; laparotomie; cystorrhaphie, etc.; il est permis d'en douter.
Une simple énumération des sections suffira pour donner une idée de l'étendue de nos travaux.
Les mathématiques occupent le premier rang avec deux sections : n° 1 et 2; le génie civil et la navigation, deux sections n° 3 et 4; la physique, une: n° 5: la
chimie, une: n° 6; la météorologie, une: n° 7; la géologie, une; n° 8; la botanique, une: n° 9; la zoologie et la zootechnie, une: n° 10 l'anthropologie, une: n° 11 ; les sciences médicales, une: n° 12; l'agronomie, une: n° 13; la géographie une: n° 14: l'économie politique, une : n° 15; et la pédagogie, qui a été votée sans discussion à la séance d'ouverture, une : n° 16.
A chacune de ces sections, plusieurs mémoires d'un grand intérêt ont été présentés par des hommes occupant, dans la science, le rang le plus élevé, et nous attendons tous, avec une vive impatience, je puis le dire, ce recueil où seront consignées les dernières découvertes dues au zèle infatigable de nos très savants collègues.
Pendant l'intervalle des séances, ayant eu le loisir de visiter la ville et ses environs, j'ai pu prendre quelques notes; je les transcris comme elles se présentent.
Alger, de même que toutes les grandes cités du littoral de l'Afrique française, offre ce curieux contraste de deux villes superposées, élevées en amphithéâtre; la plus ancienne occupant le sommet, la ville neuve construite au bord de la mer.
Là se trouvent les bâtiments affectés aux différents services maritimes : douanes, magasins, entrepôts, etc., édifiés sur de larges quais; puis de longues rues parallèles aux quais: celles de Constantine, d'Isly, de la Lyre, Bab-el-Oued, Bab-Azoun, ces dernières bordées de galeries à arcades, semblables à celles de la rue de Rivoli, â Paris. La place du Gouvernement décorée de la statue équestre du duc d'Orléans, œuvre magistrale de Marochetti, celle de Chartres, du lycée, le square du Théâtre, planté de lignes de palmiers, des églises, des palais, des mosquées, des synagogues, somptueux édi-