LA FAUNE SAHARIENNE
(lupus aureus, dib en arabe) acheté 3 francs, et un chasseur tenait en laisse un jeune sloughi payé le môme prix; il avait aussi des dépouilles de fenec, espèce de renard minuscule assez commun au-dessous de la latitude de Tougourt; de raton, de gundi, gros rat spécial à la région saharienne où sa chair est particulièrement estimée; de gerboise, de zorile, sorte de civette au pelage agréablement rayé brun et blanc, et dont le musc est un objet de trafic pour les Arabes.
C'était peu, il est vrai, pour la faune africaine qui* compte dans ses cinq ordres: quadrumanes, carnassiers, rongeurs, pachydermes et ruminants (les édentés et les marsupiaux n'existant pas en Algérie), tant d'animaux absolument distincts les uns des autres.
Sans parler des macaques, ours, belettes, mulots, musaraignes, chauve-souris, lièvres, lapins, sangliers, •cerfs, daims, communs aux deux rives de la Méditerranée, on rencontre encore ici les grands félins : le lion de l'Atlas improprement dit: le roi du désert, où il ne se montre jamais, la panthère, le guépard, l'once, le lynx, la hyène, le porc-épic, la genette, le caracal, la mangouste, l'addax, la gazelle, l'antilope, le bubale, le mouflon arouï, etc. Ces derniers appartenant spécialement à la faune désertique.
Oiseaux. — Parmi les quarante ou cinquante espèces réparties entre les oasis et les steppes de sable, les oiseaux de proie étaient les mieux représentés.
L'aigle royal (aquila fulva), le vautour arrian (vultur cinereus), au cou complètement dénudé, le percnoptère; tous si respectés par les indigènes à cause de leur spécialité de détruire les cadavres dans le désert, et nommés si justement par un grand poète (Victor Hugo) tombeaux aériens ; le milan, le falco tinninculus, le plus grand ennemi des sauterelles; le faucon noble,
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dressé à la chasse de la gazelle, du lièvre et de l'outarde, par un procédé analogue à ceux de l'ancienne fauconnerie, et un nocturne : le strix ascalaphus, habitant aussi l'Egypte et la Sicile.
Les ordres des passereaux, grimpeurs, gallinacés, échassiers et palmipèdes figuraient seulement pour mémoire, car le petit nombre de chasseurs de notre bande n'avait pu s'attaquer aux oiseaux du Nord, dont la migration à travers le Sahara ne coïncidait pas exactement avec un séjour trop limité; ils avaient cependant plusieurs traquets, saxicola {deserti, satina, œnanthe), un merle nuancé de gris foncé avec semis de taches noires; le guêpier brillant au soleil d'un éclat tout particulier ; le torcol , une tourterelle des oasis très commune sur les palmiers; le ganga; le flamant si disingué par son plumage rose sur lequel se détachent des ailes couleur de feu ; la spatule (alba) éclatante par son blanc de neige et quelques autres espèces non moins rares.
Tous ces oiseaux, soigneusement mis en peau, faisaient le plus grand honneur à nos naturalistes.
Reptiles. — A l'exception du grand pithon de la région des chotts et des crocodiles des petits lacs du pays des Touaregs, il y avait au moins un spécimen des différents genres du groupe saharien.
On nous avait procuré les deux tortues de l'Oasis, l'une petite très bombée (testudo grœca), elle habite les lieux couverts de broussailles ; l'autre vivant dans les segxtias et les eaux profondes, où elle plonge avec une incroyable rapidité; on l'appelle Vemyde Caspienne. La première fournit un mets délicat.
Après les cheloniens, les sauriens comptaient un beau caméléon, animal des plus étranges par sa propriété