CHAPITRE II
LA CUISINE RUSSE — GALERIES DE L'ERMI- TAGE — PALAIS D'HIVER — L'ÉGLISE ISAAC — ÉGLISE DES APÔTRES SAINTS PIERRE ET PAUL
Nous nous étions promis de faire un repas tout à fait à la russe afin de compléter notre instruction sur les méthodes culinaires de la Eussie dont nous avions pu déjà prendre quelques notions dans les différents buffets, chez Denon, aux hôtels d'Europe et de France et chez Content ; aussi sommes-nous allés au restaurant de Malo- Jaroslavetz où l'on nous a servi d'abord des zakouski, c'est-à-dire une série de horsd'œuvre que l'on mange avant le repas en les arrosant de kiimmel, d'amer anglais ou de sorbiew de négyn. La table s'est trouvée en un instant garnie de saumon fumé,
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d'anchois marines et de divers autres poissons, de jambon cuit et cru, de cornichons, d'oignons coupés, de radis roses et blancs' de fromage de gruyère et de beurre. D'habitude, les zakouski se mangent debout à un bar placé dans la salle à manger ou dans une salle voisine. Puis, nous avons commandé une oukha ou soupe de poisson à la lotte, et un sterlet du Volga, poisson très recherché en Russie, qu'on nous a montré d'abord dans une bassine vivant et frétillant; pour prendre patience, nous avons mangé d'abord les zakouski, puis savouré l' oukha tout en trouvant que la lotte était un poisson de haute marque, réservant d'ailleurs nos appétits pour le sterlet. Quelle ne fut pas notre surprise, quand après la pantomime la plus compliquée exécutée par notre ami Métivier, et faute de pouvoir nous exprimer en une langue commune, nous apprîmes que le poisson qui faisait merveille dans le potage n'était autre que le sterlet lui-même; nous avions donc man^é
du sterlet sans ] e savoir; aussi, nous sommes-nous bien juré de commander une autre fois ce poisson à la maître d'hôtel ou à la russe, afin de mieux assurer notre jugement. 6
Nous arrosons cette petite surprise de troursuff, Champagne russe clairet, assez
agréable àboire, puis nous nous rendons à 1 Ermitage où des appariteurs en robe rouge avec pèlerine galonnée de trois rangs de passementerie semée d'armes impériales S em Parent de nos manteaux et cannes qui sont pendus sans numéros au vestiaire. Rien n égale la dextérité des huissiers en Russie pour reconnaître les vêtements dont ils on!
débarrassé les visiteurs. La Galerie de l Emutage, construite par l'empereur Nicolas, en 1839, fut ainsi nommée du petit Palais^où la Grande Catherine aimait à se
do la galerie Ro.anov un table.» euH^c^!
retirer, dans la compagnie de Grimm, Orlov, Diderot, Potemkin, Harris, Zavadovskii, le prince de Ligne, Bezdorodka, Ségur, Zoubov et Cobentzel. La magnifique collection des tableaux acquis par Catherine II continua à s'enrichir sous le règne de ses successeurs, qui tous, à l'exception de Paul I", tinrent à honneur d'embellir cette galerie qui est aujourd'hui la plus belle de l'Europe.
Nous nous bornons à visiter aujourd'hui la Galerie de Pierre-te-Grand , où l'on a
rine avait fait inscrire les statuts des réunions familières. Nous ne pouvons résister au plaisir de reproduire ce règlement intérieur qui a servi de loi à tant de beaux esprits :
1° Que celui qui entre ici dépose d'abord son rang, son chapeau et surtout son épée;
2° Laissez à la porte vos droits de préséance , votre orgueil et tout ce qui y ressemble;
3" Soyez gais, mais ne gâtez rien ; ne cassez, ne dérangez quoi que ce soit ;
4° Restez assis ou debout; promenez-vous à votre guise, sans égard pour personne;
5° Parlez modérément et pas trop haut, pour ne pas assourdir les oreilles, ni casser la tète aux autres;
6° Discutez sans colère ni passion ;
7° Ne soupirez, ne bâillez et n'ennuyez personne;
groupé tous les souvenirs qui rappellent le fondateur de la Eussie; nous admirons la statue en cire, grandeur nature, de ce géant qui est revêtu des insignes impériaux ; plus loin, son buste, des peintures qui le représentent sur sou lit de mort, le moulage en bronze de sa tète, son cheval et ses chiens empaillés, les métiers dont il s'est servi, une pièce de fer forgée par lui, la reproduction en miniature de la cabane où il a vécu dans les chantiers, suivant la légende qui a souvent servi à la littérature de l'époque,
8° Dans tous les jeux innocente, mettez-vous toujours de la partie, quoi que l'on vous propose;
9° Mangez du tout eu qui est doux, savoureux, mais buvez avec modération, en sorte que vous puissiez toujours retrouver vos jambes en quittant la salle;
10° Que rien, surtout, ne transpire de 'tout ce qui se fait ici, que tout entre dans une oreille pour sorlir par l'autre avant de quitter la réunion. '
Nota. — a ) Tout transgresseur de ces régies, sans excepter les dames, sera, en présence de doux témoins, obligé pour chaque infraction, de boiro un verre d'eau froide et de lire à baule voix une page de la Télémaeliiade (c'était un poème de Trédiakovskii);
b) Quiconque aura enfreint trois de ces règles dans une même soirée, apprendra par cœur, six lignes de la Télémaeliiade ;
C) Et celui qui oubliera une seconde fois la dixième règle sera exclu de nos conversations.
de magnifiques bahuts, des dressoirs, une pharmacie de voyage, des coffrets, de délicieuses bonbonnières et des tabatières d'or étincelantes de diamants et de pierreries Nous admirons encore une infinité de miniatures sur ivoire, représentant des portraits ou des reproductions de tableaux, des plats somptueux en or martelé, le plat en argent la Tempérance, de Briot l'ar mûrier de Henri II, dont l'original existe en etain au musée de Clunj. Puis, dans d'autres vitrines, des vases d'or et d'argent de styles chinois, persan et français, des bijoux, des statuettes en ivoire (Junon le Sacrifice d'Abraham), des animaux et des allégories formés de perles réunies par des montures de métal; des coffrets sertis d'or, des coupes en cristal de roche rehaussées d'or et de pierreries ; des vases et des bijoux, des glaces et des bibelots indous filigranes d'argent, des éventails français et russes (l'un d'eux peint en grisaille signé Nicanov, Pétersbourg, 1752), des montres
avec leurs châtelaines, des pommeaux de cannes et des manches à couteaux, des pierreries non montées, et enfin des portraits en mosaïque, qui semblent rapetisses bien qu'ils soient en réalité de grandeur nature; c'est que le grand art décoratif de la mosaïque ne se prête qu'à des motifs de large ornementation, s'en servir pour l'iconographie nous semble un simple et inutile tour de force comme la reproduction, par la tapisserie, de portraits et de tableaux.
Sur bon nombre de ces bijoux on voit briller l'écusson impérial, le double aigle russe dont les lignes héraldiques représentent un ornement des plus gracieux. Les caractères de l'alphabet russe se prêtent aussi très bien à la décoration. Quel art de bon aloi les Russes pourraient tirer, comme l'ont fait les Arabes, des dessins si variés des signes du langage !
L'ambassade française nous ayantprocuré des cartes pour la visite du Palais d'hiver (Zimnii dvoretz) , nous coupons notre promenade à l'Ermitage et nous nous rendons sans retard dans ce palais impérial devant lequel se dresse la colonne élevée, en 1834, par la Russie reconnaissante à Alexandre P r .
Dans la chapelle on nous montre les élégants reliquaires du chœur et dans le tabernacle derrière l'autel, des livres saints aux belles reliures, des vases sacrés, le ciboire et la patène dans lesquels communient l'Empereur et l'Impératrice.
Nous avons tout particulièrement remarqué dans le Palais d'hiver la Salle des trophées , la Galerie militaire, avec des tableaux rappelant le souvenir des guerres supportées par la Russie, la Salle Saint- Georges, aux colonnes de marbre surmontées de chapiteaux de bronze (c'est là que l'Empereur reçoit, le 24 novembre de chaque année, les chevaliers de Saint-Georges); la Salle du trône de Pierre le Grand et de
GALERIES DE LERMITAGE. 49
Catherine I", la Salle des Maréchaux, puis, les tableaux représentant Alexandre IL, restituant, en 1877, son épée au vaillant défenseur de Plevna, Osman - Pacha ; le Salon de l'empereur Nicolas, la Chambre à coucher de l'Impératrice, en damas bleu ; la salle de bains, de style mauresque.
Nous avons repris aujourd'hui notre visite à l'Ermitage et nous avons commencé par les antiquités du Bosphore Cimmérien, c'està-dire des portions de la Eussie méridionale qui furent autrefois des colonies grecques.
La plupart des découvertes proviennent de Kertch (ancienne Panticapée) sur les bords du Pont-Euxin; de Kaffa (ancienne Théodosie); de Sennaïa (Phanagorie), de Tanaïs (Nedvigovka).
Ces antiquités consistent en sarcophages, casques, vases, amphores. — Bagues, bracelets, colliers, couronnes laurées et fu-
SIX SEMAINES EN KUSSIE
nérairés, agrafes, pendeloques, plaques, pendants d'oreilles en or, — pierreries (calcédoines, cornalines), tous ces objets témoignent d'une civilisation très avancée...; on se demande quels progrès ont été réalisés, depuis cette époque, dans les arts de la parure, et si plutôt, nos artistes n'ont pas marché à reculons.
Il nous serait difficile de citer toutes les statues dont nous avons fait le tour, mais nous ne pouvons pourtant résister au plaisir de mentionner le bas-relief des Niobides, qui est enchâssé dans le revêtement en marbre rouge qui couvre la muraille. On prétend que ce chef-d'œuvre a été transporté du Péloponèse à Venise. Les draperies sont des plus élégantes, et les corps sont sculptés avec toute la grâce des chefs-d'œuvre de l'antiquité grecque.
Nous n'insistons pas sur la galerie de 86 tableaux peints sur cuivre, à la cire, par Ilillensperger, de Munich, en 1843, pour expliquer l'histoire de la peinture chez les
Grecs et chez les Romains. Ces œuvres n'ont en quelque sorte qu'un caractère d'enseignement, mais à ce point de vue elles sont fort intéressantes.
Quant aux tableaux des écoles flamande et hollandaise qui sont exposés à l'Ermitage, nous ne saurions dire quelle impression ils produisent sur notre esprit; bornons nous à citer quelques noms.
L'Ermitage renferme 41 Rembrandt (vous avez bien lu 41 : il en existe 5 au Louvre 1 ) et parmi eux 3 portraits de sa mère et une œuvre des plus remarquables, portrait d'un Vieux juif; Danaé, qui, de même que la Sainte Famille, provient de la collection du financier Crozat 2 , dans laquelle on voulut
1. Cassel possède 28 Rembrandt; Dresde, 19; Londres, 13; Munich, 10; Vienne, 10; Berlin, 8 ; Amsterdam, 6, et La Haye, 4.
2. Voir Les Financiers amateurs d'art, par Victor de Swarte. — Le premier fonds de l'Ermitage fut formé par la collection de tableaux et dessins du comte Henri de Bruhl (1769); puis vint la galerie Crozat (1771); celle de lord Walpole (1779). D'im-
voir le portrait de la seconde femme de Rembrandt (Hendrickie Jaghers) ; de même que dans une Jeune fille juive on a cru reconnaître Saskia, sa première femme; le portrait d'homme (Etienne Batory ou Jean III Sobieski?); la Vue du Rhin; la Descente de croix; le Sacrifice d'Abraham; le Bénédicité, etc. ;
63 Rubens (Abraham renvoyant Agar; Hélène Fourment en pied ; les Lions) ; 42 Témers,Gt-pa,rmieux\es Arquebusiers d'An vers;
35 Van Dyck (Lord Wharton; Henri Danvers, comte deDaubi; Charles I" et Henriette de France).
Ajoutez-y des Quentin Matsys, des Bols, des Cuyp, des Paul Potter; une merveilleuse collection de Snyders ; Diétrich ; Lingenbach, Mireveld, Van der Helst, Miéris, Van
portantes acquisitions furent faites à la vente du cabinet du duc de Choiseul (1772); de Randon de Boisset (1777); de Zalier d'Argenville; du comte Baudouin (1780); puis vinrent s'ajouter plus tard, en 1815, 38 tableaux du musée de l'impératrice Joséphine, à la Malmaison, etc., etc.
derWerf, Pollenburg, deWitt, Gérard Dow, Steen, Ruysdaël, Hobbema, Van Loo.
Dans l'école française, 22 Poussin, des François Lemoyne, Le Brun, Mignard, Xattier, Coypel, Boucher, Natoire, Clouet, Valentin, Antoine Watteau, Chardin, Largillière et 17 Claude Vernet.
Pour les anglais, 3 Reynolds, et 30 peintres de l'école russe.
L'école italienne est représentée par 12 Raphaël (pour la plupart connus par leurs surnoms : la Vierge au II ire; la Vierge de la maison d'Albe; Saint Georges; la Madone au voile ; la Madone du divin amour); 18 Titien; 19 Véronèse ; 3 Michel -Ange; 11 Salvator Rosa; 13 André del Sarte ; 5 Léonard de Vinci; 5 Dorniniquin; 3 Cor, rège; 2 Bronzino; 6 Guerchino; 7 Pierre de Cortone; 13 Annibal Carrache ; 2 Ghirlandajo; 7 Carlo Dolci; 4 Luca Giordono ; 5 Bernardino Luini; 13 Maratti; 4 Jules Romain; 6 Bassan; 14 Guido Reni ; I Botticelli et la Judith de Giorgione.
De l'école espagnole, 28 Murillo ; 9 Ribeira; 9 Velasquez; 3 Zurbaran.
L'espace nous fait défaut malheureusement pour apprécier, comme il le mérite, le musée de la sculpture antique dont les collections remontent à Pierre le Grand, qui avait fait de nombreuses acquisitions à Rome, sous le pontificat 'de Clément IX, dont le portrait par Maratti figure à l'Ermitage. C'est en 1718 que fut achetée la Vénus dite, Taurique '.
De même, sommes-nous obligés de nous borner à mentionner les 1,786 vases peints provenant des collections Pizzati et Campana, parmi lesquelles se trouvent le vase découvert à Cumes, près de Naples, en 1853, et qui passe pour l'œuvre la plus pure et le monument le plus intéressant que nous ait légué la céramique grecque.
1. A peine acquise, cette statue avait été confisquée par le gouverneur de Home , Falcouiéri , sur l'ordre du Vatican ; mais , grâce à l'intervention des cardinaux Libanie et Ottoboni, ce chef-d'œuvre fut en fin de compte offert par le Pape à Pierre le Grand.
GALERIES DE L'ERMITAGE. Ôj
Le musée de l'Ermitage renferme aussi une collection de dessins des plus grands maîtres dans laquelle on pourrait, comme à l'Académie de Venise, passer des heures délicieuses dans l'étude d'esquisses qui souvent mieux que les tableaux achevés nous rendent compte de l'inspiration et des tâtonnements de l'artiste.
La bibliothèque de l'Ermitage renferme aussi de précieux documents, mais cette bibliothèque n'est pas comparable à la grande
bibliothèque impérialeprovenantdescomtesévêques Zaluski 1 qui représente un des plus riches dépôts de l'Europe.
Devant ces trésors éblouissants, nous avons éprouvé les mêmes émotions qu'à
1. Les plus riches collections furent rapportées de Varsovie en 1794, par Souvarof. Lors de l'insurrection de Pologne de 1831, de nouveaux documents vinrent s'ajouter aux premiers. — Entre autres particularités , on trouve dans cette bibliothèque des minutes de lettres des rois de France et de nos ambassadeurs, qui ont été publiées l<jrs de la «évolution, et achetées par Pierre Dubrowski.
Rome, à Florence et à Amsterdam, et nous nous disions : Que sera dans vingt ans notre musée du Louvre? Quel est aujourd'hui le rang que nous occupons au tableau d'honneur des grandes collections du monde entier? quelles améliorations pourraient être apportées dans le mode d'emploi des crédits destinés aux acquisitions d'oeuvres d'art?
Pourquoi ne ferait-on pas une caisse' dans laquelle on accumulerait le reliquat des an-
1. Nous avions déjà, à propos du musée de l'Ermitage, exprimé cette opinion dans la Grande Revue de Paris et Saint-Pétersbourg (5 juillet 1891), lorsque nous avons eu le plaisir de lire, quelques semaines après, le remarquable rapport de M. Louis Gonse, directeur de la Gazette des Beaux-Arts, qui traite ex professo cette substantielle question. Déjà la commission de réorganisation des beaux-arts, dont j'ai eu l'honneur d'être le secrétaire, s'était préoccupée, en 1878, de cette grave question. Malheureusement, il n'est sorti de tous ces travaux, et notamment du beau rapport de M. Lambert-Sainte-Croix, qu'un adjectif qualificatif. Le directeur des beaux-arts fut, en effet, désigné pendant quelque temps, à partir de cette époque, sous le nom de directeur général. Espérons mieux pour le rapport de M. Louis Gonse, à qui nous adressons par avance nos félicitations.
l'église I3AAC. 57
nées où il ne se présente pas de ventes importantes, au lieu d'être amené à dépenser ces excédents en achats médiocres dans la crainte de voir les crédits de l'année suivante réduits dans la mesure du non-emploi? La question est grave, et j'appelle sur elle l'attention des hommes qui s'occupent de la gloire artistique de la France.
Mentionnons encore la statue gigantesque de Pierre le Grand, par Falconet, installée en 1792 devant l'amirauté, avec cette inscription : Petro Primo Catlmrina secunda.
Au sortir de l'Ermitage, nous avons été visiter l'église Isaac qui est, à coup sûr, le plus beau monument de Saint-Pétersbourg.
Commencée sous le règne de Catherine, en 1768, cette église fut achevée sous Alexandre II par l'architecte français Ricard de Montferrand, dont nous aurons occasion de reparler dans le chapitre que nous réservons
à Moscou. Nous admirons la coupole dorée, les colonnes de l'extérieur en granit rouge de Finlande, avec les socles et les chapiteaux en cuivre doré, les sculptures du fronton et celles des portes dues au statuaire Vitali, les colonnes de l'intérieur en malachite et en lapis-lazuli. Les mosaïques qui décorent ce temple sont, à notre sens, d'autant plus décoratives qu'elles dépassent les dimensions du corps humain suivant la théorie que nous avons formulée plus haut.
L'église des Saints- Pierre-et- Paul, bâtie dans la forteresse, renferme les tombeaux des Tsars depuis Pierre le Grand. Ces sarcophages de marbre blanc, tous semblables, ont je ne sais quoi de grand dans leur simplicité et leur uniformité : une plaque relate seulement le nom, l'année de la naissance et celle de la mort, une seule exception est faite en faveur de Pierre le Grand qui est qualifié sur son tombeau de « Père de la patrie ».
C'est dans cette nécropole, à quelques pas