PALAIS DE TSARSKOÉ-SIELO ET DE PETERHOK
Après avoir rempli nos yeux de la vue des chefs-d'œuvre de l'Ermitage, nous nous sommes rendus au palais impérial de Tsarskoé-Sielo, situé à quelcpies kilomètres de Saint-Pétersbourg. Dans le parc taillé à la française, les lilas commencent seulement, en cette tin de juin, à fleurir. Le soleil jette ses feux les plus brillants dans l'eau pure du lac. Partout se dressent des statues de bronze (de Hamburger, dans le genre de nos Keller de Versailles et du Palais Bourbon); ici, une allégorie, cela Cruche cassée», placée sur un rocher d'où jaillit une fontaine; plus loin, sur la terrasse, toutes les divinités de la mythologie, et au milieu d'elles, une Léda, qui est composée sur un thème un peu différent des canons et tra-
G"2 SIX SEMAINES EN RUSSIE
ditions de l'antiquité. Au bout d'une avenue de grand aspect, s'élève un escalier gigantesque, dont la première marche est ornée de deux vases Médicis, fondus en Russie par Gastelou, en 1793; sur les autres marches sont déposés des brûle-parfums.
La façade du château est peinte en teintes verte et blanche. Les fenêtres, fermées de petits carreaux, sont ornées d'énormes rocailles de plâtre bronzé. Les cariatides, les colonnes à chapiteaux, les macaroni, les lambrequins, les consoles représentent un agrandissement désordonné de tous les gracieux motifs d'ornement de xvm e siècledans cette mesure, la note mignarde, qui donne du charme aux panneaux sculptés et aux meubles de cette époque, disparaît absolument, les lignes se faussent et s'alourdissent, l'architecture devient exagérément tourmentée et quelque peu incompréhensible. L'alignement de toutes les cariatides qui supportent le premier étage forme un dédale de bras d'un profil bizarre.