‹ Sixte-Quint, d'apres des correspondances diplomatiques ineditesChapitre 17 sur 67 · PROMENADE DANS ROME EN · texte numérisé non relu

PROMENADE DANS ROME EN

(Note au tome II, p. 82.)

La piazza del Popolo ne possédait pas encore les deux église^ écrasées sous leurs lourdes coupoles, la rampe duPincio, le nouveau couvent des Kiéronymites, ni aucune des autres constructions qu'on y voit, et qui j

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sont l'œuvre de Pie VII et de l'architecte Valadier. La place était moins symétrique, mais plus pittoresque, grâce à Sainte-Marie du Peuple, de Baccio Pintelli, non encore enjolivée par Bernini ; grâce à son clocher, qui se dressait parfaitement visihle au-dessus d'un bas mur d'enceinte, percé' de deux portails du style de Grégoire XIU. Le couvent occupait presque tout le côté oriental de la place. De hautes maisons, à larges portes rustiquées, s'élevaient entre le Corso, la Ripetta et le Babbuino, Deux autres rues, l'une longeant le pied du Pincio, l'autre menant au Tibre, ont disparu *. Le Corso. Nous avons dit que la partie méridionale de cette grande rue, celle qui est située entre la place du Peuple et l'arc du Portugal, près du palais Fiano, était à peine habitée. Saint- Jacques des Incurables était en voie de construction. Un guide, publié sous le pontificat de Sixte-Quint, donne une vue de la façade de cet édifice, qui a été rebâti en 1600. La petite église des Lombards, placée sous rinvocation de saint Ambroise, n'était pas encore devenue le somptueux temple de saint Charles Borromée. Le palais de Portugal, aujourd'hui Fiano, date du règne d'Eugène X, et a, sous Nicolas II et Jules II, subi des changements considérables. Sa façade est restée inachevée. Une grosse tour qui, en partie démolie et appropriée à des habitations, existe encore, s'élevait près de l'arc; l'arc, surmonté d'un corridor moderne, la

1. Voy. la frcs<|uc do la salle de Sixtc-Qiiint à la Bibliothèque Vaticane, les gravures d'Israël Honrict, publiées à Paris, vers le mi!ieu du dix-septième siècle, dt les manuscrits souvent cités de la liibl. Imp. Paris, Fonds Ir. 5550, 5502.

reliait aux dépendances des palais situés do Tautre côté de la rue. Elle ressemblait à la grande tour du palais d'Autriche, et datait comme celle-ci et comme la tour d'Ara-Cœli, les deux seules qui se soient conservées, du pontificat de Paul III. Le palais Fiano avait été habité successivement par lés cardinaux Joào de Moura, Jorge Costa, qui était aussi ambassadeur de Portugal près d'Innocent VllI, et Miguel de Sylva. De là le nom de palais de Portugal. A l'époque de Sixte-Quint, il portait dans ses différentes parties Tempreinto du moyen âge et de la première renaissance.

La place Colonna^ entourée de chétives maisonnettes, attirait l'attention par le célèbre monument de Marc-Aurèle, qui lui donna son nom. Cette colonne menaçait ruine et fut restaurée par Sixte-Quint. Nous rappellerons ici un fait presque oublié : c'est que, vers la fin du dix-septième siècle, la colonne, pour subir une nouvelle restauration, a été complètement démolie. Une gravure de 1696, de la collection d'estampes de la Bibliothèque nationale de Paris, représente la place dépourvue de ce monument. Au coin du Corso s'élevait l'habitation du comte Girolamo Pompeo Ludovisi, sous Sixte-Quint sénateur de Rome. Ce seigneur vendit une portion de son jardin aux barnabites, qui y construisirent et y ouvrirent en 1595 l'église et le collège de Saint-Paul à la Colonne. En 1659, Alexandre VU réunit ce collège à celui de Saint- Charles et Biaggio à Catinariy fit démolir l'église, le couvent et le palais Ludovisi, et construire sur ce terrain l'immense palais Chigi*. En face du palais Ludo-

1. Voy. les documents des archives du collège de Calinari. — Me-*

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visi, au coin du Corso, on voyait un pcUazzetlo à fenêtres guelfes (Ferrajuoli), et à coté, la petite église (le Saint-Bartoloiiinié, de liaccio Pintelli. Le palais Pioiiihiiio rrexistait pas.

Continuation du Corso. Le palais des Ituonacorsi venait d'être achevé. San Marcello n'avait pas encore la façade riche et tourmentée de Carlo Fontana, et celle de l'église de Santa-Maria in via lata n'avait pas encore été rebâtie, d'après les beaux dessins de Piiîrre de Corlone. Le palais contigu d'Urbin, alors ambassade d'Espagne (Panfili-Doria), était wn groupe de maisons d'âges divers et d'architectures différentes. Des différents édifices dont il se composait, deux seulement sont restés debout ; ils donnent sur la petite rue d(i la Gatta. On y voit de basses colonnes et des arcades cpii seiid)lent remonter an dixième ou au onzième sièchî, une petite porte murée en ogive du commencement du (juinzième, et un grand portail rustique de répo([ue ou du moins du style de Paul 111. En résumé, la physionomie du Corso est changée par suite des modilications que les fenêtres ont subies, mais la plupart des maisons remontent à l'époque de Paul II i\{ de Sixte IV. L'église de Jésus-Maria et de Saint- Charles, tous les palais de style baroque n'existaient pas ou ont été rebâtis à neuf, connue ceux qui portent aujourd'hui les noms de Verospi, Salviati (autrefois Nevers et Mancino), Simonetti, Costa, Piomlnno, l)oria, Bonaparte, lîernini, etc. On y voyait déjà les pa-

morie délia cor par oiioiie de* Barnabili^YAv Barelli ; Bologne, 1705. — Les Ircsque de la Bibliolhèquc Vaticane, salle de Sixlc-Quint, et 1(8 vues de ilonic par Faldi.

APPENDICE. 58îi

lais Teodoli, Buonacoisi, Ruspoli et Marino Torlônia. Un petit nombre de maisons bourgeoises ont conservé le caractère de Fépoque.

Le palais dit de Saint-Marc, plus tard de Venise, aujourd'hui d'Autriche , sauf les modifications des fenêtres de la façade de la via del Gesii, sauf le toit de la grande tour, autrefois saillant, n'a subi aucune altération notable. Il n'a jamais été achevé et se trouvait toujours en mauvais état de conservation. Les rapports des ambassadeurs de Venise sont remplis de demandes de subvention, que la Seigneurie n'accorde que fort parcimonieusement. A Venise, dans Ips bureaux du doge, on expliquait même la générosité de Pie IV par son désir de se débarrasser des frais d'entretien de l'édifice.

La place des Apôtres, au dix-septième siècle, a complètement changé d'aspect. Le couvent de frà Felice seul a conservé son caractère. En dehors du grand palais, qui est encore habité par l'illustre famille dont il porte le nom, presque toutes les autres maisons de la place étaient aux Golonna. La plus considérable a passé aux Ghigi et est devenue le palais Odescalchi. Nous avons déjà mentionné le palais Valontini, bâti pour et par le cardinal Rusticncci, car il en a lui-même composé les dessins*.

' Le Capitale. Paul III avait chargé Michel-Ange de donner à ce lieu classique une nouvelle physionomie. C'est Michel-Ange qui y plaça la statue équestre de

1. On peut en voir la description dans; Lettere di GholamX) Ca^ena ;Roma, 1589.

Marc-Aurèle qu'on avait trouvée près du Latran et que Sixte-Quint comptait y faire reportera C'est encore Michel-Ange' qui a exécuté la Cordonala qui mène de la place Ara-Cœli au Capitole, et l'escalier à double rampe qui est devant le palais des Sénateurs. On lui attribue aussi, mais à tort, la tour de ce palais, qui est de Martin Longhi. Tout le reste a été fait postérieurement à la mort du grand maître, et ce n'est certainement pas sur ses dessins, ,par Giaccomo délia Porta, par Rainaldi et par Giaccomo del Duca. Voici couunent se présentait le capitole de Sixte-Quint. En face, le palais des Sénateurs inachevé et dérobé à la vue par des échafaudages. A droite, le palais des Conservateurs, simple et légère construction du style florentin; une arcade élancée supportant deux étages percés de fenêtres à plates-bandes et cintrées aux angles. A gauche, là où plus tard a été bâti le musée, le mur nu, orné seulement d'une niche qui sépare Ara-Cœli de la place \

Des Français qui visitent Rome sous le pontificat de Sixte-Quint parlent des antiquités qu'on voit dans l'une des chambres du palais. Quatre de ces statues passent pour les plus belles de l'Italie : « Un enfant de bronze lequel se lire une épine du pied ; une louve de bronze et Koiuulus et iléuuis (|ui sont dessous et (pii la tettent; un Baccims, un Mare-Aurcle et beaucoup d'autres antiquités, entre lesquelles il y a Marins

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