Avvisi^ 1588; Arch. Flor. fil
2. Voy. les gravures de Touvrage intitulé : Aniichilà délia città di Roma, par Bcrnarclo Gamucci de San-Gcminiano ; Venise, 1509 et uutrcs (juidcsy
qui a été sept fois consul. » Au palais du Capitole ils admirent deux grandes salles et plusieurs chambres avec des soffites dorés. Dans l'une de ces pièces se trouvent les statues de Léon X, de Grégoire XIII et du pape régnant, Sixte-Quint. Il leur est permis de suivre le gouverneur de Rome Mgr Pierbenedetti dans les prisons du Capitole, où il examine lui-même les détenus. La roche Tarpéienne « se voit encore fort aisément, de laquelle on jetait en bas ceux qui portaient faux témoignages. Elle est bien haute, elfe Tétait encore davantage du temps de la vieille Rome* ».
Le Forurriy vu du haut du Capitole, offrait l'aspect d'un champ carré parsemé de ruines et encadré, à l'ouest, par les Horti farnesiani du Palatin avec le portail de Vignole; au sud, par le couvent de Sainte- Françoise Romaine qui s'adossait à l'arc de Titus ; à l'est, par le temple d'Antonin et Faustine formant la cour d'une maison particulière, et par celui de Romulus, devant l'église des Saints Cosme et Damien. Des masures obstruaient les approches du temple de la Paix. Le couvent de Sainte-Françoise Romaine, dont la partie transversale n'a été démolie qu'au commencement de ce siècle, empêchait, en grande partie, la vue du Colisée et du magnifique septizone que Sixte- Quint a eu la barbarie de démolir. Ce pape avait même conçu ridée de faire abattre le Colisée pour tracer une avenue droite du Capitole au Latran. La mort l'empêcha de commettre cet acte de vandalisme.
1. Voyage d^ Italie et de Piémont, 1588. Manuscrit de la Bibl. imp. Paris, fonds fr. 5550.
388 SÎÎTE-QUINT.
Les terrains situés entre cette colline, les Carènes, l'Esquilin et les murs d'enceinte n'ont presque pas changé d'aspect dans le cours des trois derniers siècles. Sur les hauteurs des Monti, grâce à l'eau dont Sixte-Quint les a pourvues, de nouveaux quartiers ont surgi sous son pontificat et sous ceux des papes Borghèse et Barberini. Les palais les plus remarquables étaient au Quirinal, la villa d'Esté, (jue son propriétaire, le cardinal, céda à-Grégoire XHI, qui en fit l'habitation d'été des papes, et dont Sixte-Quint fit le vaste palais que nous voyons. Dès son avènement, il y mit ses armes à la place de celles de son prédécesseilr, en disant, pour excuser cette petitesse : « Grégoire a fait les travaux, mais c'est nous qui les avons payés ^ » Sur le versant nord du Quirinal, on voyait la villa Sforza, devenue palais Barberini. Sur l'Esquilin une partie des Thermes de Diocléticn était la propriété du cardinal Du Bellay, dont les palais et les jardins s'étendaient jusqu'aux murs de Rome. C'est sur cet emplacement que Sixte-Quint fit ouvrir et aplanir la place des Thermes, et que sa sœur, Donna Camilla, construisit plusieurs magasins qui subsistaient en partie tout dernièrement encore.
Revenant au Capitole et descendant vers le théâtre de Marcellus, on se trouvait dans la région des Savclli. Le théâtre, surmonté de l'habitation de cette puissante famille, actuellement palais Orsini, se présentait tel que nous le voyons aujourd'hui, et possédait la plus riche collection d'antiques après celle du Belvédère.
1. Les ambassadeurs extraordinaires au doge. 12 ocl, 158o. Arch. '. Ifisp, Rome, flL 19.
Nous terminerons ici notre promenade et nous nous abstiendrons d'entrer dans une description détaillée des quartiers de la plaine, de la partie de Rome située entre le Corso, le Tibre et le Capitole.
Nous nous sommes donné la peine de passer de rue en rue, de maison en maison, et nous avons été surpris de trouver, à part les maisons bâties sous le pontificat de Pie IX, si peu de constructions postérieures au seizième siècle, si Ton excepte toutefois les palais et les quelques maisons de la place Navone, du Monte- Citorio et de la place d'Espagne. Beaucoup de propriétaires ont décoré leurs façades, changé surtout Tencadrement des fenêtres, mais ils ont rarement touché aux portails, qu'on ne pouvait guère agrandir sans détruire toute l'économie de l'édifice. Après avoir regardé attentivement les fresques précédemment citées des loges de Grégoire XIII au Vatican, on peut, en parcourant ces quartiers, se faire, au moyen d'un léger effort d'imagination, une idée assez exacte de la physionomie qu'ils avaient à l'époque de Sixte-Quint. Nous n'entrerons donc pas dans Ténumération des palais qui existaient ou qui n'existaient pas de son temps. Aux époques suivantes, l'étroitesse des rues engageait peu à la construction de vastes habitations seigneuriales. On préférait d'autres quartiers, où l'on trouvait de l'air, de l'eau et de l'espace. Il n'en est pas ainsi des églises. A l'exception de Saint-Augustin et de Saint-Jacques des Espagnols qui, tombé en ruine, est en voie de reconstruction, de Saint-Louis des Français, de Saint-Jean des Florentins et de quelques autres moins considérables, tous les édifices consacrés au
culte ont été modernisés ou bâtis à neuf. Ils portent presque tous le type d'un baroquisme plus ou moins rageur.
J*ai^au deuxième livre, donné une description de la place* Saint-Pierre et du Vatican. Le Borgo a conservé beaucoup de sa physionomie d'autrefois, et aucun quartier n'a mieux que le Transtevère résisté aux innovations et aux améliorations des siècles.
Telle était Rome à la fin du pontificat de Grégoire XIII. Sixte-Quint en a changé la physionomie dans le court espacé de cinq ans, non par les merveilles de son goût, qui était celui du temps, mais par les merveilles de son énergie, par des œuvres, dont l'une, l'aqueduc, répand toujours ses bienfaits sur une moitié de la ville, dont quelques autres, comme l'installation des obélisques , ont singulièrement frappé l'imagination des contemporains; dont la plus grandiose, la coupole de Saint-Pierre, commande encore l'admiration du monde*.
i . Antichità dt lioma^ 1569; Anlichilà di îiomn, par Androa Fulvio; Venise, 1588, contenant un grand nombre de gravures. — Le cotte maravigliose dclV aima cilla di Homa. le arnpie e commode slrade faite a beneficio publico del Sanlissimo Sislo F, par le P. Ira Santi di S. Agostino ; Venise, 1598. — Lucio Fanno, dell anlichità di Roma ; Venise, 1553. Anllchità di Homa, j)er Lucio Mauro, opéra non [alla più mai da scrittor alcuno ; Venise, 1558. — Quelques gravures du temps, de la collection des estampes de la Bibl. imp. Paris et de la Bibl. Corsinienne ; d'autres, Prague, 1605. — Les avvisi des Arch. Flor. fil. 4027. — Enfin les correspondances diplomatiques.
G. INSTRUCTIONS POUR l'iLLUSTRISSIME ET RÉVÉRENDISSIME *