‹ Sixte-Quint, d'apres des correspondances diplomatiques ineditesChapitre 45 sur 67 · LOREKZO PRIULI AU DOGE · texte numérisé non relu

LOREKZO PRIULI AU DOGE

Rome, 7 mars 1586.

(Questions d'étiquette.)

... Le pontife a déclaré au Consistoire que les fils et neveux des ducs régnants ne pourront plus siéger aux chapelles sur les bancs des cardinaux , mais devront reprendre leurs places d^autrefois, selo^ le ce* rémonial. Cependant, d'après ce que le maître des cérémonies m'a dit, le prince Ranuccio, fils du prince de Parme (Alexandre Farnèse), qui est attendu demain, se tiendra debout aux chapelles, auprès du siège du pape, en prenant le pas sur les ambassadeurs ; il sera aussi encensé avant eux, les évéques assistants et le gouverneur, lesquels sont ordinairement encensés avant les ambassadeurs ^ Le même ordre sera observé en donnant la paix^ et en ce qui concerne la queue sacrée. C'est de cette façon que seront aussi traités d'autres princes auxquels Sa Sainteté permettra de se tenir auprès de Son siège. Des ambassadeurs admis aux chapelles, supérieurs en rang à ceux de Votre Sérénité, il n'y a de présent à Rome que l'ambassadeur de l'Empereur, mais l'état de sa santé l'empêche de paraître. Celui de France n'est pas encore arrivé, et l'ambassadeur d'Espagne n'intervient pas aux cérémonies. Étant moi-même légèrement indisposé, j'en

1 . C'est & ce prince, comblé d'honneurs si extraordinairefl, Mtnthê on Toit, que Sixte-Quint, selon une légende du dix-seplièmA n)h^p, acceptée comme fiiit historique, aurait tooIu faire tra«chef ta Mt^ uti château Sainl-Ange !

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prendrai prétexte pour ne pas me trouver à la chapelle de dimanche prochain, et je crois bien faire en expédiant mon courrier en toute hâte, afin de pouvoir recevoir vos instructions avant dimanche en huit, et de savoir ce que, d'aujourd'hui en huit (dans son audience ordinaire), je devrai dire au pape à ce sujet. Dans les dernières années, il est arrivé à plusieurs reprises que les ambassadeurs se sont troublés à cause de leurs places ou bien à cause du droit de porter la queue du pape. C'est ce qui a eu lieu lors des visites du grand-duc de Toscane et du duc de Parme, qui ont siégé sur les bancs des cardinaux, et auxquels cependant l'ambassadeur de l'Empereur n'a pas voulu céder le pas ni laisser porter la queue. Comme il n'a pu réussir, lui et les autres ambassadeurs ne paraissent pas aux chapelles pendant la présence desdits princes. Lorsque Grégoire XIll, voulant honorer le duc de Chaves, lui accorda, dans la tribune, le pas sur les ambassadeurs, ils firent beaucoup de bruit, en sorte que le pape leur ôta leurs places, en leur enjoignant de reprendre celles qu'ils occupaient autrefois derrière le banc des cardinaux. Les ambassadeurs n'y ont jamais consenti, et se sont pendant plusieurs années, comme Votre Sérénité le sait, abstenus d'assister aux chapelles. En résumé, les maîtres des cérémonies de la cour disent que les ambassadeurs, bien qu'ils aient plusieurs fois essayé de prendre le pas sur les princes régnants, n'y ont jamais réussi, et que l'on trouve dans le cérémonial beaucoup d'exemples du contraire.

Arch. Ven. Disp. Roma.

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