‹ Sixte-Quint, d'apres des correspondances diplomatiques ineditesChapitre 46 sur 67 · PRAGMATIQUE DES TITRES DE PHILIPPE II · texte numérisé non relu

PRAGMATIQUE DES TITRES DE PHILIPPE II

(Extrait, formant annexe, d'un rapport de Hieronimo Lippomano au doge.

Madrid, 18 octobre 1586.)

Don Philippe, par la grâce de Dieu, roi d'Espagne, etc. Premièrement y quoiqu'il ne soit pas nécessaire de traiter ici de nous ni des autres personnes royales, toutefois, pour mieux faire observer ce qui touche aux autres, nous ordonnons que, dorénavant, dans les lettres et suppliques qu'on nous adressera, on ne mette d'autre titre que celui de « Seigneur » et à la fin : « que Dieu garde la personne catholique de Votre Majesté; » que, de même, en signant on mette seulement le nom et sur l'adresse simplement : « Au roi notre Seigneur. »

Le même ordre et style doivent être observés à l'égard des princes héritiers et successeurs de nos royaumes.

Les infants et infantes de ces royaumes seront simplement appelés ce Altesse )>, en exceptant toutefois l'impératrice notre sœur, qui doit être appelée « Majesté ». Sur l'adresse on mettra : a A l'impératrice, ma dame. » A ses fils, frères de l'Empereur et aux archiducs ses oncles, on donnera le titre réservé aux infants de ces royaumes...

Personne ne pourra se prévaloir, soit en écrit, soit dans la conversation, des titres d'Excellence, de Seir gneurie illustrissime, ni même de Seigneurie révérendissime, à part les cardinaux et l'archevêque de Tolède, ce dernier en sa qualité de primat d'Es-

pagne, quand bien même il ne serait pas cardinal.

Tout le monde est obligé de donner la Seigneurie aux archevêques, évêques, aux grands et aux personnes auxquelles nous ordonnons de se couTrir, ainsi qu'au président de notre Conseil royal.

Aux marquis, comtes et commandeurs majeurs des ordres de Santiago, Calatrava et Alcantara, aux présidents de nos autres Conseils et Chancelleries, on peut donner la Seigneurie, mais pas à d'autres personnes. Aux villes qui sont capitales de royaumes et aux chapitres des églises métropolitaines on pourra donner, quand ils sont réunis, les titres habituels.

Aux ambassadeurs qui ont rang dans notre cha-* pelle on pourra également donner le titre de Sei* gneurie.

En ce qui touche tout le monde, alors qu'il s'agit d'écrire des lettres, voici la forme à observer. On cornmencera par l'affaire dont il s^agit sans mettre ni en haut ni en bas aucun titre, mais seulement le lieu et la date et le nom tout simple* Sur Tadresse on donnera au prélat sa dignité ecclésiastique, au duc, au marquis, au comte celle de son état et aux autres gentilshommes et personnes leurs noms ou prénoms en disant : « Au cardinal, à l'archevêque, au duc, au marquis, » et aux autres : « A Don un tel ; » on mettra leurs noms de famille avec la dignité et le grade qu'ils possèdent.

A cette règle auront à se conformer, le vassal en écrivant à son seigneur, le serviteur à son patron, la îemme à son mari et le mari à sa femme...

... Les ducs ont seuls le droit de mettre des couronnes sur leurs ccussons.

Ceux qui contreviendront à la présente ordonnance payeront chaque fois une amende de 10,000 maravédis, dont un tiers reviendra au dénonciateur, un autre tiers au juge, le troisième est destiné à des œuvres pies.

La présente ordonnance sera mise en vigueur le premier jour de Tan 1587.

Ârch. Yen. Disp. Spagna. fil. 19*

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