‹ Sixte-Quint et la réorganisation moderne du Saint-SiègeChapitre 8 sur 9 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le pontificat de Sixte-Quint avait duré cinq ans, mais il avait été merveilleusement rempli. Le Pape avait rétabli Tordre dans ses Etats et dans les finances de l'Eglise ; Il avait su faire respecter partout l'autorité du Saint-Siège. Il avait créé une bureaucratie active et augmenté, facilité, par les congrégations, l'initiative des cardinaux. Il avait embelli Rome de monuments; ses travaux de salubrité sont considérables : il fit construire, pour amener à Rome de l'eau en quantité suffisante, un aqueduc de vingt-deux milles qui porte son nom : l'Acqua Felice ; il fit ériger sur la place de Saint-Pierre l'obélisque que Caligula avait amené à Rome et que le temps, et aussi les Barbares, avaient renversé ; il fonda la bibliothèque du Vatican. Comme canoniste, on lui doit la bulle « Detestabiles » du 21 octobre 1558, qui règle toute la matière des contrats.

Sa politique extérieure, un peu hésitante au début, devint ferme par la suite. Son principe était de n'intervenir dans un pays qu'au cas où la religion était menacée ; il ne voulait pas assurer la prépondérance ou plutôt l'hégémonie à un seul souverain, et il voulut toujours maintenir l'indépendance de la France pourvu que ce pays restât catholique. Mais ses deux grands projets : la lutte contre les infidèles et le retour de l'Angleterre à l'Eglise ne purent être réalisés. Ce fut la faute aux hommes et aux circonstances. Lui avait la volonté et l'énergie. Pontife dans tout le sens du terme, connaissant à merveille ses droits, conscient de son infaillibilité en

matière de foi (1), s'il eût vécu plus longtemps, il eût peut-être donné à la Papauté un prestige tel qu'il aurait fallu remonter au temps des Grégoire VII et des Innocent III pour s'en faire une idée. D'un coup d'œil sûr et profond, d'une intelligence pénétrante, d'une inébranlable et même impitoyable fermeté, il semble représenter à peu près ce qu'aurait été un Richelieu sur le trône de saint Pierre.

(1) Il croyait que Grégoire XIII s'était trompé dans 9a réforme grégorienne, mais il ne s'en étonnait pas, un Pape n'étant infaillible, disait-il, qu'en matière de foi et de mœurs. Cette idée-là au xvi* siècle est à remarquer.

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