‹ Sixte-Quint (volume 2)Chapitre 33 sur 41 · GIOVANMl GRITTI AU DOGE · texte numérisé non relu

GIOVANMl GRITTI AU DOGE

Rome. i8 mai 1588.

(La marine pontificale.)

...Quoique tout le inonde ait conseillé à Sa Sainteté de différer Son voyage de Civita-Vecchia, à cause des fortes chaleurs et du mauvais air de ce pays, le pape s'est néanmoins mis en route, hier soir, après son souper, pour passer la nuit dans un endroit appelé le Càsalino^ hors de Rome, à un mille de dislance. It est accompagné de trois cardinaux de la congrégation de la marine : Sforza, Sauli et Gaëtano, ce dernier en remplacement du grand maître de Malte qui est absent. Huit autres cardinaux, l'ambassadeur (délégué) de Bologne et beaucoup d'ingénieurs se rendent de leur côté à Civita-Vecchia. Mgr Bertinoro reste ici pour faire suivre les correspondances d'importance qui arriveraient pendant l'absence du pape. Sa Sainteté m'a dit Elle-même qu'Elle entreprenait ce voyage pour reconnaître les localités. Elle a l'intention d'y faire construire un port et un arsenal assez vastes pour recevoir les galères, Sa Sainteté S'étant convaincue par l'expérience qu'on L'avait trompée (pi Lui faisant croire qu'on pouvait construire cet arsenal dans le Tibre. C'est à grand'peine, à grands frais et en souffrant de grandes avaries que la galère construite à Rome a pu gagner le bord de la mer.

Arch.Ven. Disp. Homa. fil. 22.

tance de Rome à Civita ne soit que de 40 milles, Elle en a parcouru au moins 200.

Arch. Yen. Disp. Roma. fil. 22.

Rome, 13 nofenibr'e 1587.

(Ayénement de Ferdinand.)

Sixtus B. V. Dilecte fili^ etc. J'ai reçu votre letlre du 25 passé, par messer Giovanni Nicolini que Votre Altesse a envoyé ici pour nous exprimer la juste douleur que Lui a causée la mort du grand-duc Son frère, d'heureuse mémoire, et que nous partageons, et aussi pour nous communiquer Ses pensées au sujet du gouvernement donf. la charge va peser sur Elle. Il nous a été d'une grande consolation d'être informé par vous de l'état de vos affaires, et d'après ce que nous voyons, Votre Altesse ne manque ni de la prudence qu'exige le bon gouvernement de Ses États, ni de la charité qu'il Lui faut pour conserver TaffectiM^e Ses sujets, lesquels, nous l'espérons, auront encoYe plus de motifs de satisfaction. Parmi les actes de Votre Altesse, particulièrement dignes de Sa bonté et de la grandeur de Son âme, que nous signalerons, et que nous ne saurions assez relever, nous citerons les déboursés qu'EUe a fait faire, afin de rétablir la bonne entente avec la reine mère de France. Nous apprenons aussi que vous avez accordé son titre au duc de Ferrare, prouvant, ainsi votre désir de vivre en bonne harmonie avec les princes. Dans l'intérêt de votre réputation, nous vous

prions de persévérer dans ces louables et saintes intentions...

Arch. Fir. 3715.

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