‹ Sixte-Quint (volume 2)Chapitre 34 sur 41 · GIOVANNI GRITTI AU DOGE Rome, 15 octobre · texte numérisé non relu

GIOVANNI GRITTI AU DOGE Rome, 15 octobre

(Différends entre Ferrare et Mantoue. — Propos du pape sur la bataille de

Lépante.)

Conformément aux ordres que Votre Sérénilé m'a transmis à la date du 10, j'ai exposé au pontife les démêlés survenus entre les seigneurs ducs de Ferrare et de Mantoue, les inconvénients et troubles qui pouvaient en naître, non-seulement dans les États de ces princes, mais dans toute l'Italie; enlin le déplaisir que cet élal de choses causait à Votre Sérénité, animée d'une égale bienveillance pour l'un et l'autre de ces ducs, et désirant vivement, dans l'intérêt de l'Italie, que ces différends fussent promptement conciliés...

Le pontife qvî m'avait écouté avec une attention soutenue répondit que : « Non-seulement je devais remercier Votre Sérénité de cette communication, mais aussi Lui dire qu'il appréciait Son zèle et Sa sollicitude pour la paix d'Italie, qu'en ceci Elle agissait en bon prince et, à l'égard des deux ducs, en ami et père affectueux... Les ambassadeurs, de Ferrare et de Mantoue, continua le Saint-Père, nous ont fait parler de ces diflicultés, et nous n'avons pas manqué cette occasion de faire office de pape. Nous avons adressé au duc de Mantoue des conseils en rapport avec sa jeunesse et

avec sa personne, en le mettant en garde contre les insinuations qu'on lui fait, et en l'exhortant à ne pas se fier au premier venu. Au duc de Ferrare nous avons fait dire, qu'à son âge el avec ses cheveux blancs, il ne convenait pas d'être si susceptible pour de petites causes de mécontentement... Enfin les deux princes s'en sont remis à l'arbitrage du grand-duc, qui, conformément à nos exhortations, les a reconciliés. » ... « Comme TÉtat de la Seigneurie (disait le pape) est si exposé de la part du Turc, nous ne lui conseillerons jamais d'entrer en ligue (avec d'autres princes chréliens) ni d'en faire une. Elle pourra bien aider en secret ceux qui font la guerre aux infidèles, et alors il faudra donner ces secours saris que les Turcs s'en aperçoivent. En 70 (1570), Giovanni Andréa (Doria) n'arriva dans le Levant avec ses renforts qu'en octobre, lorsqu'il était trop tard pour rien entreprendre. C'est à cette même époque, c'est-à-dire en octobre 70, que Don Juan (d'Autriche) y est arrivé, et à peine arrive, il y eut entre lui et le général de la Seigneurie des difficultés qui ont fait craindre que les flottes chrétiennes ne se battissent entre elles. Les Turcs, contrairement à foute raison, sont Sortis du golfe de liépante pour livrer bataille sans la moindre chance de succès. Si la victoire a élé remportée par les chrétiens, c'a été l'œuvre de Dieu et non des hommes. Giovanni Andréa (Doria) a même laissé Occhiali s'échapper avec son escadre. En 72, on a envoyé à Messine pour accélérer le départ de Don Juan (d'Autriche) et il n*a pas voulu aller dans le Levant. A la suite (de ce refus) la flotte s'y est rendue sans Don Juan, et a dû retourner

à Gorfou pour le joindre, et voilà les efTets et les fruits des ligues. »

Arcb. Yen. Disp. Roma. fil. 22.

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