L UNIVERSITE DE PRAGUE
la nation tchèque. Et d'ailleurs qu'a produit en Bohême cette société allemande si cultivée et qui dispose de tant de ressources? — Pas un seul journal littéraire, tandis que les Tchèques en ont déjà plusieurs.
L'université allemande jouit d'une dotation considérable. Les professeurs ont à leur disposition des bâtiments magnifiques : le Carolinum, le Clementinum et les splendides instituts de la nouvelle ville où sont de spacieux amphithéâtres, de riches collections, de magnifiques bibliothèques et des logements confortables pour le personnel enseignant. Partager les fonds de l'université actuelle^ céder une partie des bâtiments, se serrer pour faire place aux nouveaux venus, c'est dur pour des hommes qui la veille encore se croyaient seuls maîtres de la place. Les Tchèques disent tout bas. que ces soucis matériels ne sont pas étrangers à l'opiniâtre résistance qu'ils ont trouvée dans lecamp des professeurs allemands.
Le vote du parlement a enfin donné gain de cause aux Tchèques. La nouvelle université est en voie de formation. On ira progressivement. Une faculté de philosophie et une faculté de droit seront d'abord créées. Dans un an seulement on ouvrira une faculté de médecine.
Le journalisme politise a été créé en Bohême par Havliczek, un patriote ardent, qui fonda en 1848 Les nouvelles nationales (Narodni Novini). Longtemps contenue par une censure sévère, la presse tchèque ne put se développer. C'est seulement depuis la constitution de 1860 qu'elle a commencé à jouer un rôle important. Les principaux journaux politiques sont les suivants :
La Politique (Politih), organe du vieux parti tchèque, inspiré par le docteur Rieger, chef des conservateurs-libéraux. Il est rédigé en allemand pour pouvoir défendre plus facilement la cause tchèque contre le parti allemand.
Le Progrès [Pohroh), organe du même parti, dirigé par M. Zeithamer et rédigé en tchèque.
Les nouvelles tchèques {Ceshé noviny) a aussi la môme tendance, mais a peu d'influence.
Les Feuilles nationales {Narodni Listy). C'est le journal des jeunes tchèques. Ce parti s'est formé en 1863 pour protester contre l'alliance du vieux
parti national avec la noblesse et Tépiscopat ; il a des tendances radicales qui tranchent avec la modération que les vieux tchèques se sont imposée comme ligne de conduite. Tout en étant d'accord sur la question nationale, ils prennent le contrepied de leur système. Palacky déplorait en 1863 l'insurrection polonaise, la Politik condamnait dernièrement l'insurrection de l'Herzégovine, — les jeunes tchèques au contraire firent l'apologie de la première et se gardèrent bien de blâmer les Herzégoviniens. Le système d'abstention préconisé par le docteur Rieger, vis-à-vis du Reichsrath et de la diète fut aussi combattu par le Narodni Listy. Les vieux tchèques sont très catholiques, les jeunes tchèques sont en grande partie protestants et ne seraient pas très éloignés de revenir à la tradition hussite. Le docteur Greger dirige ce journal. Des trois députés que les jeunes tchèques ont au Reichsrath, le docteur Trojan est le plifô en vue. La nécessité de faire opposition à la Politik et de justifier l'existence d'un parti distinct entraine souvent le Narodni Listy à exagérer ses propres tendances.
Le Tchèque {Cech) est le journal du clergé.
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Les Journaux politiques allemands de Bohème sont : La Bohemia, Le Frager Taç^latt, qtii a adopté le genre de nouTelles à la mam et donn e à sa politique xme note moins aœrbe fue la Bohemia«
Le Praçer ZeitHing (journal officiel) ; la P<h litihy le Narodni Listy, la Bohemki et le Prosger TagUatt tirent chacun de sir à sept mille exem plaiires.
La Trilnme^ qui parait à Vienne, est rédigée en allemand et a pour directeur M. J. S. Skrejsovsky . ËHe défend la politique tchèque dans la capitale ée rA«itridie. A Brunn, les Tchèques de Moravie ont pour organe le Uoramha Or lice {y Aigle de JforcuDie). A Saint-Marton, dans le comitat hongrois de Turoc, qui est peuplé de Slovaques, les 5îoveski noviny entretiennent la propagande slave.
U faudrait citer un trop grand nombre de joop* naux, pour avoir une nomenclature complète des feuilles en langue tchèque qui paraissent en Bohème et en Moravie.
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