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Nous réclamons pour ces 1350 élèves un enseignement conforme à leur nature d'esprit et à leurs tendances. Les Allemands nous reprochent de ne
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pas avoir un corps de professeurs suffisant pour une université distincte. Qu'on jette les yeux sur VOrdunff et qu'on recherche Torigine des professeurs allemands, beaucoup d'entre eux ne sont pas originaires de Bohême, mais viennent de Prusse et d'autres parties de l'Allemagne. Il est vrai qu'on a admis des professeurs tchèques à l'université de Prague, mais dans quelle proportion? Dans la faculté de philosophie, par exemple, on trouve pour les cours de philosophie le D*" Willmann, Prussien; le D'' Stumpf^ Bavarois ; le D' Marty, Suisse ; un seul professeur est Tchèque, le D^ Durdik. Et quelle peine il faut pour pénétrer dans ce Sacré Collège ! Comme les professeurs présentent au ministre trois candidats, ils peuvent toujours empêcher un Tchèque d'être nommé. La nationalité est une cote défavorable qui vient encore s'ajouter aux chances d'un examen, et les privat-docenten tchèques n'ont pu forcer la porte de l'université qu'en produisant des thèses d'une valeur telle qu'il fallait bien les recevoir pour ne pas provoquer de scandale. Il y a dix ans au plus qu'on a bien voulu accepter des dissertations faites en langue tchèque. Un corps enseignant qui compte des hommes de la valeur du D^ Durdik pour la philosophie, du D^ Anton Randa pour le droit, du D^ Gundely, le continuateur de
l'ouvrage de Palacky, ne mérite pas le reproche de
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médiocrité que les Allemands lui ont adressé à tort. En fait, il y a déjà à Pragae deux universités dans une même noix. Les Tchèques ne veulent pas attendre davantage» ils demandent à être émancipés de suite.
Après l'université de Paris et celle die Bologne, Tuniversité de Prague est la plus ancienne de TËUrope. Charles IV, empereur d'Allemagne et roi de Bohême, la créa en 1348 ; elte fut aussitôt le rendezvous de toute la jeunesse de Bohême, de Pologne, de Bavière et de Saxe. £{i 1408 eUe comptait 30,000 étudiants ; seule TuAiversité de Paris pouvait rivaliser avec elle. Il a fallu T^rasemeat des Hussites, le triomphe du germanisme dians la guerre de Trente ans, les persécutions de Ferdinand U et l'effacement de la Bohême pendant plu^ de deux siècles, pour priver les Tchèques de la plus b^le de leurs institutions, ha. politique autrichienne a livré cette université aux Allemands ; la politique fédéraliste venant à triompher doit la rendre aux. Tchèques.
U est temps, disent encore les Tchèques^ que les Allemands ne se targuent plus de représenter a eux seuls la culture intellectuelle en Bohême. Si les Tchèques n'ont pas vu depuis trois cents ans leur littérature se développer, c'est que les Allemands ont confisqué à leur profit toutes les forces vives de