‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyage (volume 2)Chapitre 29 sur 55 · LA LUTTE EN SILÂSIB · texte numérisé non relu

LA LUTTE EN SILÂSIB

mêmes éléments de résistance que .les Polonais du ^rand -duché de Posen et nîétait môme pas rattachée à la cause polonaise par les souvenirs historiques. Séparée de la Pologne dès le xii® siècle, la Silésie fut divisée en plusieurs duchés que réunit la couronne de Bohême au milieu du xiv* siècle. Conquise sur l'Autriche par Frédéric II, elle a fait définitivement partie de la Prusse depuis 1763. — Ceci explique pourquoi les Polonais de Silésie n'ont pas dans les élections la même attitude que ceux Ha grand-duché de Posen, qui ne ftirent séparés de la Pologne que lors du second partage et retrouvèrent même un instant leur indépendance quand Na* poléon les annexa au grand-duché de Varsovie. ilTandis que les représentants de la Posnanie peuvent se poser dans le Parlement en députés de la :protestation, ceux de la Silésie n'auraient pas la ifltiéme base pour asseoir leurs revendications. Si un député polonais était élu en Silésie, il pourrait -bien voter avec les députés polonais de Posnanie et de Prusse occidentale, mais il ne pourrait signer le môme programme et faire partie du même groupe. •Ce n'est guère qu'à dater de 1848 que les Polofiàl» de la Silésie supérieure ont eu conscience de llBUr nationalité distincte; mais ce sentiment n'était pas ibien vivace, car, il y a dix ans, on nommait encore dans ces districts des députés allemands protestants;.

La persécution religieuse entreprise, en 1872, par M. de Bismarck a provoqué une assez forte réaction. Il y a eu à ce sujet quelques assemblées de catholiques, notamment à Breslau et à Leschnitz. Les discours qui ont été prononcés dans ces circonstances ont produit leur effet, et le peuple a commencé à comprendre qu'un jour il pourrait bien être en mesure de jouer un rôle politique. Toutes les circonscriptions électorales nomment maintenant des catholiques alleniands. Les Polonais en agissant ainsi ont fait preuve d'esprit politique. Les catholiques allemands et polonais sont au moins pour moitié dans la population de la Silésie. Au lieu de nom- ■ mer dans trois ou quatre circonscriptions des députés polonais, ce qui les eût mis en opposition directe avec le parti catholique allemand, les Polonais ont fait alliance avec lui pour la défense des intérêts religieux et ont pu ainsi faire passer des catholiques allemands dans tous les collèges électoraux de la Silésie supérieure, ce qui a donné un appoint au centre ultramontain dont M. Windthorst est le chef. Le Culturkampf a été ainsi contre son but. Ce système qui devait écraser le parti catholique a surexcité dans certaines régions le sentiment national et a poussé au Reichstag cent vingt députés catholiques, tandis qu'ayant les lois de Mai on n'en comptait que soixante-dix.

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Tant que le Culturkampf n'aura pas complètement disparu, les Polonais de la Silésie supérieure auront la môme conduite à tenir : maintenir une alliance étroite avec les Allemands catholiques, n'jBxiger de leurs mandataires que la défense des libertés religieuses, réclamer l'instruction en langue polonaise dans les écoles primaires et ne nommer que des candidats sachant la langue polonaise, pour qu'ils puissent directement rendre compte à leurs électeurs du mandat qu'ils en ont reçu.

En môme temps que le gouvernement faisait la guerre à l'Eglise, il . s'attaquait à la langue polonaise, qui était en usage dans les écoles jusqu'en 1870. La presse catholique allemande fut la première à condamner ces tentatives de germanisation et môme les Polonais protestants des trois districts de la région de Breslau comprirent que le Cultar- • kampf était aussi bien une querelle de race qu'une querelle religieuse. Leur intérêt est désormais de soutenir comme leurs frères de la Silésie supérieure des candidats allemands catholiques, car les Allemands protestants sont les plus dangereux adversaires de leur nationalité.

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