L AVENIR DE LA POLOGNE
Il y a cent ans, l'Europe a laissé commettre un crime de lèse-nation.
Ceux-là même que Sobieski sauva de l'invasion des Turcs se partagèrent la Pologne.
On ne supprime pas impunément dans un guetapens une race en pleine sève, une nation de 14 millions d'hommes.
L'heure de l'expiation approche pour les copartageants.
La guerre prévue par Skobelew est toujours menaçante et serait un immense malheur pour l'Europe entière.
A la Conférence internationale de l'Arbitrage et de la Paix, qui vient d'avoir lieu à Bruxelles, M. Lasker, député au Reichstag, est venu applaudir aux efforts de ce Congrès pacifique et a dit :
<K Jl faut regarder l'Allemagne comme la gar- » dienne de cette paix qu'on désire tant, car ce » n'est que dans ce but qu'elle s'est armée d'une » façon si formidable. »
Si le prince de Bismarck veut sincèrement cette paix, et s*il craint de laisser après lui une succession aléatoire, il faut qu'il se décide à laver Tiniquité de Frédéric II.
278 SLiLYBS ET TSUTOKS
Le Chancelier de fer, prenant l'initiative de réunir les puissanœs intéressées, en vue de reconstituer un Etat polonais indépendant, c'est à peine croyable ; et c'est pourtant là une des chances les plus sérieuses qu'il y ait de conjurer la guerre.