‹ Slaves et Teutons: notes et impressions de voyage (volume 2)Chapitre 8 sur 55 · POINTS DE CONTACT DES SLAVES ET DES TEUTOKS · texte numérisé non relu

POINTS DE CONTACT DES SLAVES ET DES TEUTOKS

Dans ce refoulement séculaire, les Allemands trouvèrent partout les Slaves sans . cohésion et sans défense. Au commencement du siècle, les populations qui subissaient le joug des Turcs n'avaient pas encore osé relever la tête ; ni les Serbes, ni les Grecs, ni les Roumains n'avaient encore vu apparaître ces patriotes guerriers ou prêtres qui furent les précurseurs et les apôtres de leur délivrance. *Mais il vint un jour où on commença à croire en Europe qu'un peuple, parce qu'il est petit, ne doit pas nécessairement être dépendant d'un autre, et quechaque race a droit de tenir sa place au soleil et de développer librement son génie. De tous côtés on vit des Slaves rappeler leurs gloires passées et réclamer leur ancienne place, afin de

pouvoir remplir la mission providfentielle dont ils se croyaient investis. La Russie comprit tout le parti qu'elle pouvait tirer de ces dispositions. Seule assez puissante parmi les nations slaves pour appuyer ces revendications, elle étendit sa protection au sud, de la mer Noire à rAdriatique, sur les Bulgares, les Serbes, les Bosniaques, les Monténégrins, et au nord, des bords du Dniestr jusqu'aux frontières de la Bavière, sur les Ruthènes, les Slovaques et les Tchèques. En Prusse, en Autriche, en Hongrie, en Turquie, tout ce qui était slave tourna les yeux vers Moscou, et la Russie devint une menace pour toute puissance qui tenait des Slaves sous sa domination.

Les Slaves du nord et les Slaves du sud se trouvaient au début de ce siècle dans des situations bien différentes. Au sud, les Serbes et les Bulgares se réveillant après quatre cents ans d'effacement n'avaient perdu ni un pouce de leur sol, ni un mot de leur langue, ni une pratique de leur culte, ni un seul de leurs vieux usages ; plies sous le servage depuis les mémorables combats du champ des Merles et de Nicopolis, à la fin du xiv® siècle, on les . vit, quand ils se redressèrent, reprendre la flère attitude et la haute stature de leurs aïeux. Les musulmans les avaient bien fait plier sous le faix, mais les avaient laissés eux-mêmes, car le Turc, s'il vit

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